Essai et Société - Actu littéraire

Par Sophie Sendra - BSCNEWS.FR / Ne vous fiez pas à la grosseur de l'ouvrage, ce livre se dévore littéralement. Penseur américain, il est à l'image de ce que l'on peut imaginer de cette civilisation : rapide, profond, carré dans sa pensée. L'auteur ne fait pas dans la demie mesure. Au travers de différents chapitres, il explore notre évolution, celle du monde, de l'histoire, de la philosophie, de la science cognitive, de la psychanalyse etc.

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Par Sophie Sendra - BSCNEWS.FR / Petit livre qui traite de toutes les formes de traduction(s). De la difficulté à traduire les émotions, la transcription musicale, des traductions psychiques et linguistiques etc. Intéressante par son approche, cette première Esquisse, nous pose la question de savoir si « je suis ma langue ? », s'il faut sans cesse réinventer les mots,

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Par Nicolas Vidal - BSCNEWS.FR / Les Editions Mordicus nous proposent un ouvrage audacieux et passionnant sur les médias. Voici une compilation d’entretiens avec des intellectuels français ( (Daniel Bougnoux, André Compte-Sponville, Régis Debray, Marcel Gauchet, Yves Michaud) qui ne manquera pas d’intéresser ceux qui souhaitent en savoir plus sur les médias d’aujourd’hui. Chaque invité donne un avis éclairé sur l’évolution, l’influence et l’avenir de la presse. Réjouissons-nous de la diversité des points de vue qui peuplent cet ouvrage et de la confrontation des idées qu’il permet.
C’est une réussite éditoriale tant le propos est à la hauteur du thème. Ces entretiens se composent de deux tomes.

«Les Intellectuels jugent les médias» Daniel Bergougnoux, André Compte-Sponville, Régis Debray, Marcel Gauchet et Yves Michaud - Mordicus - 11,90 €

Vanessa Place n’est pas une femme banale. Avocate à Los Angeles, critique d’art, écrivain…les photographies la montrent les bras tatoués, toute de noir vêtue comme une rockeuse. Son premier opus traduit en français (et son sixième ouvrage) : Exposé des faits ressemble à son auteur : il est étrange et fort.
Ce livre réuni cinq dossiers à charge délivrés par un greffier anonyme dans lesquels sont exposés les détails de l’accusation à l’encontre d’un appelant - autre terme pour accusé -, suivis de trois arguments pour des plaidoiries. Presque tous ces cas sont des crimes sexuels et correspondent à la spécialisation de Vanessa Place, avocate en charge de la défense des criminels sexuels. L’auteur s’en explique : il est question [dans le domaine sexuel] des libertés fondamentales de l’individu.
Rapportées dans une terminologie particulière, celle de la justice, ces histoires se concentrent autour d’événements bruts, livrés sans recherche littéraire classique. Cet aspect clinique est doublement intéressant : on découvre le cœur des dossiers d’un avocat, et on assiste à la réalité sociale d’une certaine Amérique où le sordide et la violence n’ont pas fini de s’épanouir.
Viols sur mineurs, tentatives d’approches pédophiles, matraquage policier, et recrutements de jeunes prostituées par des souteneurs sont le quotidien des bas-fonds de Los Angeles. Exposé des faits livre des renseignements stupéfiants sur les règles du milieu de la prostitution. On y voit le travail d’approche et le processus d’endoctrinement des macs qui repèrent des jeunes filles perdues, fugueuses la plupart du temps, sans famille solide. La première étape s’appelle l’accroche : le souteneur paie l’hôtel et des vêtements neufs à l’adolescente (parfois 13 ou 14 ans) qui comprend assez vite qu’elle doit bosser en échange. Si le travail n’est pas accompli dans la soumission exigée par le mac, la deuxième étape consiste à punir : l’adolescente est contrainte d’avoir des rapports sexuels avec le souteneur, elle sera battue, humiliée jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’il n’est pas dans son intérêt de résister. L’essentiel est de décourager les prostituées de sortir du circuit : l’artère de rues où les prostituées exercent leur profession. Elles se doivent de résister aux approches d’un autre mac (qu’elles ne regardent pas dans les yeux parce que cela signifie qu’elles seraient prêtes à travailler pour lui), certaines portent des tatouages au nom de leur mac ( !). D’autres règles dominent le milieu : on touche les parties intimes des clients avant de partir avec eux pour être sûr qu’ils ne sont pas de la police, les relations entre macs et prostituées reposent sur la suspicion, on tient son souteneur pour un protecteur et on l’appelle daddy (papa)…
C’est ensuite à l’avocat de la défense de s’emparer des dossiers.
Dans la première affaire de viol, l’avocat établit que l’appelant n’a pas pratiqué de coït oral sur la victime comme le dossier à chargeVanessa Placel’affirmait puisque l’appelant possédait un matelas à eau et qu’il pesait à l’époque une centaine de kilos…
Sec et concret, le livre de Vanessa Place bouscule la vision qu’on pourrait avoir de la justice, mais aussi de la littérature en s’inscrivant dans la filiation de 10e chambre, instants d’audience de Raymond Depardon.
Titre: Exposé des faits
Auteur: Vanessa Place.
121 pages.
Éditions: ere.
Septembre 2010.
Traduit de l’américain par Nathalie Peronny.
François ChevallierPropos recueillis par Lauren Malka - Bscnews.fr /

