Sarah Letor AgainPar Nicolas Vidal - BSCNEWS.FR / Sarah Letor fait son entrée sur la scène jazz avec «Again», un album puissant, totalement addictif et formidable. Avec ce côté vintage, légèrement pâtiné et cette voix qui dès les premières notes vous transporte, la jeune chanteuse belge est lancée comme une comète au-dessus des nuages et suit une trajectoire qui a toutes les chances d’atteindre un niveau stratosphérique. Rencontre avec Sarah Letor qui apparaît comme l’une des stupéfiantes révélations de l’année. Incontournable !

Sarah, pouvez-vous nous parler de votre premier amour, le gospel ?
Le gospel est une musique très prenante, puissante et libératrice à tous les niveaux. En tant que chanteuse et personne, cette musique a été une école et une expérience pas comme les autres pour moi. C'est une musique qui peut voyager dans plusieurs univers musicaux, avec des arrangements de choeur de toute beauté. « Kirk Franklin »  m' a conquise avec cette musique, en l'innovant, car le gospel n'est pas que des chants négrospirituel comme on le connait ici en Europe. Aux USA, le gospel qui a bien évolué peut aussi être interprétée avec de la soul, du funk ou même du rock. Là-bas c'est une musique courante dans la culture, et tous les grands artistes s'y prêtent.

Cet album est votre second. Pouvez-vous nous parler de votre premier " A love so great " et nous dire ce que "Again" représente aujourd'hui par rapport à votre première sortie ?
Il faut savoir que « A love so great » est un album gospel, c'était le choix de ma première production. Le style de musique était très "gospel/soul/blues", c'est un album où j'y exprimais ma foi.  « Again » n' a rien a voir avec le premier, il est plus universel, plus populaire et  comporte des compositions que j'avais dans les tiroirs depuis 10 ans et d'autres toutes nouvelles, qui sont nées lors de la production. Ici le style est plus pop. J'ai pu toucher en tant que compositrice, différents univers musicaux, comme le jazz, la soul et le blues, des univers que j'adore aussi. Les paroles sont très autobiographiques... j'ai essayé de créer un univers assez positif, même dans ce qui m'arrivait de négatif, c'est un album très libérateur avec une pointe de poésie. Ecrire des chansons pour moi est thérapeutique avant tout. Mais je n'écris pas des chansons pour changer le monde, mais avant tout pour que le monde ne me change pas !

On lit que vous êtes déjà aguerrie avec de nombreuses formations avant de vous lancer. Qu'est-ce qui vous a décidé à tenter une carrière solo ?
La composition est en moi depuis toujours, je me suis toujours imaginée chanter mes propres chansons. Mais avoir de l'expérience scénique est très importante aussi, si l'on aime la qualité. Cela permet de trouver son identité et explorer différents artistes et avoir le plaisir de les interpréter... Puis on sent le moment où l'on veut être sois-même et "accoucher" de ses propres bébés...

Votre album est une mosaïque d'influences finement orchestrées et arrangées. Qu'est ce qu'il y a eu au commencement de tout cela ?
Au commencement, tout était dans mon petit enregistreur et mes maquettes piano-voix. Puis avec Hervé Letor mon mari, on a choisit le répertoire, on y a posé les maquettes avec les arrangement, on y mettant tous les deux notre grain de sel. Le tout prenant réellement forme, avec nos amis musiciens qui posèrent leur touche de génie.

Qu'est-ce qui vous a amené au Jazz depuis votre passion pour le Gospel ?
En fait, au départ mes influences étaient très"soul, R&B , Stevie Wonder, Lauryn Hill, ect... J'ai découvert le Gospel bien plus tard. En même temps que le gospel, je découvre le jazz, grâce avec mon mari Hervé qui est un saxophoniste de jazz. J'ai donc eu la chance d'y baigner et d’y être intégrée aussi. J'ai notamment chanter du «Ella Fitzgerald» dans un très beau projet dédié  au répertoire du Mythique duo "Ella&Louis Armstrong" .

Vous avez déclaré récemment à l'un de nos confrères belges que " chanter a toujours été un jeu pour vous ".  Est-ce que c'est dans cet état d'esprit que vous avez modelé ce nouvel album " Again " ?
C'est vrai, chanter était un jeu en famille, quand j'étais petite... Mais pour cet album, oui et non, oui pour la composition, j'adore cela et cela me vient assez facilement. Et non, car je suis quelqu'un de très perfectionniste, ce qui est ma plus grande qualité autant que mon pire défaut. L'état d'esprit de cet album s’est tourné entièrement sur la musique et les paroles ont été un mélange de spontanéité et de perfectionnisme. Pour les arrangements on a prit soin avec Hervé, de mettre chaque jeux d'instruments à sa juste place. Comme ce sont mes compositions, j’ai tenu abosulement que mon univers apparaissent au résultat final jusqu'au mixage. Puis, il faut chanter ces mélodies qui ne sont pas toujours très faciles a interpréter. D'ailleurs pour quelques titres, cela a été un vrai beau défis.

