Les Editos

Ce mois-ci, nous avons plongé consciencieusement dans un sujet si vaste qu’il en devient grisant : le Noir & Blanc.
Au début, on nous a demandé de préciser, de filtrer, de synthétiser. Mais justement non ! Nul besoin de laisser derrière nous ou, en aval des mots, un fil rouge pour nous repérer et, en quelque sorte, nous rassurer. Tout devait être nouveau et instable.
Il nous fallait nous ouvrir toutes les perspectives, toutes les déclinaisons et tous les sens du noir noble et du blanc immaculé. Et comme le dit très justement Stéphane Plassier, l’un de nos invités et pas des moindres, « C’est avec ce registre infini de noir que j’ai eu envie de dialoguer...». Nous y avons ajouté le blanc.

Et ce fut une immense quête que de se représenter le Noir & Blanc et éviter au mieux les clichés qui nous assaillent. Avant la construction de ce numéro, j’avais une conception purement visuelle de ce thème. Des photos aux vieux films, le noir et blanc résidait pour moi entre ces deux mondes si familiers.

Et voilà qu’Arnaud Taeron vous dit que « L'absence de couleur implique qu'il n'y ait pas de rayonnement visible par nos yeux, le dessin reste assez brut et du coup, on peut gagner en force». À point nommé pour balayer nos préjugés et notre vision globale de ce qui pourrait limiter nos émotions à comprendre les sensibilités de cette ambivalence. Et Arnaud Taeron de continuer « Le noir et blanc exacerbe certains sentiments sans que le réel ne les parasite ou ne les perturbe». Il ne restait plus qu’à braver le thème en dialoguant, en discutant et en interviewant des photographes, des artistes, des musiciens et des écrivains pour s’approcher de la dimension artistique du Noir & Blanc et de sa portée.

« Le film vit. Et de ce noir et blanc sortent des voix, des murmures, et le rendent vivant » écrit Nicolas Bodou, notre chroniqueur cinéma. Et voilà une raison supplémentaire de traverser la grève de nos incertitudes pour atteindre la plage et découvrir ô combien ce thème est passionnant.

Ce numéro présente une idée du Noir et Blanc parmi tant d’autres. Cependant sa vocation à vous faire découvrir de nouveaux horizons ne tergiverse pas.

Nicolas Vidal
Lire intelligemment ne nuit pas gravement à l’imagination et peut entraîner un plaisir intense et pérenne
par Nicolas Vidal (édito - BSC NEWS MAGAZINE - Septembre 2009
Il y a déjà quelques mois, nous avions posé la question suivante, aurez-vous le temps de tout lire ?
À l’orée de cette rentrée littéraire, la même question pourrait se poser avec quelques 700 ouvrages déversés depuis les sphères éditoriales. Mais sa perspective change quelque peu et pourrait imposer la déclinaison suivante; Que lire ?

Car chacun s’amuse à sa façon de saisir et d’ouvrir un livre pour y butiner un mot, une phrase, une philosophie, un spleen ou pour bien montrer à tout le monde que Lire établit culturellement son homme.

La collègue de boulot un brin bobo lira les 4 ouvrages qu’il-faut-lire-absolument pour se sentir acceptée par la floraison littéraire à la mode parce que toute la sensibilité, l’amour et le grand chambardement-magnifique-exquis-&-formidable est expliqué dans ce livre et qu’il apparaît comme... incontournable.
Ou l’ami un peu précieux excédé par les sentiers battus de la promotion et du tout-venant culturel cherchera le ou les auteurs que seule une minorité prendra en considération. Et il ne manquera pas de vous asséner, au moment opportun, une liste d’auteurs aux noms imprononçables pour vous en boucher un coin. Et, aussi curieux que cela puisse vous paraître, vous serez blessé d’être aussi ignare en matière de rentrée littéraire.
Ou encore les livres de personnalités qu’on achète systématiquement parce la médiatisation doit forcément assurer une qualité littéraire certaine. Du moins, on ose le croire.

En somme, la Rentrée Littéraire n’échappe pas, elle non plus, à quelques règles fondamentales de mode, de culturellement correct, de tendances et de médiatisation.

