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Les goûts musicaux surprenants des célébrités

Par Neila Latrous - BSCNEWS.FR / Barack Obama était hier l’invité de l’émission « The View » sur la chaîne ABC où il a détaillé le contenu musical de son iPod. « J’ai (le rappeur) Jay-Z là dessus. J’ai Franck Sinatra. J’ai Maria Callas. Je n’ai pas Justin Bieber » a reconnu le président américain, qui avait déjà reçu à la Maison Blanche des chanteurs aussi divers que Paul Mc Cartney, Stevie Wonder ou les Jonas Brothers, appréciés de ses filles Sasha et Malia.

Il y a deux ans, le président US s’était déjà prêté à ce jeu pour le magazine Rolling Stones. Étaient cités Bob Dylan, Howlin’ Wolf, Bruce Springsteen, Earth, Wind and Fire, les Rolling Stones, Ludacris, Sheryl Crow et divers jazzmen comme Miles Davis, Charlie Parker et John Coltrane. Que des artistes américains.
Barack Obama et Ludacris

Barack Obama et le rappeur Ludacris (crédits : Babyboyarts)

Véritables mélomanes ou communicants hors-pair, il semble que la musique tienne une place importante dans la vie des Obama. L’an dernier, Barack offrait un iPod à la reine Elizabeth II tandis que Michelle remettait une guitare à Carla Bruni.

La présidence américaine n’est pas la seule à faire de la publicité pour l’iPod, puisque Nicolas Sarkozy s’en était vu offrir un il y a quelques années par l’une des ses belles-filles. A l’intérieur : du Johnny Hallyday, du Brel, du Barbara, du Brassens, des chansons d’Aznavour, Chimène Badi et Calogero. Quelques artistes étrangers aussi, du Mariah Carey et du Elton John. Le président confessait écouter un titre de Faudel – « Mon pays » – pour se ressourcer.

Interrogée par Le Figaro/Madame sur ses goûts musicaux , Carla Bruni répondait : « de tout ». Avant de détailler : Bob Dylan (elle aussi), Brassens, Barbara, Billie Holiday (pas grand chose à voir avec Johnny), les Clash, Melody Gardot, Madeleine Peyroux.

Il y a quatre ans déjà, David Cameron était invité sur une radio britannique pour parler de ses goûts musicaux. Sur son iPod (encore) offert (là aussi) par sa femme, on pouvait trouver du Bob Dylan (…), Blur, Radiohead, Pulp, The Smiths, the Killers, les Ramones, du Will Young et un peu de reggae. Le leader des Tories revenait aussi sur sa jeunesse, quand il jouait dans un groupe de rock, inspiré par Coldplay et les Foo Fighters. Là encore, beaucoup de références à des groupes anglais. (Même si the Killers, les Ramones et les Foo Fighters sont américains).

Le voilà donc le point commun entre les goûts de Barack Obama, de Nicolas Sarkozy et de David Cameron : la préférence nationale. Chacun des trois dirigeants dit écouter en premier lieu des artistes bien de chez lui. L’éclectisme ensuite : il s’agit de montrer que l’on n’est pas sectaire et que l’on est ouvert à toutes sortes de musique. Rap, jazz, soul, funk, lyrique, pop pour Barack Obama. Rock français, variété, raï, pop anglaise et américaine pour Nicolas Sarkozy. Rock, brit pop et un peu de reggae pour David Cameron.

Les trois citent également des artistes consensuels. Aucun ne se risque à dire qu’il adore le travail d’Orelsan (à qui Ségolène Royal avait injustement fermé la porte des Francofolies l’an dernier). Il faut brasser large, trouver des références qui parleront à tous et dans lesquelles chacun peut se reconnaître. Le moins risqué étant encore de citer Bob Dylan.

Nîmes : Jamiroquai, un indien dans la ville

Jamiroquai - concert NîmesPar Julie Cadilhac - Bscnews.fr / 21 juillet 2010, 22h30...Certes, il aura fallu du temps pour voir l''Iroquois du jazz sur scène et une certaine dose de persistance. Après avoir frôlé l'insolation et supporté la chaleur caniculaire dans les gradins des arênes, après avoir réussi péniblement à atteindre un comptoir ou un vendeur ambulant et enduré les brailleries d'une première "première partie" marquée par une volonté ostentatoire d'être - branché - déjanté ( au casting, entre autres, des filles -piles électriques, une iroquoise punk...et un répertoire...euh? fatigant...) dont on n'a pas su ( ou voulu) entendre et retenir le nom, après avoir été remué par les éclectiques ambiances proposées par le DJ Wax Taylor - de qualités inégales ( Une mention très bien toutefois pour Positively Inclined et son clip ) - ENFIN, Jay Kay est venu électriser la scène. C'est bien simple, lorsque le chanteur débarque sur le plateau, on ne voit plus que lui. Tout s'efface. Ses jeux de jambe, sa pêche épatante et le dynamisme entraînant de ses mélodies irradient les tympans d'énergie positive. Le public se lève très vite, chante et danse en liesse : Cosmic Girl , Virtual Insanity, Alright, Canned Heat... dans une folie acid -jazz et disco, l'indien britannique empanaché mène la danse face à un public conquis. Jay Kay et son groupe ont présenté une nouvelle chanson prénommée "Rock Dust Light Star" mais c'est surtout au rythme des classiques que le concert s'est déroulé - pour le plus grand plaisir des fans mais aussi des plus néophytes. Jason Kay a annoncé également qu'un prochain album devrait sortir en novembre: on ne peut qu'être impatient...let's dance with Jamiroquai!

Sida : un gel qui représente l'espoir pour la prévention

Par BSCNEWS.FR / Depuis l'ouverture du Congrès de Vienne sur le Sida, un résultat très attendu est tombé démontrant que la prévention contre le H.I.V pourrait se renforcer avec les tests concluants sur un gel microbicide pour les femmes. Il serait avéré que ce mode de protection protégerait les femmes à 39% des risques d'infection par le SIDA. Michel Sidibé, directeur de l'ONUSIDA a déclaré " Nous donnons de l'espoir aux femmes".

C'est la première fois en vingt ans qu'un essai de ce type donne des résultats positifs.