- François Chevallier, vous venez de publier un livre dont le titre est éloquent - La Société du mépris de soi : De l’Urinoir de Duchamp aux suicidés de France Télécom et dans lequel vous explorez l’âme de l’artiste contemporain comme un prisme inquiétant de notre société.
- En effet, à l’époque de Michel-Ange, Courbet, l’art reposait sur des notions d’harmonie et d’irrationnel. Rien d’étrange à cela puisque nous tendons naturellement, même biologiquement vers l’harmonie, le désir de perfection. Et l’irrationnel, quant à lui, est un besoin dont nous ne pouvons nous passer pour vivre. Le désir de vivre lui-même est une impulsion folle qui nous permet d’accepter notre mortalité, et qui ne peut se passer d’une part d’irrationnel. Or, le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale mais aussi l’amplification du discours scientifique se sont opposés à cet illusionnisme et ont amené notre société à s’installer progressivement dans la dépression.
Marcel Duchamp et Roussel, qui étaient très en avance sur leur temps, ont été les premiers à refléter ce vague sentiment de mal-être sans cause, ce rejet de leurs propres rêves et cette négation de l’harmonie à travers leurs œuvres. Ils ont donné lieu à des courants artistiques qui, à l’instar des « dépressifs », renient ce qu’il y a de plus biologique en eux-mêmes et placent au cœur de leurs œuvres le « mépris de soi ».

- Le « héros », qui était traditionnellement le personnage principal de l’œuvre littéraire ou artistique a-t-il alors déserté notre imaginaire ?
Il ne l’a pas déserté, mais le régime fasciste a transformé la figure de héros en un symbole de destruction. A l’origine, le héros incarne notre part irrationnel, c’est un être qui sort de la foule avec un projet pour nous sauver. Nos parents et grands-parents ont vécu, pendant la guerre, des expériences héroïques, même s’ils n’en étaient que témoins, mais nous en subissons le traumatisme, en développant une peur de l’irrationnel et un refus de l’héroïsme. Comme Prométhée, l’artiste est traditionnellement celui qui doit parvenir à incarner ce désirs irrationnel de l’être humain, à voler à Dieu l’immortalité et à entretenir ainsi notre espoir d’échapper à la matière, au périssable. Mais la guerre et la science ont réprimé ces désirs, prouvé qu’ils étaient trop grands pour nous. Et l’art, notamment à travers le courant dadaïste, a incarné cette dés-héroïsation en mécanisant l’être humain, en éliminant sa part émotionnelle, ses illusions. Chose impossible, selon Freud, qui considère que c’est toujours l’irrationnel qui gagne.

- Il est temps aujourd’hui de mettre des freins à la science pour préserver l’irrationnel, les désirs et l’envie de vivre. En supprimant la science ?

- Surtout pas, mais en la considérant comme un moyen, non comme une fin. Aujourd’hui, on érige la science en solution ultime pour toutes les problématiques de l’être humain, même pour les peines de cœur. C’est à la science qu’on attribue le pouvoir de rendre l’homme immortel en le bardant de pilules, de prothèses, de clones dans tous les sens. On oublie qu’à force de vouloir être immortel, on se retrouve face à une humanité bien trop vieille et en souffrance.

- En quoi l’histoire de l’art reflète-t-elle tous ces changements ?

- En cinéma, c’est très clair. Il suffit de penser à des films comme Le Silence de la Mer de Vercors, adapté par Jean-Pierre Melville, où le bonheur à court terme était sacrifié pour un acte héroïque au sens prométhéen du terme. La nouvelle vague de cinéma français a été orchestrée par des dépressifs comme Godard, Resnais, Truffaut ou Rohmer qui plaçaient le passéisme, le repli sur soi, l’intimisme – autant de symptômes pathologiques – au cœur de leur œuvre.
En art plastique, les représentations mythologiques des dieux grecs ont été remplacées par les tubes mécaniques des dadaïstes, les urinoirs de Duchamp. Les artistes contemporains ont totalement dés-héroïsé l’œuvre d’art et adopté un comportement dépressif en affirmant l’insignifiance de leur existence. Leur processus créatif consiste à passer le temps, concentrés sur des activités minutieuses et stériles, typiques des dépressifs.