Une fois encore dans ce nouveau numéro du BSC NEWS, nous cultivons une volonté pugnace de vous proposer des lectures de tout horizons, de tout styles, de tout genres épurés de toutes ces orientations.
La lecture doit rester un plaisir et ne doit souffrir d’aucune suffisance culturelle. Car Lire intelligemment ne nuit pas gravement à l’imagination et peut entraîner un plaisir intense et pérenne. Pour le reste, rien n’est moins sûr...
Nicolas Vidal
copyright photo D.CRESPIN

Je ne vois qu’un thème officieux et valable à ce 18 ème numéro du BSC NEWS MAGAZINE : la découverte. Sans le vouloir et finalement sans chercher à suivre ce mois-ci un fil rouge, nous avons empilé avec envie des découvertes agréables, de celles qui vous séduisent et que vous vous surprenez à cajoler avec le temps.
Pour commencer, nous avons le plaisir d’accueillir ce mois-ci Abha Dawesar qui nous gratifie d’une réflexion prenante sur l’amour, sur ces multiples déclinaisons et sur ses travers. Vient l’interview d’Abad Boumsong, un garçon de ma génération, celle que j’aime à appeler «les trentenaires désabusés». Abad Boumsong a quelque chose de fascinant dans cette conquête culturelle qu’il s’est lancée, imprégné d’un prosélytisme presque touchant pour convertir l’individu à la culture et lui permettre ainsi de s’épanouir.
Puis, je vous invite à vous plonger dans la musique profonde et sensuelle de Sian Pottok.Cette jeune chanteuse, tout juste à quelques encablures de son quart de siècle, nous propose un premier album étonnant, presque envoûtant. De par ses origines, elle se situe au carrefour des cultures et à la croisée des identités. Et sa musique apparaît comme un véritable épanouissement d’émotions et de plaisirs. Je gage dans ce numéro que sa renommée sera bientôt à la mesure de son talent, grande. Et je n’oublie pas de remercier Alexandra G. pour sa contribution exceptionnelle dans ce numéro où ses photos gravitent entre le langoureux et la spontané.Et ce travail nous a plu.
Mais un édito ne suffirait pas à tenter de vous convaincre que ces découvertes représentent, chacune dans leur style ou dans leur genre, une bruine de plaisir sous laquelle, j’en suis sûr, vous ne manquerez pas de vous prélasser.
Car, lorsque la découverte correspond étrangement au plaisir, il n’y a pas meilleur exutoire que d’y succomber.

Je vous laisse sur ces mots découvrir ce numéro avec joie et allégresse.

Nicolas Vidal.
(copyright photo D.CRESPIN)
La brillante idée que les livres de l’été ne peuvent être forcément que des ouvrages légers qu’on feuillette sans aucune conviction sur la plage m’apparaît totalement infondée et au demeurant erronée. Dans ce numéro, vous découvrirez des titres qui méritent d’être dévorés, dégustés, lus et relus pendant cette période estivale. Car la littérature de plage peut avoir de la qualité. Il suffit encore de la sélectionner avec soin et passion. Et l’excellence du style ne me semble pas incompatible avec le plaisir de lire. Il suffit encore de s’y plonger et de l’apprécier.
J’ai toujours entendu dire autour de moi à l’orée de l’été « Je vais acheter des bouquins qu’on lit à la mer. Quelque chose de léger et de facile à lire». Et l’on imagine un «bouquin» conçu à la va-vite pour satisfaire tous les lecteur(ice)s qui n’ont que faire «de se prendre la tête» avec un pavé, bourré de mots compliqués. Du vite lu avec une surenchère d’ingrédients racoleurs, un style épuré, des phrases simples. Et tout ce paquet de 120 pages relié fermement avec des ficelles bien épaisses sur lesquelles on tire pour épousseter le sable répandu sur la serviette.
Alors, appréhendez ce nouveau numéro comme un guide pratique sur les livres qui pourraient vous accompagner sur tous les rivages du monde cet été, sans vous procurer une seule seconde d’ennui alors que les enfants traceront de grands cercles autour de vous et que vos voisins de droite prendront un soin consciencieux à vous asperger du sable tapissant leur bivouac estival. Mais le plaisir de votre lecture vous apportera sérénité, plénitude et si vous êtes un tantinet sensible, un peu de scrupule à profiter égoïstement de ce livre alors que le bivouac voisin n’a que pour seul butin : un parasol, une glacière, un paquet de chips et trois numéros de «magazines de plage» pour le coup.

