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Le monologue intérieur de Laure Tardieu

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Par Mélina Hoffmann - BSCNEWS.FR / Il est des sentiments, des sensations, des passions contre lesquels le temps ne peut rien. Des moments évanouis dans un passé lointain, capables de renaître avec la même intensité qu’autrefois, comme s’ils n’avaient jamais cessé de nous hanter.

« Je vais revoir l’homme qui m’a désarmée toute une nuit, celui que j’aurais suivi à l’aube jusqu’au bout du monde, jusqu’au bout du temps. Très simplement je me serais levée et je l’aurais suivi, le reste se serait annulé, d’un coup, comme enseveli sous la neige. »
Qu’il s’agisse de substances psychotropes, de nourriture, de sport, de jeux, de sexe…, les dépendances sont toujours la manifestation  d’une douleur profonde - consciente ou inconsciente.
Un homme dont elle ne sait rien. Une nuit, sans lendemain. Une vie bouleversée à jamais.
Six années ont passé. Un temps fou. Six années de silence, d’absence, d’un vide qui l’avait longtemps rongée de l’intérieur. Pourtant, à l’autre bout du fil, la voix de cet homme qu’elle croyait avoir cessé d’attendre. Dans sa tête, les souvenirs se bousculent, les images qu’elle avait voulu oublier pour ne plus souffrir défilent à nouveau devant ses yeux. Elle pensait avoir oublié, mais les souvenirs ne meurent jamais.
Des souvenirs dont elle ne sait que faire. Elle se demande ce qu’a été sa vie à lui, s’il a pensé à elle, pourquoi il a disparu sans jamais chercher à la revoir… Le passé redevient présent et la peur de se heurter à une réalité différente l’envahit.
« J’ai peur de vous revoir. Peut-être aurait-il mieux valu en rester là, comme nous l’avons fait depuis six ans, conformément à je ne sais quel accord tacite passé entre nous : ne pas nous revoir, jamais, garder au creux de nous cette longue nuit irréelle comme un secret qui n’appartient qu’à nous. […]J’ai peur de vous revoir, mais comme j’en suis heureuse. »
Pourquoi souhaite-t-il la revoir ? Pourquoi maintenant ? Est-il vraiment l’homme dont elle a rêvé toutes ces années ? Est-il possible de remonter le temps pour réécrire l’avenir ?
Dans un style percutant, Laurence Tardieu nous raconte l’histoire d’une femme mariée - maman d’une petite fille -, et d’un homme dont elle ignore tout, mais qu’elle désire plus qu’aucun autre.
Une écriture profonde, intense, bouleversante dans laquelle on s’immerge complètement, au plus près du désir et des sentiments les plus contradictoires qui l’accompagnent. Bien plus que le récit d’une passion dévorante et obsédante, il s’agit là d’une véritable introspection. Une sorte de monologue intérieur.
Un style qu’on aime ou qu’on déteste. Mais on ne peut que reconnaître la qualité de la plume de Laurence Tardieu, capable d’exprimer les sentiments les plus forts et les plus ravageurs avec la plus grande douceur et une sensibilité touchante. Pour ma part, un très très bon moment de lecture, de passion, et de réflexion.