Justin Halpern : une success story via Twitter

Par Neila Latrous - BSCNEWS.FR / Vous connaissez forcément Justin Halpern. Ou du moins son compte Twitter : ShitMyDadSays, créé en août dernier et où Justin relate tous les jours les inepties et autres phrases hilarantes prononcées par son père. Près d’un million et demi de personnes suivent quotidiennement par ce biais les péripéties de la famille Halpern.

En quelques mois, le compte connaît un succès phénoménal. »ShitMyDadSays » est décliné en blog, en livre et consécration ultime en série télé diffusée à la rentrée par le channel américain CBS. L’histoire ? Un père, ancien docteur, dont le fils publie les citations souvent drôles sur Twitter. La série sera moins vulgaire que les tweets de Justin Halpern. Le titre lui-même a été modifié pour « Bleep My Dad Says », une version bien plus soft.

L’histoire de Justin est mine de rien assez incroyable. Au départ, c’est un loser. Diplômé d’une université de San Diego, il s’installe à Los Angeles pour devenir riche et célèbre et doit vite se rendre à l’évidence : il n’aura ni l’un ni l’autre. Il décide alors de quitter Hollywood pour s’installer avec sa copine. A peine le temps de rendre les clés de son appart qu’il apprend que sa compagne préfère qu’ils se séparent. A 28 ans, il décide alors de retourner vivre chez ses parents. Il écrit pour le webzine américain Maxim et ouvre le compte ShitMyDadSays pour noter les petites phrases prononcées par son père.

Justin Halpern voit alors son nombre d’abonnés croître de manière exponentielle et le succès taper à sa porte. En octobre 2009, l’éditeur Harper Collins l’appelle pour adapter le concept en livre. En novembre, Warner Bros le contacte pour un contrat télé. En février, le dernier chapitre du livre est écrit. En mars, le pilote du film est tourné. En mai, les droits de la série sont achetés par CBS et le livre paraît. Un mois après, il est numéro 1 des ventes selon le New York Times.
Justin Halpern

Justin Halpern

Le plus drôle, c’est que Justin avait toujours voulu devenir scénariste. A l’université, il écrivait déjà de faux scénarios de Seinfeld. A Los Angeles, il avait essayé d’envoyer quelques scénarios. Sans jamais se rendre compte que ce qui allait faire son succès était là, sous ses yeux, pendant des années : son père et ses phrases délirantes.

Morceaux choisis :

« I didn’t say you were ugly. I said your girlfriend is better looking than you, and standing newt to her, you look ugly » : « Je ne dis pas que tu es moche. Je dis que ta petite amie est plus belle que toi, et qu’à côté d’elle, tu as l’air moche ».

« Look, we’re basically on earth to shit and fuck. So unless your job’s to help people shit or fuck, it’s not that important » : « Ecoute, on est sur terre pour chier et baiser. Donc à moins que ton job soit d’aider les gens à chier ou baiser, ce n’est pas si important que ça »

« Engagement rings are pointless. Indiens gave cows… Oh sorry, congrats on proposing. We good now ? Can I finish my indian story ? » : « Les bagues de fiançailles, ça n’a aucun sens. Les indiens donnaient des vaches. Oh pardon, félicitations pour vos fiançailles. Maintenant que c’est fait, je peux finir mon histoire d’indiens ? »

Pour en savoir plus : l’article du La Times Blog et interview de Justin Harpern

Presse People : Une nouvelle guéguerre

Par Neila Latrous - BSCNEWS.FR / Les unes de presse se suivent et se ressemblent parfois. On a déjà eu l’occasion de parler des marronniers, ces sujets qui reviennent régulièrement dans les journaux comme le scandale des francs-maçons, l’immobilier pas cher, les villes où il fait bon vivre, les meilleurs lycées, prépas, universités, où fait-il bon se soigner en France, etc.

Ce sont des thèmes assez pratiques en période de vache maigre et qui permettent de faire paraître un journal même quand il n’y a pas d’actualité. Malin, non ?

La presse féminine et la presse people ont elles aussi leurs marronniers : belles en maillot, moches en maillot, les stars et leurs complexes, les folies de stars, les stars en vacances, etc. Et que se passe-t-il les semaines creuses, quand il n’y a pas d’actualité marquante ? Et bien on se retrouve avec quasiment la même couverture dans les deux principaux magazines, à savoir Voici et Closer :

Notez que Closer adopte un ton concernant (« Zéro complexe à la plage ») quand Voici préfère relever ces imperfections des stars, « Pas si belles en maillot ». Dans les deux magazines des infos sur Secret Story, « exclusives » pour Closer et « les premiers secrets de la prod » pour Voici. Le magazine de Prisma promet un numéro « 100% été » quand celui de Mondadori propose « 40 pages spécial été ».

Enfin, les deux jouent aussi sur la promo prix : 1 euro seulement pour Voici, 0,99 euro pour Closer. La saison du people est bel et bien lancée ! A noter que Voici sera challengé cet été par un nouveau magazine people lancé par Prisma Presse. Ca s’appellera « Voilà » (bravo pour l’originalité) et le premier numéro est déjà en vente !

Dessin de presse : ça ira mieux demain

ça ira mieux demainPar bscnews.fr / Qui ne se rue pas sur les dessins de Plantu dans le Monde avant même de se pencher sur la prose savante des articles? Qui ne respire pas mieux après avoir feuilleté les caricatures du Canard Enchaîné? Pour tous les addicted aux dessins d'actualité mordants, une grande nouvelle : le dessin de presse s'acoquine avec les nouvelles technologies. Une application pour smartphone dédiée au dessin de presse est enfin disponible depuis quatre semaines !

Une poignée de dessinateurs de presse dont Jul, Plantu, Chappatte, Jiho, Tignous, Lasserpe, Maëster, Trondheim, Colcanopa…ont maintenant leur application sur Iphone. On peut s'abonner et ,tous les jours, recevoir un dessin sur son téléphone. Cela coûte quelques centimes par mois. L'application se nomme " ça ira mieux demain" .. Elle regroupe quelques grands noms du dessin de presse qui diffusent leurs meilleurs dessins, des inédits ou des travaux refusés.

Consolation pour ceux qui n'ont pas un Iphone, l'application est disponible également sur le webgrâce au site www.cairamieuxdemain.com réalisé par Ave!Comics.

Trois formules possibles:

- Personnel: dédié à un dessinateur = 0,79 euros par mois.

- Aléatoire : pour deux dessins par jour, piochés au hasard = 1,59 euros par mois.