Alors, avant d’aller plus loin dans la lecture de ce nouveau numéro, munissez-vous d’un stylo et procédez à votre sélection parmi les 50 chroniques que nous vous proposons car toutes les sensibilités littéraires y trouveront des livres de plage à leur convenance.

Vive le plaisir de lire tout azimut quelque soit la période de l’année.


Nicolas Vidal.
« Quelque part sur le chemin je savais qu’il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare. »

C’est en ces termes que Jack Kerouac décrit la Route, Sa Route, celle du voyage, des rencontres, de l’amour, de l’amitié, de la difficulté et de la connaissance. A mon sens, cette phrase contient la quintessence de ce que peut représenter l’existence, le destin, la capacité, et la vie. Je vous accorde qu’il n’est pas d’une audace fantastique de citer l’écrivain Jack Kerouac lorsque ce sujet est abordé. Cependant, l’œuvre de Kerouac retranscrit une existence en perpétuel mouvement et délibérément exposée à tous les sentiments humains. Ainsi, « Sur la Route » apparaît comme un texte fondamental dans la Curiosité et dans l’Expérience de l’Existence.


La Route exige des choix

Qu’on le veuille ou non, et quel que soit le nom qu’on lui donne, nous marchons tous et sans exception sur cette route qui déroule sous nos pieds, ses plaisirs, ses turpitudes et ses tempêtes. Et il ne tient qu’à nous de modeler son inclinaison et provoquer sa fantaisie. Et cette idée que chaque destin est finalement malléable a quelque chose d’embarrassant voire de gênant pour notre conscience. Est-il question de capacité, de confort plus que de volonté pour décider de la trajectoire de notre destin ?
La Route scintille à la rupture parfaite du point de jonction de la volonté et de la possibilité de faire. Elle repose également sur une multitude de choix qui s’offre à nous en permanence : le choix d’aimer, de mépriser, de s’engager, de se taire, de s’effacer, de s’insurger, de se laisser faire, de prendre les choses en main … L’individu apparaît en position de force lorsqu’il est amené à évaluer et à décider pour lui au gré des événements et des situations qu’il subit ou qu’il provoque. La Route est une existence jalonnée de choix, d’engagements et de prise de conscience à la différence d’une vie que l’on suit à tâtons « Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j’aurais avec lui, j’allais entendre l’appel d’une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse ; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi pour copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou un sur un lit d’hôpital, qu’est ce que cela pouvait me foutre… » (« Sur la Route » Jack Kerouac – Sal à propos de Dean Moriarty)


L’expérience de la Route

La Route représente un carrefour de choix et d’embranchements de réponses. Il arrive fréquemment que la passion, la douleur, la peur, le manque de courage, l’inertie, l’ennui et toutes les affections humaines nous poussent à rebrousser chemin, à tergiverser et à fuir. Parfois à tort ou à raison, mais l’engagement du choix est fait. C’est en cela que notre existence se nourrit d’expériences. « Nous connaissons la vie, Sal, nous nous faisons plus vieux l’un et l’autre, petit à petit, et nous en venons à connaître les choses. Ce que tu me dis sur ta vie, je le comprends bien, j’ai toujours étudié tes réactions et maintenant, de fait, tu es mûr pour te mettre en cheville avec une vraie fille magnifique si tu peux du moins la trouver et la former et que son esprit devienne ton âme comme je suis efforcé si péniblement d’y atteindre avec les foutues femmes que j’ai eues. Merde ! Merde ! Merde ! » (« Sur la Route » Jack Kerouac – Dean Moriarty parlant à Sal)
Cependant, tisser de ses mains une route à sa mesure n’a rien de facile. L’incertitude de nos choix et de leur conséquence rebute à prendre des décisions. Et la question centrale reste de savoir s’il est plus confortable de déambuler au gré des incertitudes ou d’engager sa vie à choisir sa destinée, pas après pas.« Oh ces idiots, ces idiots ces idiots de Okies, ils ne changeront jamais, complètement et incroyablement idiots, au moment où il s’agit de passer à l’action cette paralysie affolée, hystérique, rien ne leur colle plus la trouille que leurs propres désirs...»» (« Sur la Route » Jack Kerouac – Dean Moriarty assis en pleine poussière d’Alameda Boulevard)


La solitude de la Route

La Route n’accepte ni l’égoïsme ni l’individualisme, c’est à proprement parler l’échange et la promiscuité qui lui sert de foyer. Par contre, la solitude du choix est permanente car l’expérience est personnelle. Nos choix peuvent déplaire, irriter, froisser mais l’évolution nous pousse à prendre des décisions pour soi.


