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Le féminisme, une révolution qui aurait échoué ?

La domination masculine de Patrick JeanMercredi 27 janvier au Cinéma Diagonal-Capitole de Montpellier a été organisée par la compagnie théâtrale Tirepaslanappe une soirée-débat sur la femme, précédée de deux projections de grande qualité:
- Une minute pour une image,réponses de femme d'Agnès Varda(1975)
- La domination masculine de Patrick Jean.

Le débat était animé par Geneviève Fraisse, historienne et philosophe, Mathilde Monnier, directrice du centre chorégraphique de Montpellier, Marion Aubert, dramaturge et comédienne, Marion Guerrero, Metteuse en scène et comédienne.

Beaucoup d'émotion à la sortie de cette double projection. Si l'humour ne manquait pas, l'actualité du sujet n'a pu que sensibiliser le spectateur. Agnès Varda, plasticienne de talent, montre des femmes qui assument leur féminité et assument leur sexe de femme. Cette "minute" est une parenthèse légère fort appréciable avant le long métrage de Patrick Jean. Ce dernier , en effet, aborde avec plus de violence les aspects dramatiques de la domination masculine. Et si l'on pouffe discrètement de rire lors de l'allongement du pénis d'un monsieur X ou des explications d'un vendeur de jouets à l'esprit étriqué, on est interpellé par le graphiste qui retouche les corps des mannequins pour des magazines, par les critères que les femmes donnent de leur homme idéal lors d'un speed dating, par les femmes potiches que l'on installe dans les salons d'automobile ou encore par cette strip-teaseuse qui prétend monnayer son corps à des fins personnelles thérapeutiques.

Sous les confidences d'un groupe féministe actif québécois, on découvre l'échec relatif des mouvements de libération de la femme des années 70 et il s'esquisse au fur et à mesure du film une recrudescence d'images perturbantes.
Premier choc: la violence conjugale est la plus forte chez la nouvelle génération. Seconde réalité que l'on prend de plein fouet au travers de témoignages de femmes troublants: la violence est là tout près, presque trop banale. Toutes ces victimes ont été face à des anges qui ,de violence verbale ( menaces, insultes, reproches à répétition) en marques d'intimidation physique mesurées en arrivent aux coups et à l'homicide parfois.
Le saviez-vous? Tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son compagnon. 30% des crimes sont du ressort de la violence conjugale. A croire qu'on est retourné à l'époque pré-historique!
La fin du film n'hésite pas à montrer des interventions de police, des femmes battues et en sang qui hurlent qu'on ne leur enlève pas leurs maris, des clichés effrayants de visages tuméfiés, de corps lacérés, d'un évier ensanglanté...et puis aussi, des voix, désespérées lorsque la justice les avertit " il a été libéré" et enfin cette tragédie, en 1989, à l'école polytechnique à Montréal, le meurtre de 14 femmes par Marc Lépine, 25 ans pour le mobile suivant: "je combats le féminisme".

Le point fort de ce film?

Patrick Jean, souvent, nous laisse simplement observer. Des pieds qui progressent dans la rue. Des attitudes d'attente. Des comportements en soirée. Et le spectateur réalise par lui-même combien le clivage des sexes est encore terriblement marqué. La participation de certains hommes, excédés, ne manque pas non plus de faire réfléchir. L'un s'insurge que le Québec est l'antithèse des talibans. Au Québec, il y a l'oppression de l'homme, s'indigne-t-il. Le réalisateur filme des portraits de mâles désemparés, s'estimant victimes d'un féminisme qui les désarme complètement.

"Le déclenchant, c'est pas l'autre. Le déclenchant, c'est moi."

Le féminisme aurait-il déclenché une révolution qui aurait échoué? ce mouvement féminin, aujourd'hui souvent décrié comme intolérant par nombre d'hommes, doit-il être taxé d'injustifié et n'a -t-il pas des justifications solides pour perdurer?
Qu'en est-il aujourd'hui de l'égalité entre hommes et femmes? Est-ce un mythe? Peut-on dire qu'il y a intrinsèquement une volonté masculine de ne pas perdre l'autorité? Doit-on juger positif et sain l'agressivité, le besoin de dominer qu'Eric Zemmour explique par un " l'homme est un prédateur sexuel"? Le mâle doit-il rester un animal dominant au prix de l'inconfort de sa compagne?

Qu'est-ce que la domination masculine? Une réalité naturelle ou une manipulation ancestrale des hommes?

On entend, lors du long métrage , un philosophe affirmer que l'homme est fait pour créer l'environnement tandis que la femme doit s'adapter à cet environnement. De quoi faire hurler toutes les âmes sensées! ....à moins que l'on ne rétorque ceci: n'est-ce pas une marque d'intelligence et donc de supériorité que celle d'avoir des facultés d'adaptation?
Partout dans le monde, en 2010, la libéralisation des femmes continue d'entraîner une recrudescence de la violence à leur encontre. La burka est une des expressions de cette volonté d'écraser toute tentative d'émancipation. L'homme aurait-il peur des atouts possibles de sa compagne au point de souhaiter la soumettre et les éradiquer?
Si la situation au proche-orient est clairement menaçante pour le statut de la femme, en Occident, il semblerait que les hommes ne se positionnent pas d'une manière logique vis à vis du sexe féminin. Tantôt ils les veulent soumises, sages et assidues aux tâches ménagères, tantôt coquines, perverses et objets de tous les désirs. Devant tant d'ambivalence, il n'est toujours pas facile d'être une femme et de s'affirmer. Et la culpabilité reste le nerf de cette guerre froide..... et les hommes gagnent le plus souvent grâce...aux femmes qui jouent leur jeu.
Dans le long métrage, les jouets ainsi que nombre d'éditions de livres pour enfants semblent signifier que les femmes n'ont pas vraiment d'imagination, qu'elles n'aiment pas voyager et préfèrent leur quotidien rassurant...bref qu'elles manquent de ressort....Mais attendez-là...ne serait-on pas en train de décrire bon nombre d'hommes que nous côtoyons?

Et si l'on arrivait à dire ENFIN que les femmes sont des hommes comme les autres....?

Deezer : Axel Dauchez chargé de remettre le site sur la Bonne voie

Alex Dauchez chargé de mettre Deezer sur la bonne voieVoilà quelques jours que les rumeurs les plus folles s'épaississaient autour de DEEZER. Aujourd'hui, les grandes manoeuvres ont lieu. Ainsi, La direction générale de DEEZER a été confié à Axel Dauchez, ancieur DG de Moonscoop. Quant à Jonathan Benayassa, il conserverait son titre de président. Rappelons que Jonathan Benayassa a co-fondé Deezer en 2007 avec Daniel Marthély.

