Par M.A (Sauramps) BSCNEWS.FR / Dès 6 ans - Qu’est-ce que le suremballage ? Pourquoi les plats tout prêts ne sont-ils pas bons pour la santé ? Qu’est-ce que l’agriculture raisonnée ? Toutes ces questions et bien d’autres encore trouvent leurs réponses dans Je mange écolo.
Ce petit livre aux illustrations acidulées propose des informations simples et claires pour manger sans faire de mal à la planète.
Joue avec l’élan vert qui se cache sur chaque double page, et répond au quizz en explorant les illustrations. Des produits de saison à la cuisine en passant par le marché, découvre en t’amusant la nourriture qui préserve ta santé et la planète.
N’oublie rien grâce aux 9 autocollants qui récapitulent les grands thèmes ! Ce documentaire ludique et passionnant fait partie de la collection « Pieds sur Terre » qui familiarise l’enfant avec la citoyenneté et l’écologie dans la bonne humeur en 31 pages d’enthousiasme.
Je mange écolo
Gombert Jean-René, Laborde Chloé, Audouin Laurent
Editions l'Elan vert - Les pieds sur Terre (1 31 pages)
Paru le 27/07/2010
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Par Raphaël ROUILLÉ (Sauramps) - BSCNEWS.FR / Le Diable et la poupée. En proposant une écriture à quatre mains, les scénaristes Frank Giroud et Denis Lapière nous prouvent qu’écrire n’est pas un acte solitaire. Plus encore, ils ouvrent un nouveau champ d’exploration narratif avec audace en tricotant un scénario de génie digne des polars les plus haletants.

Page noire est une réussite à plusieurs titres. D’abord, c’est un récit captivant, mettant en scène un écrivain à succès mais dont personne ne connait le visage. Ensuite, c’est une démonstration narrative, celle de deux auteurs de talent qui jouent avec l’écriture et feront se rejoindre deux récits, traçant ainsi le portrait croisé de deux femmes. En cela, c’est bien sûr une réflexion sur les pouvoirs de l’écriture, sur la nécessité d’écrire et sur le souffle de liberté que génère l’imagination. Par certains aspects, la démarche ressemble à celle expérimentée en 1989 par Miles Hyman et Marc Villard pour Chroniques ferroviaires (éditions Futuropolis, déjà). Les deux hommes avaient choisi de raconter la même histoire de deux façons différentes : l’une graphique, l’autre narrative. Ils recouraient ainsi au procédé du « cadavre exquis » en opérant un travail parallèle sans rien laisser paraître au lecteur. Ici, le procédé utilisé est différent mais la démarche est tout autant littéraire et créative.
Située à New-York, l’action met en scène une jeune critique littéraire qui cherche à savoir qui se cache derrière l’auteur Carson McNeal, inconnu de tous et pourtant auteur à succès. Tandis que son éditeur lui remet les premières pages de son nouveau roman, la jeune Kerry Stevens décide de partir à sa recherche pour percer le mystère et interviewer l’homme. Parallèlement, elle découvre le récit poignant du Diable et la poupée qui met en scène Afia, jeune femme amnésique d’un passé douloureux qui resurgit sous forme de flashs et qui l’empêche de vivre comme une page noire de sa vie, sorte de hiatus, d’intervalle obscur au sein duquel va s’engouffrer la fiction. Le lien entre les deux femmes est bien sûr représenté par la figure de l’écrivain, véritable fil conducteur de ces vies parallèles. En venant à sa rencontre, Kerry découvre un homme taciturne, secret et habité comme d’une intériorité magnétique qui serait peut-être un rempart contre la folie légendaire des écrivains. Petit à petit, avec suspense, le récit se découvre, les personnages s’épaississent puis livrent quelques indices sur leur vie, fictive ou réelle. La mise en abîme instaurée par les auteurs nous fait découvrir certaines ficelles mais accentue aussi la confusion entre deux mondes distincts que le récit resserre pour n’en garder que la sève. Comme à l’étroit dans les cases dessinées par Ralph Meyer, les personnages semblent vouloir « vivre d’une vie propre » comme le disait Jean Cocteau des œuvres qui finissent par échapper à leurs créateurs. Leur désir de liberté fait gonfler le récit qui éclate comme une hémorragie de vérité. Cette vérité est d’autant plus tangible que les auteurs inscrivent une partie de leur récit dans l’histoire en abordant le massacre de Chatila, un camp de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest au Liban. Perpétrées par la milice chrétienne libanaise, ces tueries qui ont eu lieu en 1982 ont laissé des cicatrices à toute une génération. Des intellectuels ont notamment été assassinés en raison de lectures subversives et d’écrits indépendantistes. Des femmes et des enfants sont morts malgré leur innocence, assassinés tout aussi froidement que des criminels. C’est à travers cette page noire de l’histoire que le récit prend son envol et que les personnages se cognent les uns aux autres comme pour nous persuader qu’ils sont vivants. C’est toute la force de l’écriture : rendre ou donner la vie à des personnages qui, à leur tour, pourront peut-être agir sur le réel par le biais libérateur de la fiction. Ce que cachent les personnages de leur vie, l’écriture le révèle pour animer le récit et pour attiser l’imaginaire. Une fois ces secrets révélés les personnages semblent vouloir s’extirper de leurs carcans, sorte de défi aux déterminismes et à la fatalité.
Plus qu’un thriller, efficace et cousu de mains de maîtres, Page noire peut donc se lire à différents degrés. A l’image de la poupée, flinguée d’une balle en plein front, la vérité du récit, qui est la vérité de l’écriture, naît de cet attentat, de ce néant, de cette difficulté d’être qui ronge Carson McNeal. La poupée inanimée sera d’ailleurs l’une des clés du récit, une sorte de cadavre narratif (et non exquis) qui porte aussi en lui les affres de l’écriture. Car si les auteurs nous montrent que l’acte d’écrire n’est pas forcément solitaire, on perçoit bien en revanche que l’écrivain est seul avec lui-même et son passé. Il écrit au bord du gouffre, entre la vie et la mort, entre le haut de la falaise et la chute vers la mer. Cet équilibre instable est le chemin que prend souvent l’écrivain, soignant ses blessures au risque de les agrandir. Les images vraies trouvent ainsi asile dans l’écriture dont on déchiffre peu à peu les ultimes secrets.
La collaboration fructueuse entre l’auteur du Décalogue, Secret(s) ou Quintett et celui de L’impertinence d’un été, Le Tour de valse ou Le Bar du vieux français s’avère un exercice de style réussi qui mélange deux univers. Le goût des énigmes et du suspense propre à Giroud est adouci par la sensibilité et l’intérêt pour l’Histoire que cultive Lapière. L’association est diaboliquement efficace, le récit est somptueusement exécuté.