La Route du Voyage

La meilleure expression de la Route reste pour moi le Voyage. Se confronter de tout son être à ce qui nous est différent, distant, lointain et parfois incompréhensible. Je me souviens parfaitement de mon premier séjour aux USA. J’arrive au beau milieu de la nuit à Los Angeles. Et me voilà propulsé sur les trottoirs de la cité des Anges, absorbant malgré moi tout le lyrisme d’une Amérique frénétique et humide. Des millions de gens s’entrechoquent autour de vous, des proportions démentielles d’une nation difforme qui se dressent au-dessus de votre tête en plus d’être perdu sur une Côté Ouest qui avait été 40 ans auparavant le berceau d’une Beat Generation très avant-gardiste.

Sans le savoir, j’étais en train de me forger à tout juste 17 ans un amour immodéré pour l’Amérique du Jazz, du Be Bop, des Clochards Céleste, de la littérature américaine dans son ensemble et pour la Route. Alors que l’on approchait les 4 heures du matin à Los Angeles, je serrais fermement ma main sur un exemplaire de «Sur la Route», ma soeur fidèle, glissée dans la poche arrière de mon Jean...



Par Nicolas Vidal

photo/D.CRESPIN

Une vie, un sillage, une philosophie, un apprentissage, un but, un chemin?
La Route déchaîne les passions de la curiosité, de la connaissance et du risque d’exister. Nous avons tenté d’en savoir plus sur les degrés divers de cette idée enivrante en matière de littérature, de musique et de cinéma.

Il y a quelque chose d’inespéré et d’indicible sur ce thème. Et peut-être que le fait de s’appuyer fermement avec ses deux bras sur des livres, des disques ou encore des films peut nous permettre d’aller plus en avant dans l’appréciation de cette Route. Elle est aussi magnifique qu’intime à chacun. Et j’y vois deux trajectoires diamétralement opposées.
Prenez «Sur la Route» de Jack Kerouac qui s’apparente à une odyssée superbe, flirtant avec la parcours initiatique au plus profond de l’amitié et de l’amour. Et revenez maintenant sur vos pas et ouvrez «L’homme qui voulait vivre sa vie» de Douglas Kennedy, qui relate la vie de Ben Bradford qui s’efface après avoir commis un meurtre pour recommencer à zéro une autre existence et une partie nouvelle. Pourtant, nous suivons toujours pas à pas la Route de deux héros de littérature.
Mais son sens change fondamentalement de l’un à l’autre. Pour l’un, une mise en danger et une recherche boulimique d’expériences sous le ciel azuré d’un horizon américain neuf et pour l’autre, une fuite en avant qui ressemble étrangement à un besoin irrépressible de rédemption.

Parce qu’au delà de la ligne d’horizon, chaque route est personnelle.

Bonne lecture et bonne route


Nicolas Vidal.

Copyright photo/ D.CRESPIN

Sous le rayonnement des deux

Le BSC NEWS MAGAZINE est l’un des nombreux enfants du mariage de la littérature et d’Internet. A sa création, nous n’avons pas eu à choisir entre un règne établi et un empire en construction. Tout pouvait s’entremêler sous le rayonnement des deux.
Récemment, un confrère me glissait « On ne pourra jamais vous enlever votre rôle de précurseur dans le média numérique, qui plus est, littéraire». J’acquiesçais, délicieusement flatté et je lui répondais « Internet est le moyen, la Littérature en est la quintessence.»
N’est-ce pas là une dimension stupéfiante que de propulser l’information littéraire via le web et permettre à des milliers de lecteurs d’en profiter gratuitement sans restriction de place, de frontière et de diffusion ?
Cependant, loin de moi l’idée que littérature et internet en appellent seulement aux médias numériques.

Qu’il nous enchante ou nous rebute, nous devons concéder, cependant, que c’est un nouvel horizon pour le livre qui s’offre à nous ; lecteurs, auteurs, écrivains, éditeurs, médias et tous les passionné(e)s de littérature.

