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polarsPar Marc Emile Baronheid - Bscnews.fr/ C’est la sortie des collections policières de printemps. Le noir est très à la mode et les boutonnières se portent parfois dans le dos, pour peu que l’on n’ait pas été sur ses gardes.

 

L’homme qui aimait les mauresques
« Elle avait la peau brune et salée, les yeux d’un vert profond et mystérieux, et une bouche généreuse». Apprentie fliquette, Samantha est apparemment plus douée pour la bagatelle que pour les enquêtes policières, au point que Clovis est prêt à délaisser ses chèvres et la quiétude de ses collines marseillaises, en échange d’une paire d’heures câlines. Cela n’empêchera pas les habituelles rafales de kalachnikov de ponctuer la moiteur des nuits phocéennes. Sauf que les escarmouches entre voyous sont brutalement reléguées à l’arrière-plan par les meurtres de jeunes femmes mis en scènes comme, en 1888, ceux de Jack l’Eventreur. Journaliste, Clovis s’était intéressé au phénomène. Il est officieusement appelé à l’aide par Emma, ancienne amante et accessoirement lieutenant de police. Remettre les fers au feu ne lui déplairait pas. Centre névralgique des cogitations clovissiennes, le Beau Bar, cadre idéal des cures de jeaunets. C’est là que Clo imagine comment mettre un terme à la panique qui s’est emparée de la Canebière. Mais le plus délicat consiste à satisfaire et utiliser Samantha, sans compromettre la reconquête d’Emma. Machiavel au royaume de l’apéro. Et Gouiran est son prophète, qui mène allègrement sa barque, entre plats de roi de la cuisine locale et charmes de la cité. Pendant ce temps, les mauvais garçons continuent à déguster du plomb, les flics ripoux et les chefs bornés à vaquer à leurs petites affaires. Le récit fait mouche, net et tranchant comme une contre-attaque des hommes de Bielsa, dans un savant mélange de douceur de vivre, d’art de mourir et de fidélité au démon de midi.
Si vous aimez la Bonne Mère et le Vieux-Port, vous allez adorer Gouiran. Si vous ne les connaissez pas encore, ce diable de roman sera le prélude à une addiction irrésistible. De l’art d’escalader Marseille par la face fatale.

« Une nuit trop douce pour mourir », Maurice Gouiran, Jigal, 18,50 euros

De drôles d’apôtres
« Ils mangèrent le cake et la glace à la pêche sur une couverture au bord de la rivière, tandis que le soleil s’éteignait en une petite étincelle dans des nuages de pluie à l’ouest. Il sentait dans le vent une odeur d’allume-feu et de viande grillée, voyait des lanternes japonaises accrochées dans les arbres de ses voisins et entendait la musique d’une garden-party que quelqu’un donnait de l’autre côté de l’eau ». Cette scène bucolique donnerait presque envie de prendre Nick pour un Américain bien tranquille, amoureux de la nature et fou de sa petite famille, n’étaient les photos de femmes et de jeunes filles qu’il brûle discrètement. Non loin de là, le shérif Holland et sa sémillante adjointe enquêtent sur les meurtres de neuf immigrées clandestines, dont les cadavres viennent d’être déterrés derrière une église. Et Nick n’est rien, comparé aux autres protagonistes de cette affaire, dont le « Prêcheur », tueur à gages sans pitié, encore que… Les traumatismes des guerres de Corée et d’Irak hantent et éperonnent un récit angoissé, qui donne l’impression de s’éparpiller pour nous revenir en pleine poitrine, tel un boomerang diabolique.

« Dieux de la pluie », James Lee Burke, Rivages, 21,50 euros

Marseille encore
Tout le monde aime Marseille, certains flics parisiens ne le savent pas encore, tel Théo Daquin, 27 ans, promu commissaire dans la cité où, en 1973, des caïds de seconde zone se disputent l’héritage des Guérini. C’est du moins la piste sur laquelle de présumés représentants de la loi veulent entraîner le nouveau venu. Le sang coule. Le contraire serait… stupéfiant. Malgré les chaussetrapes de certains services et grâce à sa sexualité hors norme, Daquin navigue adroitement parmi les brisants. Il est question, entre autres, de la French Connection, de requins gourmands, de Corses déterminés. Manotti, c’est une remarquable architecture narrative. L’art de disposer ses pions, de les déplacer afin que l’adversaire imagine lire sa stratégie mais soit incapable d’anticiper, de deviner le piège. Cela fait son charme et le plaisir de la lecture. Par ailleurs, son commissaire est un amalgame de Maïté et de madame Maigret, donnant la recette de la ratatouille et de la bouillabaisse. A ce propos, si vous ne voulez pas passer pour un Parisien, servez avec la soupe de poissons un blanc de Cassis, Domaine de la Ferme Blanche 1968. Il est comment ce roman que l’éditeur dit noir ? Il y a à boire et à manger.

« Or noir », Dominique Manotti, série noire Gallimard, 17,50 euros

La chute de l’ange noir
Un DVD pour le dessert. Il raconte le rodéo nocturne d’une petite bande de gens du voyage, partis pour aller voler un camion de cuivre. L’instigateur est tout juste sorti de prison, après 15 ans passés à l’ombre, mais « shoraver » est dans ses gènes et il réussit à entraîner ceux du clan qui étaient résolus à ne plus marcher en dehors des clous, dont son jeune demi-frère qui s’apprête à célébrer son baptême chrétien. On n’a pas d’essence ? Qu’à cela ne tienne, le siphonage n’est pas pour les chiens. Polar-reportage, ce film repose sur une détresse et une âpreté accentuées par le naturel, le côte brut de décoffrage des protagonistes et
l’éloquence des silences . Il a obtenu le prix Jean Vigo 2014.

« Mange tes morts », film de Jean-Jacques Hue, Capricci, 16 euros (www.capricci.fr)

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