LE PS en bonne position dans les sondages, l'UMP en difficultéVoilà un sondage qui ne manquera pas d'intéresser les ténors des partis politiques français ainsi que leur garde rapprochée.
L'IFOP/ PARIS-MATCH vient de faire paraître un sondage extrêmement intéressant à deux mois des régionales sur la future carte politique.
La première tendance qui se dégage de ce sondage démontre clairement que le PS serait en bonne position sur cette échéance électorale. Ainsi note l'IFOP " les intentions de vote en faveur des listes de gauche s'établit à 51 % alors que celui des listes de droite parlementaire et d'extrême droite atteint 36,5%. " Le Parti Socialiste, amené par Martine Aubry et ses 20 présidents de région déjà installés, rallie 27 % des intentions de vote et s'affirme comme le concurrent de l'UMP qui perd 3 points. Une perte qui pourrait plonger le parti du Président de la République dans une fébrilité à quelques mois de la Présidentielle de 2012. Ajoutons à cela les 8,5 % du Front National, assez suffisant pour le parti de Jean-Marie Le Pen qui pourrait se maintenir dans une dizaine de région.

L'IFOP ne manque pas également de préciser que "le PS reprend un net avantage, notamment sur les listes Europe Ecologie avec 13 % d'intention de vote, en retrait par rapport à leur résultat du dernier scrutin européen".

Ce sondage a été réalisé les 21 et 22 janvier auprès d'un échantillon de 853 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. (Sondage réalisé par IFOP/PARIS MATCH)
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Solal a frayé son chemin. Le fils de Jean Sarkozy et Jessica Sebaoun est né tôt hier matin à l’hôpital de Neuilly. C’est le premier enfant du couple, qui s’était marié en septembre 2008.

Alors forcément, Nicolas Sarkozy a confié "l’immense bonheur que constituait la naissance de son petit-fils". Alors forcément, sur Twitter, les plus taquins se sont livrés à des blagues et réflexions autour de cette naissance. Mention spéciale pour Hugo Combe et son "Solaal pleule" ainsi qu’à Benjamin Le Maire pour "Solal Sarkozy est tellement précoce qu'il a déjà 1 an". Alors forcément les journalistes ont pondu des notes avec pour titre "Nicolas Sarkozy grand-père", mais aucune avec "Carla Bruni grand-mère par alliance", "belle grand-mère" ou autre.

Comme le rappelait Tatiana de Rosnay, Solal est le nom du héros de Belle du Seigneur, le roman d’Albert Cohen. Un roman auquel Nicolas Sarkozy a fait référence à plusieurs reprises depuis 2006. Aussi loin que je m’en souvienne, Nicolas Sarkozy l’avait évoqué la première fois il y a quatre ans, au cours d’un déjeuner off place Beauvau avec la rédaction de iTélé. L’épisode avait été narré par Laurent Bazin sur son blog, billet qu’il avait supprimé par la suite.

Au cours de ce déjeuner, Nicolas Sarkozy faisait part de ses préférences littéraires. Il avouait placer en premier sur sa liste le Voyage au bout de la nuit de Céline, suivi de Belle du Seigneur d’Albert Cohen. Son "côté femme" lui faisait alors adorer un passage du roman dans lequel Ariane attend Solal. Le ministre de l’Intérieur de l’époque se dit épaté par la précision avec laquelle l’écrivain a su se glisser dans la peau d’une femme. Même si, ajoute-t-il, l’auteur "devait s’emmerder comme un rat au bord du lac de Genève" pour écrire un tel livre.

Et que cache ce prénom hébreu, dont la traduction littérale est "celui qui fraie un chemin" ? Selon plusieurs sites qui livrent la signification des prénoms, les Solal sont hyperactifs, entreprenants, dynamiques et excitables. Ils donnent l’impression d'être toujours pressés. Un Solal sera impatient et fourmillera de projets. Non mécontent de lui-même, il peut avoir tendance à se complaire dans l’autosatisfaction. Curieux de tout, il peut paraître versatile car se lasse rapidement quand il a fait le tour d’un sujet. Enfin, les Solal manquent souvent d’organisation ou de suite dans les idées, ce qui peut les mener à des excès.