- Cette méprise de soi, telle que vous la nommez, est-elle si récente ? Ne serait-elle pas intemporelle comme l’albatros de Baudelaire, infiniment supérieur à la foule mais d’apparence piteuse en société ?

- L’albatros ne cherche pas la pitié et Baudelaire non plus. Il est rempli d’orgueil et s’affirme au dessus de la mêlée, supérieur à ce qu’il méprise, ce qui est le contraire de Duchamp et des artistes contemporains.

- Dans votre livre, vous montrez que les artistes perçoivent le monde de demain, comme Herbert George Wells avec sa Machine à explorer le temps. Que nous disent les artistes actuels du monde de demain ?

- Ils disent que l’humanité devient monstrueuse : Les bêtes ou les utérus de Takashi Murakami, Andy Warhol qui veut être une machine en sont des exemples. Il suffit d’observer la société pour voir à quel point ces artistes reflètent l’état dépressif latent. Les ouvriers ont toujours subi des pressions professionnelles, mais à l’époque, ils résistaient par estime d’eux même. Aujourd’hui, ils se suicident. L’effondrement de l’estime de soi, la réification des êtres humains, tellement perceptible dans l’art contemporain, a amené une résignation générale face à la violence, notamment en entreprise.

- Votre propos est pessimiste mais votre ton reste enjoué. Dans un monde dés-héroïsé, quel est votre espoir ?

- Les tout derniers échos du cinéma français laissent présager un changement positif. Cela faisait un moment qu’on ne s’intéressait qu’aux malheurs intimes des antihéros. Or, depuis peu de temps, les problèmes de société commencent à resurgir. Je pense notamment au film « Welcome » de Philippe Lioret, sorti l’an dernier, ou bien à « La Question humaine » de Nicolas Klotz. On voit de plus en plus réapparaître le combat d’un homme contre un autre homme, les conflits de deux projets et du coup la résurgence du héros. Si ce type de changement se produit dans le cinéma, c’est sûrement qu’une tendance sous-jacente se développe dans la société. Les artistes ne sont jamais à l’origine de la santé La société du mépris de soimorale de leur époque, mais ils la perçoivent de façon visionnaire.

Titre: La Société du Mépris de soi, De l’Urinoir de Duchamp aux suicidés de France Télécom
Auteur: François Chevallier
Editions: Gallimard
Hors Série Connaissance
Prix: 9 euros
Par Mélina Hoffmann - BSCNEWS.FR / « Nous rencontrons à toutes les étapes de notre vie des difficultés que la plupart du temps nous surmontons. Notre société met en avant depuis des années le « bonheur », l’exigence de « réussite », sans toujours bien comprendre les critères sous-jacents à ces généralités, la performance… Or les solidarités se font rares, les familles explosent en vol, les liens se distendent… Face à cela, on recherche le dialogue, le partage, le conseil. »

