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Le choix

Les New-Yorkais The So So Glos pourraient jouer à Wembley

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Par Eddie Williamson - BSCNEWS.FR / Première partie de la dernière tournée française des Virgins ? Sérieusement ?! Si le monde de la musique tournait rond, ce serait l’inverse. Tourism/Terrorism, le second album des New-Yorkais de The So So Glos, est sorti en novembre dernier chez Green Owl Records. C’est encore un groupe confidentiel, mais encore une fois, si le monde de la musique tournait rond, ils joueraient à Wembley. Leur style ? Du punk-rock des familles exalté et exaltant. Ils viennent d’où ? Brooklyn. Bah oui, encore. Est-ce que le punk-rock a des vertus thérapeutiques ? Si une équipe de chercheurs veulent s’attaquer à la question, prenez-moi comme cobaye siouplaît ! Il y a des genres musicaux comme ça qui sont une vraie bouffée d’air frais quand une journée ne s’est pas passée comme elle était prévue. Vous le savez, j’étais en examens tout le mois dernier et avant, et les disques que je me passais en sortant des salles d’exams étaient tous des bonnes tranches de rock’n'roll libératoires comme j’aime. Raw House, le dernier disque chroniqué ici, bien entendu, “Search & Destroy” était un passage obligé avant de décompresser dans mon bain et puis plus fréquemment que prévu se glissait Tourism/Terrorism des So So Glos, que m’avait filé il y a un bout de temps mon collègue (Des Oreilles dans Babylone) et directeur d’un bureau de promo indépendant (Babylone Promotion). Faire la promo d’un bureau de promo, j’vous l’accorde, ce n’est pas courant, mais pour le coup il le mérite.

C’est un sacré disque. 10 titres, et l’impression pendant 27 minutes d’être dans un de ces clubs de Brooklyn où la jeunesse new-yorkaise plus ou moins branchée vient sauter, danser et boire des coups sur une musique sans contraintes. Celle des So So Glos c’est du punk aux accents clashiens, pas original pour un sou, si vous aimez uniquement l’avant-gardisme musical, z’allez être déçu. Il y a un air de déjà-entendu, ce qui d’habitude me rebute d’entrée, sauf que là… bah non. Je peux pas ne pas aimer un tel groupe, un tel album. Ça pulse, ça hurle des “Fuck them all !” et des refrains entraînants mémorisables en un instant, c’est surtout extrêmement bien foutu. Ce que je veux dire par là c’est que derrière l’énergie punk, la rage, etc, tout ce qu’on attend généralement d’un groupe de punk, il y a surtout des mélodies bien écrites et des riffs basiques qui vous rafraîchissent les tympans. Des riffs basiques, mais aussi une chanson d’amour, un break électro sorti d’on-ne-sait-où (”Isn’t It a Shame”), c’est un bordel magnifique.

Alors oui, je pense aux Clash, je pense aussi à Up the Bracket des Libertines, ou carrément aux Strange Boys (je connais des paires d’yeux qui doivent soudain s’écarquiller de bonheur) et à partir de là, si vous n’êtes pas déjà en train de mettre ce disque sur votre lecteur mp3, je ne vous comprends pas !

Une bouffée d’air frais, ce que j’aime, purement et simplement, un de ces groupes qui me donnent envie d’acheter un bar avec une petite salle de concerts et de les faire jouer dedans tous les soirs. C’est frais, c’est joyeux, ça ne se prend pas la tête mais ils compensent leur manque d’originalité par une générosité dingue. Le genre de groupe à qui Joe Strummer dirait, des étincelles dans les yeux, “keep going, kids”. Comme Joe Strummer n’est plus là, je m’en charge : il faut que les So So Glos continuent à graver des morceaux de punk-rock aussi excellents que les 10 qui composent Tourism/Terrorism. Et s’ils atteignent l’intensité de “Execution” encore une ou deux fois, ils me combleraient. Ce morceau est une pure merveille, il sonne comme un rappel, avec en plus derrière toute l’émotion d’une fin de concert, sauf qu’on peut la mettre en boucle et que l’effet est le même à chaque fois !

