BSC News

 

 

 

           

pascal bériaPar Nicolas Vidal - Bscnews.fr/ En ces temps de révolution numérique, Pascal Béria, consultant éditorial et rédacteur en chef du lesiteducontenu.com vient de publier « La révolution des contenus» ( éditions Télémaque) où il aborde la question cruciale de l’adaptation des contenus au coeur de l’environnement numérique et de l’écosystème médiatique pour en devenir l’essence même. Rencontre autour des 5 révolutions définies par Pascal Béria.

Pascal Béria, pourquoi avoir employé le terme fort de «Révolution»  dans le titre de votre ouvrage plutôt que «évolution » ou « rupture » ?
Ce titre fait écho à la révolution qui qualifie aujourd’hui l’univers du numérique et des usages qui en découlent. Cette notion de « révolution » ne fait aujourd’hui plus débat dans ce domaine, puisqu’il est indiscutable que le numérique a désormais changé notre façon de voir, de travailler, de penser, d’interagir, de chercher de l’info. Il s’agit donc bien d’une révolution qui change notre appréhension du monde et de nos sociétés. Or, il se passe quelque chose de similaire  en ce qui concerne la notion de contenus. Aujourd’hui, ces contenus se dématérialisent et servent de matière première à la plupart des médias, ont quitté la seule sphère des journalistes ou des auteurs pour pénétrer celle du citoyen, de l’entreprise, du lien social. Ils sont aussi une source de valeur et un enjeu de visibilité pour les marques. Nous avons changé nos modes d’accès à ces contenus, notre façon de les appréhender. Nous ne sommes donc plus dans une simple évolution. La rupture elle, est plutôt technologique. On est dans un changement durable de modèle.

Au début de votre ouvrage, vous évoquez la contradiction évoquée par Bernard Werber sur la censure, « La censure a changé de visage. Ce n’est plus le manque qui agit, mais l’abondance (…) Plus il y a de chaînes de télévision, de radios, de journaux, de supports médiatiques, moins il y a de diversité de création.» Quel est votre avis à ce sujet ?
Ce paradoxe est au cœur du sujet. Nous ne sommes aujourd’hui ni dans une crise de l’offre, car les contenus sont aujourd’hui disponibles partout, la plupart du temps en libre-service. Nous ne sommes pas non plus dans une crise de la demande, tant il est vrai que nous n’avons jamais autant lu, regardé, écouté, discuté sur tous les supports à notre disposition. S’il y a aujourd’hui une véritable crise, c’est celle de la valeur de ces contenus. Cela ne signifie pas qu’il n’y a plus de contenus créatifs ou de qualité. Cela veut simplement dire que, noyés dans la masse, ils ne parviennent plus à émerger du flot d’information auquel nous sommes confrontés. De cette profusion naît la confusion qui fait apparaitre une forme de censure et fait perdre, au passage, toute valeur à ces contenus. On est ici en plein dans les techniques propres aux manipulations des masses. La censure n’est pas le fait d’un individu ou d’une autorité. Elle se déduit de la difficulté de faire entendre sa voix dans le brouhaha ambiant. Il ne faut toutefois pas sombrer dans la théorie du complot mais rester vigilant, car un tel cas de figure conduit peu à peu à rendre difficile le financement de la création ou du travail d’investigation du journaliste. La baisse de la valeur des contenus conduit à une uniformisation de l’information et aussi à une certaine forme de pensée unique. 

Pourquoi avoir choisir de bâtir votre ouvrage autour de 5 grands chapitres de révolution ?
Cette transformation est couramment traitée dans les médias sous l’angle des corporations. Pour faire simple, les journalistes, les médias, les communicants, les fabricants de matériels ont l’habitude de couvrir le sujet sous leur propre problématique. De la même manière, on parle aujourd’hui de l’émergence des communautés, de l’omni-connexion, des big-datas ou des objets communicants. Or, le thème qui parvient à fédérer le mieux tous ces sujets est bien celui des contenus. Il me semblait donc pertinent de retrouver une logique qui parte de ce point commun et qui montre tour à tour son implication dans les domaines des médias, de la publicité, des supports connectés mais aussi des relations entre les individus ou des nouveaux modes de narration et d’écriture.