Axel Dauchez a pour mission de ré-équilibrer le site musical et développer un chiffre qui actuellement est bien insuffisant (aux alentours des 700 000 euros mensuels) pour honorer les droits et ayants-droits des maisons de disque en contre-partie de la musique diffusée en streaming chaque mois.

C'est à nouveau une jeune entreprise française du WEB qui connaît des difficultés à tenir dans la durée. Et une nouvelle fois, le jeune fondateur, comme l'ont été, Tariq Krim (NET VIBES) ou Benjamin Bejbaum de Dailymotion, est prié de se retirer de la course pour laisser place à des personnalités plus aguerris qui ont pour mission de redresser la barre.

Les actionnaires ont tranché pour une mise en recul qui ressemble étrangement à un désaveu pour Jonathan Benayassa.
BSCNEWS.FR / N.V

APPLE : la tablette numérique à l'assaut du Kindle ?

APPLE : la tablette numérique d'Apple à l'assaut du Kindle ?C'est aujourd'hui qu'Apple va dévoiler " sa dernière création" qui selon Steve Jobs, "est sa plus aboutie".

Cette création ressemblera très probablement à une tablette tactile à la croisée des chemins d'un mini-ordinateur et d'un IPHONE.

De nombreux sites et blogs spécialisés ont déjà traité des caractéristiques techniques de cette tables. Elle se présentera un écran tactile de 10 pouces (soit 25 cm), d'un appareil photo et d'une connexion WIFI et/ou par un réseau de téléphonie 3G. Cette nouveauté Apple pourrait se vendre sur le marché entre 600 et 1000 dollars.

Une nouvelle fois, Apple se pose en précurseur pour révolutionner l'informatique dans son ensemble en espérant également se positionner fortement sur le média numérique de par le format maniable de sa tablette. A ce sujet, on peut imaginer qu'Apple pourrait avoir des vues sur les nouveaux livres électroniques et souhaiteraient concurrencer le Kindle d'Amazon et rentrer de plein pied dans le marché du livre numérique. À ce sujet, et selon le Wall Street Journal, l'éditeur HarperCollins et le New York Times seraient actuellement en négociations avec Apple pour permettre de numériser des livres sur la tablette Apple.

Reste à savoir maintenant si Apple saura séduire les utilisateur lambda de débourser près de 800 euros pour s'offrir cette tablette aux perspectives technologiques prometteuses mais sur un marché encore très fébrile.

 

N.V / BSC NEWS.FR

Apple : Avant la tablette, un succès financier qui surprend Steve Jobs

Avant la tablette, le succès financier d'Apple de 2009 ( logo Apple)Apple tient déjà en haleine les médias à quelques heures de la présentation officielle d'une nouvelle trouvaille APPLE gardée (presque) secrète. Le 27 janvier, la planète découvrira apparemment une nouvelle tablette numérique, à la croisée entre l'IPhone et l'ordinateur de bureau. Steve Jobs a simplement concédé que " les nouveaux produits Apple de cette année seront très solides, à commencer cette année, avec un produit majeur." Il est évident que Apple a le don d'attiser l'impatience de ses fans et des professionnels du secteur. Une méthode de communication qui contribue également à son succès.
APPLE vient tout juste de publier ses résultats financiers en ce début d'année 2010. Et c'est un véritable succès qui poursuit la célèbre marque à la pomme pour un chiffre d'affaire de près de 16 milliards de dollars, et une hausse de plus de 30% pour 2009.
Apple aurait vendu près de 3,5 millions d'ordinateurs, 8,7 millions d'Iphone et 21 millions d'IPod et génère 50 milliards de dollars de chiffre d'affaire. Et l'Iphone en est la tête de pont pour rallier de nouveaux fans.

Apple est actuellement en train de s'affirmer comme un major incontournable de ce 21ème siècle avec une progression et une rentabilité qui en étonnent même son Big Boss en personne, Steve Jobs.

Demain, dès la présentation officielle du "produit majeur" Apple, cette situation devrait s'affirmer et pérenniser l'excellente santé d'Apple.
Nicolas Vidal / BSCNEWS.FR

Brad Pitt et Angelina Jolie, une affaire d'état et d'esprit

Brad Pitt et Angelina Jolie, une affaire d'état et d'espritVoilà l'affaire qui agite la sphère people depuis quelques jours, la prétendue séparation entre Brad Pitt et Angelina Jolie, une information récemment "balancée" par un média britannique "très sérieux", Time, laquelle a été reprise avec force et enthousiasme par de nombreuses dépêches et articles en tout genre. Ainsi, les communiqués ont succédé aux démentis qui se sont eux-même vus dépasser par des déclarations et autres rumeurs.

Il aura fallu attendre le dimanche 24 janvier et l'édition américaine de People pour rassurer tout ce petit monde en publiant un démenti émanant des proches du couple d'Hollywood. "Tout va bien!".

Mais lorsqu'on fait le tour du web des informations concernant le monde People, traitées par les médias spécialisés (et malheureusement pas que les médias spécialisés !) on se débat avec des centaines d'informations contradictoires, sulfureuses, légères, intimes et un tantinet inutiles, généreusement truffées de photos du couple à diverses occasions.
En fait, la teneur de l'information n'a que peu d'intérêt et peut présenter un côté presque ludique. Quoique... Mais la force de sa réactivité et de sa propagation est d'autant plus étonnante que de nombreux médias pas people du tout (!) se sont emparés de la vie d'un couple, certes célèbre, pour l'adouber au statut d'une véritable et déterminante information. Et on peut se demander où se trouve l'intérêt d'un tel déferlement médiatique à propos de la simple relation amoureuse d'un couple aussi médiatique soit-il. À part pour Jennifer Aniston, l'ex compagne de Brad Pitt. Et encore ...

La vie des People(s) est véritablement une affaire d'état et d'esprit pour qui sait en saisir toutes les subtilités culturelles.

Nicolas Vidal - BSC NEWS.FR

Deezer: Les prémisses d'un modèle en déclin ?

Les plus folles et dramatiques rumeurs courent dans le sillage du célèbre site de musique DEEZER depuis le MIDEM de ce week-end. Le Vrai-Faux départ de son co-fondateur Jonathan Benayassa porte à croire que Deezer traverse actuellement une période bien délicate, pouvant même le précipiter jusqu'à la fermeture simple et définitive du site.

Cependant, on est en droit de se poser la question de savoir si les turbulences dans lesquelles est empêtré Deezer correspondent-elles à un cas unique et isolé ? Ne serait-ce pas plutôt les prémisses d'un modèle économique en déclin?

Après les départs fracassants et récents des "faiseurs" de Dailymotion et de Netvibes, n'y a-t-il pas, finalement, non pas une malédiction, mais plutôt une mutation profonde de l'Univers du Web, qui se dessine avec plus d'intensité chaque jour ?

