L'ouvrage de Stéphane Leneuf humanise pour la plupart les hommes politiques qui se sont prêtés à ses entretiensA quelques jours d'un deuxième tour d'élections régionales très disputées, plusieurs conclusions politiques se dessinent déjà très distinctement. Le NPA d'Olivier Besancenot est au bord de la faillite électorale et l'alliance de la Gauche finira probablement d'achever un parti qui ne cachait pas ses ambitions il y a seulement quelques mois en arrière.
Quant au Modem de François Bayrou, c'est une véritable Bérézina politique. Vraies fausses nominations d'avant campagne, candidats déboutés ou démissionnaires, déclarations et erratums successifs, c'est au tour de Corinne Lepage de claquer la porte du parti centriste. Rien ne vas plus dans le camp orange.

Aujourd'hui, la majorité présidentielle largue ses ministres au coeur des régions, là où l'espoir de renverser la situation demeure encore. François Fillon, Brice Hortefeux, Xavier Bertrand battent le pavé en Province à la rencontre des électeurs indécis, des citoyens désabusés et des abstentionnistes. La résurgence du Front National oblige l'UMP à relancer une série de discours et de déclarations sur l'insécurité afin de tirer à soi une frange d'électeurs tentés par le vote frontiste. Un poil à la vite ...

A gauche, c'est l'union sacrée même si Martine Aubry, préfère parler "de rassemblement plutôt que d'une gauche plurielle" en création. C'est ainsi que Cécile Duflot d'Europe Ecologie, Marie-Georges Buffet du Front du Gauche et la première secrétaire du Parti Socialiste affichaient des mines réjouies ce matin dans un café parisien pour officialiser leurs ententes nationales à quelques exceptions près pour ce second tour des régionales. Et comment ne pas évoquer cette réflexion sur l'abstention de la part de Laurent Fabius ce matin chez nos confrères de I-Tele, " Voter devrait être obligatoire et ne pas le faire devrait engendrer des amendes". Certes, Voter est un devoir mais ne pas le faire rentre dans le cadre des libertés fondamentales de chaque citoyen à jouir de sa responsabilité et de sa liberté à ne pas s'exprimer. Oui, tout cela ressemble véritablement à une brillante cacophonie nationale.

Dans tous les cas, ce remue ménage politique de dernière minute n'inspire pas une fermeté de convictions et n'en appellent pas à des lignes politiques claires d'où qu'elles viennent. On s'agite, on déclame, on brasse, on s'invective plus fermement chaque minute à l'approche de dimanche en espérant récupérer sur le fil chaque électeur dubitatif.

Entre les ambitions des uns, les guerres électorales des autres et les avenirs politiques personnels qui se jouent dimanche tel que celui de Valérie Pécresse en région Île de France, il est vivement recommandé de se plonger dans le dernier ouvrage de Stéphane Leneuf " Le Goût du Pouvoir" paru chez Bourin Editeur. On pourrait espérer que s'il est lu avec promptitude dans les 3 prochains jours, quelques abstentionnistes tourneront leurs vestes pour raccrocher le wagon du dynamisme électoral... ou pas.

Stéphane Leneuf est rédacteur en chef adjoint à France Inter. Il propose un portrait de 15 personnalités politiques qui joueront probablement dans les prochains mois ou les années à venir un rôle politique important ou majeur. On peut y retrouver Manuel Valls, Nathalie Kosciusko-Moriset, Jean-françois Copé, Rama Yade, Bruno Le Maire, Benoît Hamon ou encore Arnaud Montebourg dans une série d'entretiens assez courts mais très bien ficelés.