Dans le chapitre de la Révolution médiatique, vous écrivez que « Ce n’est plus l’audience qui va vers le média, mais bien le média qui doit s’adapter aux nouveaux usages de l’audience ». Pouvez-vous nous en dire plus sur ces nouveaux usages ?
On assiste, et c’est aujourd’hui une pratique passée dans les mœurs, à l’émergence d’une audience active rendue possible par les technologies digitales connectées. La possibilité d’interagir, de commenter, de relayer, de critiquer transforme aujourd’hui tout un chacun en acteur des contenus. Il en résulte une modification du rapport de force entre ce qui représente l’autorité et l’individu. L’époque du discours descendant est révolue. On le constate en politique, au travail, à l’école ou à l’université. Les médias sont d’autant plus impactés qu’ils doivent aujourd’hui composer avec les technologies digitales. Entre contenus gratuits, podcasts, VOD et live-tweets, l’audience s’est aujourd’hui diluée et les contenus délinéarisés. C’est-à-dire qu’ils sont accessibles quand on le souhaite sur le support de notre choix. Le téléspectateur, par exemple, s’est transformé en consommateur de contenus audio-visuels via sa chaine de télévision désormais connectée, mais aussi les plateformes vidéo ou les réseaux sociaux qui lui permettent d’interagir. Paradoxalement, l’émergence de l’interaction par les réseaux sociaux redonnent du sens aux programmes en ligne comme on le constate avec certaines émissions comme « The Voice » ou certains grands événements comme la finale du Super Bowl aux Etats-Unis. Mais globalement, on peut considérer que les grands rendez-vous médiatiques comme le journal de 20h tendent à disparaitre. Dans ce contexte, les médias doivent s’adapter avec agilité aux nouvelles technologies et aux nouveaux usages qui en découlent. C’est une formidable opportunité pour le monde des médias.



Vous égrenez la liste de certains de nos confrères « déclinés sur internet » et vous écrivez que « l’important reste l’expérience de l’utilisateur ». Quelle est la différence avec la presse papier sur cette façon de piocher les informations çà et là ?
La presse a été un des premiers secteurs à expérimenter le numérique. A l’inverse de l’audiovisuel ou de l’industrie du disque, par exemple, la presse présente la spécificité d’avoir un contenu intimement lié à son support et qui n’a pas fondamentalement changé depuis la création des premières imprimeries. L’industrie de la presse a vu dans le web tour à tour un relai de croissance publicitaire, puis une menace pour son modèle économique. Aujourd’hui, la presse se cherche toujours un modèle économique viable mais il y a eu beaucoup de morts et il continuera à y en avoir tant qu’on continuera à essayer de plaquer d’anciens modèles sur celui du numérique. Aujourd’hui, l’information est fragmentée et certaines applications phares comme Flipboard montrent que ce que le lecteur recherche avant tout, c’est le contenu et l’information qui en découle. Le lien presque intime qui existait entre le journal et son lecteur tend à disparaître. Nous rentrons dans l’ère de la curation par ses pairs, c’est-à-dire une information déjà catégorisée, répondant à ses centres d’intérêt, à ses goûts du moment, son mode de lecture. Or, le sur-mesure demeure le domaine du numérique pour lequel l’industrie de la presse papier ne peut pas lutter. Néanmoins, il convient de préciser que l’époque du média cloisonné est en train de disparaitre. Un titre de presse qui fonctionne, au même titre qu’une émission de télévision ou de radio, sera de plus en plus décliné sur l’ensemble des médias disponibles. On assiste à la disparition des grandes corporations médiatiques distinctes pour assister à l’émergence de la marque média et de l’écriture transmédia.

