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Maly Siri - Pin Up ArtPar Julie Cadilhac - BSCNEWS.FR / Maly Siri est une peintre et illustratrice qui a tout juste trente ans. Après avoir obtenu son diplôme à l’école de dessin Émile Cohl à Lyon, elle débute sa carrière en publiant des bandes-dessinées chez Dupuis, Le Lombard, Akiléos. Très vite, elle se sent attirée par le «rétro» et, «admirative de l’esthétisme et de l’élégance d’un univers poli par la patine du temps», elle devient peu à peu une «pin-up artist».

En 2009, elle s’installe à Montréal et travaille pour la firme de haute-couture Vivienne Westwood, pour Playboy, pour Comix Buro. Tout de même!  Élégamment sexy, Maly Siri l’est autant que les pin-up qu’elle crée et à n’en pas douter, vous tomberez sous le charme de son univers où la beauté, l’humour et le vintage forment un trio affriolant.  Good girls Bad girls est paru en mai dernier dans la collection Métamorphoses des éditions Soleil sous la forme d’un Artbook. A l’occasion de la sortie du livre, la galerie Daniel Maghen a exposé le travail de l’artiste au 47, quai des Grands Augustins ( Paris- 6eme). Deux occasions conjointes de fréquenter les créatures de Maly Siri!

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir illustratrice?
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné. À l’école primaire je me souviens d’une institutrice qui nous donnait l’exercice hebdomadaire d’inventer une histoire et de l’illustrer. Mon artiste intérieur adorait ça! Ma passion du dessin passait par l’heure de la lecture avec tous mes livres, et par les dessins animés, comme tous les enfants! À 8 ans je déclarais à ma mère que je voulais être illustratrice pour faire rêver les gens ! Que les enfants sont drôles tout de même (rires)… Puis devenue un peu plus grande j’ai voulu être animatrice. À 16 ans je suis entrée à l’Ecole Emile Cohl à Lyon en France, et j’y ai véritablement découvert les joies de la BD et de l’illustration, de la peinture. Les vies des illustrateurs des années 50 me fascinent et me font rêver, celle de Norman Rockwell notamment, qui faisait poser tout son entourage et les habitants de sa région ! Cette fascination, entre mille autre circonstances, m’a amenée vers le pin-up art.

Vous êtes une pin-up artist : qu’est-ce qui vous séduit dans les pin-up?
Oh, vaste et passionnant sujet ! Outre l’esthétique, c’est un thème extrêmement intéressant. C’est un des domaines de l’illustration qui est particulièrement lié avec l’Histoire, et même l’histoire de la condition féminine, ce qui est a priori paradoxal. Les premières pin-ups étaient celles de Charles Dana Gibson, les Gibson Girls, aumoment où les premières suffragettes sortaient leurs pancartes - si tant est que la première pin-up n’était pas la Vénus naissante de Botticelli ! - puis, la publicité des années 1920-1950 a utilisé l’image de la femme pour vendre des produits avec un graphisme jamais égalé à notre époque. Dans les années 1940, les pin-up girls habillaient les murs des bunkers et devenaient pour les boys américains le petit bout de Kansas ou de New Jersey qu’ils emmenaient avec eux, représentation souriante et sexy de l’idéal pour lequel ils se battaient au front.
C’est ce côté affectif qui me plaît: tout en étant glamours, sophistiquées, ou encore amusantes ou érotiques, les pin-up girls sont très attachantes, jamais vulgaires. Une séduction un peu « bon enfant » que je trouve émouvante.

