Actualité BD : rencontres dessinateurs et auteurs

salairesPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Quel est le pire job que vous ayez jamais fait? Une question qui a tellement inspiré Elise Griffon et Sébastien Marnier qu'ils ont décidé d'en faire une série-bd cocasse à souhait! Déboires en cascades et petites humiliations quotidiennes, la vie, la vraie - malheureusement!- vous est servie dans un tome qui allie ironie et tendresse !

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CamusPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Né à Sétif  en Algérie, José Lenzini, habitant actuellement un petit village du sud de la France, consacre la majeure partie de son temps à l’écriture. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont cinq sur Albert Camus. Le dernier, sous forme de bande dessinée,  vient de paraître aux Editions Soleil : un livre de grande qualité qui allie la pertinence du propos d'un spécialiste de l'auteur à un graphisme de qualité. Nous avons saisi l'opportunité de rencontrer le scénariste dont les anecdotes, citations et réflexions vous passionneront, à n'en pas douter!

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munueraPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Né dans le Sud de l'Espagne, après des études de Beaux-Arts à Grenade, José Luis Munuera devient dessinateur d'"historietas" en Espagne puis, très vite, se rend à Angoulême.

Lire la suite : José Luis Munuera : la précision du trait d'un natif espagnol de talent

philippe richellePar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Crédit-photo: DR/ Diplômé en Sciences Politiques à l'université de Liège, Philippe Richelle a fait ses premières armes comme auteur de bandes-dessinées  dans Le Journal de Tintin. Il est le scénariste de nombreux albums plébiscités et récompensés comme les Coulisses du pouvoir (co-conçu avec Delitte) , les Amours fragiles (avec Jean-Michel Beuriot), Opération Vent Printanier ( avec Pierre Wachs) et Secrets bancaires (avec Pierre Wachs et Dominique Hé ).

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DufauxPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Auteur d'une œuvre impressionnante (plus de 200 titres), Jean Dufaux est également président du jury des prix Diagonale qui récompensent , chaque année en Belgique, des artistes de la bd et a été nommé chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2009.

Lire la suite : Jean Dufaux : un alchimiste du scénario au propos inspiré

Pascal RabatéPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ crédit photo © Didier Gonord /Auteur de bandes-dessinées depuis vingt ans, Pascal Rabaté est également scénariste et réalisateur de films. Son parcours? Après avoir étudié la gravure aux Beaux -Arts d'Angers, il se lance dans la bd et son travail évolue petit à petit, influencé par les traits de mentors tels que Buzzelli, Bofa, Pellos et Alexis, dans la veine expressionniste. Auteur d'un grand nombre d'ouvrages, il adapte notamment en 1998 le roman de Tolstoï, Ibicus ,qui est un grand succès auprès du public et de la critique puis crée en 2006 les Petits Ruisseaux qu'il porte ensuite au cinéma en 2010 avec Daniel Prevost et Philippe Nahon. Récompensé de nombreuses  fois pour son travail dans le septième et le neuvième art, il a voulu en 2013 les mélanger dans un leporello "réversible" intitulé Fenêtres sur Rue. Un côté Matinées et un côté Soirées permettent aux lecteurs curieux d'observer deux facettes d'une même façade d' immeuble et d'y surprendre de bien étranges choses...Présenté comme une pièce sans paroles en dix tableaux et un décor, ce livre-accordéon fait ,l'air de rien , un clin d'œil aussi au théâtre : Lever de rideau sur Pascal Rabaté!

Lire la suite : Pascal Rabaté : un livre-accordéon hommage à Hitchcock, Tati, Alexis et Simenon

margaux motinPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Après J'aurais adoré être ethnologue et La théorie de la contorsion aux Editions Marabout, la blagueuse et illustratrice Margaux Motin revient avec La tectonique des  plaques mais chez Delcourt cette fois… et ça secoue! Adepte du franc-parler et des confessions en toute transparence, elle y aborde toutes les misères et splendeurs quotidiennes d'une trentenaire "just divorced" et maman d'une adorable petite princesse. Entre humour corrosif et tendresse, Margaux Motin fait l'auto-portrait tordant de la nouvelle génération des célibataires avec enfant(s). Un album léger et drôle où les responsabilités de grandes personnes riment avec sexe, amour et rock n'roll….et ça fait du bien!

Lire la suite : La techtonique des plaques : un auto-portrait tordant entre humour corrosif et tendresse

ElfesPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Jean-Luc Istin est auteur et directeur de collection. Chez Nucléa, il imagine Merlin dessiné par Eric Lambert et Aleph avec Dim-D. Il décide ensuite de travailler pour les éditions Soleil et commence alors une collaboration étroite avec Nicolas Jarry. Né dans le Morbihan et attaché à la culture bretonne, il est l'initiateur de la collection Soleil Celtic et a créé un collectif de contes bretons nommé Les Contes du Korrigan. Aujourd'hui, avec Nicolas Jarry, il travaille sur une série Elfes au concept enthousiasmant: 5 races, 5 scénaristes, 5 dessinateurs, 1 seul univers. Les deux premiers tomes sont déjà en vente en librairie et le troisième est annoncé pour août. Le Crystal des Elfes bleus, premier tome de la série, nous plonge immédiatement dans un monde fantastique en compagnie d'une elfe charismatique Lanawyn et de Turin, son compagnon d'enquête. Dès les premières planches, le lecteur est témoin du massacre collectif d'un peuple pacifique: qu'est-ce qui a provoqué l'extinction de la communauté entière d'Ennlya? La présence d'une dague yrlanaise est-elle suffisante pour accuser ce peuple dirigé par le détestable roi Rinn? Une guerre se prépare-t-elle? Une aventure riche en mystères qui nous a charmés et dont nous vous proposons de rencontrer le démiurge!

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manginPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr / Valérie Mangin est scénariste de bande dessinée. Au cours de ses études d'histoire et d'histoire de l'art, elle réalise son intérêt pour le neuvième art et décide de s'y consacrer entièrement. Elle est notamment la scénariste d'une série de science-fiction chez Soleil nommée Le fléau des Dieux mais aussi de "Le dernier troyen", "le petit miracle " ou encore " UW1".

Lire la suite : Valérie Mangin , Honoré de Balzac et Henri-Georges Clouzot : question de mises en abyme

Delisle GuyPar Julie Cadilhac -Bscnews.fr/ Portrait-dessin: Arnaud Taeron- Bscnews.fr/ Guy Delisle est un auteur de bande-dessinée d'origine québécoise qui vit aujourd'hui à Montpellier. L'an dernier, ses Chroniques de Jérusalem (qui relate l'année 2008-2009 passée en Israël aux côtés de son épouse expatriée de Médecins sans frontière) ont été récompensées par le Prix du Meilleur Album au Festival d'Angoulême.