Un temps fou
Laurence Tardieu
Editions Le livre de poche

Rentrée littéraire : Stéphanie Hochet et son diamant noir

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Par Harold Cobert - BSCNEWS.FR / Avec son précédent roman, Combat de l’amour et de la faim (Prix Lilas 2009), Stéphanie Hochet signe ici son 7e ouvrage et sans doute son plus abouti, son plus ambitieux. Pourtant, si l’on se contente de résumer l’histoire, rien de fantastiquement original et de formidablement extravagant :
Pasquale Villano est un réfugié italien qui a quitté son pays, poussé par son dégoût de la politique berlusconienne. Il pense trouver refuge à Lyon où il rencontre Anna, une jeune professeur de musique dont il tombe amoureux. Il n’est pas le seul à succomber au charme de la jeune femme. Aurèle, 14 ans, suit les cours d’Anna Lussing et développe pour sa professeur une passion obsessionnelle et dévorante. L’adolescente passe la majeure partie de son temps libre avec son demi-frère Jérôme, attardé mental. Aurèle entraine Jérôme dans sa fascination pour Anna et décide de lutter à mort contre celui qu’elle perçoit comme un rival.
Et pourtant, le roman de Stéphanie Hochet est un diamant noir, féroce, diablement original et dérangeant. La tonalité et la chromatie de cette Distribution des lumières sont éminemment dostoïevskiennes. Pas de sentiments gris ou termes, mais tranchés et basculant sans cesse entre deux extrêmes, tel un funambule avant la chute inévitable et meurtrière. Cela n’exclut cependant pas le sens de la nuance, car, dans ce roman polyphonique, Stéphanie Hochet multiplie les points de vue comme on multiplie les sources de lumière ce qui, loin de faire reculer ou disparaître les ombres, ne fait que les multiplier, à l’infini.
Ce roman est comme un mille feuilles, composé de couches extraordinairement fines qui donnent lieu à autant de niveaux de lecture. Ce n’est pas un livre dont on peut parler tout de suite après en avoir tourné la dernière page. Il faut laisser passer un peu de temps, il faut laisser le texte infuser en vous comme un thé noir et puissant. Du grand art.


Comment est née l’idée de ce livre ?
Comme souvent, ce sont les personnages que j’ai en tête qui me donnent envie de leur créer un destin. Je souhaitais parler de ce personnage complexe qu’est Pasquale Villano, cet homme délicat et cultivé qui sent qu’il ne peut plus résister à la médiocrité qu’il rencontre dans son pays et qui veut s’échapper. C’est un idéaliste atteint d’une sorte d’atonie, un être civilisé qui ressemble à ces intellectuels italiens d’aujourd’hui qui perçoivent le malaise qu’il y a à dans une société qui a perdu son âme et qui ne trouve pas les moyens d’entrer en rébellion. Il me semblait intéressant (dans un sens fictionnel) de le confronter à son contraire : à des personnages qui ne reconnaissent aucune loi, des sortes de sauvageons (Aurèle et Jérôme). La rencontre entre ces personnages constitue une friction qui est une réalité contemporaine. L’enjeu entre ces personnages, c’est l’amour d’une personne dont ils sont tous amoureux, la pure Anna Lussing, qui devient de fait l’objet des uns et des autres.

Quel était votre projet littéraire lorsque vous avez commencé à écrire ce roman ?
La cooptation de ce qui est civilisé par ce qui ne l’est pas. Je voulais que ce livre soit un projet à la fois politique, physique et métaphysique (tout simplement…). La politique est la toile de fond – elle est la raison qui pousse Pasquale à fuir mais il faut aussi la voir dans la décadence sociale et morale de la banlieue que j’appelle Mortissieux dans le roman -, la sensualité est le langage du texte - tous les personnages y pensent et la vivent – quant à la métaphysique, elle est l’élément implicite du texte, l’ombre d’où cette histoire émerge.
Le texte réunit ces éléments comme il réunit les trois voix, les trois langues des personnages, ces trois styles de langages qui pourraient se contredire s’unissent en un thème : l’amour pour celle qui n’a pas la parole, comme un contrepoint en musique.

Au-delà du thème de la cruauté de l’adolescence, quatre autres thèmes sous-tendent votre récit : la métaphysique, la morale, la politique et la décadence. Quels liens faites-vous entre ces quatre thèmes ?
Ils sont forcément liés les uns aux autres. Idéalement, la politique devrait être une école de morale. Mais on voit que c’est loin d’être le cas, l’exemple du livre c’est la misère sociale que les dizaines d’années de berlusconisme ont contribué à créer en Italie, on pourrait prendre d’autres exemples, y compris en France…La question de la morale dans la vie d’Aurèle, et de Jérôme est la grande absente. Pour Jérôme qui  n’a pas tous ses moyens mentaux, c’est par incapacité intellectuelle, quant à Aurèle, son amoralité affirmée est le fruit de l’éducation que l’adolescente se donne à elle-même, j’ai vu ce personnage comme une Mouchette moderne (le personnage fétiche de Bernanos). La métaphysique est dans ce livre une question de distance entre le sujet et l’objet. Entre le soi et l’autre qui est l’au-delà de soi. La distribution des lumières est le récit convulsif de la quête de la personne aimée qui n’a pas voix au chapitre, car paradoxalement, elle est le point focal dans l’ombre. Tous les personnages de ce roman sont prisonniers d’une obscurité et cherchent à fuir : pour Aurèle c’est son environnement, son inexpérience de la vie, pour Jérôme c’est son incompréhension du monde, pour Pasquale c’est l’absurdité dans laquelle nous sommes réduits à vivre, la déchéance d’une civilisation, le monde de la xénophobie. Tous cherchent la lumière et la voient chez Anna. 