Quand un soutien extérieur devient nécessaire
Difficile de trouver sa place dans une société où les valeurs volent en éclat, où l’individualisme n’a de cesse de faire de l’ombre à la solidarité, où la consommation est devenue l’avatar du bien-être et où la course au productivisme a fait du stress le mal du siècle. Il est de plus en plus fréquent de rechercher ailleurs un peu de soutien, des conseils, une oreille attentive. C’est pourquoi les différents types de thérapies sont de plus en plus sollicités pour toutes sortes de troubles.
Psychiatre, psychologue clinicien, psychanalystes, coachs… : difficile toutefois de s’y retrouver parmi les différents types de thérapeutes existants, et difficile surtout de choisir celui qui convient le mieux à notre personnalité, à notre âge et à notre trouble. En effet, on ne s’adressera pas forcément au même spécialiste selon que l’on veut guérir des troubles du comportement alimentaire, surmonter un deuil, résoudre des problèmes de couple, ou encore se débarrasser d’une phobie.
Apprendre à s’orienter dans la jungle des thérapies !
A quel moment consulter ? Comment se déroule une thérapie ? Une consultation chez un psychiatre est-elle remboursée par la Sécurité sociale ? Comment savoir si je dois consulter un psychiatre ou un psychologue ? Le sophrologue est-il médecin ou psychothérapeute ? Quelle formation doit avoir le musicothérapeute ? Qui sont les coachs ? Quels types de thérapies existe-t-il pour les enfants et quelles méthodes ? Y a-t-il une ou des alternative(s) au traitement psychotrope ? Quelles sont les aides complémentaires à la thérapie ?...
Cet ouvrage clair et complet nous donne les réponses à toutes les questions que nous nous posons sur le sujet, et nous aide à nous diriger dans cette jungle thérapeutique ! Ses auteurs, psychiatres de formation, ont été les premiers en France à introduire les techniques de la thérapie familiale.
Ils nous présentent d’ailleurs l’histoire de la psychologie, ainsi que ses différentes approches selon les disciplines : psychothérapie existentielle ; psychotraumatologie ; thérapies brèves, de soutien, de groupe, de couple, familiale ; l’hypnose, la sophrologie, la relaxation, l’art-thérapie, la sexologie…
Un contenu fort intéressant, illustré de nombreux témoignages, qui nous permet de nous y retrouver beaucoup plus facilement et de mieux comprendre ce qui distingue les spécialistes les uns des autres.
Vous apprendrez par exemple que, contrairement au psychologue, le psychiatre possède le statut de docteur en médecine qui lui confère le droit de prescrire des médicaments, d’ordonner une hospitalisation, un arrêt de travail…
Enfin, quelques grands noms nous sont présentés tels que Freud (père fondateur de la psychanalyse), Alfred Binet (inventeur des tests d’intelligence), Mélanie Klein (première analyste d’enfants), ou encore Albert Ellis (inventeur des thérapies cognitive et comportementale).

Bien choisir sa psychothérapie
Collectif, sous la direction du Docteur Sylvie Angel, Professeur Pierre Angel
Editions Larousse

Les dépendances, ces fantômes insatiables

Par Mélina Hoffman - Bscnews.fr / « C’est le règne de la dépendance, un monde dans lequel nous cherchons inlassablement en dehors de nous-mêmes quelque chose qui saura calmer un insatiable désir de soulagement ou d’accomplissement. Ce vide douloureux ne s’atténue pas, car les substances, les activités ou les objets dans lesquels nous cherchons un répit ne peuvent pas nous combler. Nous ne connaissons pas nos véritables besoins et, si nous restons dans le monde des fantômes affamés, nous Pne les connaîtrons jamais. Nous hantons nos vies sans être jamais complètement présents. »
Qu’il s’agisse de substances psychotropes, de nourriture, de sport, de jeux, de sexe…, les dépendances sont toujours la manifestation d’une douleur profonde - consciente ou inconsciente.
Avant toute chose, il est important de faire la distinction entre une simple passion et une dépendance. Tandis que la passion est source d’enrichissement et d’accomplissement, qu’elle favorise la création et un sentiment de satisfaction, la dépendance est quant à elle sombre et destructrice, elle nous consume de l’intérieur et nous isole peu à peu. Cette dernière se manifeste essentiellement par des comportements compulsifs et répétés, de l’irritabilité, ainsi qu’un sentiment de manque. Quelques soient les conséquences néfastes - voir dangereuses - de sa dépendance sur sa propre vie ou sur celle de son entourage, la personne dépendante ne peut résister à ce comportement qui soulage momentanément sa détresse psychologique. La dépendance ne laisse plus aucune place à la maîtrise de soi.
« On peut comparer la différence entre la passion et la dépendance à celle entre l’étincelle divine et la flamme qui consume tout. »

Quelles sont les causes des dépendances ? ; Existe-t-il une personnalité qui prédispose à la dépendance ? ; Sur le plan physiologique, que se passe-t-il dans le cerveau des personnes dépendantes ? ; Pourquoi la « guerre contre la drogue » est-elle un échec et en quoi consisterait une approche humaine basée sur l’expérience clinique pour traiter les dépendances graves aux drogues ? ; Quelles sont les voies possibles pour sauver les esprits dépendants qui ne sont pas accros à des drogues dures - c’est-à-dire, comment peut-on aborder la guérison de nombreuses dépendances comportementales que favorise notre société ?...
Autant de questions passionnantes et instructives auxquelles le docteur Gabor Maté nous propose des réponses à travers un témoignage bouleversant et profondément humain sur sa propre expérience en qualité de médecin dans le ghetto de la drogue de Vancouver. Cet espace, financé par quatre gouvernements et quatre fondations privées, accueille les personnes marginalisées pour leur offrir un espace de sécurité, un hébergement, un soutien psychologique et des soins.
Il explique avec une sincérité touchante la difficulté à être toujours dans l’empathie et le respect, l’envie parfois de céder au sentiment de révolte, de colère qu’il éprouve face à ces individus qui n’ont pas ou plus envie de se battre, et qui bien souvent meurent des effets liés à leur consommation de drogue.
« Les drogués sont souvent laissés pour compte et ignorés ; on ne les juge pas digne d’empathie et de respect. En racontant leur histoire, mon intention était double : les aider à faire entendre leur voix et mettre en lumière les origines et la nature de leur malheureux combat pour noyer leur douleur dans la drogue. Ils ont de nombreux points communs avec la société qui les ostracise. S’ils semblent avoir choisi un chemin qui ne mène nulle part, ils ont néanmoins beaucoup à nous apprendre. Dans le sombre miroir de leur vie, nous pouvons reconnaître les contours de la nôtre. »