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Par Julie Cadilhac -Bscnews.fr/ Avant d'être scénariste de bandes-desJulie Birmantsinées, Julie Birmant a d'abord été metteur en scène à l'école de cinéma de Bruxelles, l'insas, et a notamment co-dirigé plusieurs numéros de la revue Alternatives Théâtrales.

Lire la suite : Julie Birmant : Pablo Picasso mis en cases

Angoulême 213Par Julie Cadilhac -Bscnews.fr/ Lucas Varela est un auteur argentin ; né à Buenos Aires, après des études de graphisme, il travaille pour des quotidiens comme dessinateur et graphiste.

Lire la suite : Angoulême 2013: Rencontre dessinée avec Lucas Varela

GuillaumePar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ "Réapprenons à nous ennuyer" nous dit Guillaume Bianco. Le secret de l'imagination galopante est là, au creux de ses heures paresseuses durant lesquelles l'esprit commence d'abord par trépigner d'impatience et souhaiter qu'arrive - enfin!- quelque chose…Oui, c'est là que naissent les plus épatantes histoires, les plus beaux voyages et tous ceux qui ont oublié de cultiver leur don de trouble-vue l'ignorent. Pour son troisième tome, Billy Brouillard, doté de ce "super-pouvoir", nous entraîne  dans une nouvelle épopée de son imaginaire, peuplée de sirènes dangereusement séduisantes et de baignades excitantes. Et on ne résiste pas!

Lire la suite : Guillaume Bianco : rencontre avec un magicien au don de trouble-vue

mortimerPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ André Juillard est un auteur phare de la bande dessinée historique francophone. Il a donné vie notamment à la série "Les 7 vies de l'épervier" ,et sa suite "Plume aux vents", en compagnie de Patrick Cothias qui met en scène les destins croisés d'une famille auvergnate et des membres la famille royale au XVIIème siècle, à "Arno" avec Jacques Martin qui raconte les aventure d'un jeune musicien italien devenu un lord anglais très actif dans les milieux politiques de la jeune République française mais également à une série dont il sera l'auteur et le dessinateur intitulée "Le cahier bleu', une tragédie sentimentale qui eut elle aussi un grand succès.

Lire la suite : André Juillard, Blake et Mortimer et le serment des cinq lords

Chère PatagoniePar Julie Cadilhac- Bscnews.fr  / traduction Mar Bresson-Arregui ©Chloe Vollmer / Chère Patagonie est une fresque historique de 288 pages.

Lire la suite : Chère Patagonie : une fresque historique de Jorge Gonzàlez

ENDPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ END : acronyme qui lie tragiquement la destinée de trois jeunes filles:  Elisabeth, Nora et Dorothea. Récit bouleversant d’adolescentes héritières d'un passé sombre.  Pour ce triptyque - dont vient de paraître fin mai le premier volet - Barbara Canepa s'est associée à Anna Merli.

Lire la suite : Barbara Canepa et Anna Merli : End, premier volet d'un triptyque d'inspiration victorienne

Sylvain ValléeInterview de Sylvain Vallée / Propos recueillis par Julie Cadilhac - Bscnews.fr / Il était une fois en France est un incontournable du neuvième art français distingué par de nombreux prix prestigieux dont celui de la Série au Festival d'Angoulême 2011.

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Il était une foisInterview de Fabien Nury/ Propos recueillis par Julie Cadilhac - Bscnews.fr / Il était une fois en France est un incontournable du neuvième art français distingué par de nombreux prix prestigieux dont celui de la Série au Festival d'Angoulême 2011.

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Anne BaraouInterview d'Anne Baraou/ Propos recueillis par Julie Cadilhac- Bscnews.fr / Photos D.R Anne Baraou est scénariste pour la bande dessinée. Elle aime écrire sous contrainte artistique volontaire à la manière de l'Oulipo et fait partie au cercle de l'OuBaPo en compagnie notamment de François Ayroles avec lequel elle a imaginé Les Plumes.

Lire la suite : Nos Plumes sont-elles des hommes comme les autres?

Jean Pierre GibratInterview de Jean-Pierre Gibrat /Propos recueillis par Julie Cadilhac -Bscnews.fr/ Faut-il présenter Jean-Pierre Gibrat et énumérer la liste des albums qu'il a réalisés pour de nombreuses maisons d'édition reconnues dans la bande-dessinée mais aussi pour la presse? L'expérience empirique s'avère la plus pertinente pour parler d'un dessinateur et scénariste d'un tel talent et nous sommes ainsi ravis de vous présenter de nombreux dessins de l'artiste en partenariat avec la galerie Daniel Maghen. Dans l'entretien qui suit, nous nous sommes concentrés sur Le Sursis, Le Vol du Corbeau et les deux premiers volets de Matteo ; nous avons ainsi pris rendez-vous avec l'Histoire de la première moitié du XXème siècle !

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Bang 1Interview de J.C Deveney et Loïc Godart/ Propos recueillis par Julie Cadilhac-Bscnews.fr/ Bang! Comme une détonation de flingue qui vient exploser le tympan! Bang! Comme un avertissement:  ne vous fiez pas qu’au titre! c’est un polar farouchement romantique! D'ailleurs, Jean-Christophe Deveney (au scénario) et Loïc Godart ( Scénario et Dessins) précisent en sous-titre " à l'amour à la mort"! Bang! Bang! Comme un coeur qui bat la chamade!

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Catherine MeurisseInterview de Catherine Meurisse/ Propos recueillis par Julie Cadilhac- Bscnews.fr/ Catherine Meurisse est illustratrice et dessinatrice de presse, notamment pour l'hebdomadaire satirique: le Charlie Hebdo. Elle nous présente un de ces ouvrages publiés aux Editions Sarbacane dans lequel elle rend un hommage personnel à la littérature, ses auteurs et ses héros. Un ouvrage aussi drôle que passionnant qui devrait figurer dans toutes les bibliothèques!

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Jean Marie omontPar Julie Cadilhac- Bscnews.fr/ Les éditions Fei sont une jeune maison d'édition créée par XU Ge Fei, chinoise passionnée par la culture française. Souhaitant multiplier les échanges entre ces deux pays, elle a choisi la bande-dessinée comme support à ce partage de cultures. Rencontre avec un de ses illustrateurs chinois et son binôme scénariste français, auteurs de La Balade de Yaya.