La situation de Deezer pourrait donc cristalliser à elle seule la somme des défis à laquelle devront se confronter les majors du WEB et autres acteurs du web, aussi bien en presse en ligne, qu'en musique et vidéo, d'ici peu de temps. Dans le cas de Deezer, c'est un changement de cap en novembre 2009, du gratuit vers le payant qui a manifestement précipité le site dans le gouffre. Aujourd'hui, il paraît évident que les internautes rechignent à payer sur internet quelque soit le service.

Et cette perspective a été largement éprouvé en 2009 par la presse traditionnelle qui a vu fuir son audience sur internet. Dès lors, il s'est posé le problème du contenu gratuit et payant, couplé avec la désaffection des annonceurs à investir massivement et durablement dans les médias, refroidis par la crise et par une baisse d'intérêt du lectorat pour la presse.

Aujourd'hui, la conjecture n'apporte aucune garantie viable et tout le problème est de savoir si l'univers du Web pourra contrecarrer les aspirations du Tout Gratuit de la part des internautes et parviendra à trouver un modèle pour se financer autrement et surtout durablement ?

Dans le cas échéant, il faudrait se tourner vers la manne des revenus publicitaires qui semblerait connaître une regain d'intérêt de la part des annonceurs d'après nos confrères du Figaro dans leur édition papier du 25 janvier 2010, qui publie une étude réalisée par Havas Medias. Elle prévoit une augmentation de 0,8% des investissements nets des annonceurs pour le 1er trimestre 2010 ( source Havas Medias)

Reste à savoir si les majors du Web, quelque soit leur secteur d'activité et de prédilection, pourront se satisfaire de telles prévisions, se balançant à la limite ténue de la prévision et de la prédiction tant la situation est difficile.

En tous cas, Deezer ne pourra peut-être pas attendre jusqu'à là pour se sauver.

Nicolas Vidal - BSCNEWS.FR

 

Deezer, un cas d'espèce du Web ?

Deezer ballotté entre rentabilité et audience - BSCNEWS.FRCe week-end, l'absence de Jonathan Benassaya au MIDEM de Cannes a fait jaser. Force est de constater que cette situation a fragilisé sérieusement la réputation de DEEZER.

Certaines sources laissent entendre que le co-fondateur de Deezer aurait récemment démissionné suite aux mauvais résultats de la société en terme de chiffre d'affaire malgré des changements notables sur la politique du site. Ce qu'a démenti la société par communiqué, il y a quelques jours.

Les limites de la course à l'audience
Ce site d'écoute de musique en streaming est un succès retentissant en matière d'audience et dépasse largement le million de visiteurs uniques mensuels. Mais c'est à présent son modèle économique qui est âprement contesté.
Deezer se positionne autrement depuis novembre 2009 en proposant à ses internautes des forfaits payants afin de gonfler ses revenus en plus des gains publicitaires estimés à 700 000 euros mensuels. Seulement voilà, le lancement n'a pas les effets escomptés car les utilisateurs n'ont pas souscrits massivement à ces offres.
Il se murmure même que Jonathan Benassaya subirait les foudres des actionnaires et notamment de Xavier Niel, le patron de Free (source electronlibre.info) Plus grave, la perspective de l'arrêt définitif du site Deezer ne serait pas complètement à exclure tant la situation semble désespérée.

Mais Deezer est-il un cas d'espèce ?
Après les difficultés de la presse papier tentant par tous les moyens d'infiltrer internet et d'y trouver un second souffle en matière d'audience, c'est aujourd'hui à des secteurs initiés et lancés sur le net que le problème d'un modèle économique se pose. On pense bien évidemment au départ du fondateur de Dailymotion, Benjamin Bekbaum ou encore de Tariq Krim de Netvibes.
Le net restera t-il un théâtre privilégié et rentable pour les concepts en tout genre ou faudra t-il réfléchir à inventer un modèle économique enfin stable et lucratif sans se mettre à dos des millions d'internautes ?
N.V

Bernard Werber convie ses lecteurs au restaurant via Facebook

Bernard WerberUn brunch littéraire avec Bernard Werber était organisé ce dimanche 17 janvier dans un restaurant de Montmartre. L’occasion pour une soixantaine d’amis et de fans de rencontrer cet auteur culte. Au menu : « Le Miroir de Cassandre », le futur, l’écriture…

Perché en haut de la Butte Montmartre, au pied du Sacré Cœur, l'endroit est attrayant.
Pour parvenir jusque-là, certains ont dû garer leur voiture vers Pigalle et grimper à pied quelques centaines de marches dans le froid ensoleillé de janvier.
Mais peu importent l'essoufflement, le nez rouge et l'œil larmoyant moyennement élégants qu'ils affichent en arrivant, car le jeu en vaut la chandelle : ils vont assister à un brunch littéraire en compagnie de Bernard Werber, auteur culte de toute une génération, et même de plusieurs si l'on en croit les âges très divers des membres de cette assemblée.

Tout commence par un bon déjeuner dans ce restaurant auvergnat de cuisine traditionnelle, le "Clocher de Montmartre". Werber est assis avec quelques invités. En face de lui se tient la grande table de ses "amis" de Facebook, qui ont eu l'info il y a quelques jours sur le "mur" de leur écrivain préféré et se sont empressés de réserver leur place. C'est sans doute Chantal, la maîtresse des lieux, qui leur a répondu au téléphone : elle s'occupe du restaurant depuis 1975 et organise très souvent des rencontres avec des artistes (auteurs, peintres, magiciens, humoristes…).
A peine le café terminé, Bernard Werber se lève, bouge les chaises, aide à organiser la salle et s'empare enfin du micro. Il est calme et souriant, sa voix est douce, un peu basse, son ton presque confidentiel. Il commence par poser quelques questions à la soixantaine de privilégiés assis face à lui : Qui a lu mes livres? Qui n'a jamais lu aucun de mes livres? Qui a déjà regardé mon site de « L’Arbre des possibles » ? Qui veut être écrivain?
A chaque fois, des mains se lèvent, plus ou moins nombreuses suivant la question. Werber est attentif à son public, il regarde chacun droit dans les yeux, reconnaît quelques habitués qui viennent le voir de temps en temps. Certains se sont déplacés de province, et même de Bruxelles.