En quoi les médias internet, à votre avis, changent-ils la donne du paysage médiatique ?
Ils changent tout ! Comme on l’a vu, Internet et surtout le web et aujourd’hui les applications changent l’appréhension des contenus médiatiques. Entre dématérialisation, délinéarisation, interaction et curation, le modèle à sens unique à définitivement disparu. Ce qu’on peut en déduire, c’est qu’aujourd’hui on assiste à une réelle rupture entre l’industrie des médias et celle des contenus qu’ils hébergent. Les producteurs ne sont plus les diffuseurs, comme c’était le cas il y a encore peu. YouTube, Facebook ou Google ne sont que des tuyaux vides sans les contenus qu’ils parviennent à agréger. Ce sont pourtant eux qui sont les acteurs qui comptent aujourd’hui. Je maintiens que le sens, l’intelligence est du côté des contenus. Mais les enjeux économiques sont sans conteste du côté des tuyaux.



Vous posez avec pertinence l’épineuse question de la frontière entre information et communication. Quel rôle joue le contenu dans ce point de clivage voire de rupture ?
Le contenu est fondamentalement neutre. C’est la qualité de l’émetteur qui fait la différence. On l’a vu, tout le monde peut aujourd’hui prétendre à être un média. Les marques l’ont bien compris et mettent des moyens conséquents pour fournir du contenu au même titre que qu’un média traditionnel. C’est l’émergence de ce qu’on appelle le brand content, l’inbound marketing, c’est-à-dire la volonté des marques à se rendre utile au-delà de leur aspect fonctionnel, en nous fournissant un contenu culturels, informatifs ou distrayant. Si, la plupart du temps, cette pratique est plutôt sympathique, il convient de rester vigilant à ce que les marques restent dans leur prérogatives sans interférer avec un univers de l’information qui a de plus en plus de mal à se financer. On assiste à l’émergence aujourd’hui du « native advertising », c’est-à-dire un contenu conçu par les médias on-line, pour les marques, et qui a pour vocation de s’intégrer aux contenus journalistiques de telle façon qu’il ne perturbe pas l’expérience de lecture. Certains grands journaux comme le New York Times ou le Monde ont d’ores et déjà lancé leur offre dans ce sens. Il faut faire confiance aux marques pour faire preuve de suffisamment de créativité pour que leur message parviennent à se confondre un jour parfaitement avec l’information.

Plus loin, dans le chapitre consacré à la Révolution rédactionnelle, vous écrivez que « la pluralité de l’information et le dynamisme de la création profitent de cette révolution rédactionnelle ». Pouvez-vous nous éclairer à ce sujet, Pascal Béria ?
On se plaint souvent de l’infobésité, mais force est de constater que la partie vertueuse du numérique est de nous avoir permis de démultiplier les sources d’information. Aujourd’hui, l’engagement, la critique ou le subversif ont quasiment déserté les médias traditionnels pour aller sur les blogs et les médias citoyens. Ou tout du moins ceux qui permettent aux lecteurs de s’exprimer. Comme je le dis dans le livre, le style et l’orthographe n’y ont pas forcément gagné, mais on a aujourd’hui à portée de main un volume considérable d’information, y compris celle la plus critiquable ou la plus exécrable. Cela signifie que nous devons de nouveau développer un esprit critique par rapport à une information qui n’est désormais plus filtrée. D’autre part, la délinéarisation et le décloisonnement des médias ouvrent de nouvelles voies fascinantes en terme d’écriture. On parle beaucoup de storytelling, preuve que les techniques narratives ont aujourd’hui conquis les sphères de la politique ou du marketing. La publicité s’y met en nous offrant des univers de marques de plus en plus élaborés. Au-delà de ça, beaucoup de projets sont aujourd’hui développés nativement pour de multiples médias. Certains d’entre eux mettent autour de la même table des acteurs de la télévision, du cinéma, du jeu vidéo ou de la bande-dessinée pour un seul et même projet. Ca ouvre un champ des possible infini en terme d’écriture. Je pense que la créativité à tout à y gagner.