Jean-Marie OMONT, scénariste
Quelle a été l'impulsion de cette histoire?
Je ne suis pas directement à l’origine de l’histoire, c’est Patrick Marty. Il m’a contacté pour me dire son envie de faire une série pour enfants qui aurait lieu pendant la guerre sino-japonaise. Il m’a donné deux référence : “Le tombeau des lucioles” que j'ai préféré ne pas voir pour l'instant et “L’empire du soleil”. A partir de là nous avons commencé à travailler.

Pourquoi avoir choisi d'utiliser la seconde guerre sino-japonaise comme cadre de votre scénario?

La guerre vue à travers le regard d’enfants n’est pas chose courante. On se pose la question de l’héritage qu’il faut leur transmettre mais comment faire pour ne pas non plus choquer de jeunes enfants? Fei, l’éditrice, tient aussi à ce que chacun des projets qu’elle développe au sein de sa boîte raconte une part de l’histoire de son pays, la Chine. Pour les gens de sa génération, la guerre sino-japonaise est une plaie encore ouverte, les japonais n’ayant toujours pas reconnu leur responsabilité dans ce conflit La balade de Yayasanglant.

Est-ce typique de la littérature chinoise cette rencontre entre deux individus de milieux sociaux radicalement différents?

Je ne pense pas que cela soit typique de la littérature chinoise. C’est tout simplement un élément dramatique universel riche lorsqu'on fait se rencontrer deux personnages que tout semble opposer; cela permet de poser des situations de contrastes forts.

Peut-on qualifier cette bande-dessinée de "manga" ?
Pour être parfaitement honnête, je n’ai jamais lu un manga de ma vie. La seule chose que je sais, c’est que la lecture d’un manga commence par la fin... Je crois que c’est aux lecteurs qu’il faudrait poser cette question!! Personnellement, j'aime bien l'idée que "la balade de Yaya" a son identité propre, de par l'équipe qui la fabrique, composée essentiellement de débutants en BD ( Patrick Marty, Charlotte Girard (directrice d'écriture) et moi même venons du cinéma et Golo travaillait dans l'animation) et aussi par son format atypique.

La balade de YayaEchangez-vous avec le dessinateur Golo Zhao? Imaginiez-vous ainsi vos personnages et les décors qu'il a créés?
Nous échangeons effectivement régulièrement avec Golo, essentiellement par l’intermédiaire de Fei en raison de la barrière de la langue. Pour ce qui est des décors, Golo s’est beaucoup documenté et tout ce qu’il nous propose est très proche de la réalité de l’époque. Pour les personnages, nous lui envoyons une fiche détaillée du personnage tel que nous l’imaginons (son physique, mais aussi et même surtout sa personnalité, ses défauts...). Golo nous propose alors des esquisses sur lesquelles nous demandons parfois des modifications, parfois non et nous avançons comme ça, pas à pas. Il arrive que nous soyons totalement surpris par ses propositions qui vont à l’encontre de ce que nous avions pu imaginer mais que cela soit en fait une très bonne surprise. C’est un vrai travail d’équipe où chacun peut apporter sa touche personnelle quand elle va dans le sens de l’histoire.

Combien de volumes sont prévus pour cette aventure entre Yaya et Tuduo? Quand est prévue la sortie du second tome?
Neuf tomes sont prévus au total. Le tome 2 sortira le 1er juillet et a pour titre “La prisonnière”. Nous nous sommes fixés un rythme de 3 épisodes par an.


La balade de Yaya - bleuGOLO,le dessinateur traduit du chinois par XU Ge Fei (Editions Feï)
Avez-vous fait des recherches historiques sur Shanghai avant de commencer à dessiner cette histoire?

Oui, j’ai fait énormément de recherches. Notamment d’images, de livres, de documentaires, etc… sur l’histoire de Shanghai.

Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce scénario?
C'est une histoire intéressante et symbolique car elle raconte l’évolution des enfants tout au long de l’aventure et la manière dont ils en sortent grandis. Elle nous fait comprendre également la laideur de la nature humaine et la cruauté de la guerre. Après avoir discuté de ce projet avec le scénariste et la maison d’édition, j’ai été profondément attiré par cette histoire, je voulais la montrer au monde à travers mes mains.

Vos dessins travaillent beaucoup sur les jeux de lumière, Yaya avec sa robe jaune est un personnage lumineux: pourquoi?

La couleur du premier tome n’est pas aussi vive que ce qu’on pense, c’est plutôt une couleur gris-bleu dans l’ensemble. Vêtue d'une robe jaune, Yaya apporte une sensation de vivacité et de fraîcheur. Le portrait de la fille précieuse d’une famille riche ressort pleinement. Cela permet également de la différencier des autres personnages. Les couleurs dominantes du premier tome sont le bleu et le gris, car je pense que c’est la meilleure nuance pour représenter l'atmosphère d'avant-guerre. Et la couleur jaune de la robe de Yaya fait plus ou moins rêver naïvement les jeunes lecteurs : peut-être cette enfant va-t-elle survivre?… Mais Golomalheureusement, lorsqu’elle a été sauvée par Tuduo, la robe jaune de Yaya est déchirée. La fantaisie disparue, la dernière innocence et la naïveté de l’enfant sont brutalement détruites. Ainsi commence l’histoire de Yaya...

Vous colorez ainsi vos planches de nuances dominantes qui varient..... selon les humeurs des personnages et la gravité des circonstances?
Oui, certainement. En parallèle, cela a pour but de créer un contraste entre les différents décors. Par exemple, on note le contraste entre la couleur rose chaude de la maison de Yaya et la couleur bleu-vert pâle de la maison de Zhu.

Cette bande-dessinée s'adresse-t-elle selon vous davantage à un public jeune? L'avez-vous conçue ainsi?
Je pense que ce livre est adapté pour des personnes de tout âge. Quand je dessinais, je n’avais aucune tendance particulière à restreindre ce livre à une certaine tranche d’âge. Ma seule préoccupation était de savoir comment faire de mon mieux pour dessiner de superbes planches.

Avec quel matériel travaillez-vous vos planches et en utilisant quelles techniques?
Je fais des crayonnages sur papier et la coloration des planches sur ordinateur.

Cette bande-dessinée est-elle révélatrice d'une esthétique chinoise? Avez-vous choisi d'y appliquer un style "manga" pour mélanger symboliquement les cultures de deux peuples qui s'affrontent dans ce récit?

En fait, je me suis inspiré des grands maîtres de la bande dessinée chinoise des années 1950 et 1990: Lu Ting Guang et He You Zhi. Ce style est également révélateur de mon niveau artistique actuel. Je suis fidèle à ma propre poursuite de l’art.

