molièrePar Florence Gopikian Yérémian - Bscnews.fr / Disons-le d’office : les puristes et adorateurs du Grand Siècle risquent fort d’être offusqués !Cette mise en scène contemporaine du Médecin malgré lui offre, en effet, une première impression assez éloignée, voir même « décalée » de la farce classique : décor de poubelles, domestiques à l’accent latino, grand bourgeois chaussé de santiags …difficile de comprendre où est passée l’œuvre moliéresque dans ce capharnaüm incohérent !

Et pourtant, tous les personnages de la pièce sont bien là : ils ont seulement été transposés de la France du XVIIe siècle à l’Amérique des années 90. Avec ses converses scotchées et son T-shirt « I love Aristote », Sieur Sganarelle ressemble à présent à un toxico, sa femme Martine est devenue une fagoteuse étrangement fagotée qui parade en bas résilles, la jeune Lucinde exhibe nonchalamment son string rose fluo tandis que son chéri, Léandre, joue les abrutis zozoteurs. Impossible, diriez-vous, d’adhérer à une telle mutation théâtrale ? Et pourtant : on adhère, on adore même ! Les comédiens poussent le bouchon tellement loin que l’on rit haut et fort de la farce. Il y a bien certains spectateurs qui peuvent avoir un brin de culpabilité à l’égard de Maître Poquelin, mais emportés par la démesure de cette parodie ils finissent eux-mêmes par oublier que c’est une pièce de Molière ! L’intrigue doit être la seule chose à demeurer identique avec l’œuvre initiale : Martine, cherche à se venger de son mari Sganarelle qui ne cesse de la battre. Elle fait donc passer son pendard pour un grand médecin auprès d’un bourgeois crédule voulant sauver sa pauvre fille. Autres temps, autres mœurs : Sganarelle est devenu chirurgien, l’apothicaire s’est transformé en pharmacien à perruque, la demeure bourgeoise de Géronte a cédé la place à une kitchissime villa de Bel Air et les gourdins se sont mutés en tasers électriques ! Au fil des actes et des intermèdes musicaux (Yo, man !) qui se succèdent à grande vitesse, on devient accroc à Augustin de Monts qui incarne un époustouflant Sganarelle tout droit sorti des bas-fonds de Los Angeles : paranoïaque et halluciné, il se shoote aux inhalateurs, ingurgite des tonnes de cachets et prescrit à tout-va du Matrimonium en pilule. Nerveux et démentiel, il brandit son stéthoscope en guise de pendule, parodie à ravir la bêtise du corps médical et emporte dans sa folie non seulement la troupe de comédiens mais aussi le public ! Si l’on fait abstraction de la prose moliéresque déclamée (massacrée ??) avec un horrible accent hispanique, on ne peut que tomber sous le charme de ce « Medico malgré Loui » complètement givré. Il faut simplement se dire que c’est une autre pièce tout aussi pertinente dans sa satire de la crédulité. Si, si, croyez-nous justement : Muy bien el Medico!

Le médecin malgré lui - Los Angeles 1990
Texte de Molière
Mise en scène d’Aurélien Rondeau et Quentin Paulhiac

Avec Augustin de Monts, Florent Chesne, Sophie Staub, Amandine Gaymard, Aurélien Rondeau, Hugo Horsin, Sébastien Faglain, Michael Cohen, Lydia Besson et Jérome Rodriguez.

Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre Dame des Champs
75006 Paris
Résa : 01 45 44 57 34

Jusqu’au 24 août 2013
Du mardi au samedi à 18h30

 

"Le médecin malgré lui" revient au Lucernaire jusqu'au 10 janvier 2016

Du mardi au samedi à 18h30

Le Dimanche à 16h

 

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