Enfant, Solal est un véritable petit tyran à qui il faut très tôt assigner des limites et inculquer des notions de partage et de respect des autres. Vite indépendant, il se montre autonome. Une de ses premières expressions pourrait être : « Moi tout seul ! ». Rapide et chahuteur, le sport lui sera nécessaire afin de s'exprimer.

Imaginatif et intuitif, Solal supporte mal la solitude. C’est la raison pour laquelle il se montre assez vite séducteur et conquérant. La difficulté le stimule et une chose impossible est de facto désirée par lui. Sympathique de prime abord, il recherche la compagnie des autres et s’affirme assez vite comme un leader dans les groupes. S’il était amené à exercer le pouvoir, ce serait un vrai Roi Solal !

Entre la signification de son prénom et son ascendance, nul doute que le petit Solal Sarkozy saura se montrer à la hauteur des hommes de sa famille. Et encore félicitations aux parents !
Par Neila Latrous
Beaucoup d’hommes politiques se doivent de méditer aujourd’hui l’aphorisme d’un roi de Macédoine repris par Voltaire. La République tremble, la République a peur… Quelle drôle de période tout de même que celle-ci où l’on doit craindre ses proches !

Le week-end dernier nous a en a encore été témoin. Vincent Peillon organisait à Dijon sous la bannière de son courant, l’Espoir à gauche, un Rassemblement social, écologique et démocrate. Cette réunion est censée préfigurer la gauche de demain, avec à la tribune le Modem, Europe Ecologie et Robert Hue. Mais voilà que l’arrivée de Ségolène Royal bouscule les plans de Vincent Peillon, qui se sent obligé de préciser qu’il ne l’avait pas invitée. S’en suit un échange d’amabilités surréaliste…
Notons deux étrangetés. D’abord Vincent Peillon explique sa colère par son souhait de ne pas voir de présidentiables à ce rassemblement. Est-ce à dire que Ségolène Royal est de facto candidate en 2012 ou est-ce le souhait du député européen ? Ensuite, Vincent Peillon souhaite dessiner la gauche de demain en excluant celle qui en est une figure clé, ce qui en soit constitue un paradoxe. Et puis quelle tristesse, enfin, de voir qu’au Parti Socialiste, on peut non seulement se déchirer entre camarades, mais on peut également se taper dessus entre membres d’un même courant…
De ce point de vue, les petits meurtres entre amis ne sont pas seulement l’apanage du PS. A la gauche de la gauche, l’entente est cordiale( sourire) entre le Front de Gauche et le NPA. A l’extrême-droite, le Front National doit se dépêtrer des ligues, blocs et autres clubs crypto-facho qui lui reprochent sa modération (re sourirel).
Au sein de la majorité, c’est la guerre larvée au Sénat entre Jean-Pierre Raffarin, Gérard Longuet qui dirige le groupe UMP et Gérard Larcher qui préside la Chambre Haute. Le modus vivendi : la taxe professionnelle que le gouvernement souhaite voir entrer en application le 1er janvier 2010. Jean-Pierre Raffarin qui par ailleurs tape allègrement sur François Fillon, dont les critiques sur les gouvernements passés ne sont pas du goût de l’ex-Premier ministre. Et comme si cela ne suffisait pas, François Fillon doit également faire face au mécontentement d’Henri Guaino, conseiller spécial du président, qui lui savonne la planche dans la joie et la bonne humeur. A côté de tout cela, les tacles inamicaux sur les chevilles de Rama Yade seraient presque anecdotiques.
Oui mais, me direz-vous, Vincent Peillon n’est pas le frère de Ségolène Royal. Et si Henri Guaino et François Fillon n’ont a priori aucun lien de parenté, il en va de même pour les sénateurs UMP.
