Toute l'actualité de l'art, des expositions, des musées à voir, à découvrir ou à redécouvrir.

Par Elodie Trouvé - BSCNEWS.FR / Saluons les artistes avec Isabelle de Maison Rouge, essayiste, commissaire d'exposition et professeur d'art combattant les idées reçues sur l'art dans son dernier ouvrage «Salut l'artiste».

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Par Julia Hountou - BSCNEWS.FR / A la lisière entre matérialité et fantastique, les photographies de Chris Rain touchent au domaine de l’impalpable. En multipliant les voiles pour mieux dissoudre le réel, effacer la réalité triviale des matières et des formes, l’artiste semble fixer ce qu’il rêve, et non ce qu’il voit. Dans ses images, fiction et fantasmes prennent corps. Tout semble possible. Objets (grues, lampadaires…) et animaux (méduses, poissons…) deviennent monumentaux et flottent dans l’espace. L’illusionnisme du photographe s’affirme.

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Robert Hofer :le regard attentif d’un chroniqueur assidu de la vie valaisannePar Julia Hountou - BSCNEWS.FR / Sous le titre Incertain regard - Introspective d’un photographe de province, cet ouvrage retrace la carrière photographique de Robert Hofer (1), des années 70 jusqu’à aujourd’hui, à travers trois cent soixante-et-une images sélectionnées par le photographe lui-même. Pudique, discret tant sur son travail que sur lui-même, il accepte ici de se dévoiler avec sincérité.

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Par Julia Hountou - BSCNEWS.FR / Depuis 2007, Julie Langenegger Lachance immortalise les différentes phases du chantier du Montreux-National, l’un des premiers grands hôtels montreusiens, érigé en 1873-1874 par les architectes Ernest Burnat et Charles Nicati dans la grande tradition des palaces de l’hôtellerie suisse. Tout au long de la « Belle Epoque », cet établissement accueillit l’aristocratie et la haute société de l’Europe d’alors. Par son style, et tout particulièrement ses hautes toitures ornées de cheminées en briques, il s’inspire des châteaux français de la Renaissance. Cet emblème du faste connaît actuellement une importante transformation architecturale. Abandonné depuis les années 70, il se mue en un luxueux complexe immobilier.
Selon une approche poétique, Julie Langenegger Lachance - photographe de la solitude et de l’introspection - s’interroge sur les mutations du monde moderne. En observatrice zélée, pourvue de cette acuité tout instinctive, elle s’immisce dans chacune des pièces de l’hôtel. Des combles au sous-sol, en passant par les chambres, les salons, les cuisines ou plutôt leurs reliquats mais aussi les couloirs et les escaliers, elle observe ces vestiges dans leurs moindres recoins pour dresser une cartographie intérieure d’une fabuleuse précision. Son œil tel un délicat scalpel s’insinue dans les coupes franches opérées à l’occasion des travaux, afin de saisir les diverses mutations de l’édifice. Cette mise à nu du bâtiment donne à voir ce qui est ordinairement dérobé au regard, mais se trouve dévoilé le temps du chantier. Dans le fouillis organisé du « ventre » de l’hôtel, les entrelacs de poutres métalliques, de tuyaux, de câbles... composent des images complexes, à la géométrie rigoureuse. Fenêtres, portes, lieux de passage entre intérieur et extérieur, frontière entre deux dimensions, sont ici réduits à un cadre. Ils offrent une perception parcellaire de l’espace, en le structurant, l’organisant entre montré et caché, visible et invisible, « champ » et « hors champ ». Le motif du viseur est récurrent dans ces images, selon une mise en abyme du cadre dans le cadre, une métaphore de la représentation, de la vision du photographe.

Vides et dévastées, les pièces sont figées dans l’attente de leur devenir, de leur mutation. Baignées par une atmosphère étrange, irréelle, elles rappellent les chambres d’hôtel du peintre Edward Hopper (1) ou les intérieurs silencieux de Vilhelm Hammershoi (2). Aux espaces silencieux correspond une gamme très raffinée de gris, de bleus, de verts, d’ocres et de bruns rehaussés de rose vif, qui montre la sensibilité profonde de la photographe aux atmosphères intérieures. La juxtaposition des aplats colorés, les jeux de perspectives et les structures géométriques de certains clichés confinent à l’abstraction.
Outre ces évocations picturales, le titre de cette série inédite Acte I, scène 1 - 6 suggère une continuité et renvoie à l’univers théâtral. Les six photographies exposées ici correspondent en effet au début de la construction. Par la suite, les soixante-dix images se déclineront en diverses expositions pour suivre l’évolution de la restructuration de l’hôtel. Telles des caisses de résonance, des lieux fantasmatiques, les décors décrépits, dévastés sont comme des scènes de tous les possibles, propices à l’imagination et à toutes les émotions. En posant la question de l’espace et de notre relation à lui, Julie Langenegger Lachance nous invite à nous interroger sur l’un des facteurs déterminants de l’existence. Comment vit-on le lieu ? Quels rapports entretenons-nous avec lui ? Quelle influence exerce-t-il sur chacun d’entre nous ? Espace refuge, de rêverie, de réconfort, de ressourcement ou lieu de tension, d’hostilité, de crainte, d’effroi... L’espace n’est pas neutre, mais silencieusement actif.

