Obertone

Par Nicolas Vidal - Depuis la parution de France Orange Mécanique en 2013, le journaliste Laurent Obertone déjoue tous les pronostics littéraires. Ses livres font fureur en librairie malgré une presse très rétive aux sujets qu’il aborde et qui ne se prive pas de dénoncer ses idées.


Dans Guérilla, Laurent Obertone imagine la chute de la France en 3 jours et continue d’affoler les compteurs de ventes en librairie.
L’auteur est une énigme à lui tout seul : une partie de la presse se plait à la discréditer mais l’auteur vend ses livres par dizaines de milliers. Pour mieux comprendre, nous avons reçu Laurent Obertone pour qu’il nous éclaire, qu’il nous renseigne et que nos lecteurs puissent se faire une idée. Car, entre le jugement et le débat, nous y préférerons toujours le débat et les confrontations d’idées.

 

Quel est le point de départ qui a amené l’écriture de Guérilla ?
Le premier fut la France Orange Mécanique* qui, je le pensais, devait rester un livre confidentiel. C’est mon premier livre pour lequel je n’étais pas connu, je n’avais pas d’entrée dans les médias. J’avais pour moi seulement le contact avec le terrain grâce aux médias locaux où je côtoyais les forces de l’ordre, les magistrats et les victimes. Ce fut une somme de hasards. Ce livre avait au début une visée régionale mais au fil des témoignages et de mon enquête, j’ai souhaité l’élargir de façon globale à l’échelle nationale pour dresser un portrait de la sécurité en France. Je n’avais aucune ambition dans ce livre d’autant plus que je savais qu’un tel livre serait mal vu dans le milieu médiatique. Contre toute attente, ce livre a eu du succès. Il m’a permis d’en vivre et d’en préparer d’autres. J’ai donc écrit la France Big Brother* et Guerilla qui sont axés sur une réflexion sociale.

 

Avez-vous découvert grâce à votre enquête un état de la France que vous ne soupçonniez pas ?
J’étais conscient de certaines choses notamment sur la place réservée aux victimes, extrêmement négligée lors des audiences portées par cette culture de l’excuse. Les peines me semblaient souvent en disproportion avec ce que prévoit le code pénal. Mais ce sont les chiffres qui m’ont surpris. A l’écriture du livre, il y avait en France 200 viols par jour. J’ai donc souhaité faire une synthèse entre ces données publiques auxquelles on peut accéder mais qui n’intéressent pas les grands médias et les citoyens, comparées au ressenti et au réel. Je souhaitais donner de la chair au drame humain.

 

Vous attendiez-vous à cette réaction très violente à votre encontre de la part de certains médias ?
Je ne m’attendais pas à une tel emballement mais je n’avais pas le recul nécessaire à l’époque au vu des nombreuses sollicitations auxquelles je devais répondre.

 

On pense notamment à votre altercation avec Aymeric Caron dans l’émission “On n’est pas couché”.
J’ai été confronté à cette technique de salir le messager et je n’avais pas prévu une réaction d’une telle ampleur. Je m’attendais à une stratégie d’étouffement de la part des médias. Lorsque Marine le Pen a parlé de mon livre, j’ai été immédiatement sollicité car certains médias ne pouvaient pas faire autrement. Ainsi, si le livre n’était pas tué par le silence, il le serait par la calomnie. De plus, les accusations sont multiples et sans appui ou gage de moralité il est très difficile de se défendre dans ces circonstances.
Certains médias ont le monopole de la liberté d’expression mais également celui de l’indignation, de la pensée autorisée et de la morale. Néanmoins, de nombreux téléspectateurs se sont retrouvés dans le sujet du livre. Il n’y a donc pas un aveuglement total du téléspectateur.

 

« Si le livre n’était pas tué par le silence, il le serait par la calomnie.. »

 

Pourquoi avoir choisi la forme romanesque pour Guérilla ?
C’est une question complexe. Je cherche la meilleure structure de communication par le livre. J’ai hésité entre l’essai et la littérature. L’essai de par sa forme est plus détaillé et plus précis. Quant à la littérature, elle permet de suggérer, de décrire des choses qui vont toucher plus fortement le lecteur. La littérature me semble plus efficace que l’essai qui a quelque chose de rébarbatif. L’idée était de percer le mur médiatique pour aller chercher le lecteur. Pour la France Big Brother, j’ai essayé de mêler les deux avec une part de littérature et une part d’essai. C’est une sorte de fusion.