Car figurez-vous que ces dernières semaines, il a fallu craindre jusqu’à ses frères et sœurs, ses enfants, ses neveux, … Bref, ceux qui jamais, ô grand jamais, n’auraient dû vous trahir.
Premier acte de la tragédie avec ce qui est devenu « l’affaire Mitterrand ». Sans revenir sur le fond, observons tout de même que les extraits de la « Mauvaise Vie » sont exhumés par une « fille de » (Marine Le Pen), dont le but n’est autre que celui de déstabiliser un ministre « neveu de » (Frédéric Mitterrand) qui représentait une prise de guerre pour Nicolas Sarkozy.
Loin de moi l’idée de donner des leçons ou de montrer du doigt une classe politique qui fonctionne en vase clos : je n’en ai ni la prétention, ni l’envie. Et enfoncer des portes ouvertes n’est pas mon loisir préféré.
Mais il faut bien garder à l’esprit que la semaine d’après, c’est d’un « fils de » que naît le trouble : Jean Sarkozy, cadet du chef de l’Etat. Rappel des faits pour ceux qui auraient été séquestrés à la même période : Jean Sarkozy, conseiller général des Hauts-de-Seine, se voit offrir l’opportunité de devenir administrateur de l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense suite à la démission de l’un de ses membres. Le fiston se précipite sur cette opportunité et dévoile son intention de diriger cet organisme, du haut de ses 23 ans et de ses deux ans de droit, en accord avec papa, bien sûr. En quelques jours, la France est la risée du monde, l’affaire est relayée par les médias tous pays et nombre d’entre eux titrent sur le népotisme, rappelant au passage que la France a cette fâcheuse manie de donner des leçons à l’ensemble de la communauté internationale. In fine, père et fils reculent devant la pression.
Il est intéressant de constater que les deux crises politiques majeures traversées par le pouvoir en cette rentrée ne sont pas de l’ordre du politique stricto sensu. Il ne s’agit pas là directement de la façon dont fonctionnent les institutions ou de décisions, de réformes, de textes de lois prônés par le gouvernement. Non, les deux points de crispation politique de cette rentrée sont le fait de polémiques stupides et inutiles.
À noter qu’un mini-buzz concernant un autre fils du président est né sur le web avant de mourir de sa belle mort : celui d’une aide de la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) accordée après intervention de l’Elysée à Pierre Sarkozy, l’aîné cette fois-ci.
Chez les Verts, c’est une « fille de » qui a créé la polémique, après que Noël Mamère ait proposé que Marie Bové, une militante « hors père » (copyright Libération) conduise la liste Europe Ecologie pour les élections régionales en Aquitaine. Le premier qui parle de consanguinité gagne un abonnement (gratuit) d’un an au BSC news !

Dans un autre registre, la charge contre Eric Besson est venue de son ex-épouse, Sylvie Brunel. Abandonnée après trente ans de vie commune pour une femme plus jeune, elle dresse dans son « Manuel De Guérilla A l’Usage Des Femmes » un portrait au vitriol de son ancien mari. Un homme qui le jour du mariage, devant le maire, avait déjà refusé de jurer fidélité. Un homme qui ce jour là encore quitte la table des invités à peine les entrées achevées pour aller regarder un grand prix de Formule 1.
Rachida Dati, elle, sera trahie par son frère, Jamal. Dans « A l’ombre de Rachida », il raconte ses relations tumultueuses avec sa sœur, son caractère autoritaire et égocentrique et lâche cette terrible confidence : à sa sortie de la maternité, Rachida Dati aurait posé devant les photographes avec un couffin… vide ! « Pourquoi ce cinéma ? Pourquoi dissimuler le visage de Zohra ? » s’interroge alors son frère.