Il nous parle longuement de ces personnes dont la drogue est devenu le refuge, un refuge qui leur permet de ne plus se retrouver seuls avec eux-mêmes et le vide intérieur qui les ronge. Il nous parle de la vulnérabilité préalable de ces individus face à des situations de dépendance, des carences affectives souvent héritées de l’enfance, des traumatismes divers souvent subis dès leur plus jeune âge.
Il nous explique comment, en modifiant la structure chimique, l’anatomie et le fonctionnement du cerveau, la consommation de drogue prive peu à peu le toxicomane de son libre-arbitre, l’empêchant de faire les choix qui seraient les meilleurs pour lui, à savoir ceux du sevrage et de la santé. Il nous livre également le récit poignant d’une grossesse et de la naissance du bébé opiomane d’une mère toxicomane.

L’auteur avance timidement l’idée controversée d’une décriminalisation - et non légalisation ! - de la drogue dans des conditions de sécurité contrôlées, de façon à garder sous contrôles les toxicomanes dans le but de réduire les méfaits de la consommation de drogues et de pouvoir ainsi les guider plus facilement vers l’abstinence.
Un ouvrage passionnant, documenté et très instructif sur un phénomène vaste et rependu - celui des dépendances - dont nous connaissons pourtant mal les mécanismes. Un livre à mettre entre les mains de chacun de nous, pour nous aider à comprendre toute la souffrance qui se cache derrière ces comportements que nous jugeons parfois avec sévérité et mépris, et peut-être à changer notre regard sur ce monde finalement pas si éloigné du notre. Reste à se poser une question : « Sommes-nous disposés à prendre soin d’êtres humains qui souffrent à cause de leurs propres comportements, lesquels découlent des difficultés qu’ils ont connues très tôt dans la vie et pour lesquelles ils n’étaient nullement responsables ? »
Et c’est peut-être bien là que se situe une part non négligeable du problème…

Titre: Les dépendances, ces fantômes insatiables
Auteur: Dr Gabor Maté
Editions de l’Homme
Comment se dire adieuPar Mélina Hoffmann - Bscnews.fr / La vie - tel un océan qui s’étend à perte de vue, flirtant avec un horizon dont les teintes se fondent dans celles de ses humeurs - est inlassablement soumise aux marées, celles de nos émotions. Ainsi, de temps à autre, alors que notre vie est calme, paisible, sans vague, quelque chose arrive qui nous bouleverse. Soudain la marée monte, et tout notre être se trouve submergé par la douleur, noyé sous le flux intense de nos émotions.

« Quand nous ne savons plus faire un seul pas, la vie, elle, sait comment poursuivre. Là où nous désespérons de toute issue, elle en propose des dizaines. Il suffit de garder confiance. Il suffit d’aller jusqu’à ce point en nous, si ténu que le désespoir ne peut s’en saisir, comme il fait du reste. »
Christian Bobin