Tout en multipliant les points de vue, votre roman multiplie également un réseau de références littéraires, notamment Dostoïevski et Nabokov. Quelles sont vos influences et comment vous en affranchissez-vous pour, au final, aboutir à une œuvre qui vous est propre et singulière ?
Dostoïevski et Nabokov évidemment, d’ailleurs, comme hommage à ce dernier, je me livre dans La distribution des lumières à un pastiche de l’incipit de Lolita, mais comme le lecteur le remarquera ensuite, j’inverse la thématique de Nabokov puisque la voix qui articule cette ode au nom Anna n’est pas un adulte mais une jeune fille, c’est l’inversion des rôles. En littérature, on ne grandit qu’à l’aide des grands. Régulièrement, je me plonge dans Faulkner, Balzac, Chessex, Oates… J’y puise l’émulation nécessaire et l’envie de continuer, j’aime l’énergie des personnages de Oates, la poésie de Chessex, la vision terrible des perversités humaines chez Balzac, la complexité œdipienne des intrigues de Faulkner. Chez Dostoïevski, je retrouve les convulsions morales et cette rage cauchemardesque qui rappelle les tableaux de Bacon, il m’est arrivé de passer des nuits de torture psychologique comme certains de ses personnages. Une fois qu’on écrit, ces grands-là sont dans votre subconscient, mais ils y sont digérés, et livres après livres c’est sa propre voix qu’on entend.


Depuis vos deux derniers romans, et tout particulièrement depuis le précédent, Combat de l’amour et de la faim (Prix Lilas 2009), la métaphysique est de plus en plus saillante et présente dans vos écrits. Quels rapports entretenez-vous avec cette problématique ?

Je suis une croyante sans Dieu, et sans religion. Je me sens désarmée devant les grandes questions existentielles. J’aime les personnages de Bernanos pour cette raison : je trouve chez ces prêtres et ces enfants pauvres quelque chose qui fait écho en moi et que je ne parviens (et ne veux) pas théoriser. C’est la fragilité humaine qui m’interpelle, et le désarroi tremblant des humbles qui interrogent le vide. Cette métaphysique-là est à l’opposé des concepts.

La distribution des lumières est votre 7e roman. De livre en livre, vous semblez creuser et approfondir un sillon particulier. Comment le définiriez-vous ?
Il me semble que mon évolution va à la fois vers plus d’ambition dans les projets d’écriture et plus de modestie (je n’avais jamais parlé de  personnages aussi démunis que Jérôme). Je crois que j’ai donné à ces deux derniers romans : Combat de l’amour et de la faim et La distribution des lumières un souffle différent des précédents, un relief que m’a permis de réaliser l’immersion dans des terres étrangères comme le sud des États-Unis pour l’un et l’Italie pour l’autre.

Que diriez-vous aux lecteurs du BSC News pour leur donner envie de lire votre roman ?
Si ce livre avait une forme géométrique, ce serait le triangle. Et devinez qui serait au centre, la véritable victime ? Peut-être pas le personnage auquel vous pensez.

Photo : Arnaud Février/ Flammarion

Un été de toutes les lectures d'Emmanuelle de Boysson

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Par Emmanuelle De Boysson - BSCNEWS.FR / Les sables du Jubaland, de Yann Queffélec, (éd Plon, 20 E). Queffélec l’admirable a toujours aimé les aventuriers, les pirates. Sa plume l’emporte en Somalie où, depuis le passage du tsunami en 2004, une bande de jeunes livrés à eux-mêmes vit sur une plage du Jubaland. Raf et Zou, frères ennemis, sont chefs de clans rivaux. Ils aiment Tiana, l’infirmière qui voudrait accoucher en France. Pour elle, Zou s’apprête à aborder un des cargos européens qui vident de leurs les poissons les eaux territoriales. Mais où trouver six cents dollars pour le passeur ? Un grand roman sur les oubliés où Queffélec dénonce le néocolonialisme rampant. Une histoire d’amour tendre et impossible illumine ce thriller qui vous tient en haleine.


