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Un roman entre Algérie et Argentine
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- Publié le mardi 13 septembre 2011 06:18
En partenariat avec les-agents-litteraires.fr / Aidée de Clovis Narigou, un ancien amant, et de ses contacts, Emma va enquêter sur le passé trouble de Vincent de Moulerin. Grâce auxinformations de Mario Crescensi, un ancien journaliste, elle apprend que ce dernier est un ancien para qui a fait la guerre d’Indochine avant de rejoindrel’Algérie et les rangs de l’OAS. Quelques années plus tard, c’est en Argentine que l’on retrouve le colonel. Son itinéraire n’est pas totalement clair et des zones d’ombres subsistent.
Maurice Gouiran est un auteur qui vit près de Marseille et situe ses polars dans la cité phocéenne. Néanmoins, loin d’être un de ces polars régionaux trop caricaturaux, "Sur nos cadavres, ils dansent le tango" nous emmène dans le sillage de l’Histoire entre Algérie et Argentine.
Le lieutenant Emma est une fille un peu atypique, androgyne et gothique, qui semble torturée par son passé. Sonhistoire d’amour avec Rosy semble être en fin de parcours tandis que ses aventures avec Clovis ne semblent pas complètement closes. N’étant pas marseillaise d’origine, elle n’hésite pas à critiquer et à fuir ce qui fait l’identité de la ville.
Ses recherches sur de Moulerin nous conduisent en effet, dans un premier temps, en pleine guerre d’Algérie où le colonel aurait pratiqué la torture qui était de norme à l’époque. La guerre fait rage et de nombreux attentats ont lieu. L’auteur, pour illustrer sonpropos, n’hésitera pas à s’arrêter plus particulièrement sur le massacre, fin 1962, de tous les responsables des Centres Sociaux Educatifs en pleine réunionau château Douïeb, fusillés de sang froid par un commando de l’OAS. De Moulerin faisait-il partie des tueurs ? La question se pose. Ce dernier aurait par lasuite rejoint l’Espagne où il aurait rencontré sa femme, serait devenu père d’Antoine, qui gère désormais une bonne partie de ses affaires, et n’auraitrejoint la France que bien plus tard. Néanmoins, il s’avère que de Moulerin a passé une partie de ces années mystérieuses en Argentine. Comme de nombreuxanciens membres de l’OAS, de Moulerin y a été envoyé pour former la milice locale aux techniques d’intimidation et de torture apprise en Algérie… Nous voilà alors entrainés dans les dessous de la dictature de Videla et de sa répression sanglante.
De son côté, Kévin, petit-fils de de Moulerin, fait ses propres recherches. Petit génie de l’informatique qui adécidé de ne plus quitter son écran et sa chambre, est vu comme un raté par son propre père. Adepte de Second Life, il a pourtant développé son propre businessvirtuel qui lui rapporte de grosses sommes d’argent. C’est le test d’un logiciel de morphing qu’il a créé lui-même qui va tout entraîner. Testant lesvisages familiaux sur sa création, son logiciel découvre une correspondance avec un argentin disparu, un de ses desaperecidos, victime de la dictature. Defil en aiguille, le jeune garçon va faire de surprenantes découvertes au sujet de son père et son grand-père…
Vous l’aurez compris, l’enquête sur le passé de de Moulerin devient bien vite secondaire pour mieux nousplonger dans les méandres de l’histoire totalitaire. La narration alterne entre Emma (et ses contacts) et Kévin, et le lecteur découvre peu à peu lesdécouvertes de chacun.
On reconnaît ici un gros travail de recherche sur l’Algérie française et sur la dictature argentine et c’estcertainement le gros atout du roman. Les faits sont précis, fouillés et s’insèrent parfaitement dans la trame du roman. La narration de l’époque sefait parfois même au présent renforçant ainsi le réalisme et l’émotion que de tels faits historiques ne manquent pas de nous plonger. On vivra par exemple la fameuse coupe du monde de football en argentine de 1978, retranscrite ici avec brio et originalité, oscillant entre liesse générale et atrocité desemprisonnements arbitraires.
Si de Moulerin reste un personnage imaginé, le lecteur aura bien compris que l’existence de ce type demilitaire est plus que probable. Gouiran dénonce ici avec brio des périodes noires de l’Histoire, en rappelant à notre bon souvenir des faits inconnus ououbliés.