- Illimité: accès aux dessins de tous les dessinateurs, y compris les dessinateurs occasionnels : 3,99 euros par mois.

Laissez-vous tenter!

NB:Jul sera notre invité dans notre prochain numéro - parution le 16 juillet.

Montpellier : Cinéma sous les étoiles

Pour sa neuvième édition, la Ville de Montpellier propose 12 soirées Cinéma en plein air sur le thème de : L'Amérique : fiction ou réalité?

Pourquoi ce thème de l'Amérique? Pour célébrer en images ( après l'avoir fait en mots lors de la Comédie du Livre fin mai) le 55ème anniversaire du jumelage de Montpellier avec la ville de Louisville (Kentucky U.S.A).

Les séances, gratuites et accessibles à tous, se dérouleront Place Dionysos quartier Antigone ( Station tramway : place de l'Europe) du 2 au 20 août 2010.

Organisée en partenariat avec les cinémas Diagonal, Gaumont, Royal et Utopia, cette manifestation poursuit les actions engagées dans l'année par la Ville en faveur du cinéma : investissement pour l'éducation à l'image des jeunes spectateurs, soutien à 12 festivals dédiés au septième art et volonté d'accroître le nombre de tournages qui se déroulent sur le territoire. De plus, la Ville de Montpellier s'engage à ré-ouvrir - début 2011- le Cinéma Nestor Burma situé à Celleneuve.

La séance d'ouverture, le 2 août, s'accompagnera des sons joyeux de la fanfare " La nouvelle collection".

Voici le programme dont les connaisseurs sauront apprécier la qualité et la diversité et les puristes applaudiront la diffusion d'un nombre certain de films en version originale:

- Lundi 2 août : Big Fish, Tim Burton, 2004, 2h05, V.F avec Ewan Mc Gregor, Albert Finney, Danny de Vito, Marion Cotillard.

- Mardi 3 août : Un tramway nommé désir, Elia Kazan, 1952, 2h02, VO sous-titrée en français, avec Vivien Leigh, Marlon Brando, Kim Hunter et Karl Malden.

- Jeudi 5 août : Little miss sunshine, Jonathan Dayton et Valérie Faris, 2006, 1h40, V.F, avec Greg Kinnear, Steve Carell, Toni Colette.

Vendredi 6 août: Tous en scène, Vicente Minnelli, 1953, 1h52, Version Originale sous-titrée en français, avec Fred Astaire, Cyd Charisse, Oscar Levant, Nanette Fabray.

Lundi 9 août: O brother, Joel Cohen, 2000, 1h46 avec George Clooney, John Turturro, Tim Blake Nelson.

Mardi 10 août : HonkytonkMan, Clint Eastwood, 1982, 2h02, Version originale sous-titrée en français, avec Clint Eastwood, Verna Bloom, Kyle Eastwood, John Mclntire

Jeudi 12 août : Cookie's fortune, Robert Altman, 1999, 1h58, Version originale sous-titrée en français, avec Glenn Close, Julianne Moore, Liv Tyler.

Vendredi 13 août : Fievel et le nouveau monde, Don Bluth, 2002, 1h17, V.F, Spécial jeune public.

Lundi 16 août : Truman show, Peter Weir, 1998, 1h43, V.F, avec Jim Carrey, Laura Linney, Natascha McElhone.

Mardi 18 août: Dans la brume électrique, Tavernier, 2009, 1h57, Version originale sous -titrée en français, avec Tommy Lee-Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard.

Jeudi 19 août : American Beauty, Sam Mendes, 2000, 2h02, V.F, avec Kevin Spacey, Annette Bening, Thora Birch.

Vendredi 20 août: Harvey Milk, Gus Van Sant, 2008, 2h08, Version originale sous-titrée en français avec Sean Penn, Josh Brolin, Emile Hirsch.

Ce ciméma sous les étoiles est donc l'occasion pour les vacanciers de voyager au delà de nos dunes méditerranéennes, les autochtones au travail de s'évader un rien de la chaleur épuisante des bureaux, les familles de passer un moment culturel gratuit et de qualité...bref le temps d'une soirée, petits et grands, cinéphiles et amateurs auront le loisir de (re)découvrir un classique de la cinématographie américaine.

NB: Les programmes et les bandes annonces des films qui circuleront tout l'été dans les cinémas de la Ville seront présentés systématiquement avant les projections et des bons de réduction, donnant droit à des places de cinéma à 4 euros, seront à la disposition des spectateurs. L'an dernier, les cinémas ont vendus 1700 places à tarif réduit...la volonté de donner envie d'aller au cinéma a donc été une réussite...à réitérer!

Poésie: la renaissance du genre

Par Emmanuelle De Boysson - BSCNEWS.FR / La photo énigmatique de Rimbaud surgie d’une brocante nous interroge. À Aden où il travaillait comme commerçant d’armes, le poète avait renié son passé et ne supportait plus qu’on lui parle de son œuvre. Aujourd’hui, il est une légende autant qu’une icône. La poésie a-t-elle encore un avenir ou plutôt, comme dirait Hölderlin « à quoi bon des poètes en ces temps de misère ? » Jacques Roubaud s’inquiète de la désaffection des grands éditeurs et même des libraires ; la poésie serait condamnée pour ne couvrir qu’un faible marché. Et pourtant, contre toute attente, dans un monde matérialiste et morose, cet art que certains estiment difficile reste proche de nos émotions et suscite un regain d’intérêt, discret mais avéré. Il suffit de se rendre au marché de la poésie, mi juin, place Saint-Sulpice, pour s’en convaincre, de lire les revues qui fleurissent, de constater que même des écrivains médiatiques, comme Charles Dantzig ou Houelbecq publient leurs poèmes. Les poètes d’aujourd’hui ont bien du mérite, ils travaillent dans l’ombre avec la complicité de quelques éditeurs passionnés. Ils ne sont pas légion mais débordent d’énergie, se nomment Arfuyen (dirigé par Gérard Pfister également poète de premier plan), Lettres Vives, Zurfluh-Les Cahiers Bleus, La Feugraie, Rougerie, Seghers et même Gallimard dont la fameuse collection poésie n’est jamais en perte de vitesse.