Aviez-vous la volonté dès le début d'y donner cette coloration très jazzy ou est-ce que cela est venu au fur et à mesure ?
Je pense que la couleur de l'album est venue naturellement avec les influences que nous avions Hervé et moi chacun en nous, et les instruments qui décorent notre maison. Au départ nous souhaitions un album très pop, les harmonies ne sont pas tiré des vers. C'est toujours assez simpliste et mélodieux, mais le tout dépend de la manière d' y poser les éléments et les instruments. C'est comme la cuisine, cela peut être très simple, mais c'est le fait d'y ajouter ces petites épices, qui donneront le parfum et l’aspect qu'on veut lui donner (Avec un peu de croquant, bien sûr ... )

" No limit " est un morceau redoutable tant il est entraînant et patiné. Quelle est sa genèse ?
Pour celui-là, c'est Hervé qui l' a eu en tête , donc c'est sa composition. Puis nous l'avons construit ensemble et j'y ai mis les paroles, qui d'ailleurs ont été un vrai déclic pour moi. C'est un peu grâce à « no limit » que j'ai eu l’idée de faire cet album, avec ses différents styles. Redoutable ! Vous l'avez bien dit. J'ai été libéré par mes propres paroles. Et pour la musique, cet album est puissant, entraînant, avec un genre de morceaux qui booste, qui s empêche de faire du sur-place !!

Ce dernier album dégage une maturité puissante avec des morceaux bien équilibrés, qui font déjà de cet album une des très bonnes surprises de la scène Jazz en 2013. Comment s'est déroulée la conception d'Again ?
A la maison, c'est un avantage d’être libre et de pouvoir prendre le temps d'essayer des sons, et de construire au jour le jour,  de manière inspirée selon les saisons et les intuitions. Nous avons eu la chance de collaborer avec de superbes musiciens qui ont très vite compris la direction et l'esprit de l'album avec beaucoup d’élégance.

Votre notoriété commence à sortir des frontières de la Belgique. Est-ce que votre jazz singulier aux accents multiples est-il sur le point de s'exporter ?
Nous en serions très heureux ! Avant tout, c'est ce a quoi nous aspirons le plus, ça serait un souffle de bonheur, après cet investissement, de pouvoir jouer et partager le bonheur que l'on a, à faire de la scène, aussi au-delà des frontières !

Vous avez déjà une présence forte sur Internet avec de nombreuses vidéos de clips, de photos ainsi que sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous vous attendiez à cela ?
Non, nous ne sommes jamais sûr de nous et on ne sait jamais si cela va plaire . Avec cet album j'ai exploré tous les univers musicaux qui me plaisaient avant tout sans trop me poser de questions. Les médias en Belgique m' accueillent bien et cela me touche beaucoup !

Si vous deviez définir votre musique ainsi que votre album en deux mots, que diriez-vous ?
« Moelleux au chocolat » !

> Sarah Letor I Nouvel album "Again" 
(Crédit photo laura Nethercot)

Le site officiel de Sarah Letor

Lire aussi :

Youn Sun Nah : l'exigence du talent

Paolo Fresu : le trompettiste sarde qui célèbre le Jazz

Laura Littardi : Un Jazz loin des codes

Reith-Demuth-Wiltgen : Le trio Jazz qui fait recette

Eric Legnini : le Jazz de tous les métissages

 

{fcomment image=http://www.bscnews.fr/images/jazzclub/sarahletor.jpg}

Dernière minute

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à la newsletter d'actualités culturelles du BSCNEWS.FR

Abonnez-vous au BSC NEWS

300X300 ABODEC2015

Événement

Comedieudlivre bscnews

Le BSC NEWS dans la poche !

BANNER APPLIS

 

 

BackStage

Ndobo-Emma : une artiste singulière de Montpellier
Ndobo-Emma : une artiste singulière de Montpellier
Publication : mercredi 20 avril 2016 09:59
Christian Olivier : ON/OFF, son premier album solo
Christian Olivier : ON/OFF, son premier album solo
Publication : lundi 18 avril 2016 11:56
Snarky Puppy : Une expérience unique à chaque concert
Snarky Puppy : Une expérience unique à chaque concert
Publication : mercredi 30 novembre -0001 00:09
Catfish : Un appel au crowdfunding pour leur album Dohyo
Catfish : Un appel au crowdfunding pour leur album Dohyo
Publication : mardi 29 mars 2016 11:49
Ethioda : ADN musical multi-ethnique
Ethioda : ADN musical multi-ethnique
Publication : mercredi 23 mars 2016 09:27

LE CHOIX

Athenais : une révélation folk & Pop de Montpellier
Athenais : une révélation folk & Pop de Montpellier
Publication : mercredi 25 mai 2016 15:54

Par Nicolas Vidal - Lorsqu’on tire ses influences entre autres de Fiona Apple, on a finalement une prédisposition artistique qui flirte avec le bon goût. Athenais, jeune songwriter montpelliéraine, après avoir fait ses classes à Londres, s’est installée à Montpellier pour lancer ses projets. Voici déjà son second EP qui oscille entre folk et pop porté par une voix délicatement pâtinée qui donne envie d’en savoir plus. On attend maintenant impatiemment son premier album. Rafraîchissant !