Ces événements qui viennent ébranler notre équilibre psychologique, nous enlever à la réalité pour nous plonger dans le chaos le plus total, n’épargnent malheureusement personne…
Chacun de nous est, un jour ou l’autre, confronté au deuil ; qu’il s’agisse d’un déracinement, d’un changement brutal de situation professionnelle, d’une rupture amoureuse, ou encore de la perte d’un être cher…
Comment survivre à un tel séisme émotionnel ? Comment gérer la souffrance qui nous envahit alors ? Retrouver nos repères ? Nous consoler de cette perte brutale ? De cet être ou de cette situation qui n’est plus et qui avait tant d’importance à nos yeux ?
Comment dire Adieu à l’être aimé et trouver à nouveau en soi la force d’aller de l’avant ? Comment cicatriser cette blessure profonde et se reconstruire pas à pas ? Mais aussi, comment trouver les mots justes pour aider un proche à surmonter cette épreuve toujours singulière ?
« Le processus de deuil, c’est le fait d’accepter d’aller au fond de sa peine, au fond du sens de la vie et de la mort, pour transformer une absence affective en une présence intérieure. »Janine Pillot
Le deuil peut parfois se faire progressivement, notamment dans le cas où la mort survient après une longue période de maladie durant laquelle les proches se « préparent », parfois inconsciemment, à ce qu’ils savent inéluctable. La souffrance est là, mais on a eu le temps de l’exprimer et d’apprendre à la gérer ; de dire à la personne aimée tout ce qu’on avait sur le cœur. La mort apparaît même parfois comme un soulagement face à la souffrance de la personne malade. En revanche, lorsqu’elle est brutale et inattendue, le traumatisme peut-être beaucoup plus difficile à surmonter. Difficile de ne pas se perdre en « si j’avais su… », de ne pas regretter ce que l’on a pas dit, pas fait, de ne pas se blâmer de notre impuissance…
Faire le deuil d’un être qui nous était cher - comme d’une situation qui portait les fondements de notre équilibre - est un processus long et douloureux qui laissera, quoi qu’il arrive, une cicatrice en nous. Si certains ont la chance d’être très entourés et épaulés, d’autres traversent cette épreuve seul, avec leur seul courage comme compagnon de deuil.
« Le deuil est si large qu’on ne peut pas le contourner, il est si haut, qu’on ne peut passer par-dessus, il est si profond qu’on ne peut pas passer en dessous. C’est pourquoi, il ne reste qu’une solution, c’est d’en ouvrir la porte et de le traverser. »
La personne endeuillée met généralement un certain temps à ancrer la perte subie dans la réalité. En état de choc, elle refuse d’accepter ce que la vie lui impose. Cette prise de conscience, plus ou moins longue selon les individus, est souvent suivie d’une période de colère, de refus, de non-acceptation.
Puis, peu à peu, lorsque nous nous sommes vidés de toute notre colère, c’est une profonde tristesse qui s’installe. C’est cette tristesse qu’il va falloir apprivoiser et s’autoriser à exprimer pour, lentement, la laisser s’échapper afin de reprendre peu à peu goût à la vie.
Un très joli petit livre, plein de sagesse, d’amour et d’espoir. A lire, méditer et partager.
« Toute vie humaine est une suite de transitions de « bonjour » et d’ « adieu ». Nous créons des liens, nous les renforçons, puis vient le jour où il faut les couper. »
« Vivre pleinement, c’est ressentir pleinement, c’est oser tre totalement avec ce que l’on éprouve, même lorsqu’il s’agit de la souffrance de la séparation. »
Les auteurs abordent avec beaucoup de délicatesse et d’empathie les différentes étapes du processus de deuil qui fait suite à une perte ou une rupture.
Citations à méditer ; illustrations à contempler ; témoignages émouvants
« Les gens que nous avons aimés ne seront plus jamais où ils étaient, mais ils sont partout où nous sommes. »
Alexandre Dumas
« Le travail de deuil se fait à travers la peine et le chagrin, lentement… »
L’équilibre que nous trouvons dans notre vie n’est toujours qu’un équilibre temporaire, en permanence menacé par d’éventuels changements qui ont le pouvoir de tout bouleverser.
Après un deuil, la vie n’est plus jamais la même, certes. Mais elle est. Et c’est là que se trouve l’essentiel.
« En nous, il y a à la fois la blessure de l’absence et le mystère de la présence. Il y a le jamais plus de la séparation et le toujours de l’affection. Il y a la dureté de la rupture et la douceur de la reconnaissance. »
Francine Carrillo
« Le deuil est une obscurité impénétrable à l’imagination de ceux qui ne l’ont pas connu ».
Iris Murdoch
Mais aussi comment soutenir au mieux un proche soumis à l’épreuve du deuil : « L’écoute est centrale, ainsi que le respect des silences et la disponibilité. »
« Faire de chaque au revoir un adieu potentiel, voilà comment vivre pleinement les relations importantes de nos existences. »