Cependant, les poètes aiment la marge – « ce qui fait tenir les pages », disait Céline. L’un d’eux, Claude-Henry du Bord, vient de faire paraître chez Zurfluh-les Cahiers Bleus, un volumineux recueil : « Eloge du vivant, Œuvres poétiques 1980-2010 », qui regroupe trente ans d’écriture et sept recueils, classés sans souci de chronologie : Le Verbe Vivre ; L’invention du corps ; De l’utilité du lest, poème ; Chants nus ; Ecarts ; Encore et toujours ; 137. (Zurfluh-Les Cahiers Bleus, 2010, 350 pages, 22 euros). Ce traducteur de littérature polonaise : une trentaine de volumes traduits et publiés en français (dont deux volumes de Jean-Paul II aux éditions du Rocher – 35 000 exemplaires vendus) est aussi auteur d’essais chez Eyrolles : « Le Christianisme. Histoire, courants, culture ». Ancien professeur d’histoire de la philosophie, il a publié en 2007 : « La Philosophie » (Eyrolles, 4000 ex. vendus, volume repris au Canada chez Didier). Son dernier roman, « On ne choisit pas d’aimer », est paru chez Zurfluh, dans la collection Les romans d’Auguste. Il est actuellement directeur littéraire des éditions Les Cahiers Bleus et dirige la collection « Cultures d’Europe » qui publie notamment des œuvres majeures souvent jamais ou mal traduites : Carducci, Lord Tennyson, Tirso de Molina, Norwid... Il a coécrit avec Emmanuelle de Boysson, « Ami Amie » ; « Nous les bons vivants, ras le bol des rabat-joie » (Le Rocher) et « La beauté des femmes mûres » (Alphée). Il est aussi critique à « Service littéraire » et membre du jury du Prix européen de littérature.

Mais revenons à son recueil de poésie… « Eloge du vivant » (titre tiré d’un vers de Goethe) est d’abord une vaste construction dédiée à la puissance de la parole, non plus signe privée de sens, mais acte par lequel le pouvoir de désigner confère à l’homme sa dignité. « Le Verbe Vivre » proclame cet élan, cette confiance dès le long poème « Ceci » où l’auteur déclare : « Nommer le ciel – étreindre la lucidité ». Mais un poète digne de ce nom n’est pas aisément résumable à une thématique, à une manière, à un style, en lui se condense un monde qui sera d’autant plus universel que son expression sera personnelle. Il n’empêche que la langue de Claude-Henry du Bord tient à la fois de l’exaltation érotique et de la contemplation. Son univers est au fond celui de l’Eden avant le péché originel, il exalte la sensualité, le corps de la femme, les amants, les merveilles naturelles, sans jamais rien perdre de la joie de tout nommer. « L’invention du corps » ne dit rien d’autre que cette genèse où l’amour est « le plus pur dans l’acte de présence ». 12 poèmes d’un lyrisme étonnant où la jouissance est dite sans inepte pudeur, où la femme est une « presque insupportable louange ». Si vous demander à ce poète quelles sont ses influences, il vous dira qu’elles sont toujours diffuses, qu’ils aime autant Pindare que Dante, Shakespeare que Ponge. Aimer d’autres œuvres doit permettre de s’en défaire pour ne jamais les imiter ; il avoue admirer quelques poètes contemporains, ses amis Mambrino, Gérard Pfister, Claude-Henri Rocquet ; le discret Claude-Louis Combet, Mario Luzi, Antonio Ramos Rosa, Tadeusz Rozewicz qu’il a traduit du polonais, et bien d’autres. Les poètes ne sont pas jaloux, ils ont mieux à faire. Les poètes d’aujourd’hui ne manquent pas d’originalité, certains comme Salah Stétié, d’origine libanaise, ont choisi d’écrire en français pour souligner leur attachement à cette langue, d’autres sont déjà des classiques comme Yves Bonnefoy ou Andrée Chédid. Que dire des voix singulières de Didier Ayres, Bernard Vargaftig, Alain Suied, Jean-Claude Renard, Roger Munier, Marcel Moreau, Thierry Martin-Scherrer, Edouard Glissant, Jacques Goorma, Nicolas Dieterlé, Pierre Dhainaut, Michel Deguy, pour ne citer que quelques noms importants ? Puisque chacun explore à sa manière les ressources d’une poésie vivante ?
Au centre de « Eloge du Vivant », un recueil jusque-là inédit : « Chants nus » reconduit le pouvoir de la parole amoureuse alors même que « De l’utilité du lest, poème » (qui précède) relatait les affres de la rupture et de la déception : « Nos mots d’amour anticipaient la joie d’être en exil… » Six de ces poèmes ont été mis en musique par Bernard de Vienne en un cycle de mélodie pour piano ; le poète aime abandonner son travail à un autre créateur afin qu’il en fasse une œuvre nouvelle, revisitée, preuve qu’elle est assez ouverte pour féconder l’esprit. Le même compositeur demanda à son ami d’écrire une œuvre « à la fois sacrée et profane », elle clôt le volume : 137 paraphrase le psaume « Sur les rives de Babylone », « le plus approprié parce qu’il relate la souffrance de l’exilé, la nostalgie du pays natal, le refus de l’esclavage, le chant pour dire que la patrie intérieure ne peut être occupée… thèmes hélas toujours actuels ». Nous allons donc de la désignation au chant de révolte, dans un même mouvement libérateur où l’expérience de la volupté permet de confirmer que les mots ne peuvent être vides de sens. « Ecarts », inédit, se donne comme une autre manière de comprendre ce qui se joue dans les marges : un glissement, une faille qui s’accroît. Le poète emploie des formules consacrées banales : « En route, Vu d’ici, Après tout », pose un blanc et répond à chaque groupe de mots posé comme une évidence, a priori dépourvue de sens profond, par un poème volontairement très simple : « En fait tu parles de la vérité/comme d’une courtisane//et non comme l’enfant triste/qu’elle est ». Comment mieux faire sentir le pouvoir que recèle les mots les plus anodins ? Vous le comprendrez avec une émotion sans cesse renouvelée en lisant les 340 pages de ce volume qui couvre trente ans de poésie, de création, comme un relais brûlant dans la main du vivant.