Il n’en est pas moins proche des réalités actuelles. Réfugié dans Second Life, Kévin est complètement coupé desa famille et des réalités quotidiennes. Il prend son repas dans sa chambre et a des relations sexuelles par l’intermédiaire de son ordinateur. Ses tentativesde communication avec sa famille sont chaque fois vouées à l’échec, par sa maladresse et le manque d’affection et de reconnaissance de ses parents.Ressemblant aux Ikikomori japonais, il rejette le monde actuel et ses affres pour se réfugier dans un univers virtuel confortable.
Si la partie historique porte le roman, ce dernier n’en est pas moins exempt de défauts.
Le lieutenant Emma manque totalement de densité et de charisme. Au final, on ne sait quasiment riend’elle, même son aspect physique qui semble en intriguer plus d’un reste assez énigmatique. Peut-être faut-il avoir lu les autres opus de l’auteur pour mieuxla cerner ? La manière dont elle abandonne quelque peu la partie sur de Moulerin, après des recherches obsédantes ne semble pas totalement crédible.Cela sert plutôt à donner plus d’espace à la parole de Kévin et surtout à amorcer la fin qui se conclut sur une pirouette scénaristique surprenante maisun poil tirée par les cheveux.
De son côté, Kevin m’a aussi semblé parfois peu réaliste. Je veux bien croire qu’on peut trouver denombreuses choses sur Internet sans sortir de chez soi mais certains éléments découverts m’ont semblé fort improbables comme les détails précis de la vied’un desaperecidos avec son identité par exemple. Rien n’indique par ailleurs que l’adolescent parle couramment l’espagnol et puisse décrypter et éplucherles millions d’archives sur le sujet.
Malgré ces quelques bémols, je vous encourage à découvrir Maurice Gouiran car la manière dont il évoque des faits peu glorieux de l’Histoire nationale et mondiale en dénonçant à mots couverts l’immobilisme ou même la dissimulation de certains dirigeants fait froid dans le dos. Si l’intrigue policière en elle-même semble un peu légère, on se passionne pour l’arrière-plan historique qui finit par avoir le rôle principal dans ce roman. Une tendance déjà initiée dans son précédent roman "Franco est mort jeudi", qui se situe en pleine guerre d’Espagne. A découvrir, vraiment!
Quand la littérature jeunesse propose des romans riches
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- Publié le lundi 12 septembre 2011 07:05
Par Daniel Fattore – En partenariat avec les-agents-litteraires.fr/ Le romancier Jérôme Noirez raconte ici une road story dramatique et sanglante mettant en scène deux jeunes gens que rien ne préparait à tant d’épisodes terribles.
En effet, l’auteur y aborde plusieurs questions sociales difficiles. Le choix de camper son récit à l’époque de la Grande Dépression, aux Etats-Unis, lui permet d’approcher d’un seul coup plus d’un élément social sensible. Il y a naturellement la misère, omniprésente en période de crise prolongée : June et David sont en permanence en butte à des soucis d’argentdans leur cavale, même si certains plans s’avèrent lucratifs et leur permettent d’éphémères bonheurs matériels. Autour d’eux, des personnages restés dans ledroit chemin ont de la peine à joindre les deux bouts ; dès lors, comment ne pas sombrer dans la criminalité ? Peut-être parce que celle-ci ne met personne à l’abri du risque.
Activités malhonnêtes ? Le trafic d’alcool en est une, particulièrement lucrative à l’époque de la Prohibition.L’auteur exploite ce filon également, quitte à glisser ici vers un autre thème encore, d’une troublante actualité : la force indéboulonnable des puissantsface à deux personnages finalement peu organisés, se contentant de tirer profit, de manière naïve, des opportunités qui se présentent à eux.
Et puis, l’auteur dépeint une image rétro savoureuse des Etats-Unis des années 1920/1930. Elle saura séduire les amateurs de westerns, tant il est vrai que l’image renvoyée ressemble à celle qu’on peut découvrir en regardant de vieux films ou en feuilletant un album de Lucky Luke – le drame en plus. Ainsi trouve-t-on dans ce roman des clochards qui sautent dans des trains de marchandises et même une ville fantômeen bois pourri. A lire les aventures de ces Bonnie and Clyde d’occasion à travers l’Ouest américain, en effet, le lecteur ne pourra qu’être frappé par lefait qu’au fond, rien n’a bougé ou presque depuis le temps des diligences et des Indiens – sauf, peut-être, l’irruption de l’essence et de la voituretoute-puissante : David et June roulent en Ford A, ce que l’illustration de couverture illustre à la perfection.
