Glossy int 3000 paysage2Par Nicolas Vidal - The Glossy Sisters incarnent la fraîcheur, le pep's et le swing de la scène française. On pourrait hativement les comparer aux Puppini Sisters mais il n'en est rien. Elles ont un style bien à elle qui n'a rien à envier aux célébrités du genre. Marion Chrétien, Lisa Caldognetto et Claudine Pauly accompagnées de Michel Molines (contrebasse) et de Damiens Larcher (guitare) passent à la vitesse supérieure avec cet album Biballages. 

Babillages, pouvez-vous nous dire quelques mots sur le genèse du nom du disque ?

«Babillages» sont comme les premiers sons d’un nouveau-né. Cet EP est notre premier opus, un peu comme nos premiers mots, le début de notre aventure. Et puis les babillages d’un bébé sont assez proches du scat, de l’improvisation vocale car ce qui les caractérisent, c’est leur liberté ; celle que l’on retrouve aussi lorsque l’on improvise. Babillages, c’est aussi piailler, caqueter. Cela représente le côté léger que peuvent avoir des discussions de filles!

Vous êtes toutes les trois douées du beat-box. Comment avez-vous découvert cela ?

On n’a pas vraiment appris, c’est venu un peu tout seul, au feeling. On aime utiliser nos voix pour imiter des instruments, essayer des sons différents que l’on n’aurait pas forcément l’habitude de faire. Ça passe aussi par la beatbox. Dans notre entourage de musiciens, il y a plusieurs beatboxeurs. A force de les voir faire nous apprenons, nous imitons et finalement on sort quelques sons. Et comme on travaille nos arrangements sur un logiciel audio, cela nous permet de peaufiner un peu plus en détail les sons que l’on recherche.

Classées en Jazz Vocal, The Glossy Sisters dépassent très largement cet horizon musical. Quelle était l’idée de départ ?

C’est vrai. Pourtant nous étions parties de cette idée au début, créer un trio vocal jazz, mais très vite nos arrangements se sont enrichis d’autres sonorités. Le jazz, c’est notre base à toutes les 3, mais ce n’est pas la seule musique qu’on apprécie. On se sert de toutes nos autres influences pour créer une musique propre aux Glossy. Ça passe par la chanson française, la soul, le hip hop et même l’électro! On ne peut pas se cantonner à un seul style musical, on a besoin de s’amuser ailleurs, de s’éloigner un peu du jazz pur et dur, mais c’est aussi pour mieux y revenir!

Comment s’est articulé l’intégration de Michel Molines dans ce projet ?

L’idée de base, c’était 3 chanteuses et une contrebasse. Nous avons pensé tous nos arrangements en y intégrant une basse, qu’on chante en général ou qu’on joue au piano pendant nos sessions de création sur logiciel. La contrebasse assoit les fondamentales de l’harmonie sur laquelle les voix peuvent colorer plus librement. C’est après cette longue période d’arrangement que nous avons cherché un musicien capable de relever le défi (et les morceaux!). Petite contrainte en plus: il nous fallait un contrebassiste qui joue aussi de la guitare! Quelques-uns de nos morceaux, notamment les compositions, comportent des parties de guitare et le challenge était de ne pas rajouter un musicien de plus au projet. C’est là que nous avons fait appel à Michel pour compléter le projet Glossy Sisters et faire sonner les morceaux. Et ça a été très rapide car il a une oreille et une musicalité incroyable! Il apporte vraiment une couleur au projet, il est très créatif. On ne peut plus se passer de notre Bassy Bro’ !

Michel Molines, vous utilisez toute l’étendue artistique de la contrebasse de façon étonnante. Peut-il nous en dire plus ?

La contrebasse est un instrument qui a de grosses contraintes physiques et techniques mais qui offre des possibilités intéressantes. Entre l’utilisation de l’instrument comme percussion, les harmoniques qui permettent de sortir du spectre très grave, l’archet qui apporte une couleur dramatique et le simple rebond naturel du son de la contrebasse, j’essaie de combler les instruments (batterie, piano, guitare, cordes ou cuivres...). Et je continue de chercher !

Où The Glossy Sisters puisent-elles leurs influences ?

Ça part bien sûr des groupes vocaux de l’époque tels que les Andrews Sisters, les Chordettes ou plus récemment les Puppini Sisters. Mais ça passe aussi par des formations vocales plus Soul/Gospel comme Take 6. Des groupes aussi plus récents et actuels, qui ont souvent été révélés par des émission TV ou par internet, comme les Pentatonix, Afro Blue, Third Story, etc... Les fameux chanteurs et chanteuses de jazz de l’époque nous accompagnent aussi toujours, et sont une source d’inspiration infinie !
En fait, on écoute un peu de tout et on s’inspire de beaucoup de choses pour créer nos arrangements. De la soul, de la pop des chansons qui nous racontent quelque chose... Le hip hop, les rythmes afro... Tout ce qui se danse et qui swingue !

Une culture du rythme à toute épreuve. D’où vous vient-elle ?

Le jazz est par essence une musique rythmée. Il puise ses origines dans le gospel et le blues et s’appuie sur le 2 et 4 des mesures, cela s’appelle l’afterbeat. Ça swingue, ça groove, ça danse... C’est ce qui caractérise le jazz, la soul, le gospel... Nous sommes influencées par cela, sans pouvoir vraiment l’expliquer. Et cela prend une place importante dans notre musique. Pas trop cérébrale, il faut que ça touche le corps avant l’esprit !

Peut-on dire que trois personnalités affirmées et singulières constituent la quintessence de votre groupe ?

Oui, nous sommes trois, trois personnes très différentes, qui s’inspirent les unes des autres, qui se nourrissent des influences de chacune, et qui pourtant se retrouvent souvent pour ne faire plus qu’une voix ! Trois caractères bien différents aussi... D’ailleurs quand nous avons décidé de monter le spectacle, nous nous sommes inspirées de nos propres personnalités pour créer nos personnages. Sur scène, les Glossy c’est «nous», en plus exacerbées.

Pour ce nom, The Glossy Sisters ?

«Sisters» pour le côté jazz, et fusionnel des voix, ça veut déjà dire beaucoup. Ça résume pas mal le projet. Il nous fallait un nom un peu plus léger, féminin, «girly» et accrocheur pour compléter. Donc «Glossy» pour le côté brillant, pimpant!

Si vous deviez définir votre formation dans un genre musical que diriez vous en quelques mots ?

Ce serait  Jazz/pop !

Où pourra-t-on vous voir sur scène dans les semaines à venir ?

Nous serons au Théâtre Melchior à Charly (69) le 30 avril, le 8 mai au festival Couleurs Jazz d’Aras (62), nous reviendrons à Crest pour l’ouverture du festival de Crest Jazz Vocal (26) fin juillet, etc...
Toutes nos dates sont sur notre site www.glossysisters.com !

 

The Glossy Sisters
BABILLAGES
NemoMusic

Le site officiel des The Glossy Sisters

Le 7 avril 2017 au Pan Piper - 75011 Paris

A lire aussi dans le Jazz Club :

Jaimeo Brown : le melting-pot musical de Work Songs

Lucy Dixon : une femme de swing et de pep’s

Lemar : le cachet soul et vintage de "The Letter"

Sly Johnson : The Mic Buddah Lp, la pépite HipSoul

 

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