Page noire
Giroud, Lapière, Ralph Meyer (Futuropolis)
Recommandé par Raphaël ROUILLÉ de la librairie Sauramps

Par Raphaël Rouillé - BSCNEWS & Sauramps / Tandis que l’information s’avale plus qu’elle ne se mastique. Alors que les moyens de communication excellent mais que les êtres humains communiquent de moins en moins. Alors, enfin, que le dialogue s’effrite au profit d’un « prêt à penser » qui sauve les apparences et assure les bonnes consciences, la revue Le Débat, du haut de ses trente ans et à contre-courant des préoccupations contemporaines, propose de vrais débats d’idées, s’inscrivant ainsi dans une forme de résistance à la disparition de la pensée.
Les revues ont toujours joué un rôle déterminant dans les débats d’idées. Véritables réceptacles des questions posées par la société, elles ont permis aux penseurs d’exprimer ou de défendre un point de vue à travers une argumentation, favorisant des prises de position des lecteurs ou permettant simplement au monde d’avancer un peu plus par la réflexion. Pour les Sciences humaines, une revue représente une fenêtre ouverte sur le passé, le présent ou l’avenir. Il s’agit d’un moyen de communication privilégié qui donne du sens à nos engagements et aide à déchiffrer les signaux qui jalonnent le monde. Le constat de nombreux intellectuels est que la sphère qui compose la vie de l’esprit tend à diminuer au profit d’un zapping généralisé qui ne fait qu’effleurer toute chose. Pourtant, de nombreuses revues conservent une place importante sur la scène culturelle. L’enjeu de leur survie et de leur vitalité semble primordial pour la démocratie et pour la représentation de la diversité des opinions.
La plus ancienne est La Revue des deux mondes, fondée en 1829 et à laquelle la très bonne collection « Titres » des éditions Bourgois vient de consacrer un numéro. A ses côtés, des revues comme Les Temps modernes, fondée par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir en 1945, dirigée ensuite par Claude Lanzmann. Ou encore la revue Esprit, fondée en 1932, interdite en 1941 par le régime de Vichy, puis refondée en 1944. Parmi les jeunes revues on relèvera la belle énergie de la Revue XXI, publiée par les éditions Les Arènes ou encore Ravages (éditions Descartes et Cie).