Titre: Comment se dire adieu...
Thèmes: Rupture, séparation et deuil
Auteurs : Rosette Poletti, Barbara Dobbs, Pierre Poletti
Editions: Jouvence
Sigmund Freud : les confidences de Hilda DoolittlePar Stéphanie Hochet - BSCNEWS.FR / Contrairement à Michel Onfray, Sigmund Freud avait de l’humour. C’est un des aspects du père de la psychanalyse qui émerge dans le récit de celle qui fut sa patiente, la romancière et poétesse américaine Hilda Doolittle, appelée H.D en littérature, à qui il écrivit une première lettre : Je ne suis pas sûr que vous sachiez l’allemand, aussi je vous prie d’accepter mon mauvais anglais. Cela peut être pénible pour un poète.
Pour l’amour de Freud que les Éditions des femmes viennent de publier avec une nouvelle traduction de Nicole Casanova réunit les lettres que le professeur (comme elle le nomme) et H.D s’échangèrent, son journal qu’elle intitule Avent qui rend compte de son analyse, et un récit : Écrit sur le mur par lequel la romancière tente de reconstruire onze ans plus tard cette même expérience.
Nous sommes à Vienne en 1933. Freud a 77 ans, H.D 47. La patiente est hors norme : bisexuelle - Vous aviez deux choses à cacher, d’une part que vous étiez une fille, d’autre part que vous étiez un garçon, lui dira-t-il lors d’une séance – elle fut la maîtresse du poète Ezra Pound à 19 ans, eut une liaison avec l’ex amante de celui-ci, se maria à Richard Aldington qu’elle quitta deux ans plus tard pour une femme androgyne surnommée Bryher, donna naissance à une petite fille (Perdita) qu’un ami d’Aldington reconnaîtra. Si on ajoute à ça que Bryher, la femme de sa vie, eut une vie aussi foisonnante et libérée, on perd un peu le fil …
Le transfert avec le père de la psychanalyse se révèle, lui aussi, complexe. Vive Œdipe écrit-elle à Bryher, tu m’avais dit qu’il ne parlerait pas, et il a parlé la moitié du temps(…) ce vieil Œdipe roi m’a eue… Elle appelle son analyste papa dans ses lettres mais il lui fera une remarque étonnante : Je n’aime pas être la mère dans le transfert, cela me surprend et me choque toujours un peu. Je me sens tellement masculin.
S’en suivent de nombreux échanges, discussions entre médecin et patiente sur l’Antiquité, l’enfance de l’humanité selon Freud et domaine privilégié des études de H.D., l’art, la littérature (elle a rencontré D.H Lawrence dont elle dit avoir du mal à finir les romans) mêlés de réflexions sur la plongée en psychanalyse qu’elle perçoit comme une immersion dans un élément marin, le plaisir trouvé dans les réminiscences et les rêves, et des notations plus terribles sur la capitale autrichienne au moment de la montée du nazisme. Devant la tête de mort de la croix gammée marquée à la craie sur le trottoir et menant à la porte même du Professeur, je dois, en toute décence, calmer ma phobie personnelle, mon propre petit dragon-terreur-de-la-guerre, et même avec le peu de pouvoir dont je pourrais disposer, lui ordonner, pour le temps présent en tout cas, de retourner dans sa caverne souterraine. Elle refuse de parler à Freud de l’actualité qui l’inquiète, des atrocités commises sur les Juifs à Berlin.
L’admiration dut être réciproque. Volontiers subjectif, Freud n’hésite pas à complimenter sa patiente : Vous racontez cela joliment. Elle le dépeint avec une acuité d’écrivain, parle de son ironique sourire oblique, son air moqueur, il lui fait penser à Faust, à un vieux hibou dans un arbre, une chouette, un faucon ou à ce papillon de nuit, le sphinx tête de mort. Elle notera une formule qui revient à la bouche du Professeur : Par hasard ou intentionnellement… Elle lui montrera une photographie de Bryher : Elle ressemble à un explorateur de l’Arctique commentera-t-il. Surtout, elle lui exposera son projet d’Écrit-sur-le-mur autrement dit d’écriture par l’image, de matérialisation des formes qu’elle voit projetées sur tel ou tel support. L’analyse entre dans sa vie en partie pour développer son potentiel créateur, et non pour l’assécher contrairement aux idées reçues. Elle laisse aller les associations libres, tente de décrypter les hiéroglyphes de l’inconscient. Aujourd’hui nous avons creusé très profond, lui dit-il parfois, ou j’ai touché le pétrole. La progression d’une analyse, c’est la réussite de l’analysant et de l’analyste. A raison d’une séance par jour, la cure dure une année.
H.D avait saisi l’importance de cette rencontre : nous avons de la chance, grâce à son témoignage, nous savons que Freud n’avait pas l’intention de prouver à ses détracteurs qu’ils avaient tort, le praticien préférait souligner le danger contenu dans certaines idées.
On a reproché à Freud sa « misogynie » (certes, par moments) et ses concepts « négatifs » sur les homosexuels ; pourtant il expliqua à H.D. que selon sa théorie de la sexualité féminine la femme homo se montrait plus franche et honnête, mais que toutes les femmes dans leur ensemble étaient exactement pareilles, et avaient bâti leur culte sur la dissimulation (Lettre de H.D. à Bryher). Pas si simple.
H.D. affirmait que sa relation à Freud représentait tout pour elle, et qu’il n’avait jamais exigé d’elle qu’une seule chose : Je vous prie, jamais – je veux dire jamais, en aucun moment, en aucune circonstance-, n’essayez jamais de me défendre, si et quand vous entendez des remarques injurieuses sur moi et mon travail […] Vous ne ferez pas de bien au détracteur en commettant la faute d’entreprendre une défense logique. Vous approfondirez seulement sa haine ou sa peur des préjugés.
Il est à parier que ceux qui tirent à boulets rouges sur Freud n’ont pas lu ce livre, mais, ne désespérons pas, tout comme entreprendre une analyse, il n’est jamais trop tard.