Ce sont quinze rencontres qui tentent de pénétrer la sphère politique de chacune de ses personnalités avec beaucoup de talent et avec une volonté affirmée d'appréhender l'homme politique dans ce qu'il a d'humain. On y apprend par exemple que Valérie Pécresse "a fait HEC pour être complètement indépendante de ses parents et sa volonté première était d'être libre." Plus loin, on découvre qu'elle "connaissait Jacques Chirac car son grand-père était le psychiatre de la fille aînée de l'ancien Président de la République ". Ou bien que Aurélie Filipetti, au début de sa carrière politique, alors qu'elle est investie par Ségolène Royal en 2006 dans la 8ème circonscription de Moselle est taxée, par les représentations socialistes locaux de "bobo" parisienne parachutée depuis le 5 ème arrondissement de la capitale". Luc Chatel, quant à lui, a commencé comme chef de Projet chez L'Oréal pour accéder rapidement au poste de directeur des ressources humaines. Il avoue même qu'il se surprenait, chez des amis, à investir leur salle de bain pour savoir quels étaient les produits cosmétiques qu'ils utilisaient. A ce jour, on a du mal à imaginer cette scène mais c'est aussi l'un des aspects délicieux de ce livre.

L'ouvrage de Stéphane Leneuf humanise pour la plupart les hommes politiques qui se sont prêtés à ses interviews. Mais ce qui subsiste fermement comme le dénominateur commun entre ces 15 figures politiques, ce sont les ambitions de chacun, peu importe leurs parcours, leurs origines, leurs objectifs ou leurs travers, pour accéder rapidement aux plus hautes marches de l'Etat.

Un livre à lire pour découvrir, apprendre ou se familiariser à ces femmes et ces hommes qui se sont lancés à corps perdus dans le monde politique avec ce qu'il comporte " de violent, de compétitif" et de finalement très humain. " Le Goût du pouvoir" sera t-il un antidote à l'abstention ? Peut-être pas mais il aura le mérite d'éclairer et de ramener à certaines réalités de la vie politique: la recherche plus ou moins sous-jacente mais permanente du pouvoir.

" Je dirais que nous sommes des gens normaux et beaucoup moins décalés par rapport à la vie de M.Tout-Le-Monde." Luc Chatel - P141 - Le Goût du Pouvoir

Le Goût du Pouvoir
Stéphane Leneuf
Bourin Editeur
204 pages
18 €

Nicolas Vidal - BSC NEWS.FR
*/
L’affiche du Front National et L’affiche de la campagne suisseMétéo France se mettrait-elle à faire de la politique ? L’agence nous annonce un week-end doux marqué par une tempête dimanche. Une tempête qui commencerait dès samedi soir an Aquitaine et dans le Languedoc-Roussillon.

Les vents souffleront fort, notamment pour Xavier Darcos. Le ministre-candidat aux régionales dans la région Aquitaine pâtit de mauvais sondages. L’enquête Ifop publiée par Sud Ouest vendredi place la liste de la majorité présidentielle loin derrière celle du PS au premier tour (24% pour la droite, 31% pour les seuls socialistes). Un score d’autant plus décevant que dans la plupart des autres régions, la liste UMP est donnée devant le PS au premier tour.

Des bourrasques secoueront également le PS ce week-end du côté du Languedoc Roussillon, où la candidate officiellement investie Hélène Mandroux n’atteindrait même pas 10% au premier tour selon un sondage BVA. Auquel cas, nul besoin de préciser qu’elle ne se qualifierait pas pour le second tour. Avec 32% des suffrages, le président de région sortant, le turbulent Georges Frêche qui a été exclu du PS en 2007, arriverait en tête au premier tour. Il gagnerait le scrutin au deuxième. Les alliés de Frêche menacent par ailleurs de porter l’affrontement sur le terrain judiciaire après l’exclusion par le PS en début de semaine de 59 colistiers du président sortant.

Le Languedoc-Roussillon est depuis quelques semaines la région sur laquelle se focalise toute l’attention, autant de la part des journalistes que des hommes politiques. François Fillon s’y rendra jeudi pour un meeting de soutien au candidat UMP. Martine Aubry y sera le 8 mars pour soutenir Hélène Mandroux. Un autre socialiste, François Rebsamen, y passera lui aussi début mars, mais pour soutenir la liste de Georges Frêche.

