Coco PerduPar Florence Gopikian Yeremian - Bscnews.fr/ Depuis que Fafa est partie, son mari semble avoir perdu le sens de l'orientation. Le voici errant dans les rues,  pensant à voix haute ou noyant son désespoir dans un verre de muscadet au bistro du village. C'est dans ce trou de province qu'il est venu s'enterrer vingt ans auparavant pour faire plaisir à Fafa... quand ils s'aimaient encore... quand elle l'aimait encore...A présent il se retrouve solitaire, vidé de son être, de son amour. Alors il sort de sa maison autant qu'il le peut car mieux vaut être ailleurs que de se retrouver seul à diner sur un coin de table. Mieux vaut s'entourer de bruit et de jolies serveuses pour éviter de trop penser, pour s’empêcher d'ouvrir les yeux sur la réalité, sa réalité: celle d'un homme abandonné par son épouse un samedi matin, celle d'un lâche qui voit partir sa femme sur un quai de gare sans même tenter de la retenir, celle d'un menteur enfin qui s'est voilé la face depuis tant d'années jusqu'à ce que Fafa l'abandonne. En revenant sur son passé, notre solitaire énumère inconsciemment chaque fait et geste de sa triste existence. Il découvre avec angoisse qu'il a laissé filer les jours, passif, oisif, adepte de la facilité et de la dissimulation. Jusqu'à présent, il a mené une petite vie, sectaire et craintive, cachant ses économies à sa propre femme et rythmant ses journées en feuilletant les pages de l'annuaire. Un quotidien insipide en somme où la méfiance s'est instaurée de façon obséquieuse jusqu'à céder sa place à un silence mortifère, comme c'est le cas pour de nombreux couples qui n'ont plus rien à se dire. A présent qu'elle l'a quitté, le voici guettant le facteur dans l'espoir de recevoir une lettre, toujours aussi résigné et léthargique face à son mauvais destin, incapable de réagir.  Engoncé comme un pantin dans un manteau trop grand, on a envie de le secouer, de lui dire d'arrêter de s'apitoyer sur son triste sort, mais personne ne peut venir en aide à un coco perdu dans ses propres mensonges. Dans un beau soliloque, Gilles Kneusé rend hommage au texte de Louis Guilloux et nous offre un questionnement sur le quotidien de chacun. De sa voix grave et posée, il tente de lever un pan sur une réalité que peu de gens osent affronter : quel est le sens de leur vie ? En grand conteur d'histoires, il dresse un triste bilan de son existence et nous fait comprendre que nous sommes les seuls maitres de la nôtre. Confesseurs et complices, on savoure en silence sa diction précise et ses yeux désabusés en se demandant si nous aussi nous ne serions pas en train de creuser notre propre tombeau…

Coco perdu
D'après le roman de Louis Guilloux
Mise en scène Thierry Lavat et Gilles Kneusé
Avec Gilles Kneusé

Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre Dame des Champs
75006 Paris

Jusqu'au 31 août 2013
Du mardi au samedi à 21h

Résa: 0145445734
www.lucernaire.fr

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