A l’instar de celle d’un western, l’intrigue est simple et solide. En introduisant le personnage du journaliste Gayle Hudson, l’auteur s’offre l’occasion de créer un récit à deux voix et, ainsi, de diversifier la musique de sa narration, sans jamais sombrer dans les excès de style. Ainsi se confrontent la voix du narrateur, factuelle et sobre comme une dépêche d’agence, et celle de June, qui relate sa destinée avec ses mots à elle, empreints d’oralité et d’une certaine maladresse qui sonne vrai – à telle enseigne que l’auteur parvient à faire en sorte que le lecteur s’attache, finalement, à June, meurtrière parce que son destin l’a ainsi voulu, et condamnée en tant que telle. Toute de subtilité et d’équilibre, allant enpermanence à l’essentiel tout en sachant varier quand il le faut, la prose de l’auteur se dévore donc avec bonheur.
> Le livre : Desolation Road, de Jérôme Noirez, Gulf Stream Editeur , 198 pages, 12 €.
Bob Dylan : des photos authentiques au grand jour
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- Publié le mercredi 7 septembre 2011 08:02
Par Lili - en partenariat avec les agents littéraires.fr / Un livre qui puise sa grande originalité dans des photographies aussi esthétiques que singulières, réalisées par Barry Feinstein. Répétitions, performances scéniques, backstages, et tant d’autres temps forts ont été capturés entre 1964 et 1974 par son oeil affûté. C’est sa discrétion qui donnera naissance à de surprenantes prises de vues, offrant au lecteur un rare aperçu d’une des figures emblématiques de l’Amérique.
« Le livre que vous tenez entre les mains contient une série de photos prises à différents moments, la plupart pendant la tournée 1966 (sans Levon Helm qui a été remplacé par Mickey Jones). C’était la première tournée électrique européenne de Bob après le 1965 Acoustic Tour documenté par Don’t Look Back de D.A. Pennebaker. Les légendes de Barry expliquent les circonstances, ses photos racontent l’histoire. En contemplant ses images j’espère que vous verrez ce que Barry Feinstein voyait. » (Préface de Bob Neuwirth)
Une centaine de photos en noir et blanc, Bob Dylan crève les pleines et doubles pages. Il se sait bel homme et son image le précède : lunettes noires, pantalon rayé, harmonica à portée de lèvres, guitare,cigarettes, mèche de cheveux négligemment travaillée... Mais il n’en abuse jamais. Au-delà des apparences, il n’est jamais ridicule et dégage une humilité sans pareille. Le génie est là, sans aucun doute. L’album lui rend hommage, mais celui que l’on voit, c’est l’homme derrière les flashes, l’homme desbackstages, celui qu’on croyait inaccessible. Comment le rencontre-t-on ce Bob Dylan secret ? Simplement : Barry Feinstein ne cherche pas la photo qui fera sensation, mais la photo qui est vérité.
« Presque toutes mes photos de Dylan ont été prises à son insu. On se faisait mutuellement confiance, ce qui me permettait de le capturer tel qu’il était – dans la solitude et l’isolement d’être Bob Dylan. » (p. 108)
La complicité et l’amitié sont patentes entre Bob Dylan et Barry Feinstein. Elles s’illustrent par le degré d’intimité qu’atteignent les photos. « Bob et moi étions amis depuis longtemps avant de commencer à travailler ensemble. On traînait ensemble et on se comprenait l’un l’autre. Lorsqu’on avait quelque chose àdire on parlait, lorsqu’on n’avait rien à se dire on restait silencieux. » À entendre Barry Feinstein, on veut bien croire que travailler avec Dylan ressemblait au bonheur. Mais si ces deux-là se connaissaientvraiment, l’intimité n’a jamais empiété sur le respect. « C’est en cela que je crois que les photos que j’ai faites sont différentes, parce qu’il savait que je n’utiliserais rien qui ne soit pas à son avantage. » (p. 15) Barry Feinstein a montré l’intimité et les fragilités de Bob, mais il n’a pas brisé le mythe. Au plus fort de l’humanité révélée du poète subsiste toujours le mystère Dylan.