Avez-vous des mentors en la matière?
J’ai beaucoup d’inspirations parmi des illustrateurs contemporains bien évidemment, tel que Carlos Nine, Jean-Pierre Gibrat, John Currin, ou Olivia de Berardinis, mais il est certain que mes inspirations viennent en majorité du passé.
Des pin-up artists tels qu’Alberto Vargas, Gil Elvgren, George Petty, John Willie, Enoch Bolles, Milton Caniff sont des inspirations évidentes, mais il y a aussi des illustrateurs plus « généraux » comme Norman Rockwell donc (encore lui!), James Montgomery Flagg, J.C. Leyendecker, Coby Whitmore, Robert O.Reid, JohnLagatta, John Whitcomb qui me fascinent tout autant avec leurs glamour girls et pretty girls. (Ces deux dernières catégories diffèrent des pin-up, il s’agit de toute autre jolie femme représentée au sein d’illustrations de nouvelles, de couvertures de magazines, ou encore, de publicités) !
J’habite près de la frontière entre le Canada et les Etats-Unis et tous les ans je vais dans le Massachussetts voir le musée de Norman Rockwell à Stockbridge. Ils changent les tableaux souvent donc j’ai la chance de pouvoir en apprécier la diversité. Norman Rockwell ne faisait pas à proprement parler de pin-up art mais il a quelques représentations de femmes, comme sur certaines de ses couvertures du Saturday Evening Post qui pour moi sont magistrales, il représente toujours les femmes avec beaucoup de sensualité, de dignité, ou d’humour.

La pin-up est à la fois sexy et chic...est-ce ce contraste qui vous séduit tout particulièrement? !
Absolument ! Elle est non seulement sexy et chic, elle peut aussi être drôle !
Lorsque vous regardez les pin-up de Vargas, versus celles d’Elvgren, vous constatez que les premières sont conscientes de leurs charmes, elles vous regardent droit dans les yeux… Les secondes ne font pas exprès, elles sont maladroites et craquantes. On peut tout raconter au travers d’un personnage féminin, de la mélancolie à la coquinerie !

Vos illustrations ont charmé des créateurs de mode, comme Chantal Thomass, ou le fameux magazine Playboy : c’est quoi le secret d’un dessin de pin-up de qualité, selon vous?
Je n’aurai pas la prétention de le définir, car les uns et les autres ne recherchent pas la même chose dans tel ou tel dessin de pin-up, ou image représentant une femme. Tout à fait personnellement j’aime la façon dont la femme était représentée avant les années 70, avant la montée de la pornographie. Il y avait là une fraîcheur et un érotisme contenu que je trouve d’autant plus charmants. Il y a une charge érotique dans le fait d’être charmé, ce sentiment inclut le coeur et la tête et pas
seulement les parties érogènes évidentes. J’aime ce côté chez les pin-up. On peut jouer entre l’allégorie et le charme en dosant à chaque fois et en essayant de rester chic, ou drôle, ou envoûtant…C’est un beau challenge à chaque dessin que je commence. Vous ne me verrez probablement pas dessiner de femme dans des postures trop explicites. J’aime que ce soit elle qui mène la séduction, le concept de femme-objet me laisse…plus que perplexe je l’avoue !

Dans quel cadre avez-vous collaboré avec Chantal Thomass?
J’ai eu le plaisir de collaborer avec elle dans le cadre de mon nouveau livre « Maly Siri’s Pin-up Art » dont elle m’a fait l’honneur d’écrire la préface, qui est magnifique d’ailleurs. Ce fut un réel plaisir de l’avoir à mes côtés lors du lancement presse du livre en mai dernier ! En toute sincérité, c’est avec un grand enthousiasme que j’accueillerais toute autre collaboration avec cette grande dame qui fut la première à donner à la lingerie l’appellation de « Haute Lingerie » comme on fait de la « Haute Couture».

Êtes-vous très féminine vous-même et attirée par la mode, les tenues, coiffures et accessoires? 
Je pense pouvoir dire que je suis « féminine », oui, je porte des jupes, des robes, des bas…(rire) Mais être « à la mode » ne m’intéresse pas vraiment, j’aime surtout m’entourer de belles choses qui me plaisent et qui m’inspirent. J’adore les accessoires et les vêtements vintage ou dans l’esprit vintage. À-vrai-dire je crois que c’est surtout au travers de mes dessins que j’exprime ma passion pour les accessoires, les vêtements, les coiffures. C’est drôle vous savez, j’adore les brocantes et je suis capable d’acheter des objets, des accessoires seulement pour le plaisir de les posséder, de les regarder.
C’est bien plus pour en tirer une inspiration pour une illustration, une histoire, que pour l’utiliser ou le porter moi-même. Pour ce qui est des coiffures, entre nous, j’en ai une qui me va bien et je reste dessus (rire)! En dessin, je prends un tel plaisir à dessiner les cheveux crantés, bouclés, apprêtés en rouleaux…
C’est mon fetish à moi !