L’intérêt de vous détailler chaque morceau ne me saute pas aux yeux, ce n’est pas du Grizzly Bear, les schémas sont connus, les So So Glos ne font “que” les appliquer avec une foi inébranlable dans le pouvoir, thérapeutique ou non, du punk-rock, et un talent à côté duquel il serait plus que dommage de passer à côté.

Sorti le 24 novembre 2009 (Green Owl Records)
En écoute sur Grooveshark : http://listen.grooveshark.com/#/album/Tourism+Terrorism/3364166

Have a nice life : Deathconsciousness

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have a nice lifePar Eddie Williamson - Bscnews.fr / “Mais d’où viennent ces types ?”, me suis-je d’abord demandée.  Ce double-album sorti de nulle part va me permettre de digresser quelques instants. Il y a sûrement parmi vous des personnes qui portent une attention particulière à la production, aux notes, aux accords, à tous ses détails techniques qui me passent parfaitement au-dessus des oreilles puisque je n’ai strictement aucune éducation musicale. Tout ce que je sais de la musique, c’est qu’elle est constituée de sons, de vibrations qui traversent l’air à un instant T pour aboutir à mes oreilles l’instant suivant et résonner en moi comme nulle autre chose au monde. Peu importe que le mixage soit mauvais, que certains passages ont l’air bâclés, quand on a entre les mains un album aussi grand que Deathconsciousness, essayer de pointer ses défauts n’est que pure perte de temps.

En me renseignant sur cet album j’ai découvert qu’il est considéré par bon nombre de gens comme l’album de 2009. Pour ma part, je m’en suis aperçue à la fin de la 4ème piste du premier CD quand je me suis rendue compte que j’étais allongée, la gorge nouée, complètement captivée par le son produit par ces deux types, deux étudiants américains en histoire qui ont trouvé leur inspiration dans l’étude d’une secte médiévale. Son histoire est narrée dans le booklet de 70 pages qui accompagne le double-disque dans sa version physique, auto-produit avec 1000$, pochettes quasiment peintes à la main en 700 exemplaires puis vendu en version digitale pour 5$. 5$, 4.19€, strictement rien. Et pourtant cet album est bien la meilleure que j’ai entendue depuis des années.

Plus sombre que Joy Division, plus violent parfois que A Place To Bury Strangers, plus calme et apaisant que le meilleur de Mogwai sur “Who Would Leave Their Son Out In The Sun” ou “There Is No Food”. Deathconsciousness est la bande-son de toutes les morts, qu’elles soient calmes, violentes, déchirantes, douces, sales, de tout ce qu’il y a de noir dans ce monde. Ce double-album est accessible à tous ceux qui veulent se laisser emporter par le son post-rock, shoegaze, new-wave, industriel, synthétisant The Cure, My Bloody Valentine et Joy Division, de Have A Nice Life. Aucune piste ne pourrait constituer un single, à part peut-être “Waiting For Black Metal Records To Come In The Mail”, qui ouvre le second disque, la chanson la moins sombre de l’album.

Distorsions incroyables, frappes de batterie gigantesques, voix habilement placée en retrait… 
Deathconsciousness est admirablement construit, vous happe et vous entraîne avec lui là où il veut. Il s’écoute d’une traite, impossible de l’interrompre avant l’épique, le démentiel “Earthmover”, et vous laisse abasourdie. Les carences de la production rajoutent au côté intriguant, expérimental, conceptuel des débuts de Have A Nice Life, un duo sorti de nulle part qui a su saisir le meilleur du rock indé des années 90 pour venir avec ce double-album éclater les barrières du post-rock et de la new-wave.