Patrick MartyPropos recueillis par Julie Cadilhac- Bscnews.fr/ Illustrations de Chongrui Nie/ Photos DR/ Les éditions Fei sont une jeune maison d'édition créée par XU Ge Fei, chinoise passionnée par la culture française. Souhaitant multiplier les échanges entre ces deux pays, elle a choisi la bande-dessinée comme support à ce partage de cultures. Rencontre avec un de ses illustrateurs chinois et son binôme scénariste français, auteurs du Juge Bao.

Patrick MARTY, le scénariste

Le Juge Bao est une sorte de Robin des bois chinois ? Qu'est-ce qui vous a plu dans ce personnage?
Le Juge BAO n’est pas un héros fugitif, un justicier hors la loi, comme Robin des Bois, où les chevaliers d’Au Bord de l’Eau, le grand classique chinois. C’est un personnage historique, et un véritable magistrat qui lutte contre la corruption, hors du commun, vieux de mille ans et toujours aussi célèbre en Chine, qui rend la justice sans distinction d’appartenance sociale, avec la même rigueur, la même attention, que l’on soit prince ou paysan. C’est tout cela qui m’a plu chez lui. J’ai un profond respect pour les hommes et les femmes qui mènent ce type de combat, hier, comme aujourd’hui. J’aime l’idée d’une justice indépendante. Notre symbole de la justice, les yeux bandés et brandissant le glaive et la balance, me paraît clair. Je suis souvent dérangé, voire choqué, par la vindicte populaire, relayée par les médias, qui fait parfois perdre la boussole aux magistrats, eux même bousculés par la pression politique, ici en France, ou ailleurs. Le Juge BAO est à ma connaissance le seul homme, ministre de la justice, à avoir tenu tête à l’empereur, Rhen Zong. A l’époque, c’était la mort assurée pour quiconque tentait d’aller à l’encontre des désirs du Fils du Ciel, et généralement, toute la famille jusqu’aux cousins éloignés était éliminée systématiquement.


Comment est né le projet du Juge Bao?
Il est né du désir de Fei, l’éditrice, qui souhaitait aborder pour sa première série un personnage historique chinois, emblématique de cette grande culture, et de mon envie d’aborder le genre policier. Le Juge BAO s’est trouvé à la croisée de ces deux chemins. Ensuite Chongrui Nie le dessinateur nous a été présenté par l’agence Beijing Total Vision, et nous n’avons pas mis plus de deux minutes pour décider que ce serait lui qui dessinerait la série. Il a quarante ans d’expérience, ses dessins sont fabuleux. C’est l’alliance du dessin traditionnel que l’on trouvait dans les grands classiques des années 80, et d’une mise en scène et d’un découpage que nous avons voulu plus cinématographique. Cela donne à la BD, une dynamique et une esthétique originale, qui semble- t- il, a séduit les lecteurs français.

Le juge Bao est-il le seul personnage ayant réellement existé dans vos tomes? Avez-vous fait un travail d'historien Le juge Baoet de biographe pour écrire ce scénario? Quelle part est consacrée à l'imagination seule?
Tout d’abord l’équipe qui entoure le Juge BAO est issue de personnages ayant existé. Gongsun Ce, le médecin légiste, greffier, assistant du Juge, les lieutenants Ma Han et Wang Chao - il y encore un petit doute sur le personnage de Zhan Zhao- quant à Bao Xing, il est signalé dans certains écrits mais c'est un adulte. Je l’ai volontairement rajeuni pour avoir une relation de maître à Élève entre lui et le Juge. La tradition orale puis le roman à partir du 17ème siècle ont beaucoup façonné ces personnages, ce qui m’a permis à mon tour de prendre un peu de liberté. Dans les séries télévisées, les auteurs chinois représentent le Juge BAO grand, tout noir, avec une lune blanche sur le front. Les historiens que j’ai rencontrés à Kaifeng, l’ancienne capitale de l’empire des Song du Nord, m’ont confié qu’il mesurait 1,62 et qu’il était tout blanc…J’ai fait un travail de recherche autant dans le domaine historique que dans les représentations diverses et variées que l’on peut trouver en Chine. Le personnage historique et ses avatars fictionnels sont tous intéressants car ils donnent une vision de ce que la culture chinoise a façonné au fil du temps. Aujourd’hui, le Juge BAO est un véritable mythe en Chine, un demi-dieu. Ma part d’invention réside dans la trame policière. J’invente les intrigues en m’appuyant parfois sur une histoire, un cas, trouvé dans la biographie du Juge, mais c’est rare. Il y a le contexte historique, la dynastie des Song du Nord, cet itinéraire qui porte le Juge Bao aux confins de l’empire pour mener une opération de lutte contre la corruption, et puis il y a les personnages qui animent les intrigues et qui sont totalement fictifs.

Pourquoi s'inspirer de la biographie d'un personnage historique d'une autre culture que la sienne? Pensez-vous apporter un regard "étranger" sur ce personnage?
« Enrichissons-nous de nos différences » disait Claude Lévi-Strauss. Quant au regard, c’est celui d’un auteur français qui tente d’être le plus proche de l’esprit chinois. En cela je suis aidé par Fei, l’éditrice, et Chongrui Nie, le dessinateur. Je crois que le résultat est assez convaincant. Les Chinois l’ont acheté pour le diffuser sur téléphonie mobile à partir du 1 Mai prochain. Et Jean Pierre Dionnet s’est demandé, dans son blog à la sortie du premier numéro, comment un scénariste français pouvait « penser » si bien chinois…

Le juge Bao vous a-t-il conquis aussi parce qu'il a vécu au XIème siècle? Ce Moyen-âge asiatique dispose-t-il de charmes auxquels vous êtes sensible?

La dynastie des Song du Nord est une des périodes les plus brillantes de l’histoire chinoise. La société de l’époque est très complexe. Plutôt que moyenâgeux, les Song du nord font plutôt figure de « Renaissance » si on compare avec l’occident. La capitale impériale de l’époque comptait 500 000 habitants. Autour de l’an mille, chez nous, on était bien loin de leur savoir, et même d’avoir l’équivalent social et politique. A cette époque là, la Chine avait 5 siècles d’avance sur l’occident dans tous les domaines.

Le juge bao 2Avons-nous besoin de héros incorruptibles aujourd'hui qu'il faille ressortir les vieux fantômes?
Les auteurs ne font qu’écrire des histoires qui ont une correspondance avec leur époque. Nous sommes les miroirs de nos contemporains. On n’a rien inventé depuis la bible, l’Iliade et l’odyssée. La corruption, les crimes et les injustices existent encore et toujours, partout sur la planète, et, avec la vitesse et les multiples moyens de communications, on aurait presque l’impression que notre époque est la pire à ce niveau là. Le Juge BAO n’appartient pas aux chinois, il est universel, et intemporel.

Pourquoi 9 tomes? Est-ce un chiffre symbolique?

