Eric Woerth aux Rencontres de la Modernisation de l'EtatPar Neila Latrous - BSCNEWS.FR / Vous en conviendrez, quand on est le président du « travailler plus pour gagner plus » et qu’on considère la réforme des retraites comme la plus importante du quinquennat, on prête une attention toute particulière à la façon dont fonctionne le ministère du Travail. On prend garde, par exemple, à ce qu’il ne soit pas frappé d’instabilité ministérielle. Ca, c’est pour la théorie.

En pratique, le gouvernement a connu quatre ministres différents à ce poste en à peine trois ans. Chacun d’eux est resté 9 mois en moyenne. Avec des fortunes diverses. Un an et sept mois de longévité pour Xavier Bertrand, premier occupant de la rue de Grenelle. Nommé le 18 mai 2007, Xavier Bertrand quittera son ministère en janvier 2009 quand Nicolas Sarkozy lui demande de prendre la tête de l’UMP, en remplacement de Patrick Devedjian à qui l’on reproche de ne pas tenir le parti.

Exit Xavier, welcome Brice ! Brice Hortefeux quitte ce ministère de l’Immigration qui a tant terni son image pour un portefeuille à l’accent social. Las, l’ami d’enfance de Nicolas Sarkozy s’y ennuiera profondément et demandera à être recasé place Beauvau après le remaniement de juin 2009, lui qui a été élu « par erreur » aux européennes.

C’est le retour d’un Xavier au ministère. Enfin, Xavier Darcos, qui troque l’Education contre le Travail, les Relations sociales, la Famille, la Solidarité et la Ville. Un portefeuille long comme un bras qu’il conservera jusqu’aux régionales. Bis repetita en mars 2010, les syndicats voient à nouveau changer leur interlocuteur.

Et c’est à ce moment qu’Eric Woerth prend ses nouvelles fonctions rue de Grenelle. La classe politique se demande désormais quand est-ce que le trésorier de l’UMP posera sa démission, embourbé qu’il est dans l’affaire Bettencourt. Si un remaniement survient dans les jours qui viennent, Eric Woerth aura tenu quatre mois.

Who’s next ?
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Par Neila Latrous - BSCNEWS.FR / Cette semaine, BHL consacre son bloc-notes dans le Point aux relations diplomatiques tendues entre le monde arabe et l’Iran. Autrement dit, les inimités de Mahmoud Ahmadinejad. La semaine dernière, c’est aux fréquentations de Frédéric Taddeï que s’intéressait le penseur.
L’animateur de France 3 avait déclaré dans une interview aux Inrockuptibles que s’il avait reçu à plusieurs reprises Dieudonné, c’était pour prouver qu’il n’y avait pas de « lobby » lui interdisant l’accès aux médias. « Je suis la preuve, et la seule, qu’il n’existe pas de complot » disait le journaliste, phrase qui a déclenché les foudres de notre BHL national.

Cela aurait pu en rester là si Frédéric Taddeï n’avait pas fait parvenir à la rédaction du Point sa réponse à cette tribune. Nous serions alors passés à côté d’un grand moment. Extrait de ce courrier :

" M. Lévy, tout en feignant de s’en réjouir, semble reprocher à la télévision publique d’avoir prolongé « jusqu’en 2014 le bail de ce résistant » (c’est moi le résistant) (…) le Taddei dont le « bail » a été prolongé jusqu’en 2014, ce n’est pas moi, c’est Rodrigo Taddei, un milieu de terrain avec lequel il me confond, et France Télévisions n’a rien à voir là-dedans, il s’agit de l’AS Rome, un club de football ! Je n’ai signé aucun contrat de longue durée avec France 3."

Tordant, non ? A moins que BHL ne vise le prix Taddei 2011, lui qui vient de recevoir le Botul 2010

Couvertures de magazine












Par Neila Latrous - BSCNEWS.FR / En ce début de moi de mai, la presse a aussi la tête à la finale : impossible de passer à côté de 2012. Et impossible de passer à côté de DSK. A la faveur de la crise grecque, le patron du FMI est devenu l'homme providentiel pour un bon nombre de journaux, en témoignent les unes de Libération, du Parisien et de l'Express. Une biographie lui est consacrée aussi, publiée par l'anonyme Cassandre et à qui les "éditocrates" réclament de tomber le masque.

