Par Eddie Williamson - BSCNEWS.FR / J’avais adoré leur précédent disque, LP, sorti il y a déjà 3 ans et qui leur avait valu une nomination au Prix Polaris. Ils sont de nouveau nominés cette année, et les Canadiens ont véritablement bon goût car ce disque est l’un des rares à illuminer complètement mon premier semestre 2010. Holy Fuck est un groupe d’électronica instrumental, avec deux batteurs, et leur processus créatif repose essentiellement sur l’improvisation. Concrètement, ils envoient de la bûchette post-rock avec des soupçons d’électronica qui dérivent quasi-invariablement vers un raffut à s’en déchirer l’épine dorsale à force de secouer la tête et tous les organes qui ne sont pas paralysés par les déflagrations sonores des Canadiens.

Dit comme ça c’est pas très attirant j’en conviens, mais le talent de ces mecs est de dépasser toute notion de genre et d’entraîner l’auditrice dans un ahurissant vortex d’expérimentations sonores sensationnelles. J’crois que c’est au milieu de “SHT MTN” que j’ai eu l’impression de perdre pied la première fois que j’ai écouté Latin, alors que j’étais tranquillement allongée dans mon lit. C’est une sensation très bizarre. Il y a des musiques qui donnent envie de s’imaginer tout un décor, comme la folk des Fleet Foxes ‘voyez, vous imaginez des paysages champêtres et ce genre de conneries. La musique de Holy Fuck ne convoque pas vraiment l’imagination chez moi. On la ressent plus qu’elle nous imprègne, si vous voyez ce que je veux dire.
Depuis 2007 et LP, le groupe s’est solidifié autour d’un line-up à peu près stable autour des fondateurs Brian Borcherdt et Graham Walsh. Conséquence directe de cette évolution, le son du groupe paraît encore plus intransigeant et la basse trouve une place de choix dans la plupart des morceaux, comme sur “Red Lights” qui ouvre véritablement le disque après l’impressionnant “1MD” qui pour le coup appelle chez moi pléthore de métaphores bizarres dont je vous épargnerai la lecture. “Red Lights”, sa ligne de basse funky, un air de disco apocalyptique suivi par “Latin America”, le single, sa petite ligne de piano, son psychédélisme, ses ruptures rythmiques idéalement bien placées, sa montée en puissance…

Les choses sérieuses commencent véritablement avec “Silva & Grimes” où j’retrouve les Holy Fuck de LP, encore meilleurs, encore plus précis, plus dingues, plus géniaux que jamais. C’est là aussi que j’me rends compte que le groupe a réussi à se créer une identité sonore particulière, avec ses générateurs de bruits électro et ses deux batteries qui vous martèlent les tympans sans pitié. “Stilettos” est ce qui se rapproche le plus de la dance-music, pas de la techno bête et méchante, mais de l’électro agressive et diablement excitante. “P.I.G.S.” est le morceau le plus épique du lot, difficile d’en sortir indemne, personnellement je lâche des “putain c’est bon” à chaque moment que nous laisse le groupe pour respirer quelques secondes. Soit 2 fois.

Latin est pour moi le meilleur album du groupe, d’abord parce tous les morceaux sans exception sont excellents, ensuite parce que le groupe continue sur la lancée des deux précédents disques en peaufinant un style qui leur est propre, sans tomber dans des choses inaccessibles, une sorte d’art-électro qui aurait desservi leur cause qui est, depuis le début, de faire vibrer les corps et danser les foules. Mission accomplie, et j’attends le prochain avec impatience.

Sorti le 11 mai 2010 chez XL Recordings
http://www.myspace.com/holyfuck

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