Ancré dans la réalité présente
Puis Bernard Werber commence sa conférence en résumant son dernier livre, « Le Miroir de Cassandre ». L'histoire d'une jeune fille autiste de 17 ans nommée Cassandre, qui possède le même don que l'antique (avec qui elle est connectée et qu'elle voit en rêve) : voir l'avenir. Mais aussi la même malédiction : n'être crue de personne… Situation difficile, qui amène l'héroïne à se réfugier dans une gigantesque décharge baptisée "Rédemption" où une bande de clochards la recueille et la prend enfin au sérieux.
Contrairement aux précédents livres de Werber, qui ont une connotation fantastique, celui-ci est ancré dans la réalité présente (si l'on peut admettre la réalité du don de voyance). Mais il traite d'un sujet cher à l'auteur : le futur.
Le futur fait peur, et il n'y a qu'à regarder les infos pour frémir devant des prévisions terrifiantes et alarmistes. Bernard Werber prend le contrepied de cette angoisse, réhabilite le futur, tente de prouver qu'un avenir meilleur est possible si on le décide maintenant, et qu'en faisant de petites actions individuelles on change finalement le tout. « Mon travail est une vulgarisation des connaissances, dit-il, pour vous donner envie de vous intéresser à des sujets nouveaux, d'ouvrir vos horizons et de monter vos propres projets ».

Un vent d'enthousiasme recouvre la salle, touchée par la force positive que dégage ce type-là. Car c'est sans doute la particularité de Werber : il écrit des histoires originales, certes, et de surcroît avec un talent rare, mais sa fonction va au-delà de celle de l'écrivain. A l'évidence, il transmet des valeurs, des idées, des messages parfaitement cartésiens hérités de son passé de journaliste scientifique au Nouvel Obs, et d'autres plus philosophiques, humanistes, voire spirituels, qui ressemblent parfois aux enseignements des grands maîtres tibétains. Tout cela dans des romans que chacun est libre de prendre au niveau qui lui correspond. Si les milieux littéraires dénigrent parfois Werber, le public ne s'y trompe pas et le suit. Parce qu'il a ce don spécial de faire réfléchir sur des sujets extrêmement profonds à travers des histoires accessibles à tout le monde…

« L’écriture est une fuite positive »
En plus d'être un "messager", Bernard Werber est un travailleur acharné. Il écrit tous les jours, parce que pour lui l'inspiration vient du travail, de la rigueur et de la discipline. Et l'écriture le met dans un état de transe, de rêve éveillé qui le connecte à fond avec ses personnages. « C'est une forme de schizophrénie, dit-il. L'écriture est une fuite, mais une fuite positive qui amène à la création, contrairement à la fuite dans l'alcool ou la drogue. L'écriture est mon point fort, et je renforce ce point fort au lieu de chercher à travailler mes points faibles, c'est un choix. A part ça, j'ai beaucoup de mal dans la vie quotidienne, quand il faut aller faire des courses ou gérer les factures ! ». C'est aussi une des caractéristiques de Werber : l'humour, la légèreté, l'autodérision. Et l'humilité, qui est la marque des grands.

Il termine par quelques conseils aux écrivains en herbe : « Ayez votre propre style, n'imitez personne, n'ayez pas peur d'être original. Trouvez votre chemin, sinon vous serez remplaçables. Et c'est valable pour tout le monde, pas seulement pour les auteurs : on a tous un talent, et la vie consiste à découvrir lequel ». Et hop, nous voila repartis un cran plus haut vers un niveau de cogitation intense…
Les questions se succèdent et Bernard Werber y répond avec plaisir. Hélas, il a un planning serré et ne peut passer toute la journée à discuter dans ce restaurant. Dommage, nombre d'entre nous auraient bien enchaîné sur un dîner, voire un souper, pour continuer à l'écouter et échanger avec lui.
Il se prête au jeu des signatures, dédicace ses bouquins à tous ceux qui le souhaitent.Puis il doit filer très vite…
Alors chacun se sépare, reprend le métro, la voiture garée à Pigalle, ou le train vers la Belgique. Chacun avec la même pensée, partagée (ou pas) avec le voisin : il est passionnant… quand-est-ce qu'il revient?

Par Valérie Bettencourt

Valérie Bettencourt est auteur (romans, scénarios, documentaires…). Elle a notamment publié en 2009 un roman intitulé « Les Femmes de mes vies ». Pour en savoir plus : le site de Valérie Bettencourt

Les 5 meilleures ventes "Culture" d'Amazon.fr ( du 11 au 17 janvier)

En partenariat avec Amazon.fr, le BSCNEW.FR vous informe sur les meilleures ventes "Culture" du 11 janvier au 17 janvier 2010 sur le site d'Amazon. Chaque semaine, vous découvrirez le TOP 5 des meilleures ventes de livres, de CD, de MP3 et de DVD de notre partenaire.

Livres
1- Les Chevaliers d'Emeraude, Tome 10 : Représailles – Anne Robillard - MICHEL LAFON
2- Underworld USA – James Ellroy - RIVAGES POCHE EDITIONS M EDOUARD DE ANDREIS
3- Je ne sais pas maigrir - Docteur Pierre Dukan - J'AI LU
4- Les recettes Dukan : Mon régime en 350 recettes - Pierre Dukan - J'AI LU
5- Naruto, Tome 46 : Le retour de Naruto !! - Masashi Kishimoto - DARGAUD

Musique
1- La Llorona - Lhasa - WARNER MUSIC
2- Contra - Vampire Weekend – NAÏVE
3- The Living Road – Lhasa - WARNER MUSIC
4- The Resistance – Muse - WARNER MUSIC
5- Lhasa - Lhasa - WARNER MUSIC

DVD
1- Inglourious Basterds [Blu-ray] – UNIVERSAL STUDIO CANAL VIDEO
2- Inglourious Basterds - UNIVERSAL STUDIO CANAL VIDEO
3- Les frères Scott, saison 6 – WARNER HOME VIDEO
4- Là-haut - Edition simple – WALT DISNEY STUDIOS HOME ENTERTAINMENT
5- Ponyo sur la falaise - WALT DISNEY STUDIOS HOME ENTERTAINMENT


MP3 Titres

1- Ke$ha - TiK ToK
2- Lady GaGa - Bad Romance
3- Edward Maya Featuring Vika Jigulina - Stereo Love (Radio Edit)
4- Black Eyed Peas - Meet Me Halfway
5- The Black Eyed Peas - I Gotta Feeling

MP3 Albums

1- Vampire Weekend – Contra
2- Melody Gardot - My One And Only Thrill
3- Benjamin Biolay - La Superbe
4- James Horner - Avatar Music From The Motion Picture Music Composed And Conducted
5- The Black Eyed Peas - The E.N.D. (The Energy Never Dies)1- Lhasa De Sela - Lhasa
2- Xx – Xx
3- Arnaud Fleurent-Didier - La Reproduction
4- Charlotte Gainsbourg – IRM
5- Charlie Winston – Hobo

Arash Derambarsh : « la France remercie le Qatar »