Dieu merci (ou peut-être pas), si la félonie familiale se répand dans nos contrées, elle a également cours dans le reste du monde. Notamment dans de grandes démocraties comme Cuba et l’Afghanistan. Le frère d’Hamid Karzaï par exemple cumule toutes les casseroles. Soupçonné d’être impliqué dans un vaste trafic d’opium, voilà que le New York Times vient de révéler qu’Ahmed Wali Karzaï pourrait également avoir collaboré avec la CIA pendant huit ans, bénéficiant ainsi d’une immunité totale pour ses activités illicites.
Plus cocasse : Juanita Castro, l’une des sœurs de Fidel et Raul, a elle aussi travaillé pour l’agence de renseignement américaine ! Celle qui a été « l’agent Donna » pendant trois ans était chargée de combattre la révolution cubaine, avec une seule exigence : ne participer à aucune conspiration visant à éliminer ses frères. Ouf, l’honneur est sauf !

D’où viendra le prochain scandale ? De quel secret familial ne sommes-nous pas informés ? Il est à se demander s’il faut en rire ou en pleurer, de ces petits meurtres entre amis, de ces morceaux d’intimité qui nous parviennent sans aucun filtre, de ces dynasties politiques qui se lèguent un poste, une fonction, un mandat. Faut-il se méfier de tout et de tout le monde ? Ou récolte-t-on seulement ce que l’on a semé ? Il ne m’appartient pas de trancher. Mais reconnaissons-le : tirer à bout de portant quand on nous tourne le dos, c’est un peu lâche, non ?

Neila Latrous

Les vacances s’achèvent, et dans les rangs du gouvernement, il y en a qui n’ont pu goûter à la quiétude des jours d’été et que l’on a beaucoup vu dans les médias. Bruno Le Maire pour calmer la colère des agriculteurs. Brice Hortefeux pour veiller à la quiétude des vacanciers. Christine Lagarde pour sermonner des banquiers trop gourmands. Christian Estrosi au chevet de l’industrie, pour qui la crise ne prend de vacances. Il y a aussi Luc Chatel, omni-porte-parole, ministre de l’Education qui n’a pas chômé pendant ces deux mois avec entre autres le dossier de la grippe A.

Et puis, à l’inverse, il y a ceux que l’on n’a ni vu, ni entendu. Ceux dont on a même oublié l’existence. Au hasard, qui peut me parler de Nora Berra ? Quel ministère occupe-t-elle ? Et Christian Blanc ? Hubert Falco ? Jean-Marie Bockel ? Depuis le 23 juin, quelle est la fonction de Pierre Lellouche ? Valérie Létard ? Henri de Raincourt ? Question piège : Michel Mercier est-il entré ou sorti du gouvernement ?

Il reste quelques jours pour réviser et connaître son Fillon IV sur le bout des doigts. D’autant qu’un Fillon V pourrait survenir plus vite que l’on ne le pense…

 

Neila Latrous

La phrase est d’Henri de Raincourt. Le président du groupe UMP au Sénat vient d’ailleurs d’entrer au gouvernement, au poste de ministre chargé des relations avec le Parlement, à la faveur d’un remaniement qui augure trois années de présidence sarkozienne dure. Back to basics : il faut s’attendre à un retour vers le sarkozysme du candidat et non le sarkozysme présidentiel édulcoré. Selon les mots de Jean-Michel Aphatie, c’est « le remaniement le plus rigolo de la Ve République ». A n’en pas douter, il dit vrai. Et l’on vous explique pourquoi…

Tirer les leçons des européennes

Premier enseignement : qui n’obéit pas au chef de l’Etat est sanctionné. Ainsi le sort de Rama Yade, rétrogradée secrétaire d’Etat aux sports. A noter que le secrétariat d’Etat aux droits de l’homme n’existe plus. Triste symbole au moment où le peuple iranien manifeste contre un régime qui bafoue ses droits.
Ironie du sort : qui obéit au chef de l’Etat est sanctionné. Ainsi le sort de Rachida Dati et Michel Barnier. Non que le Parlement européen soit leur sanction, mais élus à Strasbourg, ils se voient contraints de quitter le gouvernement… au moment où Nora Berra, élue elle aussi le 7 juin dernier, se voit proposer un maroquin ministériel. La voici promue secrétaire d’Etat chargée des Ainés.