Larry King : La fin d'une époque pour le média américain

Nicolas Vidal - BSCNEWS.FR / Larry King, l'un des plus célèbres présentateurs de Talk-Show américain quitte la scène médiatique. Mardi soir sur CNN, il l'a annoncé à ses téléspectateurs.
Larry King incarne une véritable légende des médias américains, à la tête d'une émission très populaire. Près de 40 000 invités des plus prestigieux se sont présentés face à Larry King. Avec son style si particulier, des bretelles aux épaisses lunettes, et sa voix si singulière, Larry King animait le début de soirée de nombreux américains tous les soirs à partir de 21 heures.
Larry King a modelé à son image le style du Talk Show où le ton est plus léger, plus aéré et l'atmosphère plus détendue. C'est la raison pour laquelle les hommes politiques américains , entre autres, aimaient passer chez Larry King pour bénéficier d'une audience importante et gagner en sympathie auprès des téléspectateurs.
C'est aujourd'hui la fin d'une époque chez CNN avec le retrait d'un des poids lourds de l'antenne.

Livre numérique : Dans les ordinateurs des librairies

Livre numérique : Dans les ordinateurs des librairies - Stéphane Michalon d'E-Pagine nous répondPar Nicolas Vidal - BSCNEWS.FR / Stéphane Michalon dirige E-Pagine qui propose des livres numériques aux libraires. En ces temps d’incertitude concernant l’avenir du livre papier, nous avons demandé l’avis à l’un de ces nouveaux professionnels du livre numérique afin de nous éclairer un peu sur ce qui se trame dans les ordis des librairies.

Stéphane, vous dirigez e-pagine qui se définit comme un prestataire de solutions pour le livre numérique à destination des éditeurs et des libraires ? Comment est venue l'idée d'E-Pagine en 2008 ?
J’étais directeur d’un petit groupe de librairies parisiennes , « l’Arbre à Lettres » et je cherchais des solutions pour pouvoir vendre l’offre numérique d’éditeurs comme Gallimard avec lesquels je travaillais déjà pour leurs livres en papier ou leur livres audio en CD mais je n’avais pas de solution pour leur livres à télécharger en PDF ou en ePub ( en mobi en 2008) ni pour leurs livres audio à télécharger en mp3. L’idée a donc été de développer avec Tite live qui était déjà mon fournisseur pour mon logiciel de gestion et ma base de données les outils nécessaires à ce nouveau mode de commercialisation des textes édités.

E-Pagine permet aux librairies de proposer à la vente leur catalogue de livres papier et numérique sur le site d'e-pagine. Actuellement, combien de libraires collaborent avec E-Pagine ?
ePagine permet aux librairies de proposer à la vente les livres numériques sur leurs sites et dans leurs magasins. Et en plus epagine fédère des libraires sur un site portail de librairies indépendantes qui s’appelle epagine.fr.
Actuellement, ePagine fédère une quarantaine de libraires et travaille aussi comme prestataire pour des chaînes comme Fnac ou Cultura. En plus, ePagine cherche à faire émerger un réseau disposant d’un potentiel de 400 libraires pour la vente en magasin. Pour l’instant, ce système de vente en magasin est encore en expérimentation, à l’écoute des besoins des libraires et de leurs clients.

Quel est l'accueil en général lorsque vous leur proposez de souscrire à E-pagine ? Rencontrez-vous des réticences de leur part ?
L’accueil est très attentif et il n’ y a plus de réticences de principe. Tout le monde a compris que la lecture numérique prendrait forcément une part du marché et que donc il faut se lancer en partenariat avec les éditeurs.


Combien de titres les lecteurs peuvent retrouver en ce moment sur E-Pagine en terme de livres numériques ?
Aujourd’hui plus de trois mille. Fin 2010, plus de trente mille au moins. 


Qu'est ce qui fait que les libraires décident de mettre leur catalogue à disposition d'E-Pagine ?
Ce sont les éditeurs qui mettent leur catalogue en vente via les libraires.
Les éditeurs qui le font sont les éditeurs qui parient sur l’avenir d’un vaste réseau de revendeurs plutôt que sur une recherche de concentration des ventes via les seules autoroutes du net que sont et seront Amazon, Apple, Google et les opérateurs téléphoniques. 


Nous allons faire quelques instants les avocats du Diable. Est- ce que l'avenir d'un site comme E-pagine n'est finalement pas de remplacer à terme le travail de libraire avec tout ce qu'il comporte de rapport humain, de conseils et le plaisir de transmettre des coups de coeurs de lectures?
ePagine est un site de libraires. Donc si ePagine a de l’avenir, c’est que les libraires ont de l’avenir. Sans les libraires ePagine n’existera pas ni à court terme (on se lance avec eux), ni à moyen terme ( ce canal de vente ne peut pas se développer sans un maximum de point de vente), ni à long terme (ce sont les libraires qui l’animeront en marquant leurs différences).


Avez-vous des estimations chiffrées sur la vente de livres numériques pour l'année 2009 ?
Nous n’avons pas d’estimation pour l’année 2009, nous avons des ventes réelles réalisées par des libraires. Les volumes sont encore très faibles c’est évident mais il ne faut pas attendre que les volumes deviennent importants pour s’y mettre. Si on attend que les volumes deviennent importants sans les libraires il sera trop tard pour leur permettre de prendre une place sur ce marché . Il faut en être dés maintenant même si les volumes sont encore faibles en France .


A votre avis, Stéphane Michalon, quels sont les grands bouleversements à attendre dans les mois prochains en matière de livres numériques ?
La montée en puissance du nombre de titres proposés et la montée en charge du nombre de livres vendus dans le monde entier sur un grand nombre de supports de lecture différents pour des usages différents (Mac et PC, Ipad et Iphone, Reader par Sony , Cybook de Bookeen, Smartphones sous androïde…


Vous proposez également aux livres de souscrire aux services d'E-Pagine mais également de les équiper de tablettes de lectures ? Comment est reçue cette offre par les libraires à la différence de la numérisation simple de leur catalogue ?

Ce sont les éditeurs qui numérisent leurs catalogues et les libraires qui les vendent. Mais pour les lire, il faut bien vendre aussi les supports de lecture. Depuis toujours les libraires vendent bien le papier en plus des textes, ils comprennent assez vite que maintenant il faudra vendre des écrans en plus des textes numériques et notamment lorsque ce sont des écrans spécialement étudiés et adaptés pour la lecture.


Votre site depuis 2008 connaît il une progression en matière d'audience, d'inscription et de téléchargements ?
Oui, les sites de libraires que nous équipons connaissent une progression en terme d’audience. De plus en plus de libraires comprennent qu’il leur faut maintenant ouvrir des sites comme on ouvre un nouveau magasin et qu’une fois le site ouvert, il faut créer du trafic sur le site en plus du trafic qu’ils ont déjà en magasin. Mais c’est du boulot. Beaucoup de boulot.