 

BANDEAU OBERTONE

 

 

En quoi votre livre «  La France Big Brother » a-t-elle marqué un coup d’arrêt médiatique ?
Nous avons parlé de l’accueil de la presse pour la France Orange Mécanique. Par ailleurs, Utoia* a reçu une excellente presse. Pour la France Big Brother, j’ai connu une diète médiatique hormis mon intervention sur BFM TV chez Ruth Elkrief. Concernant Guérilla, le livre est à rebours total de l’idée même du vivre-ensemble et de ce qu’il est convenu de dire aujourd’hui dans les médias pour éviter d’être anxiogène sur le terrorisme et l’insécurité.

 

Pour votre prochain livre, est-ce que la presse ne va t-elle pas vous tenir rigueur de vos ouvrages passés ?
Certains médias extrêmement têtus le feront. D’autres médias évoluent et le fait de parler du livre fera débat. Cela montre encore une fois que la police de la pensée veille avec le passage sous silence de Guérilla. On voit bien le tropisme politique de certains médias.

 

« Certains médias ont le monopole de la liberté d’expression mais également celui de l’indignation, de la pensée autorisée et de la morale.. »

 

Est-ce que votre meilleur ambassadeur n’est-il pas le bouche-a-oreille Laurent Obertone ?
C’est certain. Même si ce fut moins vrai pour la France Orange Mécanique qui a bénéficié de la visibilité notamment de l’émission d’On n’est pas couché présentée par Laurent Ruquier. Concernant la France Big Brother et Guérilla, qui ont très bien marchés, cela démontre la force des réseaux sociaux et du bouche-à-oreille. Cela appelle l’idée que le lecteur cherche d’autres accès à l’information hors médias en perte de crédibilité. Le lecteur partagera ses avis et ses coups de coeur. Il y a un côté militant dans l’achat de tel livre de la part du lecteur notamment contre la pensée dominante. Cela participe peut-être aussi à une construction identitaire. Les grands médias trouvent leurs limites avec des promotions colossales de livres qui restent désespérément à des niveaux de ventes très bas et d’autres qui connaissent des succès sans appui médiatique.

 

Existe-t-il un lecteur type des livres de Laurent Obertone ?
Mon lectorat est très varié aussi bien dans l’âge que dans les profils. Je compte une proportion non négligeable de force de l’ordre, des professions en rapport avec la police qui se retrouvent dans mes livres mais qui ne peuvent pas s’exprimer au vu de leur fonction. J’ai l’impression que c’est un public majoritairement masculin. C’est le cas notamment via les abonnements sur la Page Facebook qui fait remonter ces informations.

 

“ Il y a une sorte de compétition chez les bien-pensants dans la course à la morale. Le citoyen moyen en subit, quelque part, l’influence. Il se sent donc contraint d’adopter la même rhétorique afin de ne pas être mis à l’écart avec un discours très modéré, formaté par les élites"



Comment expliquez-vous la dichotomie qui existe entre la connaissance du réel par la DSRI et les solutions apportées et la façon d’appréhender la situation de l’Etat français ?
Vous avez des individus très compétents qui connaissent très bien leur métier et la situation actuelle. Ils ont fiché de très nombreux individus, recoupent et font remonter l’ensemble des informations auprès des gouvernants qui s’en désintéressent. Car le réel intérêt du gouvernant est de communiquer sur les évènements. Cette appréhension du réel a des conséquences dramatiques. Le politique tente de retourner l’événement à son avantage par des cérémonies, des prises de parole avec une maitrise totale.

 

N’y a-t-il pas tout de même de la naïveté de la part de certains hommes politiques ?
Il y a véritablement deux profils très distincts. Il y a ceux qui sont sincères. Je pense notamment à Christiane Taubira qui fait preuve notamment d’une grande naïveté dans l’idée du vivre-ensemble. Puis il y a ceux qui font preuve de cynisme absolu face à la situation aussi droite qu’à gauche. Ces deux profils coexistent.

 

Comment avez-vous obtenu ces informations, Laurent Obertone ?
J’ai recueilli ces informations au plus haut niveau de l’Etat. J’ai rencontré par exemple des gens de l’Etat major dirigés par des sous-secrétaires d’Etat qui ont une vision étriquée de leur métier. Ceux qui importe le gouvernant est de transcender lui-même dans cette morale. Il y a quelque chose qui tient de la posture papale. Dans l’esprit de l’individu bien-pensant type, même la violence peut renforcer sa détermination à cette identité morale. C’est le cas du personnage de Zoe dans le livre qui vit sur l’idée de la culpabilité avec une volonté de s’oublier dans le culte de l’autre.