J’ai attendu volontairement une semaine avant de donner mon avis sur l’organisation du 20e salon international du livre de Doha au Qatar. J’avais besoin de prendre du recul sur mes émotions et apporter un point de vue sans passion.
Ce n’est pas les préjugés qui ont manqué et qui m’ont été rapporté avant mon départ. Et pourtant, à l’issue de mon voyage, je souhaite remercier le Qatar au nom de la France.
En effet, le livre et de façon plus large la culture, est le meilleur dénominateur commun permettant de relier les civilisations entre elles.
Cette réussite est d’abord celle de son Altesse l’émir du Qatar, Hamad bin Khalifa Al Thani, et de son gouvernement. Je pense notamment au Ministre de la culture, de l’art et du patrimoine, S.E. le docteur Hamad Bin Abdulaziz Al Kuwari, et à Abdulla Nasser Alansari (Directeur du salon du livre de Doha de Qatar et responsable de la bibliothèque nationale du Ministère de la Culture, de l’art et du Patrimoine).
La France a été l'invitée d'honneur de ce salon. Cela nous touche. Cette délicate attention honore notre pays et plus globalement la francophonie.

Le travail efficace de l’ambassadeur de France à Doha, Monsieur Gilles Bonnaud, a également été productif. Il s’est entouré d’une équipe compétente, enthousiaste, dynamique et qui sert formidablement les intérêts de la France au Qatar. Je rends également hommage au travail du Centre Culturel Français.
À cette occasion, je tiens à remercier Caroline Carpentier, Alain Beucler, Sabrina Marigot, Hocine Chalabi, Eloi Deslandres, Brigitte Curmi, Alain Leroux, Michel Dhé, Nicolas Petitpas, Dalila Belmadani et tous les bénévoles qui sont venus aider les éditeurs français au Pavillon France.

L’organisation a permis de nombreuses conférences de grande qualité sur des thèmes importants. La participation des Qatariens a également été impressionnante. Il y avait un très grand nombre de jeunes et de femmes. Les Qataris se passionnent pour le livre et font preuve d'une grande ouverture d’esprit.
A nous, maintenant, Français, de comprendre les autres et de tendre la main. C’est la vocation et le destin de la France d’être un modèle et un phare dans le monde. N'oublions pas que notre vision humaine et généreuse provient de la philosophie des Lumières.
Les voyages contribuent inévitablement à cette ouverture aux autres civilisations. Construisons donc des ponts et des passerelles avec le monde oriental.
Je ne crois pas aux chocs des civilisations. Le salon du livre de Doha m’a fait comprendre que le monde arabe a toujours souhaité l’amitié avec l’occident sur des bases solides et sincères.

René Char disait, « je vois le monde comme je suis, je ne le vois pas comme il est ». C’est pourquoi, si 2010 devait être l’année d’une seule résolution, elle serait de voir le monde comme il est. C'est un travail de longue haleine et de patience.

Mais nous en sortirons grandis.

Arash Derambarsh

(Photo / Yves Bady)