Deuxième enseignement : trop de réussite tue la réussite. Bruno Le Maire, brillant ex-secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes, se voit récompensé de son implication dans les dernières élections. Il est promu ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. Portefeuille prestigieux, certes. Mais qui laisse les affaires européennes au très atlantiste Pierre Lellouche, connu récemment pour cette phrase à l’égard de Jean-Luc Mélenchon : "On serait au XIXe siècle, je vous convoquerais en duel, et je vous flinguerais. Et ce serait mérité". Pierre Lellouche, également connu pour sa position en faveur de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. Rappelons que l’UMP a fait campagne sur non-intégration de la Turquie à l’Europe des 27.

Troisième enseignement : toutes ces règles sont caduques si l’on est un ami de longue date du président. A cet égard, le cas de Brice Hortefeux est des plus comiques. Autant dire burlesque. Un vrai vaudeville. Elu député européen malgré lui, le fidèle des fidèles fait des pieds et des mains pour rester à Paris et ne pas s’exiler à Strasbourg. Sarkozy le repêche. L’argument est alors des plus savoureux pour expliquer l’inexplicable : Brice Hortefeux ne peut quitter le gouvernement en période de crise, là où l’on a le plus besoin du ministre du Travail… Deux semaines plus tard, il est finalement décidé que ledit ministre n’est peut-être pas si indispensable que cela à la fluidité du dialogue social… Le voilà propulsé place Beauvau au ministère dont il a toujours rêvé. Un vrai vaudeville, je vous le disais.

Ne fâcher aucune minorité, préserver les équilibres

Exit Rachida Dati donc. Faites place à Nora Berra, une gaulliste d’origine algérienne, médecin de formation et conseillère municipale UMP à Lyon. Une arabe de moins de 50 ans remplacée par une autre arabe de moins de 50 ans : ça en est presque caricatural…

Idem pour les chiraquiens, qui perdent Christine Albanel à la culture. Mais qui récupèrent Henri de Raincourt. Il s’installe non à un secrétariat d’Etat, mais à un ministère chargé des relations avec le Parlement. Un poste taillé à la mesure du président du groupe UMP au Sénat, ami de longue date de Jacques Chirac. Il conviendra de se demander qui le remplacera à la chambre haute. Le poste reviendra-t-il à Raffarin, toujours pas remis de sa défaite à la présidence du Sénat face à Larcher ?

Côté centristes, le départ d’André Santini donne lieu à son remplacement par Michel Mercier…

Remercier les fidèles

Une fois les équilibres préservés, il faut aussi veiller à remercier les fidèles. Parmi eux : Christian Estrosi. Le « motodidacte » comme il est parfois surnommé a avalé toutes les couleuvres depuis l’élection de Sarkozy. Elu maire de Nice en mars 2008, il avait remis sa démission à François Fillon pour ne se consacrer qu’à sa ville. Sarkozy ne l’avait alors pas repêché. Plus récent : aux dernières européennes, Estrosi promet la place de numéro deux dans le Sud-Est à Gaston Franco. En contrepartie, ce dernier démissionne du conseil général, pour que puisse s’y faire élire à sa place Eric Ciotti, grand ami d’Estrosi. Coup de théâtre : la place de numéro deux revient finalement au centriste Damien Abad et une fois de plus, Estrosi mange son chapeau. Remercier le maire de Nice : c’était bien la moindre des choses à faire dans ce remaniement.

