MARIALY PACHECOPar Nicolas Vidal - Marialy Pacheco est le coup de coeur musical du mois. Avec cet album Duets, elle convoque le talent et l’harmonie lancée à plein régime avec son piano. Marialy Pacheco va de duo en duo pour nous proposer un album d’excellente facture. Rencontre avec la pianiste cubaine qui porte haut sa féminité musicale. Un enchantement.

 

Marialy Pacheco, est-ce que vos voyages ont façonné votre musique ?
Voyager n’a pas seulement façonné ma musique, mais moi-même. J’ai quitté Cuba quand j’avais seulement 20 ans. Quand je suis arrivée en Allemagne, j’ai été confrontée avec une culture totalement différente qui a beaucoup influencé ma musique et ma façon de jouer. Depuis, j’ai voyagé à travers le monde. Voyager est pour moi aussi important que jouer du piano tous les jours. Voyager vous enrichit en tant que personne et bien sûr en tant qu’artiste, cela change votrevision du monde et comment vous vous y voyez, cela élargit vos connaissances et ouvre la porte à un vaste univers de cultures, de personnes, de couleurs, de modes de vie . Voyager voustransforme et par conséquent, transforme la musique que vous créez.

 

Quelle est votre histoire avec le piano ?
Une histoire d’amour éternel. Je ne peux pas concevoir ma vie sans lui. C’est plus qu’un simple instrument, c’est une extension de moi. J’ai vécu des moments intenses en jouant du piano, des moments où je pensais littéralement exploser avec de la lumière irradiant de mon corps. Je sais que ça sonne un peu comme un film de fiction depuis, mais c’est la vérité. Je n’arrive à expérimenter des moments comme celui-ci que lorsque je joue du piano. C’est indescriptible et c’est incroyable !

 

 

 

 

Qu’est ce que cela représente pour vous le fait d’être l’une des seules femmes pianiste cubaine?

C’est un honneur de représenter les pianistes de jazz cubaines et j’espère pouvoir inspirer plus de femmes cubaines instrumentistes. La façon dont je le vois ne concerne pas le fait que ce soit des femmes ou des hommes, mais la qualité. Vous devez aimer ce que vous faites parce que ce n’est pas une route facile.

 

Pour Duets, pourquoi avoir choisir de privilégier le format du duo avec les artistes invités ?
C’était assez simple en fait. Mon manager et moi étions en train de réfléchir à ce qu’il fallait faire et nous en sommes sortis avec l’idée d’un album duo, puisque je n’en avais pas fait auparavant ... et maintenant, je pense déjà à ce que je vais faire dans mon prochain album.

 

Comment avez-vous sélectionné les artistes présents sur votre album ?
J’ai fait une liste de nombreux artistes que j’admirais, des artistes qui m’avaient inspiré dans ma carrière et avec lesquels je voulais collaborer. J’ai été très touché et extrêmement heureuse de voir qu’ils ont tous accepté de faire partie de l’album. Beaucoup d’entre eux je les ai rencontrés pour la première fois au Studio, comme Hamilton de Holanda et Miguel Zenon. C’était une expérience surréaliste.

 

Comment travaille t-on un album de duo pour faire ressentir votre propre patte artistique ?
Pour cet album spécifiquement, mon concept était de présenter chaque artiste tel qu’ils sont.
Tous les artistes de l’album ont une identité musicale très forte et définie. Ma tâche était de prendre leur son et de le reprocher à ma manière. C’était un beau processus. Le résultat est que chaque chanson de l’album est comme un monde à part et que chaque artiste est représenté tel quel, c’est très honnête.

 

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre admiration pour Oscar Peterson ?
En fait, le premier album de jazz que j’ai eu était le Köln Concert de Keith Jarrett. Cela a changé ma vie et m’a ouvert les yeux sur un monde totalement inconnu pour moi à Cuba. Il était assez difficile d’avoir de la musique à Cuba à l’époque. J’écoutais des enregistrements encore et encore: j’avais Art Tatum Solo qui était incroyablement incroyable et l’autre était Oscar Peterson avec son trio. Oscar Peterson m’a toujours fasciné. Surtout la précision de son jeu, étonnamment virtuose, qui sonne pourtant si simplement. J’ai beaucoup étudié son style et cela m’a beaucoup inspiré durant toute ma carrière.

 

Qu’est ce qui fait la particularité musicale des pianistes cubains ?
Le pianiste cubain a un son particulier et une touche particulière. Nous jouons de façon très rythmé, très clair et nous avons une très bonne technique. C’est grâce au fait que nous sommes tous formés de manière classique. À Cuba, il n’y a pas d’écoles de jazz. Nous avons tous appris la musique classique au Conservatoire qui - à mon avis - c’est la meilleure formation musicale que vous pouvez avoir en tant que musicien. Vous avez développé une sensibilité différente, une façon différente d’approcher le son de l’instrument et bien sûr, notre technique est à son meilleur. Et c’est une combinaison merveilleuse quand on joue du jazz.

 

Quelle est la place de ce nouvel album dans votre carrière ?
Chaque album est spécial pour moi. Il y a toujours tellement de souvenirs et d’histoires derrière un album. DUETS se démarque, parce que pour la première fois, j’ai un grand nombre de mes musiciens préférés dans un album avec moi. Cela a été une expérience enrichissante.

 

Est-ce les choses ont changé dans votre carrière depuis que vous avez remporté le Festival Jazz de Montreux ?
Bien sûr. En remportant le Montreux Jazz Competition, cela m’a ouvert de nombreuses portes en Europe et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai déménagé de l’Australie à l’Europe. Plus que cela, je dirais que cela m’a donné la confiance et l’assurance que je suis douée dans ce que je
fais et que je suis définitivement sur la bonne voie.

 

Si vous deviez définir cet album, que diriez-vous ?
Un album qui m’a sorti de ma zone de confort, un album sur les risques et la joie, un album qui m’a donné l’opportunité de grandir.

 

@Marialy Pacheco
Duets

 

( Crédit Photo Markus Jans )

 

Lire aussi dans nos interviews Jazz Club :

Sébastien Vidal : le Monsieur Jazz

Nils Landgren : le jazz inclassable et incassable

Cécile McLorin Salvant : "Faire uniquement des albums en live"

 

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