Contrairement à un Jim Morrison qui jouait avec l’objectif, Bob Dylan témoigne une superbe indifférence au photographe. Il ne se met pas en scène et toutes les photos sont des morceaux choisis parce qu’elles sont authentiques et viscéralement sincères. Le noir et blanc sublime cette sincérité. Pas de paillette ni de poudre aux yeux, juste un homme. « Je n’ai jamais utilisé de flash pour mes photographies. Je shootais en utilisant des pellicules noir et blanc ; la couleur pouvait être trompeuse. Cettetournée se prêtait au noir et blanc – c’était journalistique, un reportage, la réalité ! Même si la photo est sombre et ténébreuse, c’est plus réel. » C’est Barry Feinstein qui le dit : il cherchait à immortaliser le réel. Et ce faisant, il a produit un chef-d’œuvre inattendu.
De planches contact en portraits, on suit Bob Dylan à Londres, à Liverpool ou en Écosse. On le croise en compagnie de Françoise Hardy et, plus cocasse, de Johnny Hallyday. Quelques enfants passentpar-là et ça donne une photo inoubliable. L’image que je retiens de cet album, c’est une sublime prise de vue des mains de Bob Dylan. Rien qu’à les voir, on entend tout ce qui en est sorti. « Nombreuses sont les personnes qui peuvent tenir un appareil photo et appuyer sur le bouton. Mais tout le monde ne peut pasfaire une photo qui chante. Comme une superbe chanson, une superbe photographie doit raconter une histoire. » (Préface de Bob Neuwirth) Ce grand et album ne se lit pas, il se regarde à peine. Pour bien faire, il faut l’écouter et percevoir la mélodie qui n’en finit pas de sourdre des pages. Chaque image a sa bande originale : pour peu qu’on prête l’oreille, on ne peut pas la manquer...
BONUS : Bob Dylan "Real moments de Barry Fenstein"
Bob Dylan – Real moments de Barry Fenstein, éditions Premium, 160 pages, 28 €.
La Seconde Guerre Mondiale n'a jamais quitté la BD
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- Publié le jeudi 8 septembre 2011 06:26
Par David Iddbd - En partenariat avec les agents littéraires.fr / Retour sur soixante ans de création artistique. Des illustrés pour la jeunesse de la Libération aux mangas d’aujourd’hui, la Seconde Guerre mondiale n’a jamais quitté les vignettes de nos bandes dessinées. Depuis plus d’un demi-siècle, auteurs et illustrateurs s’inspirent des figures et des symboles forts de cette période insurrectionnelle et en nourrissent notre imagination. Pour la première fois, historiens, journalistes et spécialistes du 9ème art interrogent au fil du temps et des albums l’image du résistant.
De Marouf, sorte de Thierry la Fronde anti-allemand, à l’anthropomorphisme de La Bête est morte, de Coq Hardi au Téméraire, de Vaillant à Pif Gadget, des
petits formats conservés à la Bibliothèque de Lyon aux histoires complètes, des petits traits tirés sur le passé à la loi sur les publications à destination de la jeunesse de 1949 ; plus de 70 ans après la débâcle française de 1940, des historiens, des journalistes mais aussi des professionnels des musées et des bibliothécaires se sont penchés sur la Résistance dans la bande dessinée. De ce travail commun est né à la fois une exposition, fruit de la collaboration entre le Musée de la Résistance Nationale (MRN) et le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, et cet élégant recueil de textes.
Longtemps considérée comme de la sous-littérature, le 9e art a souvent démontré toutes ses qualités en matière de communication. De nos jours, c’est l’aspect publicitaire qui vient immédiatement à l’esprit. Les amateurs de Gaston Lagaffe se souviendront longtemps des publicités pour des orangeades, lebus, les appareils photos ou, plus noblement, l’UNICEF. Mais c’est oublier un peu vite l’époque pas si éloignée de l’utilisation de la bande dessinée comme outil de propagande politique. Et sur ce point, la France des années 40 et plus tard celle de la reconstruction ont été des époques particulièrement exemplaires.
Outil capable de synthétiser texte et dessin, de s’adresser aux marges les moins instruites de la population, la bande dessinée – mais il n’est pas le seul média – a fait l’objet d’un traitement bien particulier dont les conséquences ont longtemps résonné dans le paysage éditorial de la seconde moitié du 20e siècle. Ce recueil est intéressant pour son approche historique. Ainsi, on découvre comment la loi sur les publications destinées à la jeunesse (1949) a freiné le développement d’une bande dessinée se démarquant du simple public enfantin. On voit la naissance et la mort des revues de publication, l’évolution notable de Vaillant vers Pif, les petites magouilles qui ont permis à certains journaux et auteurs (et non des moindres car, dans le lot nous avons quand même le papa de la ligne claire) de faire oublier leurs petites collaborations ou de se garantir des livraisons de papier (denrée rare dans l’après-guerre). On découvre les journaux résistants et les collaborateurs (parfois changeant au cours du temps), les grandes figures comme Marijac et les premiers films d’animations européens (belges). On voit comment chaque camp a tenté de forger les esprits à coup de caricatures et de grandes figures tutélaires, puis comment on a essayé de faire croire à une France unie contre l’ennemi durant l’occupation. On y voit l’omniprésence de la Résistance puis son oubli avant un renouveau édulcoré. Bref, à travers ce livre, c’est non seulement l’image des partisans que l’on découvre mais aussi celle de toute une société, une nouvelle société née des décombres de la guerre. A l’image de la France (et de la Belgique), la bande dessinée se relève et les cartes sont redistribuées.