 

“L’objectif de la morale ambiante est d’aller toujours plus loin et d’admirer à notre tour l’autre dans sa singularité. C’est la France d’en bas qui est victime de cette idéologie car elle est prise au piège du à la ségrégation économique. “

 

A quoi est du cette bien-pensance selon vous?
Elle vient à mon sens de la domination des peuples occidentaux sur d’autres peuples. Cette volonté de puissance occidentale a été capable de se détruire elle-même tout en continuant à dominer par la morale de façon plus habile. Tout le discours humanitaire est basé sur ce point selon moi. Il y a une sorte de compétition chez les bien-pensants dans la course à la morale. Le citoyen moyen en subit, quelque part, l’influence. Il se sent donc contraint d’adopter la même rhétorique afin de ne pas être mis à l’écart avec un discours très modéré, formaté par les élites.

 

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur Monsieur Moyen ?
C’est un personnage intéressant, Monsieur Moyen. Il est très docile, il est solvable, il est socialement acceptable. C’est un personnage clé car c’est sur lui seul qu’on peut faire peser sur ce discours moraliste et on lui oppose des interdits. Il peut être conditionné et c’est lui qui fait tenir la société même s’il a conscience que son pays se désagrège. Le capital social est en mauvaise posture et l’idée de nation disparaît.

 

Finalement est-ce que Monsieur Moyen n’est-il pas responsable de la situation actuelle et de la toute puissance des élites dont vous parlez ?
Effectivement, Monsieur Moyen ne peut pas s’exonérer de cette faillite car il a tout un tas de leviers à sa disposition. Mais il ne renverse pas la table, dû peut-être au confort, à la consommation et au divertissement. C’est un animal domestique qui cherche un maitre et une situation de confort. Monsieur Moyen a finalement très peur du changement.

 

“On retrouve des cas de radicalisation dans la police pour lesquels la hiérarchie marche sur des oeufs pour éviter le procès en islamophobie.”

 

 

Que vous inspire le vote Front National aux dernières élections présidentielles?
Il y a effectivement un mouvement général d’éveil dans le pays et un sentiment d’urgence avec des événements terrifiants qui nous frappent. J’aime bien l’idée du banc de sardine avec des basculements dans l’opinion très rapide et massif.

 

Que pensez-vous de cette idée effrayante de guerre civile qui perle ça et là sur les réseaux sociaux et dans la bouche de certains intellectuels ?
Nous sommes encore loin de cela au vu de la pression sociale. Puis il y a au fond de cette terreur de tuer le maitre. Pour moi, on pourrait voir émerger une personnalité du peuple avec un discours populiste qui prendrait selon moi une popularité très rapide. Soit le système contrôle cette pression sociale en communiquant soit il se fera couper l’herbe sous les pieds par une personnalité qui deviendra rapidement populaire.

 

Vous décrivez une France extrêmement vulnérable sur la plan technique et social.
On a l’illusion que le pays est extrêmement organisé. Il l’est toujours mais le fait nouveau réside dans ces fractures au sein même de la société avec des incidents de plus en graves. On peut raisonnablement penser que des troubles sociaux pourraient subvenir nourri par la violence de certains groupes de jeunes ou certains groupuscules politiques. On pense notamment à un groupe comme l’Aube Dorée en Grèce qui pourrait nous précipiter dans une situation préoccupante.

 

Quelle place accordez-vous au communautarisme ?
Avec une minorité raisonnable d’étrangers, nous pouvions nous poser la question de l’intégration. Aujourd’hui, cela n’est possible lorsqu’une communauté est majoritaire à 80 % dans une cité. L’objectif de la morale ambiante est d’aller toujours plus loin et d’admirer à notre tour l’autre dans sa singularité. C’est la France d’en bas qui est victime de cette idéologie car elle est prise au piège du à la ségrégation économique. On ne peut pas reprocher aux étrangers de s’insérer dans le groupe déjà établis sur le sol français dans laquelle ils retrouvent leur identité.

 

Vous parlez du rôle central des médias dans notre société?
Les médias sont les premiers vecteurs d’informations de masse. Il n’y a que voir regarder les audiences de journaux télévisés du soir même s’ils ne sont pas les plus marqués idéologiquement. Nous assistons à un déferlement de contre-vérités et la valorisation extrême du vivre-ensemble même si le thème de l’insécurité revient assez régulièrement. Tout cela donne un compromis assez bizarre. Les médias ont un pouvoir assez énorme avec cette facilité trotkyste de se renouveler eux-même. Il n’y a que voir les écoles de journalisme où les étudiants sont formés dans le même moule. La mission du journaliste est d’éduquer la bas peuple qui écoute Eric Zemmour et qui ne comprend pas toujours tout. Le propre du journaliste n’est pas d’être spécialiste mais de parler de tout. Il fait donc appel à des spécialistes qui corroborent ce qu'il dit.