Haïti : la mort de Georges Anglade, une lodyans inachevée

Georges Anglade : une lodyans inachevée.
La nouvelle de la mort de Georges Anglade et de sa femme Mireille Neptune nous est parvenue à Montréal mercredi 13 janvier alors que nous attendions de savoir ce qu’il en était des écrivains québécois d’origine haïtienne qui étaient partis à Port-au-Prince rejoindre leurs pairs, mais aussi leur famille et amis, à l’occasion de la deuxième édition du Festival Étonnants Voyageurs en Haïti. 2009 a été une année phare pour les écrivains haïtiens : douze d’entre eux ont eu des prix internationaux, le Médicis en France, mais aussi d’autres prix prestigieux à Cuba, aux États-Unis (l’American Book Award et le PEN/Faulkner award), au Québec (Prix de la ville de Montréal)… Et ça a aussi été une année marquante pour les écrivains québécois, dont on n’avait jamais autant parlé, en particulier en France. Alors, ce festival-là, à cet endroit-là – bien que ses organisateurs n’aient, eux, pas attendu 2009 pour le faire – constituait un hommage.
Hommage aux écrivains haïtiens publiés depuis toujours à l’étranger : Frankétienne, Lyonel Trouillot, Rodney Saint-Éloi - également éditeur de Mémoires d’Encrier – Dany Laferrière, Georges Anglade… et leurs illustres ancêtres, Justin Lhérisson (père de la lodyans), Jacques Stephen Alexis (un des pères du réalisme magique caractéristique de la littérature caraïbéenne) et René Dupestre (oncle de l’actuelle Gouverneure Générale du Canada Michaëlle Jean et Renaudot 1998) et même, souvenez-vous, le plus célèbre des métis haïtiens de la littérature française, Alexandre Dumas. Mais hommage aussi aux écrivains restés sur place, hommes et femmes, souvent pris entre politique et littérature, aux prises aussi avec leurs rivalités insulaires.
Les dictatures et les corruptions se succédant jusqu’à récemment dans ce qui fut pourtant la première démocratie fondée par d’anciens esclaves, pas un écrivain haïtien n’a échappé aux atteintes à sa liberté d’expression. Beaucoup ont survécu en s’exilant et ce faisant, ont nourri, fait grandir et essaimé la littérature haïtienne. Aucun d’eux, parti au loin ou demeuré sur place, même devenu «japonais », c’est-à-dire universel, n’a jamais coupé le lien viscéral avec la source première de son patrimoine imaginaire. La littérature est toujours une réaction à la mort. Parfois elle l’est textuellement. Dans le cas d’Haïti, la littérature n’est pas la seule expression artistique ni le seul héritage culturel. Les expressions artistiques sont nombreuses, «incroyablement» aime-t-on à répéter, et vivaces : le cinéma, les arts plastiques et surtout, comme une explosion planétaire, la musique (pensons juste à Arcade Fire et Wycleaf Jean…) et la peinture (peinture naïve et elle aussi entre réalisme et magie) cet art populaire devenu œuvre singulière mondialement cotée.
Georges Anglade finalement aura été au carrefour de tout cela.
Montréalais depuis quarante ans, il était allé à Port-au-Prince pour le Festival mais aussi comme président du Centre Haïtien du PEN International dont il était président depuis l’année dernière. Mais aussi, surtout peut-être, parce qu’il était, lui l’éminent géographe, dans son territoire, parmi ses amis, parmi ses détracteurs et ennemis aussi, donc chez lui. Son autre chez lui en vérité parce que Montréal, où, chercheur et grand voyageur, il avait enseigné longtemps à l’UQAM, l’Université du Québec à Montréal dont il fut l’un des fondateurs, était son point d’ancrage, de paix et de transmission. L’endroit où il avait ses amis exilés, comme son ami, notre doux et regretté ami commun, Émile Ollivier. Ce mardi 12 janvier 2010, attendant l’ouverture du Festival, Georges Anglade et sa femme Mireille Neptune, enseignante et écrivain elle aussi, étaient en visite chez des amis lorsque la maison s’est effondrée sur eux tous.
Les hommages à Georges Anglade n’ont pas manqués, en France et au Québec aussi sur le blogue d’Alain Mabanckou blackbazar.blogspot.com. Mabanckou rappelle notamment que « l’existence [ de Georges Anglade ] aura été marquée par une rébellion permanente et un engagement politique pour la liberté des siens. Ce qui lui vaudra toutes les foudres du régime dictatorial en place. Emprisonné par Duvalier, contraint à l'exil, Anglade ne cessera de dessiner les contours "géographique" de son pays dans ses essais dont la plupart nomment cette terre d'Haïti aujourd'hui frappée par le chaos. » Il rappelle son prestigieux parcours d’universitaire - juriste de formation ayant commencé ses études en Haïti qu’il a poursuivies en France où il a obtenu un troisième cycle en Géographie appliquée et une licence en Lettres à l'université de Strasbourg – dont le but avait toujours été de devenir homme de lettres, ultime carrière à laquelle il se sera dédié, sans renoncer à sa passion pour la politique, comme conseiller des présidents Jean-Bertrand Aristide puis René Préval, après avoir présidé en 1994 la Conférence internationale de Miami qui avait restauré la démocratie en Haïti. Mabanckou rappelle les livres de Georges Anglade (voir liste ci-dessous) et son choix éclairé pour une forme particulière de l’expression romanesque haïtienne, la lodyans. Il n’aura peut-être pas connu le succès et la reconnaissance qu’il aurait aimé remporter de son vivant. Mais il aura, et avec quelle obstination, contribué à réhabiliter ce genre traditionnel et originel.
Pourquoi, alors, écrire un hommage de plus ? Par souvenir.
Souvenir égoïste et vain, peut-être, du seul voyage que j’ai effectué en juin 2004 avec le Centre québécois du PEN International. Le Pen International qui avec ces quelques 130 centres mondiaux lutte depuis 1921 pour la défense des écrivains emprisonnés et persécutés pour leurs écrits et dont l’actuel président international est un Canadien, John Ralston Saul. J’ai été administratrice du PEN Québec avec Georges Anglade. Cette mission de juin 2004, pendant le Salon du livre de Port-au-Prince, effectuée à l’initiative du président Émile Martel, avec Roger-Paul Gilbert, Dany Laferrière et Monique Proulx, était destinée à créer un PEN Haïti, pas simple à faire à cause des rivalités internes mais aussi à cause de l’absence totale de fonds, même les fonds minimaux nécessaires pour se rendre au congrès mondial annuel du PEN pour y être officiellement accrédité. Finalement, Georges Anglade, avec un pied dehors et un pied dedans le pays, et fort de sa lutte personnelle constante pour la liberté d’expression, aura fini par en devenir le président.
C’était une mission officielle et donc ce que j’ai vu d’Haïti je l’ai vu surtout de l’intérieur des jardins exotiques et du fond de la piscine de l’hôtel, de derrière les vitres blindées des 4x4 climatisés mis à disposition par l’Ambassade canadienne, de cette magnifique plage privée aussi où Georges nous avait emmenés passer une journée, histoire de se souvenir qu’on était bien dans la Caraïbe, la mer à trente degrés, les manguiers, les papayiers, le sable blanc, les poissons grillés. On s’attendait à peine à aboutir là après avoir traversé les bidonvilles de la Cité Soleil.
Mais, malgré tout cela, alors que, silencieuse, je reste hypnotisée par les images d’horreur et les discours, émouvants (dont celui de Michaëlle Jean justement parlant comme « une enfant d’Haïti») et parfois irritants (Dany Laferrière a bien raison de récuser ladite « malédiction d’Haïti», ce pays n’étant victime d’aucune magie noire vaudou, autre faute non plus sinon celle, peut-être, d’être du mauvais côté de l’île, d’être situé sur une zone de faille tectonique, et sans doute, d’avoir connu la déforestation et le chaos politique, deux fléaux que Georges Anglade dénonçait d’ailleurs indifféremment), malgré tout je pense à tout ce qui m’a frappé à Port-au-Prince. Port-au-Prince vivant, ô combien.
Je pense à la bibliothèque municipale fréquentée par tellement de jeunes avides de lectures et de savoir que l’endroit manquait de chaises pour les faire asseoir tous. Je pense à ces jeunes collégiens venus nous présenter leur rêve : remporter un concours de culture générale de très haute volée dont je regardais les questions en soupirant sur mes lacunes, et mes oublis. Je pense à ces jeunes, encore, toujours, rassemblés par centaines sur la grand-place du centre-ville, pour étudier le soir à la lumière des réverbères faute d’avoir l’électricité chez eux. Je pense à ces rues jonchées sur des centaines de mètres, de toiles de peinture aux mille couleurs accrochées à des clous de fortune, ses statuettes et ces objets d’arts, tout cet art de la rue vendu par des artistes assis sur le trottoir, bien avant qu’un jour, peut-être, une galerie les repère à l’autre bout du monde. Je pense à la foule, un raz-de-marée, dix mille en une journée, qui se bousculait pour entrer au Salon du livre de Port-au-Prince où, grâce à une banque locale et d’autres partenaires, les livres sont vendus à 10% de leur prix. Je pense aux conversations passionnantes pendant l’émission en direct de Lyonel Trouillot à Radio Kiskeya. Et le jeudi soir à la belle étoile, dans la cour d’un centre culturel, la soirée de lecture publique ouverte à tous à laquelle un large public tous âges confondus venait assister, parfois assis sur le toit des édifices voisins. Je pense à toutes ces marques vivaces d’une création artistique et d’une faim de culture, certainement nourrie par un légitime sentiment d’injustice mais jamais atteint pour autant, semblait-il, par un quelconque blasement. C’est de cela que j’aime me souvenir, avec insistance, parce que Port-au-Prince sera toujours cela pour moi. Bien sûr, aujourd’hui, cela leur fait une belle aux Haïtiens, si tant est qu’il leur reste une jambe ou qu’ils aient de quoi la nourrir. Mais dans quelque temps, quand le pays sera reconstruit grâce au formidable élan international, sans doute retrouveront-ils leur irréductible force créatrice vaillante et résistante.
C’est une histoire haïtienne, dont je veux me souvenir encore et dont, sans doute, Georges Anglade aurait aimé faire une lodyans. Une lodyans inachevée.
Aline Apostolska, journaliste et écrivain, correspondante de BSCnews à Montréal