Combien avez-vous actuellement de lecteurs inscrits qui commandent régulièrement des titres en numériques ?
Même chose que pour les volumes : Le nombre de client est encore faible c’est évident, mais il ne faut pas attendre que le nombre de détenteurs d’Ipad soit important pour s’y mettre. Si on attend que les clients soient tous déjà équipés pour avancer sans les libraires alors il sera trop tard pour leur permettre de prendre une place sur ce marché. Il faut en être dés maintenant même si le nombre de clients est faible. Il faut au contraire soignés aux petits oignons ces premiers clients, et apprendre avec eux à leur apporter un service de grande qualité.


Que diriez-vous aux lectrices et aux lecteurs du BSC NEWS MAGAZINE afin de les inciter à utiliser les services du site e-pagine pour remplir leur bibliothèque numérique ?

Comparer les services que vous proposent les différents revendeurs et choisissez le meilleur. Je fais le pari que pour une bonne part de vos lecteurs, les libraires seront les meilleurs. Et puis à l’heure du numérique et de la mondialisation , acheter le livre de Florence Aubenas à la librairie Mercury à Ouagadougou, un libraire indépendant extrêmement actif du Burkina Faso, même si c’est surprenant, cela peut avoir du sens. Non ?

Pensez-vous que le livre papier survivra à la vague du tout-numérique ?
Evidemment « it will survive » et on peut même légitimement retourner la question en se demandant quelle est la part réelle que le numérique arrivera à prendre sur le livre papier.

Afrique du Sud: Loin de la Coupe du Monde, le chant des prisons

Par Julie Cadilhac - BSCNEWS.FR / Depuis quelques jours, la Foot Story occupe tous les écrans , toutes les âmes françaises catastrophées et , par sa médiatisation extrême, même les moins intéressés par le ballon rond sont pris dans cette spirale de honte mondiale. Pour s'en réjouir, il n'y a guère -notez bien!- que les irlandais à coups de pizzas gratuites et de cris revanchards -dûment compréhensibles- et puis LE MONDE ENTIER soulagé d'avoir su s'épargner avec son équipe nationale ce grabuge indécent.

Bien fait! Il y a tout de même une justice : les gagnants de cette coupe ne seront pas des tricheurs impudents. Les yeux de la France sont donc rivés sur les faits et gestes d'une bande de gamins gâtés et sans éducation - reflet patent d'une société qui se relâche et "s'égoïsme " à tout va. Alors on rit de voir les supporters accuser les joueurs de ne pas être responsables alors que peut-être ces jeunes ne sont que le reflet d'une société qui se déresponsabilise et joue les enfants attardés jusqu'à ce que la cinquantaine s'en suive....peu importe au final, il y a juste quelque chose de jubilatoire dans cette défaite : comme au jeu de l'arroseur arrosé.

Lundi soir, alors que résonnaient les vuvuzélas dans le stade et swinguaient les français dans les rues pour la fête de la musique, France 5 diffusait un documentaire remarquable réalisé par Mickaël Davies datant de 2007. On y découvrait en Afrique du sud, "le pays en paix le plus violent du monde" la réalité des prisons. Ainsi malgré l'abolition de l'Apartheid depuis plus de 15 ans, les prisons continuent de regorger de détenus noirs qui subissent des sévices terribles ( agressions sexuelles et violences physiques). Et dans cet univers sombre, demeure tout de même un hymne d'espoir.

Ce documentaire suit deux prisonniers et leur tentative de réhabilitation après leur détention. Les deux sont issus d'une prison pour hommes de Joannesburg : Coleman est condamné à 24 ans de prison ferme pour vol à main armée. Il est l'instigateur d'une chorale qu'il mène avec une discipline admirable. Par le chant, ses choristes - bagnards apprennent la notion de fraternité et se découvrent des potentiels jusqu'alors inconnus. Chanter développe des valeurs d'entraide, de solidarité, de respect mutuel et reconstruit des individualités souffrantes et blessées. Lorsque la victoire d'un concours de chant et son atmosphère euphorisante envahit l'écran de notre téléviseur, notre regard européen ne peut que s'émouvoir et gronder à l'injustice contre le traitement et le manque de considération infligés à ces garçons méritants. Le deuxième prisonnier sur lequel la caméra s'attarde se nomme Jabulani : à peine sorti de l'adolescence, il est incarcéré pour 7 ans. A sa sortie de prison, nous le suivons dans ses tentatives d'embauche infructueuses - du fait de son casier judiciaire- et son retour dans le bidonville. C'est pourtant grâce à sa persévérance et à la rigueur que l'expérience du chant lui a transmise que Jabulani réussira à décrocher un poste de serveur dans un restaurant, à se confectionner un toit et à rebâtir un avenir meilleur. De son côté Coleman ne saura pas renoncer à sa passion de la musique et redeviendra chef de choeur , en tant que salarié de la prison, de retour parmi "ses garçons". Un documentaire prenant!

Face à cette réalité dure et impitoyable, les chants de ces prisonniers sont un pansement salvateur face à un pays qui a encore tout à construire et à améliorer . Et en opposition, nos piaffements scandalisés d'européens choyés et protégés devant la bêtise intrinsèque d'un groupe sportif prennent toute leur dimension ridicule et vaine.

A voir:

Titre: Le chant des prisons

Documentaire de 88 minutes

Auteur: Mickael Davies

Producteur: Essential Viewing Group

Date de sortie: 2007.

Ipad : l'avenir du lectorat

Ipad :  l'avenir du lectoratPar Nicolas Vidal - BSCNEWS.FR / Alors que l’IPAD connaît un succès retentissant outre-atlantique, certains acteurs du livre se réconfortent déjà à l’idée que la tablette graphique d’Apple comme d’autres supports de ce type pourraient amorcer l’essor tant attendu du livre numérique et d’un retour massif à la lecture. Dangereuses suppositions autant hypothétiques qu’incompréhensibles.