Selon Météo France, la tempête pourrait s’étendre du centre-ouest jusqu’aux régions centrales et à la Lorraine, en limite de l’Ile de France. La Lorraine où le premier ministre François Fillon sera lundi. La Lorraine où une liste « anti-minaret » s’est constituée sur ce qu’il reste de la polémique suisse. Elle est composée de déçus du Front National. Le parti d’extrême droite aura quant à lui fort à faire ce week-end, accusé par une agence helvète d’avoir plagié pour les besoins de la campagne régionale une affiche de la campagne suisse anti-minarets. L’agence a demandé à son avocat de « porter plainte en France » pour violation de la propriété intellectuelle. Jugez plutôt :


Les rafales de vent atteindraient selon Météo France les limites de l’Ile de France. Solférino aura fort à faire après la dernière sortie de Vincent Peillon : l’eurodéputé socialiste a exhumé le passé judiciaire de Patrick Devedjian et Alain Madelin, qui comptent l’assigner en diffamation. La dépression guette aussi l’UMP, que la polémique Ali Soumaré n’en finit plus d’embarrasser. Valérie Pécresse et les autres candidats franciliens seront reçus mardi matin par Nicolas Sarkozy à l’Elysée pour ce qui pourrait fort ressembler à un recadrage.

La présidence de la République sera-t-elle dans l’œil du cyclone ? Météo France ne le précise pas. Mais le tonnerre gronde déjà dans les rangs de l’UMP suite aux nominations de Didier Migaud et Michel Charasse, respectivement à la tête de la Cour des Comptes et du Conseil Constitutionnel. Ces énièmes gestes d’ouverture ne passent pas au sein de la majorité et la possibilité que Malek Boutih hérite de la présidence de la Halde n’arrange rien.

Pour couronner le tout, l’absence de Nicolas Sarkozy à l’inauguration du Salon de l’Agriculture samedi a du mal à passer, d’autant que la côte de popularité du président auprès des agriculteurs ne cesse de s’effilocher.

Allez, vivement le retour des beaux jours !
Neila Latrous / BSC NEWS.FR

Languedoc-Roussillon : Le Modem absent des élections régionales Décidément le Languedoc-Roussillon fait parler de lui en ces temps d'élections régionales. Après les désaccords d'Europe Ecologie et du PS pour mener une liste commune concurrente à celle de Georges Frêche, c'est au tour du Modem de connaître d'importantes dissensions en interne. Un communiqué de presse nous apprend cet après-midi que le Modem ne présentera pas de liste pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon.

Un communiqué de presse écrit par l'ensemble des colistier de l'Aude, du Gard, de l'Hérault, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales, suite à l'affaire qui a opposé Marc Dufour et Patrice Drevet, annonce que le Modem ne sera pas représenté en Languedoc-Roussillon.

Marc Dufour à la demande de la direction du parti, a accepté de ses désister en faveur de Patrice Drevet " à la condition de conserver une majorité des colistiers déjà choisis (...) Monsieur Drevet a refusé toute négociation" selon le communiqué.

Suite à ces négociations avortées, la Direction Nationale du Modem a stoppé ses alliances avec Monsieur Drevet. Elle a finalement décidé de ne pas accorder d'investiture pour une liste Modem pour la Région Languedoc-Roussillon " malgré le vote clair des militants en faveur de la liste conduite par Marc Dufour, et son investiture déjà accordée par le Conseil National du mouvement le 24 janvier dernier" poursuit le communiqué.

Ainsi, le Languedoc Roussillon connaît un nouveau rebondissement politique à quelques encablures du premier tour des régionales. Cette région serait-elle le nouveau berceau des frondes électorales et des dissensions internes au sein des partis ? Ou plutôt le théâtre visible de l'affrontement des ambitions personnelles ?

Force est de constater que ces deux tours ne manqueront pas de piment électoral en attendant le prochain rebondissement...

Nicolas Vidal - BSCNEWS.FR

Sondage : Quid des retraites, Martine Aubry s'affirme et Eric Besson en difficulté Le baromètre politique - Un sondage Metro-Groupe Krief réalisé par Opinion Way à paraître ce dimanche sur le site metrofrance.com dès ce soir met en exergue des tendances politiques et d'opinions intéressantes à la veille des élections régionales.