Dans ce contexte éditorial, la revue Le Débat continue, comme elle l’a toujours fait, à s’interroger sur l’histoire, la politique et la société. En reposant la question qui avait marqué les débuts de leur revue en 1980, Pierre Nora et Marcel Gauchet font le constat d’une « atomisation de l’espace collectif de la réflexion » et d’un « effacement des formes du paysage intellectuel ». Cette question « De quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ? » ordonne les trois volets de ce numéro spécial. Génération 1980, avec la publication de l’enquête initiale ; Aujourd’hui avec les réactions de ceux qui avait répondu autrefois à cette question ; puis Génération 2010, en compagnie de quelques représentants de la nouvelle génération. Tandis que Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut ou Emmanuel Todd réagissent à leurs déclarations d’antan, Lionel Naccache, Raphaël Enthoven ou Mara Goyet interrogent le futur. Dans la partie centrale, Gilles Lipovetsky indique, par exemple, que nous sommes au temps du « désenchantement de la pensée », de la « philosophie du réconfort » et du « self-service intellectuel ». Tout aussi radical, Jean-Pierre Dupuy titre son article L’inculture comme avenir, fustigeant l’incapacité des intellectuels français à comprendre l’économie et la nature, deux données essentielles du monde contemporain. Dans Génération 2010, Malika Sorel en appelle à Un sursaut intellectuel, tandis que Nicolas Vanbremeersch nous explique que l’avenir intellectuel passe par le numérique, avec une redistribution des rôles, plus collective. A un moment où, dans les rayons « philosophie » des librairies, s’amoncellent des livres à usage « tout public » qui, pour beaucoup d’entre eux, révèlent le manque d’ambition intellectuelle et nivelle la culture par le bas au prétexte que les lecteurs n’ont plus le temps de réfléchir, Le Débat secoue une fois de plus la vie intellectuelle, en vertu d’une exigence et d’une rigueur morale sans faille.
C’est pourquoi, il faut « continuer Le Débat » explique Pierre Nora dans son éditorial au numéro 160. « Dans un monde enfermé dans un présent perpétuel (…) il est essentiel de maintenir l’effort de remettre les choses dans l’histoire, leur histoire, notre histoire », écrit-il. Et c’est justement par une discussion autour des revues que débute ce numéro. Dans Pourquoi les revues ?, Pierre Nora et Régis Debray échangent leur point de vue dans une rencontre organisée par Le Nouvel Observateur en 1980 pour la sortie du premier numéro du Débat. Jugé trop long à l’époque, cet entretien, ici en version intégrale, n’avait pas pu être publié. Ce numéro est aussi l’occasion de prendre beaucoup de recul sur quelques évènements majeurs des trente dernières années et d’en tirer les leçons. Michel Winock, Hubert Védrine, Pascal Ory et Paul Yonnet reviennent sur Le monde tel qu’il change, observant les bouleversements d’un monde sans cesse en mutation. D’une rubrique à l’autre s’exprime toute la détermination d’une revue destinée à poser des questions pour ériger un monde meilleur, un monde d’échanges dicté par la liberté d’esprit, l’indépendance intellectuelle et l’envie d’élargir les horizons.
En compagnie d’éditorialistes et de commentateurs informés, de philosophes, d’historiens ou d’analystes, Le Débat poursuit sa route à contre-courant, cette fois, de la société mais dans la perspective d’un monde pluriel, désinhibé et surtout non édulcoré. On peut donc dire que le débat d’idées existe toujours, reste à savoir pour combien de temps encore.