Comment opère « le diktat du SEO», pour reprendre vos propres mots, sur les contenus ?
Les mots sont un peu forts, mais ils viennent en réaction à ce que j’appelle le dogme du « court à tout prix », c’est-à-dire cette idée partagée qu’il faut, pour être lu sur les médias numériques, être forcément laconique. Partant de cela, tout le monde s’est mis à « faire court ». Je pense que c’est une erreur et que le besoin d’une information riche, étayée, complète, est toujours une réalité. Néanmoins, les mécanismes d’Internet obligent à  se distinguer dans un océan de contenu. Il faut à la fois pouvoir être identifié par les moteurs de recherche, relayé sur les réseaux sociaux, les portails de flux ou les sites d’information qui affichent un mur d’articles. L’accroche doit donc être explicite et être susceptible de traduire ce qu’on vient trouver dans l’article si on clique dessus. En cela, le « diktat du SEO » tire un peu la force d’un titre vers le bas. Je prends l’exemple du « J’accuse » de Zola, qui n’aurait eu aucune chance de percer sur le net.



N’est-ce pas un risque important pour les médias de vouloir suivre le rythme effréné, sinon concurrencer, l’immédiateté d’internet et des réseaux sociaux ?
Bien entendu. Mais il est inutile de vouloir aujourd’hui opposer Internet au monde des médias. Comme on l’a vu, ils se sont fortement décloisonnés. Aujourd’hui, un média n’appartient plus à un support spécifique. On peut écouter la radio sur son téléphone ou regarder la télévision sur une tablette. Paradoxalement, on assiste à une forme de spécialisation des médias qui s’installent chacun dans une temporalité. Internet vient en soutien de tout cela. La télévision, aujourd’hui, se regarde en direct ou à la demande sur un ou plusieurs écrans et se commente sur les réseaux sociaux. Il en est de même pour la presse ou pour la radio. Le cinéma et le monde de l’édition sont en passe de suivre la même logique. Donc oui, essayer de « faire de l’Internet » à la télé par exemple est voué à l’échec. Par contre, travailler sur différentes temporalités en fonction des supports est la voie suivie par la plupart des médias aujourd’hui.

D’après vous, est-ce que le rôle du journaliste va changer dans l’analyse et l’étude des contenus ?
C’est la pratique du journalisme qui a déjà profondément changé. Elle est aujourd’hui profondément marquée par une tendance à l’instantanéité.  Même si, en la matière,  le chasseur de scoop a toujours existé, le journaliste est désormais en compétition permanente avec le citoyen qui a à sa disposition des outils lui permettant d’exprimer une pensée, diffuser des images, relayer un événement instantanément. Ce constat nous fait oublier un peu le rôle essentiel du journaliste auquel vous faites allusion qui est celui du témoignage, de l’éclairage, de l’analyse, de la mise en perspective. Un journaliste n’est pas le relayeur d’une information brute car il n’a, dans ces cas-là, plus aucune valeur ajoutée. Ce qui change vraiment, ce sont les moyens dont le journaliste dispose pour faire son métier, le plus important étant bien entendu la mémoire des contenus que constitue Internet. De nouveaux métiers apparaissent, comme celui de journalisme de données et le fact-checking. Le rôle du journaliste n’a donc fondamentalement pas changé. C’est son environnement qui a évolué.

Si oui, comment ? Vous évoquez tout de même le fait que cela puisse « devenir un vrai problème pour la démocratie ».
En effet. La pression qui est mise aujourd’hui sur le journaliste oblige une profession entière à se remettre en question. J’ai dit plus haut que le numérique profitait à la pluralité de l’information. Dans ce constat, le journaliste a un rôle essentiel à mener. Il a, en théorie du moins, une déontologie parfois mise à mal par certaines collusions révélées. Néanmoins, cette déontologie existe et anime encore beaucoup de gens qui ont fait le choix de cette profession. Une disparition de ce métier ou, ce qui est peut-être pire, sa dilution entre ce qui a trait à l’information et à la communication, reviendrait à se priver d’un pan essentiel de l’information. Lorsque Libération publie un numéro entier avec, en lieu et place des photographies de reportage, des carrés vides, c’est bien pour montrer que la précarisation du métier de photoreporter est un risque pour la qualité de l’information. La sagesse des foules théorisée par James Surowiecki ne tend pas forcément vers une meilleure qualité de l’information et laisser l’information aux seuls citoyens, c’est prendre le risque de la pensée unique. De ce fait, c’est un risque évident pour la démocratie.