Une confiance en berne de la part des Français au sujet de la capacité du gouvernement à résoudre le problème des retraites
Ils sont près d'un tiers à juger que le gouvernement est capable de trouver une solution viable au problème récurrent et important des retraites. Il sont 21 % à pencher pour cette idée. 24 % affichent une confiance pour les syndicats et 14 % pour la gauche. 45 % plus pessimistes pensent que la solution est du ressort des salariés eux-mêmes.

La majorité des Français pas convaincus par la sortie de crise
Malgré les efforts constants du gouvernement pour tenter de relayer un message rassurant et appuyer la sortie de crise, 72 % des Français pensent que les graves turbulences économiques ne sont pas terminées ou qu'elles vont encore persister et s'aggraver au fil de temps.

Des côtés de popularité qui se stabilisent
Après la chute vertigineuse de sa popularité, le le Chef de l'Etat a stoppé sa dégringolade mais sans toutefois parvenir à remonter la pente des suffrages. Il peut s'appuyer aujourd'hui sur 39 % de satisfaits. Ce score ne surnage que d'un point son taux le plus bas depuis son entrée en fonction à l'Elysée. François Fillon, quant à lui, se stabilise à 46%.

Besson et Hortefeux pris dans la nasse
Le débat sur l'identité nationale et les volontés politiques en terme de sécurité n'ont pas été couronné de succès pour Brice Hortefeux qui chute de 3 points pour 38% de satisfaits. Ni pour Eric Besson qui perd 2 points, pour atteindre 33 % de satisfaits.

Martine Aubry remonte, le reste de l'opposition dans les turbulences
Martine Aubry a tendance ces derniers temps à épaissir son statut de chef du parti socialiste. Cela se ressent nettement dans les sondages d'opinions qui confirment qu'elle rallie aujourd'hui 49 % de satisfaits. Olivier Besancenot paie aujourd'hui son début de campagne régionale un brin désorganisé et l'affaire de la "candidate voilée". Il perd 4 points. Quant à François Bayrou, ce sont les ratés et les vraies-fausses annonces de sa campagne régionale qui lui font perdre 3 points. Vincent Peillon, quant à lui, sombre et se déleste de 5 points. Il rejoint ainsi le groupe des personnalités politiques les moins appréciées avec Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen.

Sondage Metro-Groupe Krief réalisé par Opinion Way
Étude réalisée auprès d’un échantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle du chef de famille, après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Europe Ecologie et le PS : le plan anti Georges FrêcheLes régionales en Languedoc-Roussillon sont l'objet de tous les regards tant cette élection représente beaucoup pour la direction du PS et sa capacité à rassembler ses militants. Jean-Louis Roumégas, et Hélène Mandroux discutent et posent les bases d'un rassemblement alors que Georges Frêche poursuit un marathon médiatique parisien, sûr de ses forces.

Etat des lieux

Malgré les sondages qui créditent Georges Frêche d'un score élevé en Languedoc-Roussillon, Europe Ecologie amené par Jean-Louis Roumégas et le PS par le Maire de Montpellier, Hélène Mandroux ont discuté hier d'une liste de rassemblement.
A leur sortie, ils ont déclaré d'une voix commune que les "discussions avançaient ". Une Nouvelle réunion est prévue aujourd'hui en fin de matinée à Montpellier.

Le Marathon médiatique de Georges Frêche

Georges Frêche, quant à lui, estiment qu'il pourrait " tourner autour de 40 à 45 % de suffrages" alors qu'en ce moment, il enchaîne un marathon médiatique important ( Le Grand Journal sur Canal + , France Musique, LCI, Chaîne Parlementaire, RMC...) et qu'il ne semble pas impressionné le moins du monde par une éventuelle liste de rassemblement qui met du temps à se constituer.

Nicolas Vidal / BSCNEWS.FR

Abonnez-vous au Tabloïd !