Coupe du Monde : Le livre qui vous dit toutPar Mélina Hoffmann - BSCNEWS.FR / « Le football, c’est ce qui permet à un petit pays de devenir grand. » Événement à la fois sportif et diplomatique, une coupe de monde de football draine de nombreux enjeux. Reflet des changements du monde, le football s’est mondialisé, estompant les caractéristiques nationales.
Cette année, 80 ans après la première coupe du monde (disputée en Uruguay), c’est l’Afrique du Sud qui est au centre de toutes les attentions. Cette première Coupe du monde africaine de l’histoire est un véritable défi pour ce pays qui a tout à prouver. « Certains petits pays n’ont finalement pour briller internationalement que des évènements comme celui-ci. »

Que l’on se passionne pour le sujet ou non, il est intéressant de se pencher d’un peu plus près sur un évènement qui mobilise la moitié de la planète.
Alors même que la France est en passe d’être évincée du championnat, d’autres équipes semblent vouloir tirer leur épingle du jeu à l’image du Mexique et du Chili.
Deux équipes que vous pourrez découvrir - aux côtés des 30 autres pays qualifiés pour ce mondial 2010 - dans cet ouvrage documenté et très complet. Chacun de ces payes est présenté en quelques pages : son équipe nationale, sa situation politique et économique, son hymne… le tout accompagné de très belles photo de joueurs, matchs ou supporters.
Vous ferez ainsi connaissance avec les Bafana Bafana d’Afrique du sud ; vous vous replongerez dans la (très lointaine !) victoire des bleus de 1998 ; vous apprendrez pourquoi les rapports entre Argentins et Anglais sont conflictuels ; vous revivrez les sept finales du Brésil…
Vous (re)découvriez quelques joueurs et sélectionneurs mythiques de l’histoire du football tels que Maradona, star controversée de l’équipe d’Argentine ; Abedi Ayew, le Pelé local du Ghana ; la légende allemande Franz Beckenbauer, le seul à avoir été sacré champion du monde en tant que joueur puis entraîneur ; le gardien de but Chilavert, star paraguayenne aux performances remarquables ; Mario Zagallo, l’homme le plus titré du monde ; ou encore le roi Pelé, sacré joueur du siècle par la FIFA en 2000 et nommé « patrimoine national » par le gouvernement brésilien ; …
Vous trouverez également toutes les réponses aux questions que vous vous posez et même davantage!
Quelle a été l’exclusion la plus rapide de l’histoire ? La qualification la plus controversée ? Le but le plus facile ? Pourquoi les joueurs du Cameroun portent-ils le surnom de « Lions indomptables » ? Quelle est la tradition des grands gardiens de but italiens ? Pourquoi l’Afrique supporte-t-elle la France ? Qui a marqué le premier « but en or » de l’histoire de la Coupe du monde ? D’où vient la rivalité entre Barcelone et Madrid ? Pourquoi le Brésil a-t-il changé de maillot après 1950 ? Quel pays a déclenché une guerre pour un match de foot ? Pourquoi le Chili a failli ne pas participer au Mondial ? …
Un très beau livre sur papier glacé, richement illustré et agréable à lire, qui vous permettra de satisfaire votre curiosité, voir même de briller dans les conversations entre footeux tout au long de ce mondial !!

La coupe du monde dans tous ses Etats…
Pascal Boniface, Hervé Mathoux
Editions de Larousse

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Nolwenn Leroy : Gemme, un retour pop lumineux

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Sans langue de bois

Alexis Lévrier :  le journalisme à l’épreuve de l’endogamie avec la politique

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Publication : vendredi 7 juillet 2017 11:12

Par Nicolas Vidal - Alexis Lévrier nous livre son analyse sur les liens étroits que les journalistes politiques entretiennent avec les sphères du pouvoir depuis l’Ancien Régime. «Le contact et la distance» est un ouvrage passionnant qui aborde l’ensemble de ces questions et réfléchit sur cette endogamie entre le monde de la presse et de la politique.

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