Mais les auteurs de Traits Résistants ne se sont pas simplement contentés d’évoquer le passé, ils ont tissé des nombreux liens avec une création contemporaine qu’ils citent assez régulièrement (Gibrat notamment). Un chapitre spécial est même consacré au travail de Stéphane Levallois autour de l’album La Résistance du Sanglier contant la vie de son grand-père résistant. Un chapitre montrant toute l’importance du devoir de mémoire. On peut également y découvrir les oeuvres des auteurs invités à travailler sur le sujet pour l’exposition.
En tant que bibliothécaire, j’ai également beaucoup apprécié le texte de Henri Champanh et consacré au dépôt légal et la conservation des petits formats à la Bibliothèque Municipale de Lyon... mais bon, là, c’est un peu subjectif.
Pour conclure, Traits Résistants est un très beau travail d’érudition qui saura passionner les plus férus d’Histoire de la bande dessinée. Pour les autres, la lecture pourrait être un peu plus complexe même si les nombreux chapitres abordent des thèmes pouvant être lus pour eux-mêmes. De plus, il est important de souligner la très grande qualité d’édition de l’ouvrage, ce qui facilite grandement sa lecture.
Bonus : Traits résistants "La résistance dans la bande dessinée de 1944 à nos jours"
Succube : une bande dessinée qui ne manque pas de piment
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- Publié le mercredi 7 septembre 2011 07:51
Par Alice - Les Agents Littéraires.fr / En 1986, les sous-sols de la propriété du Professeur Raymond sont en ébullition. Le maître des lieux, sorte de savant fou obnubilé par l’autisme de sa fille, prévoit une intervention chirurgicale pour tenter de la sortir du mutisme et lui offrir une vie plus normale. Pour l’assister sur cette opération clandestine, il compte sur l’un de ses anciens élèves, le Dr Arthur Clarke, qui semble assez interloqué de la demande. Il accepte finalement, ne se doutant pas des événements qui surviendront par la suite. Mais les lubies du professeur sont-elles uniquement scientifiques ?
2009. Lorenzo Panama apprend le suicide de l’un de ses amis. Une nouvelle surprenante, voire vraiment louche,qui le fait presque aussitôt douter de sa véracité. Le jeune détective privé décide alors d’enquêter sur cette affaire personnelle qui ne manque pas d’étrangeté. Il remonte la vie du défunt Gérard Piguelle, ses dernières heures, et rencontre une mystérieuse petite amie qui s’avère bien déroutante.
Nous assistons ainsi à deux histoires parallèles, à plus de vingt ans d’écart. Renart, l’heureux auteur, sort les crayons de ses griffes pour nous livrer une bande dessinée sur fond de polar qui flirte habilement avec le fantastique et l’ésotérique. Dès les premières pages, nous sommes happés dans les sous-sols glauques du professeur Raymond, puis dans le Paris actuel où nous suivons les pas de jeune détective Lorenzo.
Le dessin est sobre et franc, réaliste et sombre. La disposition variable des vignettes donne du rythme à cette histoire qui ne manque déjà pas de rebondissements, incitant donc le lecteur à se cramponner à la BD sans relâche. Les couleurs sont très bien choisies, et donnent une teinte de vieux film. Une ambiance pesante et angoissante s’installe crescendo, jouant avec une séduction cauchemardesque très plaisante.
Manolosanctis est une jeune maison d’édition spécialisée dans la bande dessinée qui a pour credo le mélange entre découverte de nouveaux auteurs, participation des internautes et l’édition papier. Une recette qui contente à la fois les amateurs de BD qui peuvent ainsi assouvir leur soif de découverte, et les auteurs qui recueillent divers avis sur leur travail.
Succube, tome 1, de Renart, éditions Manolosanctis, 73 pages, 14,50 €.