A LA UNE

Athenais : une révélation folk & Pop de Montpellier
Athenais : une révélation folk & Pop de Montpellier
Publication : mercredi 25 mai 2016 15:54

Par Nicolas Vidal - Lorsqu’on tire ses influences entre autres de Fiona Apple, on a finalement une prédisposition artistique qui flirte avec le bon goût. Athenais, jeune songwriter montpelliéraine, après avoir fait ses classes à Londres, s’est installée à Montpellier pour lancer ses projets. Voici déjà son second EP qui oscille entre folk et pop porté par une voix délicatement pâtinée qui donne envie d’en savoir plus. On attend maintenant impatiemment son premier album. Rafraîchissant !

Les Suds à Arles : le carrefour des cultures musicales
Les Suds à Arles : le carrefour des cultures musicales
Publication : mercredi 25 mai 2016 14:54

Par Jonathan Rodriguez - La 21e édition du Festival Les Suds à Arles se dévoile. Du 11 au 17 juillet 2016, cet évènement estival au coeur de la cité arlésienne accueillera plus de 60 000 festivaliers, 60 concerts et des rencontres musicales. Viendront s’ajouter une quarantaine de stages et master classes (chant, danse et musique). Chaque été pendant une semaine, jour et nuit, le festival met en avant une exigence artistique assumée doublée d’un esprit festif indispensable. Un mélange bienvenu entre les plus grandes voix et les sonorités du monde, des plus populaires aux plus intimistes alliant acoustiques, électriques ou électroniques.

Tribeqa : à la conjonction du jazz et du hip hop nantais
Tribeqa : à la conjonction du jazz et du hip hop nantais
Publication : mercredi 25 mai 2016 14:23

Par Nicolas Vidal - Tribeqa est un transfuge de la scène musicale nantaise et de son incroyable vitalité. L’idée musicale tourne autour d’une architecture Afro-Jazz-Hip Hop qui surprend et s’affirme au carrefour des influences. Ni trop Jazz, ni trop Hip-Hop, l’alchimie prend avec vigueur. On vous recommande la découverte de Tribeqa.

Florian Pellissier :  Cap vers le son Blue Note
Florian Pellissier : Cap vers le son Blue Note
Publication : mercredi 25 mai 2016 11:39

Par Nicolas Vidal - Le postulat est simple. Le Quintet de Florian Pellissier revendique à l’enregistrement un son des années 60 similaire à celui du Label Blue Note. Le pari est osé mais réussi avec son nouvel album «Cap de bonne espérance». On aime les ondulations et les saveurs mirobolantes de cet album dans lequel le Florian Pellissier Quintet excelle.

Niels Ackermann : Slavoutytch, clichés d’une jeunesse (radio)active
Niels Ackermann : Slavoutytch, clichés d’une jeunesse (radio)active
Publication : mercredi 25 mai 2016 11:04

Par Romain Rougé - Niels Ackerman a passé trois ans à Slavoutytch, en Ukraine. Le photojournaliste est parti à la rencontre des « enfants de Tchernobyl » qui habitent une ville sortie de terre après la catastrophe. Dans « L’Ange Blanc », l’ouvrage qui rend compte de son travail, il propose une autre vision de l’Ukraine et de Tchernobyl. Interview.

CINEMA

Green Room : Thriller horrifique jubilatoire par Jeremy Saulnier
Green Room : Thriller horrifique jubilatoire par Jeremy Saulnier
Publication : dimanche 8 mai 2016 19:03

Par Jonathan Rodriguez - Lors de l’été 2014, Jeremy Saulnier se dévoilait à l’hexagone avec Blue Ruin, oeuvre prometteuse et saisissante, lui octroyant des allures d'auteur indépendant confirmé et multitâches - réalisation, scénario, directeur photo - avec une identité singulière. Deux ans plus tard, il revient avec Green Room - petite sensation cannoise - une plongée dans l'univers des punks où un groupe de musique va se retrouver à la merci de Skinheads et autres néo-nazis. Un cocktail détonnant et déroutant.

Everybody wants some : Portrait groovy des 80’s par Linklater
Everybody wants some : Portrait groovy des 80’s par Linklater
Publication : dimanche 8 mai 2016 19:03

Par Jonathan Rodriguez - Ah qu’il les aime ces années 80 Richard Linklater ! Après Génération rebelle (Dazed and confused en VO) - où l’on pouvait découvrir les débuts étonnant d’un Matthew McConaughey chevelure blonde ornée d’une moustache - le cinéaste américain revient à ses premiers amours en dressant le portrait tendre et drôle d’une troupe de sportifs, à quelques jours de la rentrée scolaire.

La Toile