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Essai et Société - Actu littéraire

Sigmund Freud : les confidences de Hilda DoolittlePar Stéphanie Hochet - BSCNEWS.FR / Contrairement à Michel Onfray, Sigmund Freud avait de l’humour. C’est un des aspects du père de la psychanalyse qui émerge dans le récit de celle qui fut sa patiente, la romancière et poétesse américaine Hilda Doolittle, appelée H.D en littérature, à qui il écrivit une première lettre : Je ne suis pas sûr que vous sachiez l’allemand, aussi je vous prie d’accepter mon mauvais anglais. Cela peut être pénible pour un poète.
Pour l’amour de Freud que les Éditions des femmes viennent de publier avec une nouvelle traduction de Nicole Casanova réunit les lettres que le professeur (comme elle le nomme) et H.D s’échangèrent, son journal qu’elle intitule Avent qui rend compte de son analyse, et un récit : Écrit sur le mur par lequel la romancière tente de reconstruire onze ans plus tard cette même expérience.
Nous sommes à Vienne en 1933. Freud a 77 ans, H.D 47. La patiente est hors norme : bisexuelle - Vous aviez deux choses à cacher, d’une part que vous étiez une fille, d’autre part que vous étiez un garçon, lui dira-t-il lors d’une séance – elle fut la maîtresse du poète Ezra Pound à 19 ans, eut une liaison avec l’ex amante de celui-ci, se maria à Richard Aldington qu’elle quitta deux ans plus tard pour une femme androgyne surnommée Bryher, donna naissance à une petite fille (Perdita) qu’un ami d’Aldington reconnaîtra. Si on ajoute à ça que Bryher, la femme de sa vie, eut une vie aussi foisonnante et libérée, on perd un peu le fil …
Le transfert avec le père de la psychanalyse se révèle, lui aussi, complexe. Vive Œdipe écrit-elle à Bryher, tu m’avais dit qu’il ne parlerait pas, et il a parlé la moitié du temps(…) ce vieil Œdipe roi m’a eue… Elle appelle son analyste papa dans ses lettres mais il lui fera une remarque étonnante : Je n’aime pas être la mère dans le transfert, cela me surprend et me choque toujours un peu. Je me sens tellement masculin.
S’en suivent de nombreux échanges, discussions entre médecin et patiente sur l’Antiquité, l’enfance de l’humanité selon Freud et domaine privilégié des études de H.D., l’art, la littérature (elle a rencontré D.H Lawrence dont elle dit avoir du mal à finir les romans) mêlés de réflexions sur la plongée en psychanalyse qu’elle perçoit comme une immersion dans un élément marin, le plaisir trouvé dans les réminiscences et les rêves, et des notations plus terribles sur la capitale autrichienne au moment de la montée du nazisme. Devant la tête de mort de la croix gammée marquée à la craie sur le trottoir et menant à la porte même du Professeur, je dois, en toute décence, calmer ma phobie personnelle, mon propre petit dragon-terreur-de-la-guerre, et même avec le peu de pouvoir dont je pourrais disposer, lui ordonner, pour le temps présent en tout cas, de retourner dans sa caverne souterraine. Elle refuse de parler à Freud de l’actualité qui l’inquiète, des atrocités commises sur les Juifs à Berlin.
L’admiration dut être réciproque. Volontiers subjectif, Freud n’hésite pas à complimenter sa patiente : Vous racontez cela joliment. Elle le dépeint avec une acuité d’écrivain, parle de son ironique sourire oblique, son air moqueur, il lui fait penser à Faust, à un vieux hibou dans un arbre, une chouette, un faucon ou à ce papillon de nuit, le sphinx tête de mort. Elle notera une formule qui revient à la bouche du Professeur : Par hasard ou intentionnellement… Elle lui montrera une photographie de Bryher : Elle ressemble à un explorateur de l’Arctique commentera-t-il. Surtout, elle lui exposera son projet d’Écrit-sur-le-mur autrement dit d’écriture par l’image, de matérialisation des formes qu’elle voit projetées sur tel ou tel support. L’analyse entre dans sa vie en partie pour développer son potentiel créateur, et non pour l’assécher contrairement aux idées reçues. Elle laisse aller les associations libres, tente de décrypter les hiéroglyphes de l’inconscient. Aujourd’hui nous avons creusé très profond, lui dit-il parfois, ou j’ai touché le pétrole. La progression d’une analyse, c’est la réussite de l’analysant et de l’analyste. A raison d’une séance par jour, la cure dure une année.
H.D avait saisi l’importance de cette rencontre : nous avons de la chance, grâce à son témoignage, nous savons que Freud n’avait pas l’intention de prouver à ses détracteurs qu’ils avaient tort, le praticien préférait souligner le danger contenu dans certaines idées.
On a reproché à Freud sa « misogynie » (certes, par moments) et ses concepts « négatifs » sur les homosexuels ; pourtant il expliqua à H.D. que selon sa théorie de la sexualité féminine la femme homo se montrait plus franche et honnête, mais que toutes les femmes dans leur ensemble étaient exactement pareilles, et avaient bâti leur culte sur la dissimulation (Lettre de H.D. à Bryher). Pas si simple.
H.D. affirmait que sa relation à Freud représentait tout pour elle, et qu’il n’avait jamais exigé d’elle qu’une seule chose : Je vous prie, jamais – je veux dire jamais, en aucun moment, en aucune circonstance-, n’essayez jamais de me défendre, si et quand vous entendez des remarques injurieuses sur moi et mon travail […] Vous ne ferez pas de bien au détracteur en commettant la faute d’entreprendre une défense logique. Vous approfondirez seulement sa haine ou sa peur des préjugés.
Il est à parier que ceux qui tirent à boulets rouges sur Freud n’ont pas lu ce livre, mais, ne désespérons pas, tout comme entreprendre une analyse, il n’est jamais trop tard.