Se méfier des fausses bonnes idées : les cas Penchard et Mitterrand

Pas d’ouverture outre mesure, mais un entrant de poids : un Mitterrand s’installe rue Valois. Certes, le neveu Frédéric avait appelé à voter Jacques Chirac en 1995. Pas vraiment une figure de gauche. Une personnalité iconoclaste plutôt, qui dirigeait jusque là la Villa Médicis tout en continuant de chroniquer pour Têtu. Un homme de télévision également, mais qui manque singulièrement de sens du protocole. Aussitôt informé de sa future nomination, le voilà dans les médias pour annoncer que Christine Albanel ne sera bientôt qu’un souvenir… Outrage à président ! L’Elysée et Claude Guéant se voient contraints d’avancer l’annonce du nouveau gouvernement à mardi soir. Pas vraiment à son aise le lendemain à l’Assemblée nationale, « le neveu de » tâtonnera quelque peu avant de trouver sa place sur le banc des ministres. A vrai dire, la seule symbolique de son patronyme suffit à faire de Frédéric M. une prise d’envergure. Commentaire d’un député socialiste : « Que les Blum et Jaurès ne s’éloignent pas trop de leur téléphone ».

Autre « fille de » : Marie-Luce Penchard. Une ultramarine au secrétariat d’Etat des DOM-TOM, en voilà une idée qu’elle est bonne… ou pas. Certes, c’est la première fois que ce poste est confié à une personnalité originaire d’outre-mer. Toutefois, le choix de Marie-Luce semble ne pas faire que des heureux, et ce au sein même de sa famille politique. Aussitôt sa nomination acquise, une député de Guadeloupe démissionnait de l’UMP au motif que la nouvelle secrétaire d’Etat serait « pire que sa mère ». Sa mère ? Lucette Michaux-Chevry, sénatrice de Guadeloupe et amie de Jacques Chirac. Autre handicap pour Marie-Luce : elle vient de subir un revers aux européennes, sa liste ne rassemblant que 23,20% des voix là où Europe-Ecologie fait 51,38%. Ironie du sort : son parachutage en tête de liste avait déjà fait jaser en mai dernier. Les européennes, les européennes : on y revient décidément toujours.

Le vrai changement : un super ministère de l’écologie

Européennes encore : le score des écologistes le 7 juin dernier ne pouvant être passé sous silence, Jean-Louis Borloo hérite d’un super ministère de la verdure. Visez donc : « ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat ». Un ministère auquel seront rattachés pas moins de quatre secrétariats d’Etat, dont celui du Logement et de l’Urbanisme qui revient au jeune quadragénaire Benoist Apparu.

En ligne de mire : le sommet de Copenhague qui se tiendra en décembre prochain dans la capitale danoise. L’Europe entend y jouer un rôle moteur pour conclure un nouveau traité qui remplacera celui de Kyoto dans la lutte contre le changement climatique. L’objectif que se fixe l’UE a un nom de code : les « 3X20 ». Il s’agit de réduire de 20% d'ici 2020 les émissions de gaz à effet de serre, de faire passer à 20% d'ici 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l'UE et de réaliser 20% d'économie d'énergie d'ici 2020.

Pour ce faire, Borloo hérite, et c’est assez inédit pour le souligner, d’un secrétariat d’Etat en charge des Négociations sur le climat et des Technologies vertes. A ce poste : Valérie Létard. Deux éléments au moins ont pu jouer en faveur de l’ex-secrétaire d’Etat à la solidarité. Tout d’abord, c’est une centriste historique. Elle a même été vice-présidente de l’UDF entre 2006 et 2007, ce qui lui aura sans doute valu sa première entrée au gouvernement en 2007. Ensuite, elle est originaire de Valenciennes, dont Jean-Louis Borloo a été maire. Gageons que les relations entre la secrétaire d’Etat et son ministre de tutelle seront pour le moins amicales.

S’il fallait tirer une conclusion de tout cela, je me permettrai d’en tirer deux. La première est qu’ « en politique, une absurdité n’est pas un obstacle ». La phrase est de Napoléon Bonaparte, à qui l’on compare souvent Nicolas Sarkozy. La seconde est que « la démocratie, c’est aussi le droit institutionnel de dire des bêtises ». Celle-là est de Mitterrand, François Mitterrand. Aussi, accordez-moi votre clémence à la lecture de cette chronique au nom de l’exercice démocratique.




Neila Latrous

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