A la donnée spatiale répond le facteur temporel, indissociablement liés. Ici, le temps n’est pas suspendu, les époques se chevauchent. Les strates architecturales se superposent et se télescopent. L’histoire de la construction de l’hôtel se livre ainsi par couches successives. Le regard s’amuse alors à en rechercher les indices. Dans chaque espace, l’activité humaine s’affiche sur le mode du passé. Sur les murs, les traces d’humidité, les moisissures, les peintures écaillées, les papiers peints lacérés, décollés tels des lambeaux de peaux mortes disent la mue du bâtiment. Ces décors malmenés renvoient à une lointaine mémoire chargée d’histoires banales ou romanesques. De ces oripeaux sortis de l’ombre émane une inquiétante étrangeté, telle que définie par Freud. « On qualifie de un-heimlich tout ce qui devrait rester… dans le secret, dans l’ombre, et qui en est sorti »(3). L’unheimliche est aussi « la situation où l’on "doute qu’un être apparemment vivant ait une âme, ou bien à l’inverse, si un objet non vivant n’aurait pas par hasard une âme" » (4).

Puissants catalyseurs d’affects poétiques, ces intérieurs offrent une réalité dans laquelle les concepts d’animés et d’inanimés s’entremêlent comme dans le rêve. Ils nous confrontent ainsi à notre propre expérience de la vie et de la mort. Les photographies introspectives de Julie Langenegger Lachance composent des paysages intérieurs générateurs d’une forte charge émotionnelle. Chaque pièce peut évoquer des souvenirs intimes et profonds suscitant des émotions spécifiques. Ce dédale rappelle la première conception de l’appareil psychique de Freud qui assimile l’inconscient à une « grande antichambre » (5) et le conscient à « un salon » (6) contigu. Au seuil de celui-ci, le « gardien » (7) autorise, résiste ou refoule le passage des désirs, pulsions, peurs etc. vers « la préconscience (8) » et « la conscience » (9). Le psychanalyste établit un lien entre un lieu et un état d’âme. Les pièces sont à considérer comme des paliers successifs à franchir pour entériner l’expérience précédente. L’ensemble des salles constitue autant d’éléments d’une même transformation.

Au-delà de la simple visite d’un chantier, le parcours labyrinthique que nous propose Julie Langenegger Lachance, oscillant entre aujourd’hui et hier, agit comme un révélateur qui renvoie à la recherche des origines. Cette quête de souvenirs dans les strates du passé révèle l’importance de la mémoire dans la construction de soi.

Légende des visuels de Julie Langenegger Lachance :
Julie Langenegger Lachance, Le Montreux-National Acte 1, scène 1-6, 2007. Prises de vues en négatif couleur moyen format numérisées. Tirages Ra4 satiné collés sur aluminium. Laboratoire Diaprint Marly-Fribourg.

Notices biographiques :
Julia Hountou : Historienne de l’art - Pensionnaire à la Villa Médicis (Rome) en 2009-2010.
http://juliahountou.blogspot.com/
http://www.villamedici.it/fr/resident/hountou/?of=15&d=2010
Docteur en histoire de l’art, Julia Hountou est l’auteur de nombreux articles sur la création contemporaine. Pensionnaire de l’Académie de France à Rome - Villa Médicis, elle a enseigné en tant qu'ATER et Chargée de cours dans diverses universités et écoles d'art privées. Julia Hountou a travaillé sur Les Actions de Gina Pane de 1968 à 1981 dans le cadre de son doctorat soutenu à l'Université de Paris I - Panthéon - Sorbonne. Sa thèse a pris la forme d’un ouvrage intitulé Les Actions de Gina Pane de 1968 à 1981 : De la fusion avec la nature à l’empathie sociale qui doit paraître prochainement aux éditions des Archives Contemporaines, en collaboration avec l’École Normale Supérieure des Lettres et Sciences Humaines de Lyon.
Julie Langenegger Lachance :
http://jlportfolio.blogspot.com
Elle vit et travaille en Valais (Suisse) où elle obtient son diplôme de photographe à l’école de photographie de Vevey en 2003. Après une année d’assistanat à L’ECAL et des stages ponctuels, elle se met à son compte et poursuit depuis 2005 une carrière de photographe indépendante. Lauréate du Prix valaisan d’encouragement à la création en 2008, elle a participé à de nombreuses expositions collectives et personnelles.