 

On pense étrangement au personnage de Renaud Lorenzino dans Guérilla?
Renaud Lorenzino incarne ce sentiment de supériorité absolue de certains journalistes, qui se payent à cause d’un excès d’optimisme. Certains d’entre eux ont tout de même une conscience du danger et ne s’aventurent pas dans certains quartiers ou certaines cités. Il y a un certain nombre de journalistes très installés et connus qui ont des idées diamétralement opposées à, celles qu’ils prônent dans les médias et sur les plateaux TV. Une telle opinion exprimée en public peut être destructrice alors il est nécessaire de dire et de faire comme tous les autres. La meilleure solution est de se démarquer dès le début mais avec la perpective de parler tout seul dans l’espace et sans possibilité de faire carrière après comme je l’ai fait moi-même.
Ces comportements déclenchent chez les citoyens une volonté de s’informer ailleurs, sur d’autres médias où les grilles de lectures n’ont rien à voir avec ce qu’on leur propose dans les grands médias.

 

Dans Guérilla, vous partez du principe que suite à un simple incident la situation pourrait se propager et dégénérer ?
Il y a une imprévisibilité énorme autour de ces incidents notamment du côté des policiers parce que la situation est extrêmement difficile. Les forces de l’ordre appliquent à la lettre l’ordre de ne pas riposter car il y a cette grande peur que la situation devienne incontrôlable. Aujourd’hui, la menace terroriste s’ajoute à cela car elle grandit dans la perpective de situations d’insurrections auxquelles des opérations terroristes pourraient se greffer.

 

 

 

Dans Guerilla, vous racontez la prise d’un village isolé dans les Cévennes par des islamistes. Est-ce que cela est issu de votre imagination fertile ou vous êtes vous appuyé sur des scénarios plausibles des services de renseignement ?
C’est l’un des scénarios le plus redouté par les experts de la DSRI que cette prise d’un village reculé en campagne où les forces de police mettraient un certain temps à intervenir. Même si certains village compte souvent des chasseurs, un commando lourdement armé pourrait perpétré des massacres sans aucun opposition. Il y a également celui des jets de grenade dans un embouteillage par un individu en scooter. On est impuissant face à ce genre d’attaques qui peut se faire partout sans aucune préparation. Il y a en somme une multitude de scénarios d’une facilité terrifiante qu’il est très difficile de prévenir même avec les patrouilles de la mission Sentinelles.

 

Quel regard portez-vous sur les cas de radicalisation dans l’armée? Avez-vous eu vent de telles choses auprès de vos sources au sein de la DSRI ?
J’ai rencontré des recruteurs de l’armée qui m’expliquaient qu’il y a encore quelques années; les choses étaient beaucoup plus contrôlés car il y a fait peu de recrutement. Le recrutement se base sur trois notes, le 1 indique que vous êtes fait pour le poste que vous convoitez, le stade 2 émet des réserves sur votre capacité à ce poste et le 3 indique que votre profil ne correspond pas au poste.
Récemment, l’armée a lancé des campagnes de recrutements importantes pour lesquelles il n’y avait pas suffisamment d’E1 alors les E2 ont été pris ainsi que des E3. Sur ce contingent, il est procédé à des observations quant aux cas de radicalisation avec des techniques simples. Ces recruteurs me confiaient que lorsque des doutes existaient sur un individu, on le chargeait par exemple de garder une synagogue pendant une semaine. J’ai entendu également de la part de hauts gradés de l’armée que la possibilité d’envoyer des troupes dans une cité pour y rétablir l’ordre n’était pas envisageable car certains individus y avaient grandi et l’expérience pourrait s’avérer périlleuse. Il y également une volonté politique d’intégrer dans l’armée cette idée de la diversité en enrôlant plus d’individus étrangers. On ne peut pas nier qu’en France de militaire porté par l’Islam radical pose déjà de très sérieux problèmes au sein même de l’armée. On retrouve également ces cas de radicalisation dans la police pour lesquels la hiérarchie marche sur des oeufs pour éviter le procès en islamophobie.

 

Guerilla
de Laurent Obertone
Editions Ring

 

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