Soit dit en passant, Heinrich Heine a écrit un jour que "là où on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes". Jeter un livre à la poubelle au motif que son auteur souhaite rester anonyme relève à mon sens de la même démarche quand le geste est scénarisé et exécuté dans une émission de divertissement, à une heure de grande écoute.

"Serez-vous candidat à la présidentielle ?"

Mais revenons à 2012. Outre DSK, Martine Aubry, François Bayrou, et un certain nombre de personnalités de droite sont elles aussi soumises à la question qui rythme désormais les interviews du matin : "Serez-vous candidat à la présidentielle ?". Certains objecteront que c'est la logique des institutions, que les politiques eux mêmes ne vivent que pour cette échéance quand bien même ils s'en défendraient. Certes, mais jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas encore le rôle des hommes politiques de fixer l'agenda médiatique, ni de rédiger les questions des journalistes.

Il y a quelques jours, Daniel Schneidermann pointait du doigt la dérive d'un journalisme convenu, qui ne dérange pas, qui relate sans objecter, qui pose les questions attendues. Il y opposait le fact-checking cher aux équipes de Yann Barthes, qui fouillent les archives, qui confrontent les promesses aux résultats et qui dérangent en bousculant les codes. L'une des deux formes finirait par "terrasser" l'autre selon les termes de Schneidermann.

Selon moi, le "journalisme de papa" comme je l'appelle connaît ses dernières heures et finira par disparaître quand les audiences ne suivront plus. Autrement dit quand les Français auront compris sa vacuité. Le renouvellement du "mode de consommation" de l'information, avec l'apparition de pure players infos qui disposent de davantage de libertés, acculera les médias dits classiques à innover. A cet égard, la télévision et la radio sont plus menacés que la presse écrite. Pourquoi ? Parce que la logique d'instantanéité du Net concurrence davantage à mon sens les radios et chaînes infos que les journaux.

Mais qu'importe, aujourd'hui les journalistes ont la tête à la finale. Seul importe le nom des candidats qui s'affronteront en 2012, voire celui des deux qui se qualifieront pour le second tour, au risque d'oublier que l'agenda politique est chargé d'ici là et qu'il peut nous réserver bien des surprises. Et si les journalistes politiques étaient finalement en train de rater leur match ?

"Dites que je réfléchis"

Du côté de la classe politique, si l'on fait mine de s'offusquer des questions sur la présidentielle, il faut bien reconnaître que les partis s'y préparent déjà. A l'UMP par exemple, les premières conventions pour le projet ont commencé. Alain Juppé a fait savoir sa disponibilité si une quelconque défaillance de Nicolas Sarkozy l'empêchait de briguer un second mandat. C'est que le parti tout entier a été structuré autour de cette échéance. UMP n'était-il pas au départ l'acronyme d'Union pour une Majorité Présidentielle ? Ainsi depuis 2002, l'UMP a constamment la tête à la finale, au risque de voir sacrifiées les échéances intermédiaires telles que les régionales, les municipales ou encore les européennes.

Quant à Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI laisse entendre à ses proches et amis qu'il pourrait être tenté par l'aventure présidentielle. Selon Libération, l'éternel candidat aurait réuni au mois de février ses partisans dans un restaurant parisien. Le mot d'ordre ? "Si on vous pose la question (sur 2012, ndlr), dites que je réfléchis". Et comme un bonheur ne vient jamais seul, un sondage BVA et Image et Stratégie le sacre cette semaine "candidat socialiste préféré des Français" .

Dominique Strauss-Kahn peut-il se laisser griser par la présidentielle au risque de rater la sortie de crise ? Le risque est grand et Laurent Mauduit bien malicieux souligne déjà sur Médiapart que le patron du FMI est le grand coordinateur du plan d'aide à la Grèce. Un plan qui astreint le pays au régime sec. Pourra-t-il dans ces conditions revenir jouer la partition sociale que le Parti Socialiste s'est mis en tête de composer ?