Ainsi, au sein de ce dossier spécial, nous avons souhaité donner la parole à un certain nombre d’acteurs qui investissent la toile et qui s’occupent de littérature chacun à leur façon. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive.Des blogueurs passant par les majors de l’édition en ligne jusqu’aux perspectives qui nous interpellent sur l’avenir du livre papier, notre rédaction a tenté de dresser un état des lieux de cette ère nouvelle de la littérature sur Internet.
A la fin de la lecture du BSC NEWS MAGAZINE, vous serez peut-être renforcé dans l’idée que la littérature s’enferme sur internet ou au contraire que cela vous semble un eldorado inespéré pour la création et la diversité.
Mais dans tous les cas, et je reprends la phrase de Julie Cadilhac, nous serons probablement nombreux «à ne pas oublier le parfum d’un bon roman».

Bonne lecture à tous.

Et merci de votre fidélité tous les jours un peu plus ébouriffante.


Nicolas Vidal.

Ce mois-ci, nous avons décidé de mettre à l’honneur la Nouvelle. Certains diront qu’elle est l’incapacité stylistique et psychologique pour un auteur à se lancer dans un roman et d’autres penseront que la nouvelle représente la concision d’une histoire en peu de mots, qui dénote véritablement d’un tour de main littéraire admirable.

La rédaction du BSC NEWS MAGAZINE a souhaité faire un tour d’horizon de l’origine, de la situation et de l’avenir de ce genre littéraire. A cette occasion, nous recevons dans ce numéro plusieurs auteurs de nouvelles qui nous expliquent ce qui les fascinent et les transcendent dans cette écriture.

Comme tout magazine littéraire qui se respecte, nous nous devions de fouler les allées du Salon du Livre de Paris en fin de semaine dernière. Mais samedi et dimanche après-midi, il fut presque impossible de contourner, d’échapper et de ne pas traverser le Chemin des Dames du front littéraire situé au centre des combats opposant les grosses maisons où la foule se pressait frénétiquement pour apercevoir entre une forêt de têtes un parterre d’«auteurs connus» assis juste-là à quelques mètres d’eux... à portée d’appareils photos numériques.
Un communiqué de presse reçu mercredi nous annonçait que « cette édition 2009 a attiré 198 150 personnes soit 20% de plus qu’en 2008.» Cet enthousiasme débordant presque irrationnel pour les auteurs devrait réjouir l’économie du livre dans son ensemble et les médias littéraires que nous sommes.
Malheureusement, cette «bonne» nouvelle amène à quelques interrogations légitimes : La passion des livres affluerait-elle subitement au plus profond de la volkgeist littéraire des Français ? Seraient-ce les prémices flamboyants d’une brutale et délicieuse renaissance du livre en tant que telle au coeur du quotidien de tout un chacun ? Est-ce que l’édition et le marché du livre échapperaient-ils finalement à la crise mondiale, sauvés par une propension à lire en plein renouveau ?
Mais un peu de curiosité nous a attiré sur des postes de garde plus éloignés du point névralgique où les petits et moyens éditeurs tenaient des baraquements avec leurs collections, leurs nouveautés, leurs savoir-faire et leur mines résignées. Et là, au beau milieu des lignes arrières de l’édition française, le calme régnait et la liberté de flâner était totale, loin du bourdonnement du front où les dédicaces tombaient comme des obus sur les pages d’avant garde des Best Sellers. Pourtant ces corps d’armée éditoriaux, pour la plupart de province, occupaient des stands soignés, alléchants et garnis. Mais le lecteur se faisait rare et insaisissable, trop occupé sûrement à se faufiler vers les avant-postes des auteurs inaccessibles, un livre en bandoulière.

Gageons qu’un tel enthousiasme pour le Salon du Livre est réconfortant mais concédons que la médiatisation et la peopolisation de la production éditoriale ne doit pas nous éloigner de l’objectif ; donner envie de lire au plus grand nombre et promouvoir la littérature dans ce qu’elle nous insuffle de plus précieux et de plus excitant : un auteur(e) et sa voix, la beauté des mots, la pertinence d’un livre et la liberté de son expression. Et peut-être que la Nouvelle, ne serait-ce que par sa forme courte, épargnée par le poncif ingrat du «pavé», peut nous aider à maintenir le cap et à faire émerger des passions toujours plus nombreuses.