Pensez-vous qu’à moyen terme les contenus « pourraient devenir des biens de consommation » ?
C’est déjà largement le cas. Il n’y a qu’à voir la guerre dans laquelle se sont engagés certains géants du divertissement comme Disney, Vivendi ou Time Warner, ou de nouveaux acteurs comme Bein Sport. Les contenus sont bien au cœur de cette bataille et la surenchère pour se les approprier démontre les enjeux qui y sont liés. Lorsque l’on choisit d’acheter un contenu freemium en ligne, que l’on s’abonne à un bouquet de chaînes thématiques via son câblo-opérateur ou que l’on achète un livre pour sa liseuse, nous sommes bel et bien dans une posture de consommation des contenus. Le marketing a largement fait son entrée dans ce monde du contenu avec des dispositifs ultra-sophistiqués et certains champions comme Amazon ou Google sont passés maîtres pour nous pousser à la consommation.En fait, dans ce monde dématérialisé, les contenus deviennent le dernier produit possible à vendre et à consommer…


Pouvez-vous nous parler de «l’émergence d’un journalisme citoyen » que vous brossez à la fin de votre ouvrage ?
Ce type de journalisme procède d’un mouvement d’ensemble lié à l’intermédiation permise par Internet. Pour faire simple, le web s’est substitué aux métiers dont la mission essentielle était de mettre un besoin et une offre en relation. Ca a été le cas pour les métiers de la petite annonce, ceux du voyage ou de l’édition. Ca le devient pour celui de la banque et de l’assurance, voire bientôt de l’énergie. Dans le domaine de l’information, cela revient à court-circuiter le rôle du journaliste, avec, comme on l’a vu, les risque que cela suppose. Ce phénomène s’est manifesté par l’émergence des blogs, puis des plateformes de journalisme citoyen comme Agoravox. Ceci étant dit, on constate aujourd’hui la limite de ce type de modèle qui a tendance à héberger les propos de ceux qui n’ont pas forcément droit au chapitre sur les autres médias. Rien de notable n’a finalement émergé de ces sites et, blogs comme médias citoyens, sont plutôt aujourd’hui des espaces d’expression hyper-spécialisés à destination de niches de la population. Le modèle émergeant  est aujourd’hui celui à trois voix, mêlant le travail du journaliste, l’analyse de l’expert et la réaction du citoyen. C’est sur ce modèle que se sont construits certains sites comme Rue89, Mediapart ou le Huffington Post. 

Pour finir, à quoi pourrait nous mener la Révolution des contenus in fine ?
Il est toujours difficile de faire de la futurologie, notamment dans les domaines touchant de près au numérique. Avec l’avènement de l’omni-connexion et des objets communicants, tout porte à croire que le volume de contenu va continuer à augmenter de manière déraisonnable. Nous touchons aujourd’hui à des échelles de l’ordre du zettaoctet, qui sont généralement réservées au domaine de l’astronomie. C’est vertigineux. C’est la raison de l’émergence des enjeux des big-datas qui sont colossaux en terme de d’exploitation mais aussi d’organisation de l’information. Je fais l’analogie, dans le livre, entre le domaine des contenus et celui des déchets industriels. Je pense que nous sommes rentrés dans l’ère de la saturation d’informations et, qu’au même titre qu’il est devenu nécessaire de penser au retraitement de notre production industrielle sous peine d’étouffement par la pollution, il devient aussi urgent de penser la façon dont nous retraiterons nos trop pleins de contenu. Qu’est-il utile de stocker, de réutiliser, qu’est-ce qui est de l’ordre du sensible et que devons-nous oublier. Les questions de sécurité sont évidemment au cœur de cet enjeu et on a bien vu avec l’affaire Snowden qu’un individu peut mettre en péril l’équilibre du Monde juste parce que des contenus sensibles ont été détournés. Le risque est donc de perdre la main sur ces contenus si on ne réfléchit pas aujourd’hui à une gouvernance précise dans ce domaine. Au vu des millions investis dans les datas-centers par Google, entre autres, je pense que nous sommes en train de prendre résolument le chemin inverse.