1Edward Hopper (1882 - 1967) est un peintre réaliste et graveur américain.
2 Vilhelm Hammershoi (1864 - 1916) est un peintre danois. Voir notamment Rayon de soleil, Poussière dansant dans un rai de lumière, 1900. Huile sur toile, 70 x 59 cm. Musée d’Ordrupgaard, Copenhague.
3 Sigmund Freud, L’inquiétante étrangeté et autres essais, traduction de Marie Bonaparte, Gallimard, coll. Folio essais, Paris, 1988, p. 221.
4 Sigmund Freud, op. cit., p. 224.
5 Sigmund Freud, Introduction à la Psychanalyse (1916), Petite Bibliothèque Payot, n° 6, Paris, 1972, 443 p. ; p. 276-277.
6 Ibidem, p. 276-277.
7 Ibidem, p. 276-277.
8 Ibidem, p. 276-277.
9 Ibidem, p. 276-277.
Julia Hountou - Docteur en Histoire de l'art & Pensionnaire à l'Académie de France à Rome 2009-2010
non-LieuPar Julie Cadilhac- Bscnews.fr/ NON-LIEU est un événement artistique nomade, porté par un collectif d’artistes multidisciplinaires du même nom et généré par l’association LA GARE. Variable, extensible, arbitraire, chahuteur, NON-LIEU "croit que le temps est précieux et qu' il est par conséquent rare et ponctuel". NON-LIEU installe des Z.A.T ( Zone Artistique Temporaire) et propose de faire de l'espace urbain un lieu de création. Son premier évènement s'est déroulé dans l’espace d’un ancien garage automobile d’environ 1300m2 à Rosporden, puis ce fut une maison à Quimper avec pour objectif de conserver l'histoire de la maison et de composer avec ses meubles et ses objets, d'agir avec ses bruits et de "pactiser avec l'âme des murs". Aujourd'hui NON-LIEU installe sa Z.A.T dans la Halle Leurenn à Lorient. Ce site, prochainement démoli, deviendra le prétexte à investir un territoire " en suspens" et à y explorer" les thématiques génériques des mutations et transformations". S'y mêleront différentes propositions plastiques interdisciplinaires ( dessin, peinture, photographie, vidéo, son, installation, performance...). Et si l'objectif sera de proposer de nouvelles visions de l'espace investi, ce sera aussi d'échanger avec le public.
"Comment s'approprier un espace, une histoire, un instant en latence?". Voilà la question à laquelle Benjamine Guilbaud, Anthony Godin, Robin le Berre, Eric Courtet, Sebsatien Jantzen, Solen Brasset vous inviteront à réfléchir et à appréhender de manière empirique.

Benjamine Guilbaud "utilise le sample, la confrontation, la juxtaposition, le détournement,le collage" pour "confondre les époques, faire cohabiter les opposés, mixer les sens". Anthony Godin, quant à lui, "module l'espace avec le temps" en proposant au spectateur "une déambulation visuelle". Robin le Berre fait graviter ses installations autour d'une base de dessins où "le ton, volontiers absurde, insiste sur une futilité quotidienne", où "chaque dessin s’articule autour d’un titre, comme un simple exercice rhétorique prétexte à semer la confusion ou le non-sens." Eric Courtet part de mots nés de Brecht, Dostoïevski, Tchékov, Bergman, Cassavetes et son travail de photographe cherche à perpétuer leur interrogation sur l'histoire, le temps qui passe et les affaires d'âme. Il propose de" poser la question du silence dans le cadre et en dehors". Cyril Le Goualher déplace la réalité du monde du travail dans le monde de l'art: ses espaces de production, ses automatismes, ses codes et en fait un "vocabulaire plastique, géométrique, minimal, aux couleurs saturées". Sebsatien Jantzen, peintre plasticien et cinéaste, travaille sur l'image en mouvement et le son en tant qu'expérience. Il nous dit: "J'ai toujours été fasciné à l’idée de pouvoir filmer ce que je ne pouvais pas voir." L'occasion d'aller voir, non? Solen Brasset, enfin, utilise sa voix. Elle souhaite dans ses compositions "faire vibrer les sons à travers des rencontres humaines, chercher l'imprévu, l'étonnant,le décalé" et invite donc à surprendre ses créations sonores spontanées sous la forme de performance ou de concert improvisé.

Un programme artistique enthousiasmant à visiter sans modération!

Intervention artistique dans la Halle Leurenn - Enclos du port - Lorient
Avril - Mai 2011
Résidence d’artistes : du 04 au 28 avril
Exposition : du 29 avril au 08 mai
Entrée libre, tous les jours de 14h à 19h.



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