Ah si j’étais goy ! de Catherine Fuhg, (éd. Plon, 18, 50 E).
 Elevée à la sauce gaucho, trois fois divorcée, fumeuse et farouchement mécréante, Déborah n’est pas kasher pour un sou. Elle allume la lumière pendant Shabbat, mange du porc, se rebaptise Véronique. Un beau matin, ses quatre enfants se liguent pour imposer Kippour à celle qui ne pardonne rien. Panique à bord. Conseils de famille pour savoir si on s’enfilera des côtelettes à dîner, invention d’une «mère Hanouka» à la place du père Noël, Débo-Véro découvre qu’échapper à son identité, c’est mission impossible. Ces tribulations d’une mère juive survoltée sont une merveille de tendresse, de drôlerie, de naturel et feraient un téléfilm plus croustillant qu’un strudel.

Fruits & légumes, d’Anthony Palou
, éd. Albin Michel, 14 E.
Dix ans après Camille (Prix Décembre 2000), Anthony Palou publie Fruits et légumes, un roman poétique, tendre et triste à la fois, où il évoque par touches impressionnistes ses souvenirs d’enfance. Son grand-père, Antonio Pablo Luna Coll, un Espagnol de Majorque, 1, 83 mètre, 85 kilos, a déserté son île pour la France, en 1936, en pleine guerre civile. (Il a fait son service militaire sous les ordres de Franco qu’on appelait « Guignol »). Il monte à Quimper « il ne pouvait pas, suivant la carte, aller plus loin ». Il épouse une bretonne. « Elle bretonnait dans le vent, il catalanisait dans le vide ». Grâce à sa sope mallorquine, il se fait un nom aux halles de Quimper et devient « une sorte de légende locale, un héros exotique ». Au milieu des années 1960, son fils s’installe à ses côtés et ouvre sa petite entreprise de fruits et légumes. « Mon père eut préféré faire autre chose, mais quoi ? Il aimait les chevaux ». L’incendie des Halles et la déferlante des hyper marchés entraîne la faillite de ce petit commerce et l’arrivée des huissiers : Yves Jégoult (son fils s’est défenestré) et Robert Quintin (moustache affûtée). Le narrateur, alors petit garçon, ouvre la porte à Quintin « C’est à quel sujet ? », dit-il « pauvrement théâtral ». Une question élégante qui fait sourire et vous tord le ventre. Elle est à l’image de cette tragicomédie, condensé d’ironie, de réalisme, de drôlerie et d’émotion où les souvenirs en miettes ressemblent à des cartes postales. Palou ressuscite par les odeurs et les couleurs l’Espagne sans touristes ni constructions : « celle de la terre battue, des ânes, des Vespas, des tricycles à moteur… ». Il évoque la vie des anciennes Halles de Quimper, croque les petites gens avec la verve d’un Pagnol : les vieilles bretonnes, Marcel Le Corre, un mareyeur du Guilvinec dont « la grande gueule attirait le chaland » ou Jean-Pierre Le Guern, le charcutier « aux oreilles si décollées qu’on aurait cru qu’elles allaient tomber comme des feuilles d’artichaud trop cuit ». A la fin, les souvenirs disparaissent comme les couleurs du tableau du narrateur, peintre en bâtiment, s’effacent sous la bruine. « L’idée du tableau m’est venue en pensant aux Ménines de Diego Vélasquez, explique Anthony Palou. Il y a un tableau dans le tableau du couple royal de Vélasquez. Au fond, on reconnaît l’artiste. J’ai voulu introduire les regards de mon père et de mon grand-père dans la scène du tableau en noir et blanc, comme la toile de Picasso, Guernica, faite à partir d’une photo ». Proche de Perec, de Faulkner et de Joyce qui parlent aussi des petites gens, Palou est surtout l’héritier de Tchekhov pour sa bonté, sa simplicité : « Ce que j’aime chez lui, c’est la magie : il s’est inspiré de Lewis Carroll. La littérature, c’est sortir un lapin d’un chapeau ».

