WishPar Florence Gopikian Yérémian - Bscnews.fr/ Claudia est une commerciale des temps modernes. Elégante, le cheveu court, la silhouette fine, la voici tirée à quatre épingles dans son tailleur cintré, prête à négocier avec M. Désembruns, le PDG d’une grande firme française afin de le convaincre d’investir dans la vente des produits qu’elle représente : les sacs WISH. En bonne élève, naïve mais  besogneuse, Claudia va se démener pour mettre en avant tous les avantages de sa marque : beauté de la ligne, prix de vente, bénéfice…Elle qui pense avoir tous les arguments en main pour lever le contrat, se retrouve soudain face à un homme qui lui parle d’éthique et d’humanité au dépend du profit ! Comment ce PDG richissime à la cravate fushia ose-t-il remettre en question le « Made in France » et l’intégrité de la société Wish ? Comment ce nanti embaumé dans son costume trois-pièces peut-il l’accuser, elle, la pro de la vente, de vouloir vendre son âme à bon marché dans tous les magasins du continent ? Pas démunie pour deux sous, la belle Claudia repart à l’attaque de ce nabab moralisateur avec toute l’arrogance et l’inconscience de sa jeunesse. La négociation commerciale passera du  dialogue courtois à la rixe sociale pour se terminer dans une chute finale des plus amusantes.

Bien que la mise en scène soit originale et axée sur plusieurs questions d’actualité, cette nouvelle création semble ne pas être suffisamment construite. Le message est, en effet,  difficile à capter et manque de persiflage pour une réelle comédie : si la pièce se propose comme un bilan ironique de la surconsommation contemporaine et le manque de conscience de la société, il n’est pas assez incisif. Si par contre, elle se considère comme une farce moralisatrice, les dialogues manquent alors de rebonds, de jeux de mots autour de l’envie, de séduction charnelle aussi entre le PDG et la jeune commerciale.Trop d’arguments sont déclinés au fil des dialogues sans réelle cohérence : la critique des médias, le travail « made in China », la dérive de la jeunesse, les dommages de la grande distribution et pour finir la crise, l’éternelle crise que tout le monde brandit comme responsable des maux de notre société. Malgré quelques bonnes saillies (« la raison d’avoir a dépassé la raison d’être »), le discours de Wish demeure une réflexion plate et inachevée qui n’est pas assez portée par le personnage de Claudia : oscillant entre la force et la fragilité, la comédienne Marion Servole n’est pas assez belliqueuse pour convaincre un PDG, ni assez naïve pour l’embobiner avec l’innocence de ses charmes. S’exprimant comme un automate, elle manque de naturel mais a un potentiel scénique qui devrait se roder au fil des représentations. Son interlocuteur, Benoît di Marco maitrise avec plus d’aisance le rôle de l’usurpateur excentrique : moqueur et grinçant, il nous offre un jeu souple, n’a pas peur de l’autodérision et passe du dandy cravaté au sportif du dimanche avec décontraction. Wish ? Une pièce qui devrait prendre de la patine au fil du temps. C’est en tout cas notre « wish », oups… notre « souhait ».
  
Wish
Mise en scène : Régis Ivanov
Avec Marion Servole et Benoît di Marco
   
Théâtre Les déchargeurs
3, rue des déchargeurs
75001 Paris – M° Chatelet
 Résa : 01 42 36 00 50
 www.lesdechargeurs.fr
   
 Du 11 juillet au 31 Aout 2013
 21h30 – Du jeudi au samedi

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