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Les Polars

Des meurtres en toute bonne conscience

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Par Elisabeth Guillaud - BSCNEWS.FR / N’avez-vous jamais voué aux plus grandes souffrances le conducteur fou vous faisant une queue de poisson, le passager venant troubler votre quiétude dans le compartiment d’un train en déballant nourritures nauséabondes et autres réjouissances, ou encore le spectateur se raclant la gorge le temps d’un concert de musique classique ? Qu’est-ce qui nous retient alors de franchir le pas en leur tordant le cou! Le protagoniste du polar de Jean Baptiste Seigneuric est passé à l’acte en se faisant un devoir d’éradiquer de la surface de la terre tous les gêneurs, les dangereux, les irrespecteux. Plus qu’un devoir, il a fait du civisme une vraie religion, un rituel. Il enchaîne donc les meurtres en toute bonne conscience. Tuer règle les problèmes d’incivisme mais tuer devient aussi un jeu d’enfant pour lui et quand il s’agira de liquider un problème personnel,  le pas de trop sera alors franchi !

Le polar de JBS est remarquablement orchestré et finement écrit ! Pas de longueurs dans ce polar qui a du rythme et qui maintient le suspense jusqu’au bout, notre auteur va à l’essentiel tout en soignant la psychologie des personnages et les scènes de crimes… on reconnaîtra d’ailleurs bien souvent la pâte du chirurgien, auteur de ce roman.
Civic instinct fait froid dans le dos car il nous questionne nos propres limites, sur  notre degré de tolérance… une belle idée de base qui fait un bon polar.

Civic instinct, Jean-Baptiste Seigneuric, Editions Les 2 Encres, 18 euros, 188 pages

Un polar efficace de Fiona McIntosh

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Fiona McIntosh - Bye Bye BabyPar Mélina Hoffmann - BSCNEWS.FR/
« J’irais jusqu’au bout. Je n’avais pas le moindre doute là-dessus. Je ne m’étais jamais remise de la souffrance qu’ils m’avaient infligée par le passé. Sous la cicatrice de la nouvelle vie que je m’étais construite, la plaie s’était infectée. A présent, déchirée une fois de plus par la perte d’un être cher, la rage me submergeait. […] J’avais tout fait pour m’en sortir. Pour marcher dans la lumière plutôt que ruminer dans le noir. Personne ne pouvait m’accuser de gémir sur mon triste sort et pourtant l’horreur de mon adolescence continuait de me coller à la peau. Enfin, j’avais devant moi un de mes bourreaux. Il n’allait pas tarder à payer. »

Il est des souffrances que le temps ne parvient pas à effacer. Des blessures mal cicatrisées susceptibles de se rouvrir au moindre drame. « Le Boudin », c’est ainsi qu’ils la surnommaient. Ce qu’ils lui avaient fait subir était gravé au plus profond de sa chair. Elle s’en était sortie, mais 30 ans plus tard, le désir de vengeance qui n’avait jamais cessé de brûler en elle semblait avoir atteint son paroxysme.
A trois mois d’intervalle, deux meurtres sont commis selon le même mode opératoire. Deux hommes d’une quarantaine d’années retrouvés avec de la peinture bleue sur le visage, les parties génitales amputées et déposées dans leurs mains. Des crimes d’une grande cruauté qui semblent être l’œuvre d’un tueur en série.
Jack Hawksworth est chargé de l’enquête. Le talent de ce jeune inspecteur de Scotland Yard n’a d’égal que sa réputation de séducteur, qui lui a d’ailleurs valu quelques déboires…
Lorsqu’une jeune femme en fauteuil roulant et à l’humour désarmant, emménage dans son  immeuble, Jack tombe immédiatement sous son charme. Une idylle naissante qui n’est pas du goût de Kate, sa coéquipière qui, bien que fiancée à un autre homme, nourrit depuis plusieurs années une attirance secrète pour Jack.
Mais aucun d’eux ne perd de vue l’enquête, qui ne leur laisse aucun répit et s’accélère alors  même qu’un nouveau corps est découvert, victime des mêmes sévices. Une enquête qui promet d’être riche en émotions et en surprises….
Emotions et surprises, c’est également ce qui vous attend à la lecture de ce récit sans temps mort. Si vous aimez les polars menés tambour battant, au suspense haletant et aux personnages à la psychologie fouillée, vous dévorerez d’une traite ce premier roman à suspense de Fiona McIntosh, qui s’impose d’emblée parmi les meilleurs du genre ! L’exercice n’était pourtant pas simple puisque l’auteur fait le choix de nous dévoiler l’identité du coupable dès les premiers chapitres du livre ! Un pari osé, sur lequel repose certainement le succès du livre. En effet, nous suivons en parallèle le parcours du meurtrier, et celui des enquêteurs. Et l’on se surprend à croiser les doigts pour que leurs chemins ne se croisent pas ! Il faut dire que Fiona McIntosh nous offre un coupable au passé tellement tragique et douloureux que l’on ne peut s’empêcher d’éprouver de la compassion à son égard.
Mensonge, secret, trahison, haine, vengeance, drames : au final, tout y est pour maintenir notre attention intacte jusqu’à la dernière page ! Un polar efficace qui rempli parfaitement son rôle.
 