Rentrée littéraire : Une entrevue incontournable

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Par Nicolas Vidal - BSCNEWS.FR/ L'Entrevue de Saint-Cloud sera à ne pas en douter l'un des livres incontournables de cette rentrée littéraire 2010. Harold Cobert nous propose ici un ouvrage à la croisée des chemins, de ceux que seule la littérature peut nous inciter à prendre. Il nous propose un roman passionnant situé au coeur de l'Ancien Régime. La rencontre clandestine entre Marie-Antoinette, symbole de la Monarchie, et Mirabeau, tribun et figure de la révolution qui scellera bien des destinées. Mirabeau, fin stratège politique sait que sa stature repose sur la façon dont il parviendra à convaincre la Reine de sauver la Monarchie. Mais l'affaire est bien plus compliquée qu'elle n'y paraît. La complexité des rapports entre Mirabeau et la Reine est un modèle d'intrigues, de passion, de frustration et de rancoeur qui cristallise tout l'enjeu de cette période aussi trouble que passionnante. On se laisse porter par le texte, tout en essayant de saisir, tour à tour, la pertinence et les réactions des deux personnages. Sa construction talentueuse nous fait passer de lecteur à une sorte d'observateur secret qui entend distinctement les chuchotements et les respirations du texte. Ce livre est une fenêtre habilement ouverte sur une période de l'Histoire qui, finalement, n'est pas si éloignée de la notre.

L'Entrevue de Saint Cloud est déjà un succès tant l'histoire est à la mesure de son écriture, brillante, incisive et étrangement moderne. Il est pour moi un incontournable du tsunami littéraire qui s'annonce déjà avec de 700 titres à paraître dont ils seront nombreux à ressasser la formule magique de la narration du " J'ai froid, j'ai peur ". L'Entrevue de Saint-Cloud devrait rester sans difficulté sur le haut de la vague car il est différent, audacieux et incontournable.

Lire l'interview d'Harold Cobert chez mandor.fr >>>

A paraître le 26 août aux Editions Héloïse d'Ormesson - 15 euros.

 

Série Z : Cinéma et Humour sous la plume d'un Sétois

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Série ZPar Nicolas Bodou - Bscnews.fr / Félix Zac est un cinéphile, mais un cinéphile particulier. Il voue une passion pour les films mal fichus, mal joués, fauchés, bref les séries z : du film français introuvable mettant en scène un Paul Préboist en grande forme aux oeuvres italiennes où des monstres en plastique cherchent des femmes aux formes généreuses pour parvenir à des situations cinématographiquement (ainsi que moralement) inexplicables. En fait, Félix en est fou.
Il vit aux crochets de Sophie, sa compagne (qui aime le café bio équitable avec des vrais morceaux de tiers-monde dedans), qui, en plus d’être exaspérée par la passion un peu spéciale de son compagnon, s’inquiète pour sa santé mentale.
Mais Félix écrit des scénarios. Un beau jour, il est contacté par un mystérieux producteur de cinéma de Rungis, qui est également le roi de la charcuterie.
Son scénario, l’hospice de l’angoisse, a attiré l’attention de ce dernier, mais les problèmes vont commencer lorsque ce thriller palpitant va mystérieusement rejoindre la réalité et perturber la vie déjà bien agitée de Félix, de Sophie et de leur chat Krasucki.
Trois cents pages de délirante littérature alliant dialogues très drôles et situations totalement loufoques.
On pourrait même dire d’une façon assez familière et très peu littéraire que ce roman et poilant, vraiment poilant.
Le petit monde de J.M Erre est peuplé de gens drôles ; les inspecteurs Galachu père et fils, menant leur enquête à l’aide de carnets de notes se situant entre San Antonio et les perles du Bac. D’anciens acteurs pornos se remémorant avec une nostalgie lubrique leur agilité d’autrefois. On croise même un prêtre apocalyptique intermittent du spectacle.
J.M Erre nous emmène dans son univers décalé et nous offre un troisième âge en folie.
Une histoire très drôle où tout peut arriver, foisonnant de références cinématographiques bien sûr, mais les plus folles, qui font de Série Z  un roman très original qui vous emportera loin dans son univers pas tout à fait normal et c’est tant mieux.Et bien sûr une pensée à M. Hubert C de Knokke-le-Zout, pour sa détermination littéraire et son abnégation.

Titre: Série Z

Auteur:  J.M Erre.

Editions : Buchet-Chastel

365 pages

Prix : 20 euros.

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