Pour revenir au PSG, les joueurs de Kombouaré me direz-vous ont malgré tout remporté la Coupe de France. Côté cour, le club a donc sauvé sa saison et disputera la Ligue Europa l'an prochain. Un lot de consolation qui n'efface pas des performances en dents de scie tout au long de l'année. Car côté jardin, le PSG est classé 11e au championnat, derrière Valenciennes et Monaco. Et les ambitions de l'entraîneur ont dû être revues à la baisse.

Sauver les apparences, c'est assurément l'exercice auxquels seront condamnés bon nombre de candidats après l'élection de 2012. Je suis davantage inquiète pour les journalistes qui n'ont d'autre choix que de se ressaisir pour sauver leur peau.

Les trois scénarios de la droite pour 2012, Neila LatrousPar Neila Latrous - BSCNEWS.FR / Cela a commencé par une prédiction de DanielCohn-Bendit, répétée avec satisfaction par Marine Le Pen : la droite pourrait vivre un “21 avril à l’envers” aux élections présidentielles de 2012. En cause : la multiplication des candidatures au centre et à droite.
Le leader d’Europe Ecologie parie sur cinq candidatures pour 2012 : celle du président sortant et celles de Dominique de Villepin, Jean-Louis Borloo, François Bayrou et Marine Le Pen. Cette dernière précise qu’”il y aura au moins deux candidats de l’UMP” car le parti est selon elle “en train d’imploser”. Depuis, c’est la course à l’échalote et Le Point cette semaine va jusqu’à trouver huit rivaux à Nicolas Sarkozy ! “A deux ans de la présidence, les candidats se bousculent à droite” nous apprend le journal page 18.

Tous candidats en 2012 ?

Reprenons nos esprits et soyons sérieux un instant : une candidature dissidente de François Fillon est inimaginable, de même pour Alain Juppé, Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé. Aucun des quatre ne se présentera contre Nicolas Sarkozy si celui-ci rempile.
Nicolas Dupont-Aignan avait déjà fait le coup de la candidature lors de la dernière présidentielle. Faute d’avoir récolté le nombre de parrainages nécessaires, il jette l’éponge à la mi-mars.
Les parrainages pourraient être aussi le problème d’Hervé Morin s’il lui prenait l’envie de se présenter en 2012. Dans un certain nombre de communes ou circonscriptions, le Nouveau Centre est élu grâce à l’UMP, sous l’étiquette “majorité présidentielle”. Autrement dit, le parti de Xavier Bertrand a fait de la place aux candidats d’Hervé Morin. Le Nouveau Centre bénéficie aussi de subventions de la part de l’UMP.

A l’approche de 2012, on envisage aisément que l’UMP demande à ses alliés de ne pas jouer la division. Le chantage pourrait porter autant sur le financement que sur les investitures en vue des législatives ou municipales. Bien sûr, Hervé Morin pourrait faire le choix de se présenter sans tenir compte des craintes de ses élus et adhérents. C’est ce qu’a fait François Bayrou en 2007, ce qui a causé en grande partie la désertion de ses troupes au lendemain des élections.
Et puisque l’on parle de François Bayrou, sa candidature – qui ne fait nul doute – est aussi gênante pour le candidat de droite que pour celui de gauche. Il se définit lui-même comme faisant partie de l’opposition. Il occupe un créneau, – celui de la droite sociale ou d’une gauche libérale, c’est selon – que l’UMP a abandonné depuis bien longtemps n’en déplaise à Laurent Wauquiez. Au PS, il concurrencerait une Ségolène Royal si elle venait à se représenter. A droite, il viendrait tout droit contrecarrer les plans d’un Dominique de Villepin.
Au fond, l’ancien Premier ministre est le candidat dissident le plus probable à droite. A supposer qu’il ait les parrainages nécessaires, est-ce que cela suffit à envisager un “21 avril à l’envers” ? L’histoire nous montre que les scénarios sont divers et variés… et pas forcément écrits à l’avance.

Giscard/Chaban 1974

Suite au décès de Georges Pompidou, une élection anticipée est organisée. Deux mastodontes de droite se présentent. Jacques Chaban-Delmas, candidat UDR et ancien Premier ministre de Pompidou, se présente comme le candidat gaulliste. Il préempte les thèmes sociaux, mais sa campagne est sapée par des dissidences au sein même de l’UDR. Valéry Giscard d’Estaing, bien que ministre de l’Economie et des Finances sortant, joue la carte de la rupture. C’est le candidat de la com’, qui affiche femme, enfants et accordéon. Les gaullistes anti-Chaban lui apportent également leur soutien. A l’issue du premier tour, Valéry Giscard d’Estaing se qualifie pour le second et remporte l’élection face à François Mitterrand.