Œuvres de Georges Anglade
Lodyans
• Les Blancs de Mémoire (Boréal, 1999)
• Ce pays qui m’habite (Lanctôt, 2002)
• Leurs jupons dépassent (Lanctôt, 2004)
• Et si Haïti déclarait la guerre aux USA? (Éd. Écosociété, 2004).
• Rire haïtien / Haitian Laughter, recueil bilingue de 90 lodyans (Educa Vision, 2006)

Essais

• L'espace haïtien (Presses de l'Université du Québec, 1974).
• Mon pays d'Haïti (Presses de l'Université du Québec, 1977).
• Espace et liberté en Haïti (Centre de recherches Caraïbes, Université de Montréal, 1982).
• Atlas critique d'Haïti (Centre de recherches Caraïbes, Université de Montréal, 1982).
• Cartes sur table (Deschamps, 1990).
• La Chance qui passe", manifeste politique, 1990
• Chronique d'une espérance (L'Imprimeur II, 2008).

Les « Prix La Science se livre 2010 » : dix ouvrages sélectionnés

La cérémonie de remise des « prix La Science se livre » aura lieu jeudi 28 janvier à 18h 30 à l’auditorium de l’Espace Landowski de Boulogne-Billancourt. Le Conseil général des Hauts-de-Seine a créé ces prix pour récompenser et favoriser la promotion des ouvrages de sciences et techniques à destination du grand public. Ils permettent de renforcer les liens entre les bibliothèques et le monde de l’édition scientifique. Et ils distinguent l’édition scientifique moins promue que l’édition littéraire dans deux catégories, « adultes » et « adolescents ».
Le Jury a souhaité toucher le public des adolescents en créant une nouvelle catégorie de Prix qui leur est destinée. Le livre lauréat dans cette catégorie sera offert aux bibliothèques municipales du département et à tous les centres de documentation et d’information (CDI) des collèges des Hauts-de-Seine.
En concertation avec l’auteur lauréat, des rencontres seront organisées dans les collèges.
Le Conseil général des Hauts-de-Seine et le Comité de sélection des Prix, composé de bibliothécaires du département, de la Bibliothèque Nationale de France et de la Médiathèque de la Cité des Sciences et de l’Industrie, ont établi la sélection des « prix La Science se livre » pour l’année 2010.

Catégorie adultes


- « Tout sur la mémoire » de Bernard Croisile, éditions Odile Jacob, 2009.

- « L'eau un trésor en partage » de Ghislain de Marsily, éditions Dunod, 2009.

- « Vérole, cancer & cie » de Gérard Lambert, éditions du Seuil, 2009.

- « Bonnes nouvelles des étoiles » de Jean-Pierre Luminet et Elisa Brune, éditions Odile Jacob, 2009.

- « Les nanotechnologies » de Dominique Vinck- Collection Les Idées Reçues, Le Cavalier Bleu éditions, 2009.

Catégorie adolescents (11-15 ans)


- « Incroyables savanturiers : ces savants-aventuriers partis explorer le monde, embarqués dans des engins extraordinaires » de Jean-Michel Billioud, Bayard jeunesse - Collection Rêves, 2009.
- « La science enquête : les métiers de la police scientifique » d’Eric Chénebier, Seuil Jeunesse - Cité des sciences et de l'Industrie, 2009.

- « Des tomates » de Sophie Fauvette, Gulf Stream éditions, 2009.

- « Le changement climatique expliqué à ma fille » de Jean-Marc Jancovici, éditions du Seuil, 2009.

- « Des molécules plein l'assiette : la cuisine par les sciences expliquée aux enfants » de Jean Matricon, Milan jeunesse, 2009.

Cette cérémonie sera suivie d’un débat avec Ghislain de Marsily, hydrologue, membre de l’Académie des sciences et Jean-François Donzier, directeur général de l'Office international de l'Eau. La rencontre sera animée par Marie-Odile Monchicourt, journaliste scientifique à France Info.


Pour en savoir plus : www.vallee-culture.fr

Olivier Quelier

GOOGLE et l'imbroglio chinois : Le géant américain voit rouge

Internet deviendrait-il le nouveau terrain de discorde pour le jeu diplomatique mondial ? Irréaliste ? Absurde ? Peut-être. Mais c'est pourtant ce que laisse transparaître, l'imbroglio entre la Chine et GOOGLE depuis cette cyber attaque massive et "sophistiquée" selon les autorités américaines, menée il y quelques jours, contre le géant américain en Chine. Force est de constater que cette offensive contre les intérêts de GOOGLE revêt maintenant un caractère diplomatique entre le ministère des Affaires étrangères des USA qui a demandé officiellement des explications aux Chinois.

Depuis Google menace de se retirer de Chine, lassé par la censure imposée à ses moteurs de recherche. "Nous avons décidé que nous ne voulons plus censurer nos résultats (de recherche) sur Google.cn et au cours des prochaines semaines nous allons discuter avec le gouvernement chinois de la possibilité de faire fonctionner, dans le cadre de la loi, un moteur de recherche sans filtre" déclare GOOGLE dans un communiqué officiel.

De plus, cette attaque n'a pas visé uniquement GOOGLE. Elle était également dirigée sur des défenseurs des droits de l'homme, vivant en Chine, aux Etats-Unis ou même en Europe.

Mais force est de constater que le marché chinois en matière d'audience avec près de 400 millions d'internautes représente un enjeu stratégique majeur pour la firme américaine qui n'y est pas installée en leader face à Baidu, le moteur de recherche chinois.

A l'heure actuelle, Google est confronté à un dilemme cornélien : se soumettre à la censure chinoise pour intensifier sa présence en Chine, ou plier bagage en invoquant "des divergences politiques" en matière de liberté alors qu'on pourrait aisément convenir d'un aveu d'impuissance à conquérir un marché primordial dans la course à l'hégémonie pour la firme américaine.

Média numérique: Une journée d'audience record pour le BSCNEWS.FR

Après l'affiliation de son contenu par GOOGLE NEWS en décembre dernier, le BSC NEWS MAGAZINE, le 1er magazine culturel en ligne francophone fondé en décembre 2007 par Nicolas Vidal, n'en finit plus de franchir les étapes. Certains disent de lui qu'il est "le magnat du numérique gratuit"

Hier, le BSCNEWS.FR a connu un record d'audience avec près de 10 000 visiteurs uniques qui se sont pressés dans les colonnes numérique du BSCNEWS.FR pour chercher, découvrir et décortiquer les informations culturelles et notamment l'article de Neila Latrous ( chroniqueuse au BSC NEWS mais également sur LCI Radio) à propos de la paternité de Jean Sarkozy.