C’est un chiffre magique en Chine et juste l’espace qu’il me fallait pour raconter ce road movie policier.

Enfin, quand sort le prochain tome? Toutes les manigances dans les prochains tomes auront-elles , de près ou de loin, de beaux yeux de femmes qui les enflammeront? Les enquêtes du Jube Bao répondent-elles à des schémas itératifs comme dans les polars?
Comme dans le polar, il y a des femmes avec du charme, fatales ou aimantes, des intrigues et des manigances, des crimes et de la corruption et un retour au palais impérial où le Juge Bao aura fort à faire pour déjouer les intrigues de la cour. Mais je n’en dévoilerai pas plus. La parution du prochain tome est prévue pour le 2 décembre 2011 chez tous les bons libraires que je remercie au passage pour avoir soutenu le Juge Bao dès sa sortie.

Chongrui nieChongrui Nie - Le dessinateur/ traduit du chinois par XU Ge Fei (Editions Feï)
Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce scénario?
L'histoire est très recherchée et le caractère de chaque personnage est vraiment très riche.

Quel est votre parcours de dessinateur? Comment avez-vous décidé de travailler pour l'éditrice Xu Ge Fei?

Plus jeune, je me suis forgé une base très solide en peinture. À force de m’exercer dans le domaine de la bande dessinée, des illustrations et de la peinture à l’huile, mon niveau n’a cessé de s’améliorer. Lorsque l’éditrice Xu Ge Fei a découvert mes œuvres, elle a vraiment apprécié mon style et espérait pouvoir travailler avec moi. Lorsque j’ai lu le scenario que l’on m’a proposé, j’ai été aussi très intéressé par l'histoire du Juge Bao. C’est ainsi que notre coopération a débuté.

Travaillez-vous pour d'autres maisons d'édition en Chine? Aimeriez-vous le faire?

Pour le moment, non. Car je me concentre sur la série « Juge Bao ».

Echangez-vous souvent avec Patrick Marty lors de la création d'un tome? La distance, est- elle, selon vous, davantage un atout ou une contrainte pour deux artistes qui sont séparés par des milliers de kilomètres?

Aujourd’hui, grâce à Internet, la distance n'est plus un problème. Certes, les milliers de kilomètres qui nous séparent peuvent se traduire par une différence de culture et de perception des choses. Mais ceci apporte plus d'avantages que d’inconvénients, car cela permet à nos deux cultures de se compléter.

Quelle technique graphique utilisez-vous dans Juge Bao?

J’utilise principalement les techniques traditionnelles de peinture en noir et blanc et de gravure.

Vous semblez accorder beaucoup d'importance aux visages et à leur expression: est-ce une tradition de l'iconographie chinoise ou une préférence personnelle ?
J’y accorde beaucoup d’importance parce que l'histoire en a besoin. Dans une bande dessinée, la représentation de l’expression particulière d’un visage est essentielle, et c'est aussi la clé de ma création personnelle.

Vous êtes-vous inspiré d'autres représentations de l'histoire du juge Bao?
En ce qui concerne les vêtements et accessoires, j’ai effectivement eu besoin de me référer à des films et des photographies.

Le Juge Bao est-il un "héros national" en Chine? Est-ce un récit que le peuple garde dans sa mémoire vive ou simplement une histoire étudiée à l'école?
Le Juge Bao, par sa volonté de maintenir l'ordre et la justice à tout prix, est un vrai symbole en Chine. Le souvenir de son honnêteté et de son intégrité font donc avant tout partie de la mémoire collective de notre pays. C’est une personne connue par tout le monde en Chine, que ce soit par les adultes ou les enfants.

Un idéal de justice et d'humanité qui part en guerre contre la corruption... notre monde aurait bien besoin de juges Bao aujourd'hui... est-ce pour cela que ce juge Bao nous séduit tant?

Cette histoire n’est pas seulement une lutte contre la corruption, elle contient également une variété d'émotions humaines très complexes liées entre elles. C’est pourquoi ces émotions traversent les pays, les ethnies, les religions et le temps…

Barbara CanepaInterview de Barbara Canepa / Propos recueillis par Julie Cadilhac- Bscnews.fr/ Crédits-Illustration pour Sky-Doll : Alessandro Barbucci et Barbara Canepa /
Barbara Canepa est illustratrice, coloriste et scénariste de bande-dessinée. Elle est aussi directrice de collections chez Soleil Editions. Un curriculum vitae sur lequel cette pétillante jeune femme italienne répond avec spontanéité et naturel.
Sky-Doll, le personnage qu'elle a créé avec Alessandro Barbucci, a séduit la planète entière avec ses grands yeux violets et sa personnalité enflammée. Dans une interview fleuve, elle revient sur l'éclosion et les ambitions des projets Métamorphose et Venusdea, nous présente quelques titres à paraître mais évoque aussi la naissance de la contre-utopie Sky-doll et de son héroïne androïde Noa. Plaisir d'échanger avec une artiste passionnée et entière dont le talent et l'investissement méritent assurément le succès qu'elle rencontre aujourd'hui....