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Mondial 2010 : Valeurs et usures du ballon rondPar Raphaël Rouillé - BSCNEWS & Sauramps / Intellectuels, philosophes, sociologues : tous, ou presque, ont botté en touche lorsqu’il s’agissait de parler de football, sport réputé trop « populaire » pour que l’on s’y intéresse. Pour le meilleur ou pour le pire, quatre livres expriment leur point de vue sur le ballon rond.
Dés 1999, le philosophe Jean-Claude Michéa s’insurgeait contre « l’état de transe négative » dans lequel le football avait le don de plonger l’intellectuel moyen. Tout en dénonçant les graves dérives capitalistes, il ironisait sur l’incapacité d’une certaine intelligentia à comprendre ce sport populiste. Citant Ombre et Lumière de Galeano comme la joyeuse Illiade qui manquait alors au football, Michéa, par un texte court, puisait aux sources fécondes des vertus de la philosophie.
Dans son sillon, Jean-François Pradeau, spécialiste de la philosophie Antique et auteur, en 2009, d’une remarquable Histoire de la philosophie, publie Dans les tribunes, éloge du supporter. Hymne à la mythologie et à « l’érection culturelle » du Stade, le livre de Pradeau scande la beauté intérieure de cet antre qu’il compare aux statues anciennes tout en dénonçant de nombreux lieux communs, souvent infondés, qui circulent sur le football. Nous venons au stade, dit-il, comme nos lointains ancêtres grecs allaient rejoindre leur lieu de culte. Plus encore, insiste-t-il : « l’objet véritable de la philosophie est le match de football ».
Moins complaisant, Footafric, dénonce sans détours l’aliénation et le contrôle des peuples engendrés par le football. S’intéressant plus particulièrement au cas de l’Afrique les auteurs fustigent les « requins blancs » de la FIFA, les tentations fascistes, les festins sexuels ou l’appétit capitaliste des occidentaux qui organisent un véritable pillage des fonds publics au profit de grandes sociétés.
En abordant le thème du néocolonialisme, le livre rejoint les propos de Maryse Ewanjé-Epée dans Négriers du foot. Ce document explore les trafics d’identités, chantages, ruines familiales ou disparitions qui parsèment orageusement le monde africain du football, pays où maltraitances et escroqueries se multiplient sous couvert de tickets vers un ascenseur social.
Entre valeurs et usures, le foot se fraie un chemin dans les arcanes de la pensée, une fine percée mais qui contribuera peut-être à le rendre intelligible à tous.

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Smyrne : Le paradis perdu après une catastophe humanitaire / SAURAMPSPar Raphaël ROUILLÉ (libraire Sauramps) - BSCNEWS.FR / La ville anéantie : A travers un récit riche en couleurs, Giles Milton retrace la destruction de Smyrne en 1922 par la cavalerie turque, ville « infidèle » au destin tragique et tumultueux.
Avant 1922, Smyrne était une ville prospère et cosmopolite. Peuplée de Grecs, d’Arméniens, de Turcs et de Juifs elle représentait un cas unique dans le monde musulman. Ce « paradis perdu » a pourtant connu des violences inouïes.
Véritable catastrophe humaine, l’attaque des Turcs a enseveli des milliers de personnes sous les flammes. « On jetait des bombes et du pétrole. Les flammes finirent par lécher les quais où s’entassaient les pauvres gens qui attendaient leur tour d’être sauvés. Rien de ce qu’on pourra dire de l’horreur de ce soir là ne sera exagéré ! » raconte une survivante. Qualifiée d’ « infidèle » pour être majoritairement chrétienne, la cité de Smyrne se tournait depuis longtemps vers la Grèce et les eaux clémentes de la mer Egée.
Aux habitants chrétiens d’origine grecque ou arménienne venaient s’ajouter les Levantins, les Européens ou les Américains, alliés de la Grèce après la Première Guerre mondiale lors de l’invasion de la Turquie. Des représailles semblaient donc inévitables, mais Giles Milton montre bien l’imprudence de la politique internationale et insiste sur la catastrophe humanitaire terrible qui fut suivie d’une déportation massive, véritable nettoyage ethnique que le texte ne cesse de rappeler pour éviter l’oubli.

Le paradis perdu
Milton, Giles
Editions Noir sur blanc
(427 16 pages)
Paru le 15/04/2010
25.00 euros

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