Titre: Bye bye baby
Auteur: Fiona McIntosh
Editions:  Pygmalion
 

Polar : Michaël Morley joue avec vos nerfs

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Spider de Michael Morley un polar qui joue avec vos nerfsPar Méilna Hoffmann - BSCNEWS.FR
« Enfin, l’homme aperçoit la pierre tombale. Simple, en marbre noir. Elle a été payée à l’aide de subventions municipales destinées aux plus démunis. Un nom est gravé en lettres d’or : Sarah Elizabeth Kearney. Mais ce n’est pas ainsi qu’il l’appelait. Pour lui, elle avait toujours été « Chérie » et, pour elle, il avait toujours été « Spider ». Elle avait vingt-deux ans à peine. […]
Chérie était si différente des autres.
Elle a été la première.
La première qu’il ait enlevée.
La première qu’il ait tuée. »


Jack King vit en Italie avec sa femme Nancy, et leur petit garçon de trois ans, Zack. C’est dans un décor idyllique et serein qu’ils proposent les services de leur hôtel-restaurant et mènent une vie paisible depuis qu’une attaque cardiaque avait contraint Jack à mettre un terme à sa brillante carrière de profiler au FBI trois ans plus tôt. La petite famille s’était alors réfugiée en Toscane pour permettre à Jack de se reconstruire, loin des démons du passé et d’un échec qui le hantait…

Car si Jack est parvenu à élucider vingt-neuf affaires de meurtres en série sur les trente qui lui ont été confiées, il en reste une non résolue malgré vingt années de traque acharnée. Celle du « Black River Killer » (BRK), auteur d’une quinzaine de crimes atroces. Ses victimes ? Exclusivement des jeunes femmes. Son mode opératoire ? Garder les corps jusqu’à ce qu’ils commencent à se décomposer, avant de les découper, de répartir les membres dans plusieurs sacs plastiques, et de les  jeter dans la Black River. Son rituel ? Conserver une partie du corps de chacune de ses victimes comme trophée.

Spider, ainsi qu’il se surnomme lui-même, se souvient tout particulièrement de son premier crime, celui de Sarah. Il n’a jamais rien laissé au hasard et c’est toujours avec autant de délectation et de jouissance qu’il se remémore la scène de son meurtre… Vingt ans après, la même ivresse s’empare de lui lorsqu’il se revoyait aspirer le dernier souffle de ses victimes afin qu’elles lui appartiennent à jamais…
« Les souvenirs sont exquis. Spider savoure chaque bouchée de son festin psychique. Le souvenir des filles précédentes, surtout la première, lui donne presque autant de plaisir que de penser aux prochaines, à la prochaine ! »

Quatre années avaient passé depuis le dernier meurtre de BRK, et pourtant les crimes de ce serial killer au sadisme sans limite poursuivent toujours Jack dans son sommeil.
Alors même qu’il se décide à entamer une psychothérapie, un nouveau meurtre est commis. En Italie cette fois. Jack aurait pu croire à une coïncidence…  si la tête de Sarah, toute première victime de BRK, n’avait été envoyée au FBI à son attention…
Son passé serait-il en train de le rattraper ? Acceptera-t-il de reprendre du service pour venir à bout de cette enquête à laquelle il semble à jamais lié ? Parviendra-t-il à sauver la prochaine victime dont les heures sont déjà comptées ?

Michael Morley, journaliste d’investigation et réalisateur de documentaires multi-récompensé, signe là son tout premier roman, et on ne peut qu’espérer qu’il se jette à corps perdu dans cette nouvelle vocation !
Tous les ingrédients sont réunis pour nous maintenir en haleine tout au long des 428 pages et nous donner la chair de poule ! Certaines scènes de torture sont d’ailleurs décrites d’une telle façon que l’on ressent la douleur parcourir nos membres et que l’on se surprend parfois à détourner le regard comme on le ferait devant une scène insoutenable d’un film.

S’il fallait vraiment trouver un bémol à ce livre, on pourrait lui reprocher une fin peu réaliste et trop prévisible. Pour ma part j’ai choisi de n’émettre aucune critique négative et de vous en conseiller vivement la lecture si vous aimez les polars rythmés et angoissants qui jouent avec vos nerfs.
Un auteur à suivre de très près !

Mélina Hoffmann


«Spider, la partie continue»
Michael Morley
Editions First
21,9 €

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