À l’horizon de la lecture et du livre, apparemment rien de nouveau. Voilà les Nouvelles du Front littéraire.


Nicolas Vidal

Nous ne pouvions pas passer à côté d’un Spécial New York. C’était tout bonnement impensable. Mais je vous vois déjà murmurer “Quel magazine littéraire ou culturel fait aujourd’hui l’impasse sur un Spécial New York ?” Ils sont peu nombreux. Certes.

Lire la suite : New York, capitale de frénésie culturelle

C’est une exclusivité que nous accorde Christine Deviers Joncour après 3 longues années de silence. Pour le BSC NEWS, elle revient sur les affaires d’Etat connues de tous. CDJ nous fait également découvrir sa vie d’aujourd’hui pour le moins créative et sa passion dévorante pour la musique.

Lire la suite : Exclu, nouveauté, en somme du bonheur !

Voilà une question qui se pose ici dans la rédaction du BSC NEWS ! Tellement de nouveautés, de livres, de pages et d’auteurs qui se bousculent et tant mieux ! Mais le choix est difficile tant la passion de livre nous tient fermement !

Une fois de plus, les chroniqueurs du BSC NEWS ont dragué les arrivages de titres pour se concentrer à élire, à choisir et à proposer ce qui nous fait vibrer.

Vous trouverez dans ce numéro un nouveau papier d’Olivier Quelier sur Amélie Nothomb qui en fera sourire certains et fulminer d’autres. Jérémie Khlat, quant à lui, nous offre une chronique Modérature très élargie après la “Fashion Week” qui s’est tenue la semaine dernière à Paris. A cette occasion, il a rencontré Mélanie Mendelewitsch, cette jeune romancière de 22 ans qui sort son roman chez Scali.
Ce mois-ci, nous accueillons également la pétillante Karine Papillaud qui nous expose sans détour sa façon de travailler et les raisons de ses choix pour les chroniques littéraires.

Et comme à notre habitude, nous vous proposons une multitude de portraits, de chroniques et d’interviews car l’envie de vous faire découvrir de nouveaux horizons, d’ouvrir d’autres livres et d’être surpris par des personnalités passionnantes, a enfin un nom sur le web, le BSC NEWS.

Bonne lecture à tous et prenez le temps de lire...
Nicolas Vidal
Rédacteur en chef

 

Nous voilà au coeur de la Matrice Mère du livre distribuant à tout va et généreusement ses nouveaux-nés : jeunes auteurs, écrivains connus et reconnus, et son lot de surprises et de déceptions.
La ferveur du livre jouant de ses charmes et de ses rondeurs exhibe sans retenue et comme chaque année, sa plastique ou son charisme ( Que vous soyez enthousiaste ou dépité, je vous laisse le choix du terme), elle a pour nom, la rentrée littéraire.

Lire la suite : Edito du mois de Septembre

Féminité, créativité et fraîcheur en ce début d’été.

Imaginer l’édition sans les femmes? Cette façon de voir pourrait vous conduire à flirter avec une hérésie des plus machistes...

Lire la suite : Edito de juin

"La République des Lettres vue de l’intérieur parce qu’il n’y a rien de mieux que de connaître un système pour le pénétrer" par Nicolas Vidal

Lire la suite : Edito BSC NEWS AVRIL

Dans ce nouveau numéro du BSC NEWS, tout un foisonnement de choses est à votre disposition pour passer le mois de juillet confortablement installé entre deux piles de livres.

Lire la suite : Foisonnement et pile de livres !

Le BSC NEWS Magazine du mois

COUV BSCNEWS DECEMBRE2017

 

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Amandine Dhée : « Le père est une mère très acceptable »

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Sans langue de bois

Laurent Obertone : "Certains médias ont le monopole de la pensée autorisée et de la morale"

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Publication : mardi 28 novembre 2017 11:23

  Par Nicolas Vidal - Depuis la parution de France Orange Mécanique en 2013, le journaliste Laurent Obertone déjoue tous les pronostics littéraires. Ses livres font fureur en librairie malgré une presse très rétive aux sujets qu’il aborde et qui ne se prive pas de dénoncer ses idées.

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