La révolution des contenus
de Pascal Béria - Editions Télémaque -
23,90 €
224 pages


Aller plus loin
Le site du contenu dirigé par Pascal Béria

A lire aussi:

Jean-Jacques Cros : "L'information est désormais un produit qui doit rapporter à des actionnaires"

Daniel Riolo : un Racaille Football Club au vitriol pour le football français

Daniel Riolo : un Racaille Football Club au vitriol pour le football français

Jean-Marie Charon : Une analyse sur l'avenir de la presse quotidienne

Enzo Traverso : " La culture de masse produit ses propres intellectuels qui travaillent pour les médias"

 

Dernière minute

Idées de cadeaux

WEB Lucky Luke Cuisine 300x300 V1

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Abonnez-vous au Tabloïd !

 

A LA UNE

Alfredo Rodriguez : un jazz cubain attaché à l'ouverture

Alfredo Rodriguez : un jazz cubain attaché à l'ouverture

Publication : vendredi 9 décembre 2016 08:39

Par Nicolas Vidal - Tocororo est le nouvel album d’Alfredo Rodriguez, pianiste et compositeur cubain, installé à Los Angeles. Son nouvel album évoque l’oiseau national de Cuba, Tocororo qui prend son envol pour partir à la découverte d’autres cultures et d’autres identités. C’est en substance le projet musical d’Alfredo Rodriguez qui a, pour l’occasion, convié entre autres Ibrahim Maalouf et Richard Bona pour porter ce message. (Crédit photos : Anna Webber )

Jorj A Mhaya : une autre histoire de la condition humaine en BD

Jorj A Mhaya : une autre histoire de la condition humaine en BD

Publication : jeudi 8 décembre 2016 09:10

Par Nicolas Vidal - Né pendant la guerre civile au Liban, Jorj A. Mhaya a découvert le pouvoir précieux du dessin. D’abord peintre, puis caricaturiste, illustrateur de presse, il s’est ensuite épanoui dans la bande dessinée. Aujourd’hui, Jorj A Mhaya fait paraître «Ville Avoisinant la terre» (Edition Denoël Graphic), une histoire puissante, fantasmagorique et sensible exprimée comme une parabole de la condition humaine dans un Beyrouth dévasté et fantasmé. Brillant.

Sauramps : "La librairie ne fermera pas" selon Jean-Marie Sevestre

Sauramps : "La librairie ne fermera pas" selon Jean-Marie Sevestre

Publication : mercredi 7 décembre 2016 14:17

Par Nicolas Vidal - La librairie Sauramps connaît une situation très préoccupante concernant sa survie. Depuis quelques jours,  des informations inquiétantes se propagent dans les rues de Montpellier et plus précisément dans l’éco-système culturel de la capitale languedocienne. Le groupe Sauramps serait-il menacé de fermeture imminente d’ici le début de l’année 2017 ?

Corée du Nord : immersion au coeur du totalitarisme d'Etat

Corée du Nord : immersion au coeur du totalitarisme d'Etat

Publication : mercredi 7 décembre 2016 08:43

Par Nicolas Vidal - Suivez Benjamin Decoin, photographe, dans un voyage passionnant dans l’un des pays les plus hermétiques et fermés de la planète. Le travail de Benjamin Decoin est une passionnante découverte sociologique et géographique au pays de la dynastie des Kim. Antoine Bondaz apporte, pour sa part, son expertise géo-politique de ce pays et des craintes qu’il suscite auprès de la communauté internationale notamment sur sa stratégie nucléaire.

Orkesta Mendoza : l'Arizona psychédélique et électronique

Orkesta Mendoza : l'Arizona psychédélique et électronique

Publication : mardi 6 décembre 2016 18:21

Par Nicolas Vidal - Suite à la rencontre de Salvador Duran et de Sergio Mendoza de Calexico et son big band ORKESTA MENDOZA est né l’explosif Vamos a Guarachar !

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à la newsletter d'actualités culturelles du BSCNEWS.FR