Par Emmanuelle de Boysson - BSCNEWS.FR / La rentrée se prépare en fanfare et s’annonce de qualité. Un premier roman poignant sort déjà du lot, celui d’Alexandre Seurat. Inspiré par un fait divers, il retrace la vie d’une enfant martyrisée (« La maladroite », Rouergue, “La brune”). Bernard Chambaz propose un livre sur Poutine (« Vladimir Vladimirovitch », Flammarion), Simon Liberati, sur Eva Ionesco (« Eva », Stock) et Atiq Rahimi sur son parcours d’exilé, de l’Afghanistan à la France en passant par l’Inde (« La ballade du calame », L’iconoclaste). Jean-Pierre Montal, le cofondateur des éditions Rue Fromentin publie chez Pierre-Guillaume de Roux « Les années Foch », un premier roman aux accents autobiographiques.


Le 15 juin, le manuscrit, « Les Fleurs du mal - Épreuves corrigées de Charles Baudelaire » paraît aux Editions des Saints Pères. Un document exceptionnel sur les coulisses de l’écriture poétique… Charles Baudelaire est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands poètes du XIXe siècle. Les Fleurs du mal est l’œuvre de sa vie. Il est publié le 25 juin 1857 chez Poulet-Malassis et de Broise. C’est une consécration pour le poète qui, comme en témoignent ses contemporains, aurait terminé la composition de la majeure partie de son sulfureux recueil au début des années 1850. Avant de donner son « bon à tirer » définitif, Baudelaire retravaille plusieurs fois son recueil. Il rectifie, se reprend, rature, sollicite l’avis de son éditeur jusqu’à l’épuisement. Dans ce document manuscrit inédit, Baudelaire nous apparaît comme un Sisyphe de l’écriture, abandonnant douloureusement l’œuvre de sa vie et cherchant, dans les incessants remaniements de son texte, une forme de perfection esthétique. En 1887, Auguste Rodin, dont on apparaît l’attachement à la poésie de Baudelaire, décide d’illustrer son propre exemplaire des Fleurs du mal. Ce sont ces dessins méconnus, à l’encre ou à la gouache, que les Editions des Saints Pères ont décidé d’insérer dans le volume, afin de l’illustrer et d’en faire un objet unique.
 