Du 29 avril au 23 mai 2015, vous avez exposé à la Galerie Daniel Maghen : comment est née l’idée de cette «exhibition» de votre travail?
Il y a un peu plus de deux ans et demi, lorsque la Galerie Daniel Maghen m’a approchée pour une collaboration, j’étais en pleine réalisation des illustrations du livre qui avait été signées depuis longtemps en amont, et comme je travaille toujours avec des médiums traditionnels, ils ont été très enthousiastes à l’idée d’accueillir une exposition des originaux des images que l’on retrouve dans le livre.

Que pouvions-nous y découvrir?
Il y avait une bonne partie de mon travail des trois dernières années: une centaine de dessins au crayon, au fusain, peintures à l’aquarelle, et quelques peintures à l’huile. Ce sont les originaux d’une majorité des illustrations que vous pourrez retrouver dans le livre Maly Siri’s Pin-up Art (Editions Soleil, Collection Métamorphose), tous représentant des femmes qui je l’espère, du haut de leurs regards chaleureux (Good Girls) ou perçants (Bad Girls), ont charmé les visiteurs !


Enfin, un Artbook, publié par les Éditions SOLEIL (Collection Métamorphose), est disponible en librairie depuis le 26 mai dernier: comment l’avez-vous conçu ?
Je collectionne les magazines des années victoriennes aux fifties, et je suis très inspirée par cette patine, ces typographies toutes superbes et différentes, ce graphisme élégant, ces photos et dessins magnifiques. À la base j’avais proposé à Barbara Canepa et Clotilde Vu, mes éditrices, un projet d’historiettes de pin-up avec Jc Deveney au scénario. Barbara m’a suggéré de plutôt faire un artbook, car elle aimait d’autant plus mes croquis et mes illustrations. J’ai accueilli l’idée avec un grand bonheur, vous imaginez bien ! Comme dans un magazine ancien je souhaitais garder un esprit de « diversité » des types de pages, avec des publicités, des recettes, des nouvelles…
Jc Deveney a troqué avec plaisir sa plume de scénariste de BD pour une plume de nouvelliste, et j’ai collaboré avec quatre autres gentlemen: Voldy Voldemar pour d’autres textes, Julien Vergeot pour le graphisme, Rémy Boiré pour le lettrage, et Vincent Raymond pour une interview.
Je venais à eux avec mes idées, mes croquis et nous collaborions pour réaliser les finitions. Il fallait également trouver une structure au livre, un fil conducteur, une façon d’articuler les illustrations.
J’ai eu cette idée de Good Girl / Bad Girl en regardant les photos de Bettie Page, elle a vraiment ce côté dualiste, qui en réalité est en toute femme ! De plus cette structure « miroir » fait un clin d’oeil au livre de Dita Von Teese « L’Art du Fetish vs. L’Art du Tease » qui a eu beaucoup d’importance dans mon parcours. Ensuite chacune des parties est divisée en trois décennies: années 1930, années 1940 et années 1950, car ce sont des ambiances, des esthétiques tout à fait différentes et je ne me voyais pas les mélanger. Pour la réalisation des illustrations, pour la plupart je travaille d’après des photos que je prends moi-même au cours de séances avec mes modèles canadiennes et européennes, qui sont aussi mes amies. Alors vous voyez, derrière chaque illustration vous avez une bonne dose de rires et de complicité, j’espère avoir réussi à transmettre toute cette bonne humeur au travers de mes dessins !(sourire)

www.pinup-doodles.blogspot.fr

Expo Maly Siri -Pin-Up Art
Exposition à la Galerie Daniel Maghen du 29 avril au 23 mai 2015
Galerie Daniel Maghen
47 quai des Grands Augustins
75006 Paris
www.danielmaghen.com

( crédit photo Marina Morin )


Maly Siri’s Pin-Up Art
Good Girls Bad Girls
Collection Métamorphoses BD
Editions Soleil
Parution le 27.05.2015
Illustrateur : Maly Siri
Scénariste : Jean-Christophe Deveney
Coloriste : Maly Siri
29,95 euros

 

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