Déjà, lors du Salon de Doha, qui s'est tenu la semaine dernière, le BSCNEWS.FR faisait paraître en exclusivité une interview de Dominique Baudis et une déclaration de Dominique De Villepin sur la présidentielle 2012 par l'intermédiaire d'Arash Derambarsh, envoyé spécial pour l'occasion. Ces informations ont été largement reprises toutes deux dans la presse. Ou encore, au cours de l'année 2008, c'est Christine Deviers-Joncour qui avait fait son retour sur la place publique via une interview accordée au BSC NEWS après 3 ans de silence et d'exil médiatique.

Alors que le secteur de la presse connaît de grandes difficultés financières causées par la crise mais aussi par l'essor d'internet et de ses flux d'informations, le BSC NEWS MAGAZINE, quant à lui, ne cesse depuis quelques mois déjà de s'affirmer comme l'un des titres de référence de la presse culturelle en ligne.

Début 2008, alors que le BSC NEWS MAGAZINE ne comptait que 4 chroniques pour quelques 300 lecteurs, aujourd'hui, il compte une des plus grosses rédactions de la presse en ligne avec 20 chroniqueurs et journalistes permanents pour une audience qui flirte avec les 40 000 lecteurs mensuels et 3000 abonné(e)s. Aujourd'hui, le BSC NEWS MAGAZINE est plus que jamais le 1er magazine culturel online mais devient petit à petit un site d'information quotidien qui ne cesse d'accroître son lectorat avec des milliers de lecteurs chaque jour.

Le prochain numéro du BSC NEWS MAGAZINE est à paraitre le 20 janvier avec de nombreux invités comme Rébecca Dautremer, Jil Is Luck, Julien Cottereau, Eve Ensler ou encore Damien Luce, Diastème et Marion Aubert. Il sera comme à l'accoutumée en lecture libre et gratuite depuis la page d'accueil du BSCNEWS.FR. ou sur abonnement gratuit. ( ci-contre : Nicolas Vidal - Fondateur et rédacteur du BSC NEWS MAGAZINE)

 

Crédit Photo- Nicolas Vidal (copyright D.CRESPIN)

Arlette Chabot répond à Peillon : les dessous du clash


Et c’est sur France Info ce vendredi matin qu’aura lieu l’explication entre Arlette Chabot et Vincent Peillon. Ce devrait être un débat d'idées avec comme pour toile de fond, l'identité nationale. Eric Besson, Marine Le Pen et Vincent Peillon étaient conviés à cette joute politique que nombreux avaient qualifié "d'indigne et de scandaleuse".

Dès l'annonce de ce débat, la tension était palpable et les protestations nombreuses bien avant le début du "débat", notamment de la part de la SNJ-CGT de France 2.

Mais c'est à un véritable coup de théâtre auquel les spectateurs rivés sur l'émission de France 2 "A vous de juger" ont pu assister hier soir. Alors que l'émission prenait gentiment son envol, Arlette Chabot, face à Eric Besson, annonce que Vincent Peillon vient de se décommander via une dépêche AFP en qualifiant cette émission de piège et de "dérive indigne". Son communiqué demande la démission pure et simple de la direction de France 2, accusant la chaîne de prendre "en otage le service public et les personnels qui y travaillent" en organisant un tel débat. Vincent Peillon estime qu’on lui demande "de venir cautionner cet exercice d'abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles en deuxième partie de soirée".

Passablement excédée, Arlette Chabot n'a pas manqué d'y revenir tout au long de l'émission, qui a été amputée de près d’une heure du coup, et d'exposer "avec transparence" les tenants et les aboutissants de la préparation de cette émission avec les principaux invités, déclarant à l'antenne et en direct que les conditions étaient clairement établies et qu’il n'y avait aucun piège" dans cette invitation. Elle termine en disant qu'elle s'en expliquera avec le principal intéressé. Vaste programme.

Dès jeudi soir, sur Rue89, Vincent Peillon s’expliquait et confiait que sa décision était prise depuis plusieurs jours : "Je voulais qu’il y ait un incident. Il fallait que ça fasse un peu scandale". Sur RMC, il ajoute : "Si j'avais annoncé plus tôt ma décision, alors on aurait peut-être trouvé un remplaçant, il y en a toujours un pour venir à la télévision, et on aurait refait l'émission autrement".

Pour brouiller les pistes, l’eurodéputé socialiste avait même confirmé jeudi matin, jour du débat, qu’il serait bien présent sur le plateau de France 2 le soir même pour débattre face à Eric Besson. C’était sur Radio Classique où il était interviewé par Guillaume Durand.

Et c’est sur France Info ce vendredi matin qu’aura lieu l’explication entre Arlette Chabot et Vincent Peillon. Ce dernier explique avoir volontairement voulu faire un coup d’éclat médiatique, afin que les consciences s’éveillent. "L'idée (de France 2 ndlr) était de faire un gros match Besson-Le Pen, parce que ça fait de l'Audimat, j'ai répliqué avec les mêmes armes". Il dit avoir prévenu Martine Aubry de ce qu’il comptait faire.

Invitée à répondre, Arlette Chabot a rappelé que l’organisation du débat était parfaitement transparente et que Vincent Peillon connaissait parfaitement "la nature, les thèmes de l'émission et avait accepté en toute connaissance de cause d'intervenir à la suite du face à face entre Eric Besson et Marine Le Pen". La directrice de la rédaction de France 2 explique une nouvelle fois s’être entretenu le matin même du débat avec l’élu PS, qui lui avait confirmé à nouveau sa présence. Elle conclut sur une pique à l’adresse de l’eurodéputé en assénant : "Royal fait des coups médiatiques, Peillon les dénonce".

Reste une question à trancher : Vincent Peillon savait-il qu’il interviendrait en deuxième partie de soirée ou l’a-t-il appris le jour même comme il le clame haut et fort ? Le fait de passer après le débat Besson-Le Pen l’aurait refroidi, selon son interview à Rue89. Mais là encore, les versions sont contradictoires. Sur le site du Point, Nathalie Saint-Cricq, rédactrice en chef d’A vous de juger, indique que l’eurodéputé souhaitait réagir au débat de première partie et conclure l’émission face à Eric Besson. Version confirmée par Marine Le Pen ce vendredi matin sur RMC. Vincent Peillon sur France Info maintenait que l’équipe d’Arlette Chabot avait tenté de le piéger, qualifiant leur version des faits "mensonge".

Du côté de France Télévisions, un communiqué de presse a été envoyé à l’ensemble des rédactions ce vendredi matin: "La Direction de France Télévisions réaffirme bien entendu son entière confiance à Arlette Chabot".
Neila Latrous/Nicolas Vidal (BSCNEWS.FR)

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