Je vais d'abord m'adresser à l'éditrice de la maison d'éditions Soleil. Comment est née cette maison d'édition? Sur quelle ligne éditoriale?
Avant tout, je ne suis pas éditrice, même si mon travail est celui d'un éditeur à 90%. Ce n'est pas moi qui paye les artistes, ni la production, ni la presse, les distributeurs, les diffuseurs, c'est le travail du vrai éditeur des Editions Soleil : Mourad Boudjellal. Et je lui dois beaucoup, pour la confiance et l'engagement qu'il donne aujourd'hui encore pour les deux collections d'édition dont je m'occupe, vraiment "hors" catalogue. Je ne sais pas combien d'éditeurs auraient pu proposer comme lui, avec autant de sincérité et d'investissement, autant de temps et d'argent.C'est pour cela que je ne trouve pas légitime de pouvoir utiliser pour moi l'appellation d' "éditeur.". Je suis par contre la directrice de deux collections, la Collection Métamorphose et le label Venusdea. Cette dernière, même si c'est avec lui que je l'ai créée et dirigée la première année, aujourd'hui je la dirige avec une autre éditrice: Clotilde Vu. Et je ne pourrais pas faire ce que je fais aujourd'hui si elle n'était pas là, parce que nous sommes totalement complémentaires. Je soigne beaucoup la partie graphique des livres et la plupart du temps je cherche de nouveaux auteurs ( mais pas toujours) et elle s'occupe de la partie écrite et de toute la gestion administrative de la production ( et je la remplace quand elle ne peut pas le faire).
Les problèmes, nous nous les divisons toujours..et c'est normal! Quand elle n'y arrive pas, je m’y consacre après, parce que je suis plus "dure" qu'elle. Une tête brûlée italienne " comme on dit... C'est un avantage aussi d'être auteur car lorsque j'interagis avec les artistes, je parle avec eux le même "langage." Nous sommes collègues, souvent amis et ils me font ainsi confiance ... Par contre, lorsque se pose un problème où je me sens impuissante ( pour cette raison qui fait que je suis aussi une amie des artistes), avec son "savoir faire", c’est alors Clotilde qui réussit à remettre toutes les choses à leur juste place. Pour finir, nous ne devons pas oublier que je suis une artiste, une professionnelle libre et que pour gérer un tel travail, je me devais de m'appuyer sur une personne interne aux Editions Soleil.. Aujourd'hui donc: deux collections et deux éditrices!'
Pour revenir à la seconde question : les thématiques fondamentales de la collection Métamorphose restent celles de la mort , de la transformation ( donc la vie ! ) et peuvent être vues comme un voyage intérieur et extérieur. Une thématique liée à la recherche de nous mêmes donc? Fondamentalement oui. Tout est résumé dans le nom même de la collection: "la métamorphose." En ce qui concerne le label Venusdea, il n'existe pas une vraie ligne éditoriale: les projets sont libres et selon les envies des artistes. Cela peut être des livres d'art (comme "Beautiful Nightmares" de Nicoletta Ceccoli), des livres illustrés avec un récit (Comme "Chat Siamois de Bianco et Ciou ou "Sabine" de Mihindou, des toyz comme "Mekaneko" de De Longis) ou les deux ensemble comme le prochain livre de Junko Mizuno. Il me plaît de penser la collection Venusdea comme un espace de création libre, un espace qui s'adresse à tous les esprits créatifs et ouverts, en quête de curiosités artistiques et de nouvelles énergies visuelles.

Quels souvenirs "galère" à raconter à propos de ses balbutiements? Quelles satisfactions?Sky-Doll - DecadeTant et tant de problèmes! Il nous faut beaucoup d'énergie pour les dépasser et aller de l'avant! Ce fut plus facile pour la collection Métamorphose que pour le label Venusdea parce qu'il s'agit de livres plus simples, avec une thématique et la structure de Soleil qui s'était fondée déjà avec une collection. Nous travaillons beaucoup tout seuls lors de la fabrication chez Soleil, parce que chaque projet est un livre singulier .. Du papier, du format jusqu'à la pagination. Nous ne proposons pas de livres "standards". Nous pouvons aller des 46 pages classiques de BD à des paginations- type roman ou à des coffrets comme le second "Billy Brouillard". En octobre nous sortirons, par exemple, Notre Dame de V.Hugo illustré par Benjamin Lacombe qui fait 656 pages. Il mesurera 4 cm d'épaisseur! Nous utilisons d'habitude du papier recyclé de grande qualité ( avec des coûts additionnels) et une qualité de presse différente de celle de la BD, surtout dans le traitement des "noirs", pour respecter le trait du dessin original. Pour cette raison, nous sommes toujours à la recherche de meilleurs imprimeurs. Chaque livre nécessite un travail pour tous: pour l'artiste, pour nous, pour Soleil. Chaque livre est un univers unique, à protéger et à valoriser.Pour moi, un livre c'est pour toute la vie et il doit passer de mains en mains à travers les générations... C'est ce que l'on tente de faire avec cette Collection. Je mets beaucoup d'amour dans ce que je fais, ça semble banal de le dire, mais c'est ainsi! Cette passion je la dois toute à ma famille qui m'a enseigné la valeur de ces objets "magiques."
Pour revenir au label Venusdea, c'est beaucoup plus long et complexe et je ne veux ennuyer personne. Mais pour être brève, les livres dans ce label sont créés par des artistes qui n'appartiennent normalement pas à la BD. Des designers, des photographes, des peintres, des illustrateurs.. etc.. etc.. aussi, chaque fois, le projet change de forme. Pour vous donner un exemple, nous avons édité des TOYZ! et nous continuerons encore et encore avec des projets plus fous!
Les artistes qui font partis du label sont des auteurs internationaux et très connus, comme Junko Mizuno ou Nicoletta Ceccoli. Mais en même temps, nous donnons une place aux auteurs qui éditent un premier "livre" comme Ciou, Maya Mihindou ou Lilidoll ou même Matteo de Longis qui a inauguré le label Venusdea en 2009. Soleil n'était pas structuré au départ pour un espace éditorial de ce genre! Il y a deux ans, elle a voulu créer une autre structure à l'intérieur d'elle- même , avoir des gens à Hong-Kong qui s'occupaient des productions, les contrôlaient et parfois nous étions confiés à une "com" extérieure. Nous nous sommes d'ailleurs appuyés récemment sur l'Artoyz qui deviendra en 2011 notre partenaire pour la production et la vente des toyz, mais aussi des livres. Nous devions mettre en place aussi une vraie collaboration avec les galeries d'art, chose que nous sommes en train de faire encore, pour la distribution des livres. En effet, Soleil n'a pas encore ce genre de contacts. J'organise souvent des expos liées aux projets..et en somme, beaucoup de travail qui nécessite une grande passion pour l'art.
Pour finir: les livres sont souvent traduits en deux langues: anglais et français. Et nous exportons, comme Soleil, Delsol, Hachette, les livres directement à l'étranger. Je dois dire qu'encore aujourd'hui la structure de Venusdea n'est pas complète ni parfaite et que nous sommes en train d'évaluer comment la restructurer mieux encore. Il nous faudra encore un an , je pense. Nous y allons calmes et tranquilles, parce qu'il y a aussi une crise mondiale dont nous devons tenir compte et nous ne voulons pas faire de fautes.. Ma grand-mère disait: " qui va piano, va sano et lontano". Nous sommes en train de faire ainsi!
Quant aux satisfactions , elles sont déjà visibles pour tous: ce sont les livres mêmes!

Combien de titres compte la maison aujourd'hui? Quels sont les derniers titres parus?
Ils sont déjà nombreux! Les deux collections commencent à avoir leurs lecteurs et leur place dans les librairies et c'est un pas important pour installer ses bases et se faire connaître. Métamorphose fait naître 8 ou 9 titres par an tandis que Venusdea n'en publie que 2, pour le moment, et pour les difficultés citées précédemment. Les derniers titres importants pour Métamorphose sont: le tome 3 de Billy Brouillard, la série phare maintenant de la Collection, un grand succès de public et de critique. " Alice - Au Travers les Miroir de Lostfish, en deux mois, déjà épuisé, nous sommes à la réimpression.. Pour Venusdea le 23 mars, "SABINE" de Maya Mihindou et début sortiront mai "MILKY de Lilidoll. Le dernier titre sorti a été le magnifique Art Book de Nicoletta Ceccoli "Beautiful Nightmares" qui est épuisé déjà et bientôt à la réimpression. Que dire, donc? Merci!

