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42ND STREET - Théâtre du ChâteletPar Jean-Christophe Mary - Cette adaptation du grand classique de Broadway crée dans les 80’s, lui même tiré du film de Lloyd Bacon & Busby Berkeley dans les années 30, est une vraie réussite.Reconstituée en tableaux, chorégraphies époustouflantes et numéros de taps dance plus spectaculaires les uns que les autres, ce grand classique tire son inspiration de l’âge d’or du Broadway de 80’s.


 
Après la crise financière de 1929, Mr. Marsh, producteur ruiné, mise sur un nouveau show pour se refaire.  L’équipe de production est confrontée à de nombreuses difficultés : les décors ne sont pas prêts et Dorothy Brock la vedette féminine n’est pas montée sur scène depuis 18 ans. Cerise sur le gâteau, elle se blesse à la cheville lors des répétitions. Le spectacle sera sauvé grâce au talent d’une jeune recrue de la troupe.  "42 nd Street" est considéré par les aficionados comme l’un des «Backstage musical » ( les plus importants de tous les temps, immortalisée par ses célèbres numéros de claquettes).

42nd Street : un back musical qui fait briller de milles feux le Théâtre du Châtelet

En attendant, le lever de rideau, c’est l’occasion d’admirer avant la fermeture pour travaux (2 ans) le magnifique plafond du Théâtre du Châtelet où trône majestueusement ce lustre entouré des mots : Danse-Opéra-Féérie-Musique-Drâme-Tragédie-Comédie-Vaudevielle- Pantomim. On pense au travail accomplit par Jean-Luc Choplin qui ces dix dernières années a fait vibrer la scène du Châtelet par des productions originales de grande qualité.
 
Les premières notes s’échappent de la fosse d’orchestre. On découvre alors l’imposant dispositif scénique : une immense salle de répétition en poutres métalliques et briques rouges qui deviendra au cours des 2h15, un building avec ses passerelles de secours, un hall de gare ou un somptueux salon chic plus vrai que nature avec ses lampes art déco imposantes, son mobilier et ses glaces impressionnantes. Mais dans ce show, la véritable star, ce sont les numéros de « tap dance » autrement dit  les « claquettes ». Dès la première scène, le ton est donné par ce numéro époustouflant qui est la marque même des grandes comédies musicales de Broadway. L’entrain et la précision des quarante danseurs soulèvent l’enthousiasme et l’ovation du public. Comme dans Show Boat ou Kiss Me Kate présentés ici ces dernières années l’intrigue de ce « backstage musical » (un backstage est une comédie musicale qui raconte la préparation d’un spectacle ) sert de prétexte à servir une grande revue américaine à paillettes, avec ses "girls " et son "chorus line" où tout est agencé, réglé au millimètre dans un ordre parfait. L’autre volet de l’histoire repose sur le contexte social. En effet, l’action qui se situe pendant la grande dépression, souligne en arrière plan l'exploitation des artistes, leurs conditions de travail et de vie, forcés par de riches producteurs à endurer des répétitions interminables toujours en affichant un bonheur factice pour distraire le public.  La scène où les danseuses défilent dans des tenues légères avec des chapeau surmontés de livres, coupes et bouteilles de champagne tandis que les auteurs chantent "Restez jeunes et belles si vous voulez être aimées » en est une parfaite illustration  L’air de « We're in the money « où des enfants en guenilles se réjouissent d'avoir trouvé 10 cents nous rappelle la dureté de la crise économique . Dans les années 30 , la  42ème rue était une artère mal famée où voyous, artistes, clochards, prostituées et danseurs mondains tanguaient entre la vie et la mort. Dans les pensions de famille chacun arrivait avec des économies et beaucoup de culot. Pour le talent, il ne restait que le bluff. Monique Young (dans le rôle de Peggy Sawyer) cette jeune provinciale montée du midwest avec sa valise, devenue star de Broadway, en est la parfaite incarnation.

« 42nd Street » : Une Amérique en trompe l’œil

C’est le rêve américain dans toute sa splendeur où tout le monde peut réussir. De bout en bout, cette partition est une ode à l’optimisme au travail, à l’imagination, à la ténacité et à l’amitié avec en toile de fond le décor d’une Amérique en trompe l’œil. Dans les théâtres et les restaurants de Time Square, la fête est permanente. Broadway se pare de luxe et brille de mille feux.
 
Cette belle production, teintée de jazz et de musique de big band, met en scène de façon spectaculaire, une quarantaine de comédiens, chanteurs et danseurs, tous plus fascinants les uns que les autres dans ces chorégraphies et ces numéros de taps (claquettes) réglés au millimètre. La partition musicale, entrecoupée de sublimes chansons, est servie ici par des pointures du genre : Alexander Hanson qui excelle dans le rôle de du producteur Julian Marsh, une Maggie Jones campée par le vibrato puissant de Jennie Dale, et Monique voix lumineuse joue à merveille de sa voix suraiguë une Peggy Sawyer enthousiaste et naïve.
Décors impressionnants et costumes soignés aux tonalités rouges, blanc ou gris scintillants, chorégraphies spectaculaires, Stephen Mear signe là une mise en scène d’un haut niveau. Dépêchez vous de réserver il ne reste plus que quelques jours pour s’en régaler !
 
 « 42nd Street »
Théâtre du Châtelet
 
    Musique : Harry Warren
    Lyrics : Al Dubin
    Livret (D’après le roman de Bradford Ropes) : Michael Stewart et Mark Bramble
    Mise en scène et chorégraphie originales : Gower Champion
    Production originale à Broadway : David Merrick
    Adaptation musicale, arrangements et orchestrations supplémentaires : Donald Johnston
 
    Mise en scène et chorégraphie : Stephen Mear
    Direction musicale : Gareth Valentine
    Décors et costumes : Peter McKintosh
    Lumières : Chris Davey
 
Durée : 2h35 avec entracte
 
    Julian Marsh : Alexander Hanson
    Dorothy Brock : Ria Jones
    Peggy Sawyer : Monique Young
    Billy Lawlor : Dan Burton
    Maggie Jones : Jennie Dale
    Bert Barry : Carl Sanderson
    Ann Reilly : Emma Kate Nelson
    Andy Lee : Stephane Anelli
    Pat Denning : Matthew McKenna
    Abner Dillon : Teddy Kempner
    Phyllis Dale : Chantel Bellew
    Lorraine Flemming : Charlie Allen
    Diane Lorimer : Emily Goodenough
    Ethel : Jessica Keable
    Oscar : Barnaby Thompson
    Mac, Doctor, Thug 1 : Scott Emerson
    Ensemble : Jo Morris
    Ensemble : Matthew Whennell Clark
    Ensemble : Daniel Collins
    Ensemble : Jessica Buckby
    Ensemble : Karen Aspinall
    Ensemble : Joshua Lay
    Ensemble : Tom Patridge
    Ensemble : Millie O'Connell
    Ensemble : Matt Gillett
    Ensemble : Ashley Andrews
    Ensemble : Emma Scherer
    Ensemble : Molly May Gardiner
    Ensemble : Gemma Scholes
    Ensemble : Erica Jayne Alden
    Ensemble : George Hinson
    Ensemble : Matthew Cheney
    Ensemble : Kate Ivory Jordan
    Ensemble : Stuart Winter
    Ensemble : Daisy Boyles
    Ensemble : Aaron Wild
    Ensemble : Alyn Hawke
    Ensemble : Romain Rachline

( Visuel D.R)

Lire aussi dans nos critiques Paris Show ( Spectacles & Comédies musicales ) :

Pierre Notte : "C'est Noël tant pis", un huis-clos séduisant

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