Par Antoine Fantin - BSCNEWS.FR / En septembre 2009, au Palais de Tokyo, les plus grands acteurs de la mode française et internationale célébraient les trente ans de création chez Dior d’un des artistes les plus importants et les plus influents de la photographie : TYEN, est l’invité d’honneur du 9ème Festival International de la Photographie de Mode à Cannes.

Un parcours atypique pour un artiste qui a su concilier deux passions : le maquillage – qu’il a élevé au rang de véritable discipline artistique – et la mode. Deux passions au service d’un amour : la photographie.

Son regard fut exercé par des pointures telles que Richard Avedon, Irving Penn, Hiro et Bill King que Tyen appelle ses maîtres, avec lesquels il a travaillé comme maquilleur avant de passer lui-même derrière l’objectif en 1984.

Dès lors, Tyen se singularise par la richesse d’un imaginaire fabuleux au sens premier du mot. Des couleurs bien sûr, mais aussi des décors, des tonalités, des accessoires, des textures, des matières qui sont autant de saveurs nourrissant un univers baroque et sensuel qu’il qualifie lui-même de féérique. Et durant sa carrière, Tyen a attrapé les plus belles fées de la mode et du glamour : Carla Bruni, Natalie Portman, Monica Bellucci, Iman, Milla Jovovich, Emmanuelle Béart, Laetitia Casta, Naomi Campbell, Karen Mulder, Helena Christensen, Kristina Semenovskaia, Karlie Kloss…

« Chaque photographe a sa lumière comme chaque saison a la sienne. » Lumière. Le mot revient sans cesse dans sa conversation. Comme si la lumière était la seule vérité. Comme si tout le reste n’était que détail, comme si tout le reste n’était là que pour la servir. Même les couleurs. Lui qui est reconnu dans le monde entier comme un des maîtres dans l’art de la beauté, de les concilier, de les réconcilier, de les faire converser, les couleurs sont subalternes. « La couleur est dans mes veines, mais le rouge et le noir encore plus. En fait, j’imagine en couleurs, mais la vérité, je le sais, c’est que je vois en noir et blanc, je suis albinos. D’ailleurs, lorsqu’il y a trop de couleurs, ça me… dérange ! », dit-il en souriant, sans qu’il soit facile de savoir si c’est vrai ou si c’est ce qu’il voudrait qu’on comprenne.
Un « Je » de cache-cache que l’on retrouve dans son travail. Ce qui se voit n’est pas toujours ce qu’il montre. Ce qu’il photographie avec tant de force n’est pas toujours ce qu’il démontre avec subtilité.

« Une bonne photo est le témoignage d’une rencontre entre une lumière (le photographe) et un reflet (le modèle). Une bonne photo est une liaison. Si le reflet est troublant, si la lumière est désireuse, alors il arrive que la liaison se fasse, que l’un vers l’autre nous avancions pour nous fondre dans l’image. Et ça je le sens, je le sais. Mes images sont vraies. Elles sont ce qui a été. Je ne travaille pas en numérique, moi je préfère le clic-clac de mon Hasselblad, c’est jouissif ! Je travaille en argentique, l’instant du 1000ème de seconde est irréel et magique. Et puis je crois qu’avec toutes ces années d’observation, mon regard est déjà numérique, mon doigt est déjà digital. »

Le Festival International de la Photographie de Mode :
15 juin au 15 août 2011, en extérieur dans la ville de Cannes.
25 juin au 28 août 2011 au Palm Beach Casino.
www.festivalphotomode.com
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Par Antoine Fantin - BSCNEWS.FR / Comment résister à cette fille pleine de qualités qui déambule (musicalement parlant !) au milieu de votre salon avec ses pieds arqués et ses seins rebondissant dans sa robe verte que très courte elle porte et les cheveux longs rouges et hirsutes dont elle est dotée ? Poupée qui discrètement se fait remarquer par la simplicité et l’efficacité de cet album que l’on repasse et repasse sans que s’efface le pli lumineux d’un rayon de soleil qu’elle trace sur le vêtement gris des jours ordinaires.

Un album féminin « mais pas réservé aux filles ». Féminin par la subtilité des textes de Vanessa Philippe qui écrit juste ce qu’il faut pour qu’on devine ce qu’on aimerait d’en savoir de plus. Féminin pour sa voix douce et sensuelle et les musiques déshabillées de Philippe Schmidt donnant aux dix titres cette légèreté et cette douceur que je qualifierais de printanière. Un album féminin subtilement agité par l’air du temps avec ce petit « quelque chose » dans la voix façon Sunday Morning des Velvet Underground, un album référence pour Vanessa.

La fille sans qualités tirent son titre du roman éponyme de Juli Zeh qui lui-même faisait écho au roman de Musil « L’homme sans qualités ». Une sorte de ricochet bien que l’album ne s’inspire pas du livre. « C’est surtout le titre qui m’a plu. Il correspondait tout à fait à l’esprit de l’album : des scénettes de la vie quotidienne d’une fille ordinaire. »

Ordinaires, banals, quotidiens, ce sont les sujets qui prennent place dans La fille sans qualités, mais rien d’ordinaire ou de banal dans son approche laissant assez de place pour que chacun s’y retrouve. D’ailleurs Vanessa Philippe n’aime pas trop expliquer ses textes. Elle aime cette part de mystère qui est à l’origine d’une chanson, même pour elle. « Des fois, elles naissent de deux mots qui tombent ensemble, d’un détail, d’une observation. Puis pour cet album, j’ai surtout écrit à l’oral. Je l’ai écrit en chantant dans la rue, en attendant le métro, n’importe quand, n’importe où, en enregistrant les mélodies sur le répondeur de mon portable. A la différence du premier qui était plus écrit au stylo, à partir du texte. »

Son premier album sorti en 2009, La dérive, ne s’est pas perdu dans l’océan des publications de disques. Remarqué et salué par la presse, il a su imposer son univers vrai et naïf. Mais avec ce nouvel album La fille sans qualités, Vanessa Philippe s’est rapprochée d’une écriture plus imagée sans pour autant s’éloigner d’elle, de ce qui la touche, l’amuse et la blesse. Un album réellement « enchanteur », à la fois intime et pudique, vrai et rêveur qui ne manquera pas de trouver son public qui, j’en suis sûr, ne sera pas exclusivement féminin. Avec le titre La robe verte il serait légitime qu’elle obtienne un réel succès : c’est cousu de fil… vert.


Une fille sans qualités, date de parution : juin 2011
Infos, vidéos et dates de concert : www.vanessaphillippe.com
Photo Yann Creac'h ©

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