Adressons- nous maintenant à l'illustratrice talentueuse de Sky.Doll. Déjà 10 ans...comment est née cette poupée délicieuse?Sky-Doll - barbucci- CanepaOui, 10 ans sont passés déjà depuis la première parution, ou mieux presque 11 ans à vrai dire, parce que le premier tome était sorti en novembre 2010! Noa, ou mieux la série SKY DOLL, est née de la folie de deux artistes: Alessandro Barbucci et la soussignée Barbara que je suis. Dans quel contexte? La vie, la culture, les amis et l'époque d'une belle histoire d'amour entre nous et vécue 24 h sur 24.Mais pas seulement! Il y avait aussi de ma part, un vrai plaisir d'évoquer certaines icônes qui me sont chères: comme le roman de L.Carroll Alice dans le pays des Merveilles ou les "dolls" de l'artiste allemand Hans Bellmer ou les réplicants de " Blade Runner" en finissant par ces femmes objets de plaisir comme dans le film culte Barbarella. Voilà pourquoi sur la planète Papathea, les sinto-doll comme Noa ont besoin d'être rémontées toutes les 33 heures avec une grosse clé en métal lourd. Voilà pourquoi la serrure est placée à un endroit très spécial qu'elles ne peuvent pas atteindre elles-mêmes: leur dos. Je voulais souligner la dépendance à un autre être vivant et en faire un être esclave et " objet personnel.". Je voulais évoquer l'automate et le débat intérieur qui naît dans quelque chose qui diffère d'un être vivant et d'une intelligence artificielle.En somme , pour poser cette question: qu'est-ce que la vie et qui sommes- nous vraiment?

La science-fiction: est-ce un genre qui vous sied à merveille ou est-ce juste ce projet qui vous a poussé à imaginer ces tenues et ces looks futuristes ?
Je lis de la science-fiction depuis que j'ai 8 ans. Ma mère collectionnait une série très connue de livres qui s'appelle URANIA, et encore avant elle, mon grand-père le faisait. Y étaient publiées toutes les oeuvres les plus connues des grands écrivains du genre, depuis les années 30 jusqu'aux contemporains comme P.K.Dick, peut-être l'auteur le plus populaire pour le grand public, grâce à son roman "Do Androids Dream of Electric Sheep? " qu'un metteur en scène pas encore trop connu du nom de R.Scott portait au cinéma en le faisant devenir un des 10 premiers "cult movie" du monde: "Blade Runner."
Grâce à Urania, je me suis nourrie d'I.Asimov, A.C.Clarke, W.F.Gibbons ou encore D.Adams, quand les autres adolescents lisaient des mangas ou des romans d'aventure. J'ai une grande culture de science-fiction et je voulais rendre hommage à ce bagage culturel qui m'a formée. Les soirées en famille devant la télé étaient nourries par les films des années 50 en B/N comme "The day of the triffids", "War of the Worlds, "The Thing " ou encore "The Fly ", en allant jusqu'au choc total avec l'incroyable "Alien (...que j'ai vu au cinéma quand j'avais 16 ans. C'était interdit aux plus petits à l'époque) et puis évidemment "Star Wars." Mais j'apprécie aussi les films complètement decalés dans leur narration et leur esthétique comme "Flash Gordon"ou l'incroyable "Brazil" de T.Gilliam. Et à part ces films, disons de goût "kitsch", pour moi le chef-d'oeuvre absolu reste et restera Barbarella de R.Vadim. Cette passion pour la science-fiction des années 70 est devenu aujourd'hui la base pour SKY DOLL. Et je clos ma réponse en disant que je suis une grande fan de la série animée "Futurama!" Vous n'avez pas d'idée du nombre de références et de clins d'oeil qui proviennent de ces vieux chef-d'oeuvre du roman de science-fiction: Matt Groening est un génie aussi pour ça!

Votre Sky-Doll est devenu une icône graphique internationale...comment expliqueriez-vous son succès?
Nous savions tous les deux que Sky Doll était un projet d'envergure...Nous n'étions pas quand même pas naïfs à ce point. Je mentirais! C’est aussi parce qu' Alessandro était ( et est toujours ) un "maître Disney" et même un professeur et que je n'étais pas non plus une émérite inconnue en 99, l'année où nous avons commencé à présenter SKY DOLL aux éditeurs. Je participais à des cours réservés à un petit nombre d'élus et aux workshop importants internationaux et je donnais des cours de couleur et de manga à l'Académie Disney. Sans oublier que déjà en 99, nous vivions en plein ce qui sera devenu un des plus grands succès d'édition: WITCH. En somme, nous n'étions pas si débutants et nous avions déjà des expectatives assez positives sur cette série. Mais ce qui est certain, c'est que nous n'espérions pas ce succès!!! Surtout un succès mondial, d'une telle ampleur et d'une telle durée...Encore aujourd'hui, avec une second jeunesse grâce à Marvel ou aux publications en Chine, en Corée et au Japon. Et quand je rencontre un directeur artistique ou un metteur en scène Pixar, Disney ou Dreamworks, maîtres du manga ou de l'animation, qui sait qui nous sommes et qui admire notre travail..et bien c'est vraiment une grande satisfaction, c'est évident! Mais la chose la plus belle est de savoir que des gens du monde entier lisent nos histoires et s'y retrouvent .Ils la comprennent et il l'aiment. Voila quel est le succès pour moi. Le vrai. Chaque nouveau lecteur est ... un cadeau. Mais en fait, non, je ne sais pas expliquer la raison de ce succès. La magie? Si ça l'est, je veux en profiter encore un peu!

Sky-Doll / Barbucci- CanepaDiriez-vous que Noa incarne la jeune femme idéale?
Je dirais vraiment que non! Noa est tout sauf une femme idéale!
Elle est née pour dénoncer la vision de la beauté d'aujourd'hui ,stéréotypée et vide, tout autre que féminine et sensuelle. Gros seins et des jambes maigres et longues...Un physique de mannequin de mode qui ne communique rien. La force de ce personnage est vraiment dans son caractère opposé à ce qu'elle représente.Et c'est pour cette raison qu'on l'aime.

Dans votre préface, vous évoquez la manipulation des masses dans un but lucratif qu'exercent la Walt Disney Company et l'Eglise Catholique....Skydoll est donc née d'un ras-le-bol?