Depuis quelques mois déjà, l’apparition de ces nouveaux supports du Kindle passant par le Reader n’ont pas modifié les habitudes des lecteurs et de la société en général. D’ailleurs, les professionnels et les partisans de cette nouvelle ère culturelle sont avares de chiffres lorsqu’on tente d’estimer le développement de leurs structures et en conséquence du livre numérique.
Car le livre numérique se doit de conquérir deux lectorats bien distincts.
D’une part, les lecteurs investis qui sont profondément attachés au livre en tant que pilier culturel fort de notre société. D’autre part, les lecteurs moins boulimiques de textes et plus impulsifs dans l’achat qui dépend bien souvent de la célébrité ou de l’actualité du sujet traité. La nonchalance de ce lectorat à lire régulièrement ne semble pas pouvoir être endiguée par l’apparition de l’écran. Question subsidiaire : Comment imaginer un Harlan Coben, un James Ellroy, un Guillaume Musso ou un Marc Lévy dédicacer leurs livres avec un stylet ?
Les supports numériques quels que soient leurs formes, leurs couleurs, leurs poids ou leurs définitions d’écran ne provoqueront pas une hystérie collective vers la lecture.
De plus, le livre fait appel à deux facultés humaines irremplaçables et immuables: le toucher et l’odorat. Quel lecteur ne prend pas plaisir à caresser le grain du papier, à soupeser et à retourner le livre ? Et n’y a-t-il pas une certaine satisfaction à sentir un livre pour profiter au mieux des effluves d’un univers à part entière ?
Car chaque livre porte en lui un univers propre. Toute la technologie numérique, malgré sa bonne volonté mercantile, ne pourra jamais posséder l’essentiel de ce que contient un livre : l’humanité. Car numériser l’humanité est tout simplement impossible et pas souhaitable.
Le livre numérique aujourd’hui m’apparaît comme un mirage culturel qui satisfera, à mon sens, les seuls adorateurs des gadgets et les fétichistes des gigas octets. Pour preuve, le lancement peu concluant de Gallica comme grande bibliothèque numérique le démontre tant l’enthousiasme autour de cet «événement» a été bien pâlichon. Mais d’autres Waterloo de la lecture sur écran sont à venir.
Penser aujourd’hui que le format numérique remplacera à moyen ou à long terme le livre a quelque chose d’absurde, tout comme l’idée qu’il pourrait s’affirmer comme un marché juteux. L’idée fondamentale cachée sous la brume de ce faux débat, est que le livre amorce un déclin important.
Ainsi, on peut s’interroger aujourd’hui sur l’inquiétante désaffection pour le livre et ce qu’il comporte de central pour une société quelle qu’elle soit.

Car les lecteurs deviennent petit à petit une espèce en voie de disparition au coeur d’un écosystème promis à un sombre avenir. Le livre ne sera pas destitué par son faux frère numérique. Si le livre doit mourir, il disparaîtra seul sans héritier, ni félon pour lui succéder.

Un salon international du livre de poche devenu incontournable

Par BSCNEWS.FR / Cette année encore et pour notre plus grand plaisir se tiendra la Salon International du livre au format poche organisé par la librairie La Griffe Noire et la mairie de Saint-Maur le 12 et 13 juin sur le parvis de la Gare RER de Saint Maur. Vous pourrez découvrir au cours de ce week-end près de 80 auteurs qui viendront dédicacer leurs ouvrages.

Les lecteurs pourront se régaler des sélections littéraires passionnantes de Gérard Collard, co-organisateur de ce salon promis à un bel avenir tant l'amour de la littérature est le coeur de cette manifestation. Cette année, il y aura la nouveauté des cafés littéraires autour de plusieurs thèmes.

Vous pourrez retrouver entre autres les auteurs suivants : Laurent Seksik, Agnès Abecassis, Katherine Pancol, Rebecca Wengrow, Franck Thilliez, Jean-Luc Bizien, Patrick Bauwen, Maud Tabachnik...

Ce nouveau rendez-vous très important de la littérature du poche a pour cette année Hélène Carrère d'Encausse comme marraine, elle qui fut historienne et secrétaire perpétuel de l'Académie Française depuis 1999.

Si vous êtes à proximité ce week-end, ne boudez pas un passage par Saint-Maur pour participer à ce 2 ème Salon international du livre au format poche qui vous promet un moment ravissant au milieu des livres, des auteurs et des libraires.

Saint-Maur en Poche - Le 12 et 13 juin à Saint-Maur des Fossés sur le parvis de la Gare R.E.R

La littérature de l'humour

Siel mon dimanche!: rencontre littéraire autour du thème de l'humour en littérature le 6 JuinPar Elisabeth Guillaud - BSCNEWS.FR / Dimanche 6 juin, Edith le Dico (Le Dico des grots mots cachés dans les mots), Luc Doyelle (C'est au pied du mur qu'on mange des merles), Albert Champeau (Sentiment tropical sur l'infime) , Lilian Lloyd (Joyeux anniversaire quand même) seront au café l'Avenue pour débattre avec vous de l'humour en littérature. ( 120 avenue de France 75013 Paris). la rencontre littéraire est organisée par le SIEL de Paris.
En attendant le 6 juin, appréciez leur humour à travers cette interview!

Votre définition de l'humour?

Edith le Dico: Un antalgique puissant contre la douleur du monde
Albert Champeau: Ah-ah-ah!
Lilian Lloyd: C'est souvent une question de survie. Face aux petits tracas de l'existence jusqu'au plus difficile, j'ai l'impression que l'humour est le seul moyen de résister. Et puis, rire de ce qui ne l'est pas, il me semble que c'est une façon de ne pas se résigner, tout en acceptant. Desproges le dirait dix fois mieux que moi d'ailleurs: "l'humour est la politesse du désespoir"
Luc Doyelle: J’aime bien la définition donnée par les petits roberts de la rousse, 2010):
Humour: genre littéraire dont la finalité est de provoquer des soubresauts dans la région épigastrique, ainsi que des raideurs dans des zones très localisées de la musculature faciale.

Quel genre d'humour appréciez-vous?

Edith le Dico: L’absurde, le caustique, le cynique, la dérision, l’auto dérision, le millième degré mais jamais le vulgaire.
Albert Champeau: Le rictus du rire jaune qui fait pleurer et les insultes. Toujours très drôles.
Lilian LLoyd: Je préfère "l'esprit" anglais qui consiste à se foutre de sa propre gueule plutôt que celle de l'autre. Je n'aime pas la moquerie actuelle. Le politiquement correct m'agace assez aussi. Maintenant, qu'il soit noir, gras ou fin, ce qui me plaît, c'est quand il véhicule une idée, un concept, nosense ou autre. Des Monty Python à Yves Robert, en passant par Les Nuls ou Albert Dupontel, j'y trouve souvent mon inspiration.
Luc Doyelle: Celui qui me prend au dépourvu! Celui qui me cloue le bec, me savonne la planche, me fait douter de moi, mais me redonne confiance en l’humanité.

