NO MONEY KIDS  - Hear The SilencePar Nicolas Vidal - Assurément le gros coup de coeur musical du mois  ! Les No Money Kids proposent un univers électro-blues totalement frénétique et addictif.  Félix Matschulat et JM Pelatan font de ce duo une bombe musicale qu’il est urgent de découvrir. Pour vous donner l’eau à la bouche, nous les avons rencontrés pour nous parler de ce nouvel album « Hear The Silence».

Une rencontre et un duo. Pourquoi avoir choisi de rester sur ce format ?
Félix : No Money Kids n’est pas un choix rationnel. Un duo, un quartet ou une fanfare auraient très bien pu nous convenir si l’alchimie était présente. Mais l’authenticité que nous voulions préserver nous a poussé à rester en duo.  On a chacun une telle liberté d’expression qu’un autre musicien supplémentaire serait un réel retour en arrière.

Une construction instrumentale atypique avec un sample qui vous pousse vers l’électro. Etait-ce un choix au départ ?
Félix : Au départ nous n’avions aucune prétention, Jm débutait dans la programmation et moi j’étais encore en pleine recherche artistique. Le temps a passé et  on a fini par trouver. C’était cette éthique de son que nous cherchions, le mélange blues trad’ et de machines contemporaines.
JM : Mais ce n’était pas quelque chose de «prévu», c’est arrivé par la force de nos inspirations, la construction des morceaux s’est imposée à nous. Et nous ne sommes pas a la fin des imprévus.

Comment définiriez-vous l’électro-blues ?
Félix : Pour nous la musique est une sensation propre a chaque individu. Ma définition de l’électro-blues ? Artistiquement, difficile à dire, mais sociologiquement elle exprime une contraction du passé avec le présent.
Il y a tellement de porosité artistique entre Lighnin’ Hopkins, Charlie Parker ou les Stooges que j’en viens à ne plus vraiment comprendre la question de définition artistique. Parfois mon électro-blues est punk, rock, jazz ou concrète.

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur le nom de votre groupe ? A quoi fait-il allusion ?
Félix : Notre nom, comme notre musique est un témoignage. Il rend hommage à ceux qui crèvent de froid dehors, à la femme au foyer qui se sent emprisonnée dans sa vie, aux salariés de Continental ou Moulinex… Aujourd’hui notre société de créanciers immole des gens au pôle emploi et les traite de « bons à rien » ou « d’assistés ». Ça nous écœure et on profite de notre petite tribune pour ne pas les oublier.
JM : No Money Kids, c’est la génération «pas d’thune», c’est d’ou l’on vient, et probablement ou on va si on ne fait les bons choix politiques aux prochaines élections.

Question identique pour le titre de ce nouvel album ?
Félix : Dans nos sociétés contemporaines, plus personne n’a le temps d’écouter le silence, à l’exception des personnes en marge. Aujourd’hui, si tu ne trouves pas ta place c’est tant pis pour toi, comme dit la plus grande des poétesse néo-libérale « there is no alternative » (M. Thatcher).  Aucune alternative possible, voila le discours ! Devant une telle violence je ne vois qu’une solution possible, imposer no.tre alternative et celle ci passera d’abord par une profonde introspection, par l’opposition et en prenant le temps d’écouter le silence
JM : Pour moi la réponse se trouve entre les morceaux de l’album , sur ces petites plages « musicales » ou le sillon silencieux te parle, elles concluent ce que tu viens d’entendre et introduisent ce qui va venir.

Comment vous situez-vous aujourd’hui sur la scène musicale  française ? Plutôt dans l’électro ou dans le blues ?
Félix : A nos débuts, une des difficultés était de trouver des corrélations avec d’autres artistes. Au fil du temps, notre musique s’est affirmée et vous l’entendrez d’ailleurs sur notre nouvel album : notre son est perpétuellement en train de voguer du blues à l’électro en passant par le rock et la pop.  Mais je pense qu’on ne doit pas être trop loin de nos potes Heymoonshaker, Boogers ou encore Nosfel si on doit nous ranger dans une «famille» musicale.
 
Un nouvel album qui fait la part belle à des compositions autour de grands thèmes de l’existence. Qui écrit les chansons et comment composez-vous les morceaux ?
Félix : Pour ce qui est des textes c’est moi qui les écris. Je t’avouerai avoir écouté les silences pour cet album…Après avoir vécu de trop nombreux deuils dans la même année, dont celui de mon père, j’ai du lutter pour ne pas me retrouver détruit. Sans les concerts, les tournées et l’écriture de ces titres, j’aurais eu du mal à remonter la pente.  
JM : Pour la composition, c’est Felix qui arrive au studio avec une chanson. Soit la chanson lui correspond, fonctionne sans artifice et le travail consiste à la retranscrire le plus fidèlement possible en quelque chose qui fonctionnera sur tous les lecteurs audio. Soit, on s’aperçoit qu’on peut l’amener plus loin, et là on casse tout : structure, tonalité, tempo, parfois même les mots... Félix s’occupe des guitares, des «poly» (synthés) et de la voix, moi c’est les monos, la basse et l’ordinateur... le tout est un échange.