Coupe du Monde : Le livre qui vous dit toutPar Mélina Hoffmann - BSCNEWS.FR / « Le football, c’est ce qui permet à un petit pays de devenir grand. » Événement à la fois sportif et diplomatique, une coupe de monde de football draine de nombreux enjeux. Reflet des changements du monde, le football s’est mondialisé, estompant les caractéristiques nationales.
Cette année, 80 ans après la première coupe du monde (disputée en Uruguay), c’est l’Afrique du Sud qui est au centre de toutes les attentions. Cette première Coupe du monde africaine de l’histoire est un véritable défi pour ce pays qui a tout à prouver. « Certains petits pays n’ont finalement pour briller internationalement que des évènements comme celui-ci. »

Que l’on se passionne pour le sujet ou non, il est intéressant de se pencher d’un peu plus près sur un évènement qui mobilise la moitié de la planète.
Alors même que la France est en passe d’être évincée du championnat, d’autres équipes semblent vouloir tirer leur épingle du jeu à l’image du Mexique et du Chili.
Deux équipes que vous pourrez découvrir - aux côtés des 30 autres pays qualifiés pour ce mondial 2010 - dans cet ouvrage documenté et très complet. Chacun de ces payes est présenté en quelques pages : son équipe nationale, sa situation politique et économique, son hymne… le tout accompagné de très belles photo de joueurs, matchs ou supporters.
Vous ferez ainsi connaissance avec les Bafana Bafana d’Afrique du sud ; vous vous replongerez dans la (très lointaine !) victoire des bleus de 1998 ; vous apprendrez pourquoi les rapports entre Argentins et Anglais sont conflictuels ; vous revivrez les sept finales du Brésil…
Vous (re)découvriez quelques joueurs et sélectionneurs mythiques de l’histoire du football tels que Maradona, star controversée de l’équipe d’Argentine ; Abedi Ayew, le Pelé local du Ghana ; la légende allemande Franz Beckenbauer, le seul à avoir été sacré champion du monde en tant que joueur puis entraîneur ; le gardien de but Chilavert, star paraguayenne aux performances remarquables ; Mario Zagallo, l’homme le plus titré du monde ; ou encore le roi Pelé, sacré joueur du siècle par la FIFA en 2000 et nommé « patrimoine national » par le gouvernement brésilien ; …
Vous trouverez également toutes les réponses aux questions que vous vous posez et même davantage!
Quelle a été l’exclusion la plus rapide de l’histoire ? La qualification la plus controversée ? Le but le plus facile ? Pourquoi les joueurs du Cameroun portent-ils le surnom de « Lions indomptables » ? Quelle est la tradition des grands gardiens de but italiens ? Pourquoi l’Afrique supporte-t-elle la France ? Qui a marqué le premier « but en or » de l’histoire de la Coupe du monde ? D’où vient la rivalité entre Barcelone et Madrid ? Pourquoi le Brésil a-t-il changé de maillot après 1950 ? Quel pays a déclenché une guerre pour un match de foot ? Pourquoi le Chili a failli ne pas participer au Mondial ? …
Un très beau livre sur papier glacé, richement illustré et agréable à lire, qui vous permettra de satisfaire votre curiosité, voir même de briller dans les conversations entre footeux tout au long de ce mondial !!

La coupe du monde dans tous ses Etats…
Pascal Boniface, Hervé Mathoux
Editions de Larousse

Les états d'âme Christophe AndréPar Mélina Hoffmann - BSCNEWS.FR /

« Les états d’âme sont l’expression de ce grand mélange indissociable de tout ce qui se passe en nous et autour de nous : mélange d’émotions et de pensées, de corps et d’esprit, de dehors et de dedans, de présent et de passé. Ce mélange est évidemment aussi riche que compliqué : impur, unique, labile, toujours recommencé, jamais exactement le même. Comme les vagues de la mer… »
Ils nous bouleversent, nous fragilisent, nous oppressent, nous tourmentent ou nous apaisent...; Ils nous rendent parfois plus forts, souvent plus fragiles et vulnérables ; Ils sont l’essence-même de nos remises en question, influencent nos comportements, viennent régulièrement semer le trouble dans nos esprits lorsqu’ils ne se contentent pas de les inonder d’inquiétude… ; Source de créativité, ils sont parfois nos meilleurs guides vers la sagesse, la sérénité et le bonheur, tandis que - d’autres fois - ils nous en éloignent sans ménagement.
Joie, excitation, curiosité, bonne humeur, mais aussi nostalgie, inquiétude, culpabilité, tristesse, … : nos états d’âme font partie intégrante de nous. Simplement, nous pourrions dire qu’ils nous rendent vivants.
On peut choisir d’en souffrir, de se laisser submerger par eux, ou s’enrichir de leur présence sans les laisser prendre le contrôle de nos vies. Pour cela, il est indispensable de comprendre leurs mécanismes.
A quoi servent les états d’âme positifs et négatifs? ; Faut-il faire une différence entre douleur et souffrance ? ; Pourquoi sommes-nous si inquiets ? ; Comment réguler ses états d’âme d’inquiétude ? ; Existe-t-il des états prédépressifs ? ; Que faire face aux états d’âme de tristesse; qu’est-ce qu’aller bien ? ; Comment le matérialisme bouscule-t-il nos états d’âme ? ; Vaut-il mieux se libérer de l’espoir ou fuir le désespoir ? ; Peut-on augmenter ses capacités à ressentir du bonheur ? ; Qu’est-ce que la sagesse ? ;…
Christophe André, médecin psychiatre et psychothérapeute, apporte - dans cet ouvrage à la fois scientifique et chaleureux - des réponses claires et détaillées à toutes ces questions, et à bien d’autres encore. Selon lui, il est indispensable de ne pas nier l’existence de ces mouvements de l’âme, d’accepter de les laisser passer en nous sans les laisser s’enraciner et nous perdre ; de les observer, les comprendre, et surtout d’apprendre à les réguler. En effet, fuir ou tenter d’éradiquer nos états d’âme peut donner lieu à de nombreuses souffrances, et même à des comportements pathologiques tels que la boulimie ou tout autre type d’addiction dans laquelle, par automatisme, nous finirons par nous réfugier à chaque approche d’un état d’âme douloureux. « On s’est juste rendu dépendant d’une manière de réguler ses états d’âme en achetant quelque chose, en consommant des biens. Une manière peu efficace et coûteuse de prendre soin de soi : remplir nos cerveaux de vide, nos estomacs de saletés et nos armoires d’inutilités, pour pallier les fluctuations de nos états d’âme. »
Certains de ces états d’âme peuvent d’ailleurs être appréhendés plus sereinement si l’on s’efforce de les considérer comme des opportunités, à condition toutefois de ne pas leur donner trop d’importance.
« La tristesse est un sentiment envahissant, qui occupe l’entièreté de notre âme. Quand on est triste dans sa tête, tout devient triste en nous : notre regard, notre démarche, le timbre de notre voix. Par contre, il n’est pas toujours si douloureux d’être triste, car il y a quelque chose de spécifique à la tristesse : la douceur. […] La tristesse est sans doute une des bases les plus fécondes pour notre vie intérieure, tant elle semble pouvoir donner du relief, de la douceur, du poids à tous nos autres états d’âme. »
Dans une société qui prône la consommation comme remède à tous nos maux, difficile parfois de se souvenir que l’essentiel se trouve en nous et que, plus nous remplissons notre existence, moins nous l’habitons. Les difficultés, les épreuves, font partie inhérente de nos vies. C’est en l’acceptant et en ne les considérant pas systématiquement comme des drames que nous pourrons gérer aux mieux ces situations, sans laisser s’installer des états d’âme toxiques qui auraient pour effet de nous centrer davantage sur le problème en lui-même que sur sa solution. Un cheminement que nous invite à suivre l’auteur à travers les nombreux chapitres de ce livre richement documenté.
Un ouvrage passionnant, accessible à tous, qui nous invite à devenir plus attentifs à ce qui se passe en nous, à la manière dont nous raisonnons, à notre perception du monde qui nous entoure ; à renouer avec nos sens, ou encore, à faire de la compassion notre meilleure alliée, pour ne jamais - ou presque ! - perdre le contrôle de nos états d’âme.

Titre:Les états d’âme: Un apprentissage de la sérénité
Auteur: Christophe André
Editions: Odile Jacob

Le livre de Géraldine Levasseur est poignant, instructif et bien écrit Par Mélina Hoffmann - BSCNEWS.FR
« L’enfant aurait voulu hurler qu’elle allait mourir, qu’elle ne pouvait plus respirer, ils s’engouffraient les uns après les autres sans lui accorder de répit, elle n’en pouvait plus. Lorsque le troisième garçon éjacula enfin, D. entendit des voix de plus en plus distantes, ses cheveux ne la tiraillaient plus, elle ne ressentait presque plus rien. Elle pensa au bien qu’elle se procurerait le soir en abîmant ses bras. L’adolescent qui la violait grogna fort et D. vomit.»

Avec 1 milliard de vidéos disponibles sur Internet et environ 700 000 sites pornographiques accessibles, le virtuel ne s’est jamais aussi bien porté. L’essor perpétuel des médias offre aux enfants et aux ados d’aujourd’hui la possibilité de se procurer, de visualiser et de s’échanger avec une facilité et une banalité déconcertantes toutes sortes de contenus, notamment des films, des vidéos et des images qui - bien souvent - n’auraient jamais du atterrir entre leurs mains.
Tandis qu’Internet est devenu la baby-sitter préférée de nombreux parents, il suffit d’un simple clic pour que s’efface l’avertissement « interdits aux moins de 18 ans » dont l’effet semble même être devenu plus attractif que dissuasif… A 7 ans, de nombreux bambins ont déjà vu leur premier film porno.
Ainsi, ce qui était autrefois un domaine réservé au monde des adultes a peu à peu envahi l’univers des enfants. La pornographie et tout ce qu’elle induit - brutalité, vulgarité, humiliation, simulation… - est désormais accessible à un public qui n’est pas armé pour interpréter ces images comme elles doivent l’être. Difficile de s’étonner alors que le nombre d’agressions sexuelles commis par des enfants augmente chaque année…
Journaliste pour Zone Interdite et Marie Claire, Géraldine Levasseur s’est penchée sur ce phénomène inquiétant. Six mois durant, elle s’est immergée au cœur de la brigade des mineurs de Marseille afin de suivre le quotidien de ses enquêteurs. Elle a recueilli les témoignages de nombreux collégiens, mais aussi parents, professeurs, psychanalystes, juges…
Elle nous raconte notamment l’histoire bouleversante de D., une ado de 13 ans, bonne élève et issue d’un milieu privilégié, qui a été durant trois mois le martyr des garçons de son quartier, subissant des viols quasi-quotidiens et se scarifiant pour exorciser son mal-être. Le récit douloureux d’un véritable calvaire subi par cette adolescente qui se détestait pour n’avoir su dire non, culpabilisait d’avoir causé des ennuis supplémentaires à sa mère, de ne pas avoir parlé ni s’être défendue, et pour cela ne souhaitait qu’une chose : mourir. Et c’est à maintes reprises et de toutes les façons possibles qu’elle tenta de se donner la mort, au point de sombrer plusieurs fois dans le coma et de nécessiter une surveillance permanente en hôpital psychiatrique.
« - Je ne peux pas guérir de cette maladie. Elle me dévore. J’ai tellement mal dans mon cœur, à l’intérieur, partout, que je ne sais même plus où ça me fait mal…
Laisse-moi mourir maman, s’il te plaît. »
Des paroles qui laissent sans voix…

Au fil des pages nous découvrons d’autres témoignages édifiants : des victimes traumatisées et perdues ; des adolescents qui déclarent ignorer que les fellations forcées constituent un viol et utilisent des mots crus qu’ils ne devraient - à leur âge - ni connaître, ni comprendre ; des jeunes filles prêtes à pratiquer des fellations à leurs camarades de classe pour s’affirmer ou faire partie d’une bande, sans que cela les choque ; une jeune fille de douze ans qui affirme devant son père vouloir devenir actrice de film porno parce qu’elle « aime ça » ; un père qui offre un film porno comme cadeau d’anniversaire à son fils de 13 ans ; mais aussi les fausses déclarations de viols de filles qui doivent rentrer au bled pour être mariées et qui ne sont plus vierges…
Et face à cela toutes sortes de réactions, des plus humaines aux plus condamnables : des parents désemparés qui se blâment de n’avoir su protéger leur enfant de toute cette perversité ; certains qui ferment les yeux, se réfugiant derrière leur sentiment d’impuissance ; ou d’autres encore qui n’hésitent pas à banaliser les actes de violence commis par leurs chers rejetons…

L’auteur dénonce le manque d’investissement et le retard de l’Education nationale dans sa mission éducative ; des professionnels blasés qui en oublient parfois qu’ils ont face à eux des victimes en souffrance ; la négligence de nombreux parents ; ou encore la lenteur des procédures, à l’image du cas de D. où il aura fallu huit ans pour que le procès ait lieu, que la jeune fille soit reconnue comme victime et que ses agresseurs écopent de peines dérisoires…

Plus que jamais, les enfants sont en quête de valeurs affectives dont ils manquent trop souvent, de normes qui ne sont plus définies, de limites que bien des parents ne savent plus imposer.
Il est temps d’ouvrir les yeux, de réagir, et de rendre à nos enfants l’innocence et l’insouciance dont ils ont besoin pour se construire et desquelles nous les privons de plus en plus. Pour que la sexualité ne devienne pas, à leurs yeux, synonyme de barbarie et continue à rimer avec les mots respect, liberté et amour.
Un livre poignant, instructif et bien écrit qui mérite d’être placé entre les mains de chacun de nous, pour mieux comprendre ce phénomène inquiétant, qui concerne toutes les classes sociales, avant qu’il ne nous dépasse…
Ados : la fin de l’innocence - Enquête sur une sexualité à la dérive
Géraldine Levasseur ( Editions Max Milo)

Mélina Hoffmann
Photo D.R

GUILLAUME SUZANNE Bienvenu(s) dans une science-fiction délirante et apocalyptique!
Les poubelles pleurent aussi vous accompagnent dans votre traversée initiatique pour découvrir ce que sera peut-être le monde de demain. Et vous n'allez pas pleurer!

Imaginez une poubelle nommée Betsy, férue de godasses, à l'haleine de détritus macérés, qui vient vous donner son point de vue et pousse sa coquetterie jusqu'à réclamer qu'on lui ôte l'adjectif identitaire "coprophage" pour "détritivore".
Imaginez un président faire-valoir, acteur à la manque choisi sur casting et un premier ministre à chiffres, conspirateur et médiocre.
Imaginez une capitale nommée REPONSE et des extra-terrestres extra-lucides, les NODS, qui lisent dans les pensées, sont omnipotents et livrent dans un parloir des réponses à la race humaine paumée.
Imaginez un gars à bout - mais pas tout à fait jusqu'à jouer les kamikazes - qui joue les taxis-hôtels de plaisance et voue une haine gigantesque aux Nods.
Pourquoi? Ces Nods ont l'air bien gentils! Ils sont venus pour servir l'homme, paraît-il. Arnold Sextan n'est pas d'accord. Les Nods ont privé les hommes de la liberté de se vautrer dans leurs vices quotidiens. Un matin, fumer une clope n'a tout simplement plus été possible..."grâce" aux Nods. Voilà pourquoi Arnold adhère à l'association de Non Assistance aux Nods en Danger.

Enfin, imaginez le début de programme du mois d'avril:
- 1 er avril: explosion en série de matière grise
- 3 avril: épidémie d'autisme
- 4 avril: vague de schizophrénie.

Voici un roman qui, sous couvert d'une note de science-fiction délirante, nous parle de notre société et de ses travers. Voilà un récit qui désarçonne parce qu'il nous plonge dans un système inconnu et... absurde.

A mi-chemin entre Mars Attack et la nouvelle de Damon Knight " Comment servir l'homme", on baigne dans un futur terrifiant autant qu'improbable. Il y a aussi du Wall-e de PIxar dans la phase 3 finale...
Et pourquoi ne pas rajouter une sauce de zombis?

Une chose est sûre...
"Les Nods disent toujours la vérité même si ce n'est pas toujours celle que http://www.scifi-universe.com/upload/medias/romans/poubelles.jpgl'on croit".

"Les Nods faisaient-ils régner l'ordre, apportaient-ils la lumière dans un siècle de ténèbres? Réduisaient-ils la délinquance, augmentaient-ils l'espérance de vie par leurs médicaments novateurs? Dénichaient-ils du travail pour tous, redonnaient-ils la dignité aux pauvres? Oui, et c'était inadmissible. Partout sur le Globe, des hommes et des femmes se révoltaient et rejoignaient des groupuscules extrémistes de résistance. Ces foutus aliens à qui ils n'avaient rien demandé les dépouillaient de leur droit le plus sacré: celui de commettre des infractions, de braver l'interdit, en bref, de défier la loi et la justice. Les hommes, maîtres dans l'art de dénicher des prolèmes, leur chercher des solutions, tâtonner, hésiter puis se fourvoyer avant de se lamenter, ne toléraient pas qu'on leur impose ipso facto la connaissance et la sagesse.
Les Nods destituaient l'Humanité de ce que Dieu lui-même lui avait laissé: le libre arbitre.
Arnold le résumait en ces mots dignes et sobres: "On a perdu jusqu'à la liberté de s'intoxiquer en paix
". (Guillaume Suzanne)

Julie Cadilhac

 

"Les poubelles pleurent aussi" de Guillaume Suzanne
Edition: Griffe d'encre
Illustrateur de couverture: Zariel

AFNOR Editions publie la traduction française de l'ouvrage à succès de John Grant, « Le Manifeste du marketing vert ». Cet auteur, très renommé outre-Manche, jette les bases du « vrai » marketing vert et démontre comment marketing et développement durable peuvent fonctionner ensemble.

LE LIVRE
Le marketing durable peut-il être rentable ? John Grant répond à cette question en distinguant une véritable entreprise verte de celle « peinte » en vert ; pour éviter le « greenwashing », l'auteur préconise une réflexion commune de la part de l'entreprise sur l'éthique et l'engagement durable, excluant la simple notion de produit vert.
A la fois militant et professionnel, « Le manifeste du marketing vert » va permettre aux décideurs de s'engager efficacement dans la voie du développement durable. A travers des cas concrets, tous les points utiles à l'élaboration d'une stratégie de marketing durable sont abordés : comment trouver des partenaires crédibles ; comment changer les coutumes de l'entreprise ; comment défier le consumérisme ? L'objectif de ces questions : s'assurer d'être dans une démarche de développement durable au cœur du marketing vert. Ce livre s'adresse aux managers, aux professionnels du marketing, aux agences, aux entrepreneurs verts et aux spécialistes de la responsabilité sociétale.

L’AUTEUR
John Grant est l'auteur de quatre ouvrages à succès sur le nouveau marketing. Co-fondateur de l'agence de publicité St Lukes, il travaille en tant que consultant indépendant pour des entreprises comme IKEA, innocent, Sony Ericsson, O2, LEGO et Unilever. Il collabore avec de nombreuses jeunes entreprises éthiques et environnementales, et participe à des think tanks dans le même esprit. Il est également l'animateur du blog « greenormal », célèbre au Royaume-Uni.

L’EDITEUR
AFNOR Editions conçoit et développe, pour et avec les entreprises, des solutions d'accès, d'aide à la mise en œuvre et de gestion de l'information professionnelle. Ouvrages d'auteurs experts, presse professionnelle, services d'alerte et de veille, bases de données.... l'ensemble de ses services d'information est disponible sur de multiples supports.

Pour en savoir plus : http://www.afnor.org

Cet ouvrage est disponible en librairie et sur http://www.boutique-livres.afnor.org
Oivier Quelier

Portés par le talent d’une myriade d’artistes proposant textes et dessins inédits, AIDES et Glénat s’associent pour lutter contre le sida en publiant « Les artistes s’engagent contre le sida ».

Comment le dire sans que cela passe pour un cliché : le sida est l’un des fléaux majeurs de notre temps. Celui contre lequel chacun doit apporter sa pierre au mur qui peut-être un jour nous protégera de cette maladie. Ce mur, se construit lentement, grâce aux efforts des chercheurs. Qui ont besoin de moyens, mais aussi d’une évolution des mentalités, afin que parler sida ne soit plus un tabou. C’est à ce double objectif qu’espère concourir cet album.

Les auteurs s’engagent, en reversant tous les bénéfices à l'association AIDES et en donnant l’occasion à des artistes et personnages publics, comme Bertrand Delanoë, Etienne Davodeau, Lisa Mandel, Cabu, Plantu et de nombreux autres, de parler de manière juste et souvent poignante de cette maladie née de l’amour.

Un très bel album pour un très beau geste contre la maladie...

« Les artistes s’engagent contre le sida », Glénat, collection Hors Collection. 96 pages. 14, 99 €.

Olivier Quelier

Retrouvez le blog d'Olivier Quelier >>>

« Regardez bien autour de vous. Tous ces visages qui se fondent dans la foule, dans la pure banalité. Derrière les portes closes d’une modeste maison de la banlieue, sur un chemin de campagne perdu, dans un appartement d’un quartier branché ou dans le sous-sol d’une résidence cossue, l’anonymat prend toute sa force par une connexion Internet et un disque dur. Fantasmes et perversions s’éveillent devant l’écran qui débouche sur le monde.
Ils ont tant de points communs. Un visage dont on arrive à peine à se souvenir. Des mains moites, une voix faible, une démarche nonchalante. C’est le nouveau conjoint de maman, ou le bénévole tant recherché, ou le quinquagénaire qui se fait passer pour un ado ; bref, c’est l’homme dont la jouissance passe par les enfants. »
Jessica, 6 ans, est nue dans une cage, à la merci d’un homme qui l’humilie, l’agresse, la viole, armé de sa perversion et d’un appareil-photo pour pouvoir en faire profiter les « amis ». Jessica n’a pas eu de conduite à risque, elle n’a pas fait confiance à un inconnu, cet homme c’est son père, un ingénieur en logiciel dans une société de haute technologie en Caroline du nord. Il a fait d’elle sa « marchandise », son « matériel », son esclave.
C’est alors une course contre la montre qui débute pour les policiers qui s’emparent de l’affaire. Retrouver et sauver cette fillette, l’arracher des griffes de son prédateur de père : c’est désormais tout ce qui compte. Et c’est au terme de 33h de travail acharné aux quatre coins des Etats-Unis, grâce à l’analyse minutieuse de plus de 400 photos, la collaboration de nombreux spécialistes, et une pointe de chance, que le calvaire de la fillette prendra fin et que son tortionnaire écopera de 100 ans d’emprisonnement.Ce cas n’est malheureusement qu’un exemple parmi tant d’autres… Et bien souvent, le dénouement n’est pas si rapide, quand dénouement il y a.

« La violence, la perversion, la manipulation et le sadisme n’ont pas de bornes », se désole Paul Arcand dans son préface. « La police commence à peine à se réveiller, presque toujours en retard sur l’agresseur. »

Le plus insupportable, c’est sans doute de s’imaginer qu’en ce moment, dans le monde, des dizaines de milliers d’enfants subissent le même sort que cette petite fille innocente, et que tous ne pourront pas être sauvés, une poignée seulement d’entre eux étant répertoriés dans les fichiers des services spéciaux concernés…
D’autres chiffres tout aussi accablants révèlent l’ampleur de ce phénomène et la difficulté à le maîtriser : chaque semaine, 24 000 images d’agressions contre des enfants viendraient s’ajouter au contenu de 14 millions de sites Web ! Des chiffres qui ne cessent d’augmenter… De quoi donner le vertige, tout comme les 3 milliards de dollars que rapporterait chaque année la pornographie juvénile selon l’étude d’un site web américain d’analyse commerciale.
« Loin d’être des solitaires désœuvrés ou des maniaques d’informatique isolés, les créateurs et consommateurs de ces images sont enseignants, prêtres, médecins, politiciens, policiers et chefs scouts. Ce sont vos parents, vos voisins, les dirigeants de votre collectivité. »
Internet n’a certainement pas donné naissance à la pédophilie infantile. Mais il est évident qu’il a permis son essor en donnant aux délinquants sexuels un terrain idéal et d’accès facile pour leur permettre d’échanger et de banaliser leurs fantasmes en toute liberté, de normaliser des comportements au demeurant inacceptables et déviants. Internet, notamment avec l’augmentation des vitesses de connexion et de la capacité des supports de stockage, est devenu l’outil indispensable du cyberprédateur, qui est devenu par la même occasion plus difficile à traquer.

Prédisposition génétique ? Problèmes hormonaux ? Sévices sexuels subis durant l’enfance ? Les psychiatres ignorent toujours, à l’heure actuelle, ce qui mène des individus à commettre de tels crimes.
Et si leur nombre a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, l’âge des victimes, lui, ne cesse de baisser. Des mots difficiles à écrire, et pourtant tristement réalistes.

Ce livre retrace les efforts et le dévouement des polices et des procureurs du monde entier qui traquent sans relâche ces prédateurs sexuel, au prix parfois d’une souffrance personnelle intense et indélébile. Il relate également les opérations menées par les services de police pour parvenir à des arrestations, telles que la création de faux sites Web de pornographie juvénile, l’investissement de salons de discussion par des agents secrets se faisant passer pour des enfants, ou encore la mise en place de banques de données détaillées…
Enfin, il nous emmène sur la piste d’entrepreneurs peu scrupuleux qui ont fait de la pornographie juvénile leur mine d’or, profitant de l’attitude bien souvent trop délétère des banques et sociétés de cartes de crédit.
Un ouvrage réalisé dans le respect des victimes, et dont les informations proviennent en grande partie de rapports d’enquêtes et dossiers de police. L’auteur précise d’ailleurs qu’ « aucune image pornographique d’enfant n’a été achetée ni téléchargée. Aucune n’a été visionnée, sauf en présence de l’agent de police affecté au dossier. »
La plus grande difficulté, pour les victimes qui s’en sont sorties, est d’ailleurs de vivre en sachant que les photos de leurs sévices circulent toujours librement sur Internet, et que l’on ne peut rien faire pour empêcher ça. Une condamnation à vie pour ces enfants innocents qui tentent de se reconstruire tant bien que mal…

L’un des messages que transmet l’auteur, et qui mérite d’être largement diffusé, est que le « simple » fait de regarder, télécharger ou échanger des photographies d’enfants agressés est un crime qui fait de ses acteurs des agresseurs actifs. Regarder ces images, se les approprier, contribue à alimenter la demande et donc les actes d’agressions. Derrière chacune de ces photos se cache un enfant qui souffre, victime des pires atrocités.

Des experts expliquent aux parents comment responsabiliser leurs enfants face à ce vaste espace de liberté qu’est Internet, en faire des utilisateurs prudents et avertis. Cela ne suffira malheureusement pas à mettre un terme à ce phénomène, mais il contribuera peut-être à épargner au moins un enfant. Votre enfant.
Mélina Hoffmann
"Un enfant à la fois"- Protéger nos enfants des cyberprédateurs
De Julian Sher - Préface de Paul Arcand
Editions de l'Homme

Contes de la télé ordinaire

David Abiker - Editions Michalo

« La télévision a cet art extraordinaire de nous inventer des regrets, des angoisses et des soulagements collectifs. »
Vous ne croiserez ni ogre, ni sorcière dans ces Contes là, seulement quelques présentatrices féériques, hommes politiques illusionnistes et animateurs monstrueux !
A travers une cinquantaine de petites histoires rédigées entre 2005 et 2008, David Abiker décrypte dans ce livre l’univers à la fois fascinant et impitoyable de l’actualité, des images et de la télévision. Attention toutefois aux effets secondaires : vous ne regarderez plus la télévision du même œil !
En effet, il évoque avec un regard critique une sélection de faits divers qui a marqué l’actualité, qu’il s’agisse de la libération de Florence Aubenas, de la mort du Pape, ou des résultats du référendum pour la Constitution européenne (et les interminables pseudo-traductions du « NON » des français). La télévision populaire est également passée au crible : du fameux rideau de Bataille et Fontaine au plateau enflammé de Fogiel, en passant par les candidats formatés des émissions de télé réalité ou encore l’entêtante publicité du 118-218 pour les renseignements, qui résonne encore dans nos oreilles, et qu’il n’hésite pas, au passage, à qualifier de « spot le plus bas de gamme de l’histoire de la réclame télévisée » !
Si l’auteur n’épargne pas les présentateurs télé, les personnalités politiques restent tout de même les principales cibles de sa plume acérée, pour notre plus grand plaisir !

Alors, la télévision, outil de manipulation ? Cet ouvrage tout entier est une réponse affirmative. David Abiker nous y livre des commentaires souvent ironiques, parfois acides, mais qui nous interpellent, tout ce qu’il a pu observer, installé devant son petit écran avec, sur les genoux, des plateaux-repas qui « rendent le JT comestible » !

Avec un humour cinglant et un ton parfois révolté, il analyse les discours télévisés, l’impact des mots choisis volontairement par les orateurs, et les « mots-images » taillés pour la télé : « Le préfixe ʻécoʼ, ça sauve l’industrie de l’ennui et de la pollution. Une éco-industrie est bien plus vertueuse qu’une raffinerie de pétrole au grand baromètre du bien commun. […]ʻcitoyenʼ fonctionne aussi très bien pour assainir les mots qui puent. Essayez Café citoyen, c’est tout de suite mieux que bar-tabac. Entreprise citoyenne, c’est bien plus chouette que multinationale ».
Il dénonce également l’exploitation des images par la télévision, ce voyeurisme forcé auquel nous sommes quotidiennement conviés, comme cette mise en lumière arrangée de l'évacuation de mal-logés parisiens : « Je trouve le plan esthétiquement magnifique, l'occasion de filmer inespérée mais il me reste quelques gouttes d'humanité et je trouve donc que cette image de « rafle, comme si j'y étais » ne sert strictement à rien. Cette image ne sert à rien, elle est illégitime, sans morale, sans nécessité, sans utilité. C'est une image organisée, un coup monté légal, les cameramen et les preneurs de son ont eu le temps de s'installer, d'attendre face à la porte qu'on va défoncer. La seule utilité de ce plan indigne est de nous convaincre que l'Etat ne fait pas rien. L'état ne fait pas rien, il fait pire. »

Il décrit également une réalité, celle de l’évolution de la télévision : les films du mardi soir qui ont peu à peu cédé la place aux émissions de coaching en tout genre, les programmes diffusés à toute heure du jour et de la nuit, les diffusions de séries que l’on attend plus parce que l’image est aujourd’hui à portée de téléchargement, « Les coupures publicitaires qui font monter les décibels » …
Au travers de ce recueil, David Abiker s’interroge sur le devenir d’une télévision qui se révèle de moins en moins indispensable. « Je prends des notes car je veux pouvoir témoigner de la fin, je veux pouvoir raconter aux enfants de mes enfants, à quoi ça ressemblait une publicité. Je veux leur dire qui était Poivre (ndlr. Comprenez Patrick Poivre d’Arvor), cet homme à la parole magique qui disait « Madame Monsieur Bonsoir » à des gens qui n’étaient pas dans la même pièce que lui. »
On partage volontiers ses doutes, mais il est certain que si notre télévision lui inspire de tels ouvrages, elle n’est pas prête de rejoindre le grenier !
Un ouvrage à consommer sans modération, qui incite à la réflexion tout en nous faisant passer un véritable bon moment… loin du petit écran !
Mélina Hoffmann

Les choix de Mélina

Natura

Louise Tanguay
Editions Rustica

« Je suis venue au monde dans ses bras, dans un pays de grands espaces, d’aurores boréales et d’immenses forêts d’épinettes. J’ai couru dans ses champs, cueilli ses fleurs ; je me suis réfugiée dans ses arbres. Enfant, mon imaginaire voyageait dans ses mystères. Ses rivières ont emporté mes colères, ses étangs ont consolé mes chagrins.

La nature me nourrit et m’abrite. Je l’ai observée souvent, longtemps. Le regard que j’ai posé sur elle est venu se poser sur moi. Elle me conduit à la source. »


Louise Tanguay est photographe depuis plus de 30 ans. Ses photographies sont de véritables œuvres d’art et on comprend, en feuilletant les pages de cet ouvrage, pourquoi elles lui ont valu de nombreux prix d’excellence.
Sa relation avec la nature n’est autre qu’une histoire d’amour passionnelle et fusionnelle. Le regard qu’elle pose sur elle à travers son objectif est emprunt de respect et d’admiration, un véritable hommage.

Les photographies de toutes tailles regroupées dans ce livre ont été prises au Canada. Elles nous montrent la nature sous tous ses aspects et dans tous ses états, et s’accompagnent de légendes dans lesquelles l’auteur nous raconte les conditions de certaines prises de vue, nous décrit l’atmosphère dont s’est imprégnée la photographie.
C’est tout d’abord le ciel qui est à l’honneur, qu’il soit bleu profond, délicatement teinté des couleurs envoûtantes de l’aube ou du crépuscule, embrasé par les rayons pénétrants du soleil, ou disparaissant derrière un épais rideau brumeux…
Puis, la nature, mélancolique, se recouvre d’un manteau blanc. Les gros plans nous révèlent toute la poésie des brindilles recouvertes de givre, d’une feuille morte échouée sur le sol glacé d’un matin d’hiver, d’un bourgeon de sapin, du combat d’une petite plante fragile contre le vent…
Les arbres, les fleurs et les fougères aux formes élégantes viennent ensuite nous offrir leurs plus belles poses. Les couleurs scintillantes de l’hiver succèdent aux teintes flamboyantes de l’automne. Moments de quiétude, de sérénité. Instants paisibles où la nature semble reprendre son souffle, sous des jeux de lumière envoûtants, lorsque la brume flirte avec l’eau dans la lumière naissante du petit matin ou que les minuscules gouttes d’eau de la rosée se transforment sous nos yeux en perles scintillantes.

Ce que la nature semble avoir de plus insaisissable et de plus imperceptible n’a pourtant pas échappé à l’œil exercé de la photographe : une goutte de rosée glissant le long d’un épi d’une graminée ; une toile d’araignée finement recouverte de rosée ; l’évanescence de la brume matinale qui dissimule la nature sous son voile opaque ; les reflets de la lumière à la surface de l’eau…
Chaque photographie est une invitation au rêve et à l’évasion. On se laisse envahir par la magie du spectacle fascinant que nous offre inlassablement la nature, dont les caprices deviennent ici la principale source d’inspiration de Louise Tanguay. Il s’agit bel et bien d’une rencontre artistique entre le regard passionné et captivé d’une photographe et un modèle à la richesse inestimable et inépuisable. On reste sans voix devant certains clichés simplement surréalistes.

« La nature est un grand maître. Rien au monde ne peut rivaliser avec la nature pour m’enseigner ma condition de mortelle, pour me confronter à mon inéluctable finitude. »

On ne peut que se sentir infiniment petit et respectueux devant cette nature majestueuse, féérique et envoûtante, que la sensibilité de l’auteur honore dans cet ouvrage.
Des photos et des textes d’une rare poésie, d’une beauté sans égal, bouleversants et profondément inspirants.
Un livre ? Non. Une incroyable œuvre d’art.


Mélina Hoffmann

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