Giscard/Chirac 1981

Sept ans plus tard, c’est le match retour. Quand Giscard se représente pour un second mandat, il sait qu’il aura face à lui le jeune Jacques Chirac. Son ancien Premier ministre, qui a claqué la porte de Matignon en 1976, a depuis fondé le RPR et conquis la Mairie de Paris. Il se présente comme le candidat des gaullistes. Au second tour, François Mitterrand triomphe du président sortant. Giscard ne s’en remettra jamais et soupçonnera Jacques Chirac d’avoir comploté en sous-main pour le couler. Près de 30 ans plus tard, il accusera son concurrent d’avoir bénéficié de financements occultes.

Chirac/Balladur 1995

Les législatives de 1993 ouvrent grand la porte de Matignon à Edouard Balladur. Chouchou des sondages, il décide de se présenter à l’élection présidentielle en janvier 1995. Il est soutenu par de nombreux membres du gouvernement parmi lesquels Nicolas Sarkozy. Jacques Chirac est aussi candidat. En quelques mois, il remonte son handicap dans les sondages et remporte l’élection à l’issue d’un second tour qui l’oppose à Lionel Jospin.

Au fond, ceux qui prédisent un “21 avril à l’envers” risquent d’être déçus puisque l’histoire montre que le jeu reste ouvert même lorsque deux candidats d’un même camp se présentent. Qui plus est, ce n’est pas tant la multiplication des candidatures que la dispersion des voix à gauche qui explique le 21 avril. En fouillant dans les archives du Conseil Constitutionnel, on se rend compte qu’au premier tour de l’élection de 2002, il y avait autant de candidats de droite que de gauche.
Alors à qui profite le crime ? Et si l’hypothèse d’un “contre-21 avril” ne servait qu’à semer de la crainte pour récolter de l’unité ? Auquel cas, Daniel Cohn-Bendit et Marine Le Pen feraient le jeu de Nicolas Sarkozy. Et c’est là que je ne comprends pas très bien où ils veulent en venir.
Une rose pour Sant Jordi - BarcelonePar BSCNEWS.FR /Le 23 avril, jour de la Saint Georges, se déroule une fête catalane aussi fleurie que cultivée: la Sant Jordi. La tradition veut que les hommes offrent une rose aux dames tandis que ces dernières leur font don d'un livre.
Ainsi, dans une ambiance enjouée et populaire, dans la ville de Gaudi, les stands de livres pullulent de badauds curieux et l'on ne peut qu'applaudir cette fête qui place le livre au coeur même de la ville: le Passeig de Gracia ( Champs Elysées barcelonais ) et La Rambla se parent de couleurs chatoyantes, invitent des auteurs à signer et déploient des quantités enthousiasmantes de volumes divers.
Tout semble s'arrêter pour cette journée traditionnelle et l'on est surpris de découvrir à quel point tous les médias sont mobilisés...
Lorsque l'on compare l'engouement de la presse française pour les salons du livre, connotés à tort de poussiéreux et d'ennuyeux, peu aidés par les mairies qui les cantonnent dans des zones artisanales en extérieur de la ville, on réalise combien les barcelonais ont du talent pour ôter à la lecture tout l'intellectualisme qui lui colle à la reliure!
Qui est Saint-Georges? Un chrétien martyrisé au IVème siècle, devenu le héros d'une légende populaire: un jour, Saint-Georges l'emporte sur un dragon du sang duquel jaillit un rosier. Il cueille une rose et l'offre à sa princesse. En signe de réciprocité amoureuse, celle-ci lui offre un livre . Et tout le peuple se convertit au christianisme....
Et pourquoi le 23 avril? En 1926, la Chambre des Libraires de Barcelone a instauré cette date pour le Jour du Livre , date anniversaire de la mort de Shakespeare, de Cervantes et de l'Inca Garcilaso de la Vega.L'UNESCO l'a également institué comme "journée mondiale du livre et du droit d'auteur".

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