Qu’est ce qui vous a donné l’idée de la cover de cet album ?
Félix : En plus de l’attrait esthétique évident de la photo, nous nous sommes interrogés sur le changement d’état d’un point de vue physique et intellectuel qui s’opère lorsque l’on refuse de porter son attention sur le monde extérieur, comment matérialiser autrement la réflexion que par une personne qui se jette à l’eau ?
JM : Tu peux aussi y trouver une relation avec le titre de l’album.

Musicalement, comment évolue No Money Kids depuis votre création ?
Félix : Le groupe mûrit. Les choix artistiques sont plus assumés, chacun définit plus rapidement sa partition. Nous avons toujours eu conscience qu’il nous faudrait du temps, que le processus de création s’abandonnait pour mieux être retrouvé ensuite, on ne court pas, on marche à notre rythme. On attache tout de même une importance au travail assidu et quotidien, pour l’album nous nous sommes vus quasiment tous les jours durant 3 mois et demi.

JM : Pour moi, on évolue de façon plutôt incontrôlée, à travers une musique que l’on aime à un moment, les hasards du studio , une émotion croisée dans la rue... Une envie de fixer toutes ces choses pour les partager avec le plus grand nombre...en espérant rendre le tout utile.

Pourquoi avoir fait le choix de textes en anglais dans No Money Kids ?
Félix : L’anglais porte ses notes et sa couleur, il se justifie tout seul. Au même titre que nos instruments qui ne sont que des moyens pour nous de nous exprimer, l’anglais est un porte voix pour nos textes. Une couleur musicale.
JM : Et il ne faut pas oublier que le blues n’est pas Français. L’electro peut l’être mais elle s’exprime rarement par les mots. Donc je crois que l’anglais s’est imposé sans que ce soit un «choix».

Si vous deviez définir cet album en deux mots, que diriez-vous ?
Félix : Ecoute le silence.
JM : Electro-Blues..

 

No Money Kids
Hear The Silence
Roy Music

www.nomoneykids.com

 

Lire aussi dans nos interviews musicaux - BackStage :

D.I.V.A : l’Opéra sans dessus dessous

Kaïla Sisters : de la musique de l’autre bout du monde

Antiloops : un mélange hybride entre l'instrument et la machine

Maëva Nicolas : l’anti-mainstream et la génération Bataclan

 

Enregistrer

Commentez l'article

A LA UNE

Nolwenn Leroy : Gemme, un retour pop lumineux

Nolwenn Leroy : Gemme, un retour pop lumineux

Publication : mardi 17 octobre 2017 12:04

Par JC Mary - Après le succès des albums « Bretonne » et «Ô filles de l’eau» Nolwenn Leroy fait son grand retour pop avec « Gemme ». Autant dire que cet album fait figure de soleil printanier au milieu de la production grisâtre qui sort ces jours-ci.

Montpellier : coup d’envoi du 39ème Cinémed

Montpellier : coup d’envoi du 39ème Cinémed

Publication : lundi 16 octobre 2017 11:53

  Par Romain Rougé – Le festival de cinéma méditerranéen (Cinémed) revient du 20 au 28 octobre 2017 à Montpellier. Avant son coup d’envoi, l’équipe a essaimé les lieux culturels montpelliérains pour présenter cette 39ème édition.

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter !

Sans langue de bois

Alexis Lévrier :  le journalisme à l’épreuve de l’endogamie avec la politique

Alexis Lévrier : le journalisme à l’épreuve de l’endogamie avec la politique

Publication : vendredi 7 juillet 2017 11:12

Par Nicolas Vidal - Alexis Lévrier nous livre son analyse sur les liens étroits que les journalistes politiques entretiennent avec les sphères du pouvoir depuis l’Ancien Régime. «Le contact et la distance» est un ouvrage passionnant qui aborde l’ensemble de ces questions et réfléchit sur cette endogamie entre le monde de la presse et de la politique.

Evénement

AnnonceBCSBonnaffeu300x300

PUB COESY 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Festival

EncartPub Jazzebre BCSnews300x300

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Idées de voyages

BANNER VOYAGE

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publicité

PUB SONGEUR

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Écoutez de la musique

CARRE MUSIQUE

PUB COESY 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publicité

bandeau auto editionlight

PUB COESY 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer