Illustrateurs
Sophie de la Villefromoit née un crayon au bout des doigts
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- Publié le mercredi 16 mai 2012 16:49
Propos recueillis par Julie Cadilhac-Bscnews.fr/ / Photos D.R/ Sophie de La Villefromoit a commencé ses études à l'Ecole Supérieure d'arts de Brest et les a achevées à l'Ecole Emile Cohl à Lyon. Elle vit en Bretagne dans le Finistère.Elle a illustré plusieurs albums pour enfants et ses illustrations colorées aux visages poupins rencontrent un vif succès! En 2010, elle a donné un visage espiègle à l'incorrigible petite Sophie de la Comtesse de Ségur, s'inspirant des moues de sa fille et peut-être de son caractère bien trempé lorsqu'elle était petite. Aujourd'hui, elle concocte en secret un livre avec Sébastien Pérez; on a hâte de le découvrir!
Née avec un crayon au bout des doigts ou touchée par l'amour du dessin un matin, au gré d'une rencontre?
Un crayon au bout des doigts! J’ai la chance d’avoir grandi dans
une famille animée
par le dessin, la peinture et la musique. Je restais des heures assises à côté
de mes tantes, regardant le pinceau courir sur les papiers et les toiles. Ma grand-mère me raconte que je réclamais toujours une feuille de papier et un crayon, elle conserve précieusement mes premiers dessins dans le bureau de mon grand- père... Cela dit lorsqu’on me demandait quel métier je souhaitais faire plus tard, je répondais Astronaute, Archéologue ou encore chanteuse de rock, mais en visitant la Sécession à Vienne, à l’âge de 14 ans, j’ai eu littéralement un coup de foudre. J’ai découvert les fresques de Gustav Klimt ainsi que ses dessins, ce jour là fut une révélation : je voulais peindre et dessiner, en faire mon métier ! Ma mère a toujours su que le dessin était ce pour quoi j’étais faite. Aujourd’hui elle reste encore mon plus grand soutien.
Si vous deviez citer une phrase célèbre qui vous ressemble, vous diriez...
« Chacun recèle en lui une forêt vierge, une étendue de neige où nul oiseau n’a laissé son empreinte. » de Virginia Woolf. J’ai le sentiment d’avoir au fond de moi un jardin secret dont je n’ai pas encore toutes les clefs. C’est ça qui fait la beauté du métier d’artiste, c’est qu’on en apprend tous les jours un peu plus sur soi au fil des créations.
Une couleur qui vous définit? vous refroidit? et une que vous avez toujours du mal à concocter sur votre palette?
J’aime le bleu, la couleur de la mer, une couleur profonde et calme dans laquelle je plonge. Pourtant c’est une couleur que j’utilise peu dans mes images. Je n’ai pas l’impression de choisir des couleurs qui me séduisent, ce sont plutôt les couleurs qui s’imposent d’elles mêmes selon le sujet, la scène et l’atmosphère. Néanmoins la couleur qui peut me tourmenter sur la palette est le marron, les couleurs de terre...
Une phrase entendue par un de vos lecteurs qui vous a touchée...ou fait rire?
Il me vient en tête non pas une phrase mais un geste. Lors de ma première séance de dédicace de mon livre Poucette, j’ai eu le plaisir de rencontrer une petite fille venue spécialement pour moi. Elle avait fait un dessin représentant ma Poucette dans sa coquille de noix qu’elle m’a offert. J’ai été émue d’avoir suscité à travers mes illustrations et mon univers l’envie de dessiner et de partager !
Avec quels médiums et outils Sophie fait-elle sa petite cuisine picturale?
Mes dernières illustrations sont à la gouache, pour Poucette c’était de l’acrylique, mais les nouvelles sur lesquelles je travaille sont à l’huile. Je n’arrive pas à m’arrêter à une technique en
particulier, je suis encore en recherche...
Qu'est-ce qui vous attire particulièrement dans l'esthétisme et le romantisme du XIXème siècle?
Les artistes du XIXème siècle ont une sensibilité à fleur de peau. Leurs émotions sont exacerbées. Ils réussissent à rendre beau le chagrin, la souffrance, la mort. Ils trouvent refuge dans le rêve et ils m’y emmènent. J’ai ce côté nostalgique que j’essaye d’explorer dans mes images.
Avez-vous un auteur de chevet de ce siècle à nous citer? un peintre dont l'univers vous ravit?
Je viens de terminer de lire « Marina » de Carlos Ruiz Zafon. Au pied de mon lit j’ai quelques piles de livres dont trois romans de cet auteur que j’ai découvert avec « l’ombre du vent » un livre magnifique. Ses mots font naitre dans ma tête de très belles images. Joe Sorren est un artiste dont les peintures me ravissent, il se joue des formes et travaille la lumière avec le talent d’un impressionniste. Son univers est terriblement poétique.
Il y a beaucoup de filles dans les histoires que vous avez illustrées...est-ce un hasard?
Pendant des années je me suis projetée sur le papier, mes tout premiers dessins d’enfant me représentaient déjà et j’aimais me transporter dans des décors, des aventures que j’imaginais... Cela a changé depuis que j’ai mis au monde ma fille. Je me suis mise à la dessiner sans cesse. Néanmoins je me force à dessiner de nouveaux visages féminins inspirés également de vraies personnes. Ma fille Félicie, qui incarne Sophie dans Les Malheurs de Sophie, reste cependant mon modèle préféré. Pourtant en voyant mon fils grandir, j’ai eu également envie d’essayer de dessiner des garçons, aussi je l’ai pris pour modèle dans mon dernier livre « la princesse des ménines » . Il a donc posé pour moi du haut de ses deux ans et incarne l’infant Philippe.
De nombreuses robes à jupons, de rubans...l'illustration donne -t-elle l'opportunité à la romantique que vous êtes d'imaginer les plus jolies parures que vous souhaiteriez porter? Un peu Sissi dans l'âme?
J’avoue, je rêverais porter de grandes robes à crinolines. C’est un rêve de petite fille.... Mais je n’assumerais pas de porter des robes extravagantes comme à la cour de Vienne. Une robe à crinoline un peu austère comme dans « Jane Eyre » ou « la leçon de Piano » me plairait énormément mais ce n’est plus vraiment la mode hélas. Les peindre dans mes livres comble en partie ce rêve.
Pourriez-vous nous parler de ce ravissant livre intitulé la princesse des Ménines? Diego Velasquez est un de vos peintres de référence?
J’ai eu la chance de visiter beaucoup de musées lorsque j’étais enfant et j’étais émerveillée devant ces toiles immenses. Les tableaux sont comme des fenêtres dans lesquelles on peut flâner et imaginer des aventures. Avec ce projet j’ai inventé une histoire à partir du tableau « les ménines » de Vélasquez. L’idée était de lier l’histoire de l’art à une fiction intemporelle: l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Je me suis directement inspirée de mes propres enfants : un soir en rentrant de l’école, Félicie faisait ses devoirs et Gustave mangeait un morceau de brioche, il y eut une dispute et l’idée m’est venue en les observant. En effet Diego Velasquez est un peintre que j’admire beaucoup. Il y a dans les visages qu’il dépeint un sentiment étrange, un mystère accentué par les teintes sombres de ses toiles et les regards pénétrants. J’aime aussi la liberté et la justesse de son pinceau.
Vous êtes l'auteur, aussi, d'une version illustrée ,pétillante et superbe, des Malheurs de Sophie? Est-ce un livre d'enfants dans lequel vous vous identifiez étant petite?
Enfant, le premier Malheurs de Sophie que j’ai lu était une version pastiche par Gotlib et Alexis qui appartenait à mon oncle. J’ai été interloquée. Aussi j’ai mis quelques années avant de découvrir la version originale. La Sophie de la comtesse de Ségur a une imagination débordante, elle est dégourdie, curieuse et elle sait apprendre de ses erreurs malgré un caractère bien trempée. Quand je l’ai lu je me suis retrouvée dans ce personnage, d’ailleurs on disait de moi enfant que j’avais un sale caractère.
Enfin quels projets en cours pour Sophie de la Villefromoit? Une parution chez Soleil si je ne me trompe?
Avec Sébastien Pérez nous travaillons sur un roman illustré où il tient la plume et moi le pinceau. C’est un projet enthousiasmant mais encore secret !
Pour retrouver le blog de Sophie de la Villefromoit!
Ken Keirns et ses effets bokeh
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- Publié le vendredi 30 mars 2012 11:31
Propos recueillis par Julie Cadilhac-Bscnews.fr/ Ken Keirns a grandi à Flint dans le Michigan et vit aujourd'hui en Floride. Il peint des toiles mêlant humour, histoires personnelles et étrangeté. Les tableaux de ce peintre américain, qui a exposé de nombreuses fois dans de grandes galeries à Los Angeles, Chicago, New York, San Francisco ou encore Londres, cherchent à éveiller la curiosité en mettant en scène toutes sortes de sujets féminins dans des cadres surréalistes: vous y croiserez des jeunes femmes aux compagnons simiesques personnifiés, des animaux aux caractéristiques anthropomorphiques marquées ou encore des visages mystérieux et déterminés ceints d'arrière-plans floutés.
Ana Bagayan: ses visages de poupée et ses regards aux récits en suspension
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Interview d'Ana Bagayan/ Propos recueillis par Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Ana Bagayan est américaine. Elle a étudié la peinture dans l’Art Center College of Design à Pasadena en Californie. En ce mois de février, elle expose à la Thinkspace Gallery à Culver City. Ses peintures, dans lesquelles cohabitent des enfants dénués de sourires, des animaux plus ou moins fantaisistes et des insectes pour le moins envahissants, sont empreintes de mystère et peuvent inquiéter l'oeil observateur tant y sont distillés de nombreux éléments étranges. Des visages de poupée entourés d'une nature sauvage, des regards qui invitent à poursuivre un récit en suspension; nous vous invitons à découvrir l'univers d'Ana Bagayan...
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Lilidoll : une expérience -visuelle et poétique- ravissante !
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Propos recueillis par Julie Cadilhac - Bscnews.fr/ Crédit-photo: Sophie Thouvenin/ Lilidoll vit à Nantes. Après avoir suivi les cours de l'Ecole Européenne de Bande Dessinée d'Angoulême, elle a participé à de nombreuses expositions, a commencé à coudre ses poupées, s'est initiée à la sérigraphie, à la création textile et au "toyz custom" tout en travaillant pour la presse en tant qu'illustratrice.
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