Pourquoi est-ce si important pour vous de glisser des touches d'humour dans vos ouvrages?
Edith le Dico: L’humour en touche, c’est une claque dans la gueule. Ca fait mal mais ça réanime.
Albert Champeau C: D'abord pour ne pas tomber et, surtout, pour réduire le niveau des hormones de stress chez les lecteurs.
Lilian Lloyd: Le message passe mieux avec une respiration. En même temps, faire un trait d'humour montre une forme de recul par rapport à son sujet, je pense même que cela recentre. Parfois, cela me semble même plus terrible avec de l'humour... Mais clairement, c'est le doux-amer qui prime chez moi...
Luc Doyelle: Parce que sinon, je m’endors en écrivant. Glisser un mot croustillant me redonne un coup de fouet. Et puis, mes lecteurs ne me pardonneraient pas si j’abandonnais ce genre littéraire. N’étant pas de nature à subir la vindicte, surtout quand elle est populaire, je préfère adopter un profil bas et continuer à faire rire, dussé-je y laisser la santé.

Comment se traduit-il dans votre dernière oeuvre?
Edith le Dico: Comme ça, par exemple, sur les 288 pages du "dico des gros mots cachés dans les mots": Pipelette / Pipe laite: De l’argot "pipe" - Fellation- et de "Laite" - Laitance. Qui parle la bouche pleine.
Albert Champeau: Sea, sexe and Sun. (Sea, lire: mère et Sun, lire Dieu)
Lilian lloyd: (Les deux personnages sont au téléphone.)
Insomnié Vide – Je vous entends souffler. Vous fumez?
Insomniée Suicidaire – Oui, quelquefois.
Insomnié Vide – C’est pas bien ça! Je vais le dire à votre mère!
Insomniée Suicidaire – Va falloir creuser alors...
Luc Doyelle: Par une utilisation intensive du dictionnaire français-poitevin en dix-huit volumes, par la mise en lumière d’un clochard utilisant les nouvelles technologies, une fête poitevine où l’enjeu est de retirer ses chaussures à la première occasion. C’est aussi une lutte sans merci entre deux épouses légitimes issues d’univers parallèles, un exorcisme mâtiné de rap, et un contrat d’édition faustien.

Quels sont pour vous les maîtres ès humour en littérature?
Edith le Dico: Sacha Guitry, Desproges, Devos, Woody Allen, Coluche, Gad Elmaleh
Albert Champeau: Edith le Dico, Lilian Lloyd et Luc Doyelle.
Lilian Lloyd: Devos, Woody Allen, Coluche, Desproges et Marc Levy, mais à ses dépends, ça compte?
Luc Doyelle: Pierre Dac, un maître inégalable. Le seul à avoir poussé l’absurde dans ses retranchements. Jacques Faizant, trop peu connu pour ses romans. Un petit chef d’œuvre: Ni d’Eve ni d’Adam (rien à voir avec Amélie Nothomb). Cavanna: Et le singe devint con. Woody Allen, quand il écrit des romans. Le Pierre Desproges américain (et réciproquement).

Pourquoi?
Edith le Dico: Parce que ce sont les meilleurs claqueurs de gueule réanimateurs de la douleur du monde
Albert Champeau: Je veux à tout prix éviter qu'ils se moquent de moi.
Lilian Lloyd: Parce que j'en ai pas beaucoup lu d'autres...

Un dernier trait d'esprit?

Edith le Dico: Un trait d’union plutôt
Albert Champeau C: Puisque la tristesse est le sale de l'animal, le rire est le propre de l'homme.
et puis celui-là que j'adoooore: Se coucher tard, nuit!
Lilian Lloyd: Ça dépend, c'est payé combien?
Luc Doyelle: Un petit extrait de mon prochain roman:
Cette première planque ne m’avait pas appris grand chose, et même si je n’avais espéré découvrir l’assassin de Kennedy ou l’emplacement de l’Atlantide, je repartis bredouille, empruntant de nouveau le fameux pont Pompidou*. Radio nostalgie avait remplacé mon cours de poitevin médiéval, et France Gall racontait, à qui voulait l’entendre, le drame d’un pianiste très affecté par ses hémorroïdes. La chanson était teintée de l’époque bénie où l’amie Gall était appelée à régner** sur les ondes , et même si, pour moi, ce n’était qu’un détail, elle semblait penser, au contraire, que cela voulait dire beaucoup.

Siel de Paris: késaco?


SIEL de Paris est une association loi 1901 qui a pour but de promouvoir les nouveaux écrivains, écrivains indépendants, libraires et nouvelles maisons d’édition, de faciliter la publication et la diffusion des œuvres ainsi que de créer les conditions d’un meilleur accès à la lecture d’œuvres originales pour le grand public.
Nous organisons le Salon Indépendant des Ecrivains, des éditeurs et des Libraires le 6 et 7 Novembre à la BNF de Paris.

Pour s'inscrire à la rencontre littéraire, cliquez ici!

Le décès de Robert Laffont : une page se tourne dans l'Edition

Le décès de Robert Laffont : une page est tournéeBSCNEWS.FR / Une page s'est tournée dans le monde de l'Edition avec le décès hier de Robert Laffont à l'âge de 93 ans. Il avait fondé sa propre maison d'édition dans la cité phocéenne à 41 ans. Il a son actif la publication d'auteurs comme Henry James ou Graham Greene. Il s'octroiera également les droits sur l'Attrape-coeur de J.D Sallinger ou encore de certains livres de Dino Buzzati.

Robert Laffont en tant que précurseur avait choisi de mêler la littérature populaire à des méthodes de marketing très anglo-saxonnes. Sa politique éditoriale et son audace lui permettront de publier plus de 10 000 titres. C'est lui qui introduira en France les premiers Best-sellers.

Le grand-père de l'Edition a donc tourné la page hier à Paris à l'hôpital américain de Neuilly. C'est sûr, Le Monde de l'Edition perd l'un de ses cadres et de ses précurseurs.

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