Ty Segall Par Eddie Williamson - Bscnews.fr / Ty Segall. Nan, d’abord : San Francisco. Il y a là-bas une scène musicale hyper-active dont les têtes d’affiche sont Ty, The Fresh & Onlys, Thee Oh Sees, Sic Alps pour ne citer qu’eux. Les trois sont d’ailleurs très potes, des membres de deux derniers apparaissant sur Melted, et le premier album de Segall était sorti sur Castle Face, le label de Jon Dwyer de Thee Oh Sees. Mais Ty Segall est mon préféré, vous avez déjà pu vous en rendre compte. Il a sorti sept disques l’année dernière, sur à peu près autant de labels différents, et sans compte ses side-projects. Autant vous dire que le mec est prolifique.

Vous m’avez entendue jacter à tout bout de champ sur le mouvement lo-fi. Et bien voilà la cerise, la crème et la pièce montée toute entière. Là où 98% des groupes se contentent de faire du bruit, Ty Segall fait montre d’une grande créativité et d’une culture musicale à tomber par terre. Vous avez forcément lu quelque part qu’avec Internet les jeunes avaient une plus grande culture musicale. J’en suis la preuve en quelque sorte, mais ce Californien a vraisemblablement avalé tout ce qui s’est enregistré pendant les années 1960 et réussit à créer à partir de là un son complètement moderne, à tel point qu’il est très facile d’oublier ses références tant il les met en charpie, les remodèle, les jette par la fenêtre, leur roule dessus, les récupère, les fout dans une centrifugeuse et recrache tout ça dans une production lo-fi et psychédélique, avec des paroles à base de Coca-Cola, de filles et de drogues.

Sur Melted, Ty Segall met les freins, ralentit le rythme, sans que sa musique perde en puissance. En trente minutes chrono, il nous claque onze morceaux de grande tenue. Allez, neuf, parce que “Mrs.” ne décolle jamais et que “Bees” fait un peu tache, avec ses paroles un peu nazes à propos des drogues. À la limite, chantée par Iggy Pop ç’aurait pu avoir un peu plus de la gueule, mais là, non. Melted est un album moins explosif que Lemons qui était rempli de bonnes grosses rafales électriques à la limite de la caricature rock (c’est un compliment).
Tout ça commence sur “Finger” où on se croirait dans une des ballades à la The Vines pendant une minute quand la machine Segall se met en route. Il m’a fallu un temps d’adaptation pour comprendre que la frénésie avait laissé place en fidélité, en songwriting, en clarté des lignes de guitare, et osons : en maturité. Sur “Caesar”, le meilleur morceau du disque, il fait péter le solo de piano, la flûte traversière à la Taj Mahal, laissant tomber au passage la guitare électrique…

“Sad Fuzz” me fait carrément penser à du Lennon. John Lennon, quoi, putain ! Mélodies presque impeccables, des choeurs addictifs, une production un peu plus claire que d’habitude (tout en restant pourrie, c’est du lo-fi, hein, ça fuzze et se distord dans tous les sens). La chanson-titre est é-norme, très pop malgré ses riffs apocalyptiques, mais j’imagine très bien les fans de la première heure être franchement contrariés par ces morceaux qui n’accélèrent finalement jamais, ne finissent pas dans un déluge de décibels à faire tourner le lait à toutes les vaches de la planète.

“Imaginary Person” rappelle directement le dernier album de Jay Reatard (que j’ai eu du mal à ne pas citer plus tôt). Et blam “Sunshine” est un autre titre au riff contagieux : voilà comment devrait sonner du punk-pop, et pas autrement ! Dieu que ce morceau est bon. “Alone” donne l’impression d’être un peu saoûle et un peu high en même temps, et puis le petit solo de guitare réveille jusqu’à l’accélération finale qui clôt magistralement l’album, avec un Ty Segall qui donne l’impression de s’étouffer dans son vomi. C’est beau. À noter que Ty Segall devrait bientôt sortir un vrai album folk chez Social Music Records, ça devrait être intéressant.

Sorti en mai 2010 chez Goner Records
3 extraits en écoute chez moi : http://lechoix.tk/h

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