Vous n’avez jamais rien entendu de tel, et si vous acceptez de vous laisser embarquer dans Deathconsciousness, vous ne pourrez pas vous en lasser.
Sorti en 2008 chez  Enemies List, le label du groupe, où vous pouvez le télécharger : http://lechoix.tk/d
Extraits disponibles sur Last.fm : http://lechoix.tk/f

Radio Moscow : Brain Cycles

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brain cycles
Par Eddie Williamson - Bscnews.fr / Brain Cycles est le deuxième album de Radio Moscow, un groupe américain de rock et blues psychédélique. Il est largement l’oeuvre de Parker Griggs, qui s’occupe de la batterie, de la guitare, des paroles et du chant. Je vous rassure, il a engagé un autre batteur pour les concerts. La pochette à la Phish annonce la couleur : vous avez affaire à du rock sorti tout droit de la fin des années 1960. L’ennui, c’est qu’on est en 2010. Mais est-ce vraiment un problème ?

Cet album est une friandise pour fan du rock psyché de Hendrix, des riffs de guitare funky titanesques qui coulent dans vos oreilles avec autant de fracas qu’un orage d’été. Cette dernière métaphore semble tout droit sortie d’un film de Christophe Honoré, mais je l’assume. Brain Cycles est une orgie musicale pas originale pour un sou, à la limite du plagiat sur à peu près toutes les pistes tant chaque riff, chaque claquement de mains me rappelle vaguement un autre morceau.

Là où d’autres groupes de blues-rock s’inspirent des power trios de la fin des années 1960 en essayant d’apporter une touche de modernité, en se forgeant une personnalité unique (je pense aux White Stripes et aux Black Keys), Radio Moscow se situe dans la plus pure veine du revival nostalgico-anachronique. Ils ne le cachent pas du tout et font preuve d’une sincérité forcément attachante. Ce serait assez facile de les descendre dans une critique, mais même si je le voulais, je ne le pourrai pas.

J’aime ce son. J’ADORE ce son. Ce groupe me fait penser à certaines formations qu’on peut croiser lors de la Fête de la Musique, qui reprennent des morceaux de Cream, de Led Zeppelin, de Hendrix, du Grateful Dead ou des Variations (notre groupe français culte de rock psyché !). Des fans absolus ce cette période, incollables (Peter Green est en 1ère place dans leur liste d’influences, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi… vous connaissez la suite), et qui prennent juste un pied immense à défier les lois de la gravité en faisant vibrer leurs cordes à une vitesse incroyable en essayant d’imiter leurs idoles. Radio Moscow, c’est le revival blues-rock 5 étoiles.
Là où ces Américains méritent largement leurs 3 étoiles là-haut, c’est qu’ils ont un potentiel incroyable. Ils sont capables de devenir un grand groupe de blues-rock, et c’est facile de le deviner en écoutant “250 Miles” et “Black Boot”, où Parker et Zach Anderson (le bassiste) ralentissent le rythme et se révèlent être des bluesmen experts. Ce serait vraiment dommage qu’ils se “contentent” d’être le meilleur groupe de revival blues/rock que j’connaisse. Parker Griggs a un talent de guitariste simplement incroyable et il serait temps qu’il soit reconnu à sa juste valeur. Et il assure plutôt très bien à la batterie, ils martèlent peut-être un peu trop ses cymbales de temps à autres, ça peut énerver et faire perdre de la profondeur aux morceaux. Mais c’est du pur chipotage.

Dan Auerbach, le guitariste des Black Keys, n’est pas dupe. Il a été tellement impressionné qu’il a décidé de produire lui-même leur premier album, sorti il y a 2 ans, et de faire signer le groupe sur son label, Alive Records. Ah au fait, devinez qui produit Brain Cycles ? Parker Griggs. Il a tout d’un Jack White junior, j’vous dis !

Riffs époustouflants au goût de déjà-entendu, effets psychédéliques (le son des guitares qui bondit d’une oreille à l’autre, miracle de la stéréo, et qui vous brûle une dizaine de neurones à chaque fois, écoutez “No Jane”), jam funky sur “No Good Woman”, textes plutôt anecdotiques et vous obtenez 44 minutes de débauche psyché enivrante. En achetant ce disque, vous savez à quoi vous attendre, et vous ne serez pas surpris. Personnellement, je suis RA-VIE.

Sorti en avril 2009 chez Alive Records

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