Dominique Guiou, ancien rédacteur en chef du Figaro littéraire,  vient de créer une petite maison d’édition, « Les nouvelles lectures » qui va permettre d’éditer en format exclusivement numérique les textes que voudront bien lui confier quelques amis écrivains et journalistes, ainsi que des auteurs débutants qui voudront profiter du tremplin que peut leur offrir l’édition numérique de leurs livres. Il précise : « J’envisage aussi d’éditer des textes du domaine public auxquels je voudrais donner une nouvelle vie, ou de rééditer des textes oubliés d’auteurs vivants (ou disparus, mais pas encore dans le domaine public).L’un des premiers textes que j’édite est une nouvelle de Jean Giraudoux, « La Grande Bourgeoise », quasiment introuvable. Je lance aussi une  collection livres très courts (l’équivalent de 15 à 20 feuillets, soit la longueur d’un article de revue) et très bon marché (2 euros)  qui sont des exercices d’admiration, des hommages d’écrivains à d’autres écrivains.  Le premier volume de la collection Duetto est un texte très personnel de Patrick Grainville sur Marguerite Duras. Je me lance dans l’aventure avec quelques amis, la plupart connus au Figaro. Je pense aussi que le numérique n’est pas une fin en soi, que des titres que j’édite peuvent être imprimés (livres, revues, journaux), qu’il peut y avoir des partenariats numérique / papier sur certains projets ». Chapeau !  
Pour l’heure, si on veut sortir et retrouver des copains, pas de souci : à Paris ou ailleurs il y a tous les jours un prix littéraire. Bientôt, il y aura plus de Prix Littéraires que de livres ! Parmi la ribambelle de prix, deux d’entre eux ont la bonne idée de couronner un roman qui n’a pas été suffisamment remarqué par la critique. Le Prix de l’Inaperçu récompense deux romans, récits ou recueils de nouvelles, l’un écrit en français, l’autre d’un auteur étranger publié en traduction, qui, en dépit de leurs qualités de style et/ou de fond, n’ont pas reçu l’accueil médiatique qu’ils méritaient lors des « rentrées littéraires » précédentes. Il est remis chaque année à la fin du printemps, depuis 2008. Il a été remis cette année à Michel Goussu  pour «Le poisson pourrit par la tête» (éditions Le Castor Astral) et à Lutz Seiler pour «Le Poids du temps» (traduit de l’allemand). Le Prix L’Île aux livres/La Petite Cour a été décerné au « Voyage d’Octavio » de Miguel Bonnefoy (Rivages) par 7 voix, contre 6 voix à « Je viens » d’Emmanuelle Bayamack-Tam, (P.O.L) qui obtient le Prix spécial du jury. Le Prix L’Île aux livres/La Petite Cour récompense un auteur dont le roman, aux yeux du jury, n’a pas reçu la reconnaissance publique ou critique méritée lors de sa publication. Les Prix ont été remis au salon L’Ile aux Livres qui a eu lieu à l’Ile de Ré les 7, 8 et 9 août. Après 9 mois de compétition durant lesquels 30 000 votes ont été récoltés, les lauréats de l’édition anniversaire du PRIX SNCF DU POLAR - le 1er Prix du Public en France qui fêtait cette année ses 15 ans - ont été démasqués : le gagnant est « Enfants de poussière » de Craig Johnson, publié par Gallmeister. En souvenir de Geneviève Moll, figure inoubliable de la télévision, le prix de la biographie qui porte son nom a été remis à  « Evariste », de François-Henri Désérable (Gallimard). Coup de coeur du jury : « La comtesse Greffulhe, l’ombre des Guermantes », de Laure Hillerin (Editions Flammarion). Quant au Prix Simone Veil, Marie Billedoux, Huguette de Broqueville, Cécilia Dutter, Christelle Gallé, Anaïs Jeanneret, Michèle Khan se sont réunies pour le donner à Tania de Montaigne pour « Noire  : la vie méconnue de Claudette Colvin » / Grasset. Prix Spécial du jury : Laure Hillerin pour «  La comtesse Greffulhe : L’ombre des Guermantes », une biographie de la muse de Marcel Proust (Flammarion). Le Prix Mairie du 8e arrondissement va à Natacha Henry pour « Les Sœurs Savantes : Marie Curie et Bronia Dluska, deux destins qui ont fait l’histoire » / Librairie Vuibert. Le prix Simone Veil a été remis par Maître Jean Veil à l’occasion du 7e salon des Femmes de Lettres, le 28 mai au Cercle National des Armées à Paris.
Un autre Rdv a eu lieu à Nancy du 25 au 27 juin 2015 où 24 auteurs de polar français ont investis la cité lacustre pendant 3 jours, en quête qui d’évasion, qui de frissons, qui de retrouvailles sur le scintillant lac haut-savoyard. Pour la 4e année, le très attendu festival Les Pontons Flingueurs a fait vibré les lecteurs avides de polars, leur faisant vivre une expérience unique au plus près de grands noms et de monstres sacrés de la littérature noire francophone : Patrick Raynal, René Fregni, Jean-Bernard Pouy, Jacques-André Bertrand, Serge Joncour, Jacques Dallest, Domonique Manotti, Philippe Jaenada, Jérôme Leroy, …pour ne citer qu’eux. Au programme ? Un salon du polar – une croisière littéraire – du cinéma – des débats – des tables rondes – de la musique – de la gastronomie, et toujours de la convivialité !
Les livres sont l’occasion de faire la fête, de se retrouver entre amis, autour d’une bonne table. Qu’on se le dise ! lieu en juin au restaurant La Petite Cour – 8 rue Mabillon – Paris 6e. Le prix a été remis à l’occasion du salon L’île aux Livres de l’Ile de Ré, les 8 et 9 août où il y avait de la littérature, et de vrais écrivains !

 

Lire aussi :

Le billet littéraire : de la littérature, s'il vous plaît !

Sophie Adriansen : une surdouée de la littérature

Les petits bonheurs de l'édition

 

 

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