Il y a une certaine vérité là-dedans... Pour le comprendre, il faudrait avoir fréquenté les écoles élémentaires , le collège et l'université en Italie, avoir suivi les événements de 2000 à la télé nationale, la RAI ( et celles de Berlusconi = même chose) , et avoir travaillé quelques années à la WDC. Ils ne sont pas politiquement si éloignés les uns des autres. Le discours risque d'être très long, il nous faudrait une interview à part pour traiter de ce sujet et je crois que l'intro de "SKY DOLL DÉCADE est un parfait résumé! ... un conseil? Achetez-le et lisez-le! ( Rires)

Un univers très lointain qui ironiquement partage les mêmes travers que le nôtre....avez-vous d'autres auteurs à nous citer qui usent aussi du genre de la contre-utopie?
Ceux qui m'ont marquée le plus sont d'abord Moebius et Jodorowsky avec l'Incal, mais je ne veux pas oublier de citer H. Oesterheld et F.S.Lopez avec l'Eternauta ou F.Fernàndez avec "Zora" et encore ( je me répète) J.C.Forest avec "Barbarella ".Ils ont traité ces questions bien avant nous! Sans oublier le grand Otomo avec "Akira" ou J.C.Mézières et P.Christin avec "Valérian et Laureline."

Trois ans pour que naissent l'infinité de nuances de violet, le grand sourire et les quelques questions à se poser de Skydoll....Alessandro Barbucci et vous -même semblaient partager un fort goût pour l'ironie....vos dessins très esthétiques se prêtent à des textes souvent caustiques. Est-ce dû au mariage heureux et complice d'un auteur et d'une illustratrice?
Évidemment. Alessandro et moi nous connaissons depuis 20 ans maintenant et nous avons fait ensemble beaucoup de projets dont nombre ont été difficiles et stressants. Souvent d'ailleurs nous ne comprenons pas comment nous réussissons à être si complémentaires. Une chose rare en effet et que nous voulons protéger avec les dents. C'est vrai que ces deux parties si différentes de SKY DOLL représentent aussi bien nos deux caractères.. Mais nous nous étonnons souvent à faire le contraire de ce que nous sommes au départ: des fois il lui arrive aussi d'écrire la partie "tragique" de l'histoire et moi celle qui est "ironique "...

Les couleurs qui pigmentent l'héroïne lui confèrent une aura extraordinaire: avez-vous réfléchi longtemps à la palette de couleurs à privilégier?
J'ouvre une petite parenthèse pour rappeler qu'au début, la série était colorée à la main, mais aujourd'hui , c'est avec Photoshop.... sinon ma réponse n'aurait pas de sens. J'adore les couleurs flashy et acides, pures et à l'époque, j'avais un sérieux problème: je ne réussissais pas à les reproduire avec les acryliques. Il m'était impossible, donc, de créer certaines intensités, même le jour où j'ai découvert les écolines: des couleurs liquides, très semblables à l'aquarelle. Cette attirance pour certaines tonalités "fortes" n'est qu'une réminiscence de ma passion pour la période des années 70, la culture Hippie et la même révolution qu'il y a eu dans le cadre de l'art, du design et du cinéma avec la culture POP. Je n'ai pas fait autre chose que de m'inspirer de ce que j' appréciais déjà.

Cette bande dessinée doit-elle se lire aussi comme un sursaut féministe?...où même les objets sexuels se libèrent et mènent une guerre contre
Sky-Doll- canepa/ barbuccil'obscurantisme et le machisme ambiants?
Il y a sûrement un niveau de lecture qui induit à penser cela aussi et je l'ai indirectement fait peut-être. Mais je ne me sens pas sincèrement une féministe, je n'ai pas envie de dénoncer une société machiste. Chacun finit par trouver sa place. Il faut se faire apprécier pour ce que sommes et pour ce que nous valons.À la fin, il en ressort toujours quelque chose. Le discours est beaucoup plus complexe, évidemment, et il nous faudrait un débat sociologique de plus de 2000 ans d'histoire... Ne nous ennuyons donc pas avec cela. Pour moi,il y a d'autres choses plus importantes à dénoncer.

Quelles nouvelles aventures en préparation pour Skydoll?
Sky Doll terminera avec le tome 5. Le tome 4 se déroulera sur une planète très particulière, Sudra, avec des empreintes iconographiques très orientales... Balinaises, je dirais. Ce sera très coloré, étant donné que nous nous inspirerons de la religion hindouiste. Une planète vue comme un « cirque », où les habitants seront des sortes de freak. Une idée que j'adore, vous le savez bien, dejà ! Les personnages feront des rencontres inattendues et ce livre développera encore plus le caractère de Noa et son histoire. Ce sera un livre sur elle en fait, étant donné que dans le troisième tome, elle a été un peu bousculée par les événements - événements que nous devions quand bien même relater par la force des choses... Le tome 4 ne sortira pas cette année (même s'il y aura peut-être une surprise à la fin) mais pas trop tard en 2012... Allez, encore un peu de patience...

Travaillez-vous sur d'autres projets ?
Oui.. Je suis en train de finir actuellement la série que j'ai conçue après SKY DOLL: END. Un projet très différent des précédents et plus près de celle que je suis aujourd'hui. Il y a toute mon enfance, mon amour incessant et infini pour la nature, pour les petites choses...Le microcosme m'a toujours fasciné. Je pouvais perdre des heures à observer les racines d'un arbre, la faune et la flore en miniature qui l'habitaient, leurs petites vies se développer avec les saisons, mourir et recommencer. L'incessant devenir et l'incessante répétition de la vie. Nous avons perdu, je trouve, le sens d "observer le monde qui nous entoure» .Je voulais retrouver ensuite une certaine lenteur et certaines réflexions, mais surtout arrêter le temps! C'est un projet né il y a longtemps , au moins 5 ans et la co-autrice de cette série est une autre artiste italienne : Anna Merli. C'est un livre auquel je tiens beaucoup, étant donné que le sujet de cette BD est la mort et qu'il n'est pas facile d’en parler, évidemment. Mais j'ai tâché de l'affronter de plusieurs manières romantiques possibles. Au niveau graphique, nous nous sommes inspirées des illustrateurs de la fin du siècle dernier A.Bauer , A.Rackham ou Dulac jusqu'à arriver à l'Art Nouveau. Les planches ont été réalisées à la main, à l'aquarelle et pas au hasard... c'est une espèce de bande dessinée faite à 4 mains. END est une fable, un parcours initiatique assez difficile d'un personnage qui devra décider de grandir et de s'ouvrir vers quelque chose de nouveau, en y mêlant angoisses et peurs, comme n'importe quel être humain qui laisse son enfance derrière lui. Ce sera une fable racontée à ma manière, avec beaucoup de questions que je me pose souvent dans mon quotidien.

BSCNEWS MARS 2011

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