DesprogesPar Julie Cadilhac-Bscnews.fr/ En préambule, pour présenter Chroniques d'une Haine Ordinaire, on est tenté de citer quelques unes des phrases caustiques les plus connues  nées de l' humour sans fard de Pierre Desproges qui disait que "l'on peut rire de tout mais pas avec tout le monde" ou encore que " l'intelligence, c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase". Monter du Pierre Desproges résonne de nos jours comme un acte de bon sens et de résistance ( et l'insérer dans sa programmation théâtrale également) car cela donne au spectateur l'occasion de réfléchir non seulement sur l'essence même du rire et du théâtre mais aussi sur le rôle de l'artiste. Doit-il être un simple pantin des institutions répondant comme un chien savant aux exigences politico-correctes du moment? Peut-il aujourd'hui résister à la nécessité de gagner sa vie décemment et supporter de ne pas rentrer dans le moule confortable du modèle humain lambda consumériste? Le théâtre joue-t-il encore vraiment son rôle de défouloir, de lieu de catharsis, de dénonciateur de nos vices et de nos manques? N'est-il plus qu'un lieu de divertissement à la page?

Les mots du pince sans rire qu'était Pierre Desproges nous font sentir que le langage artistique s'est aseptisé et que les vrais provocateurs se font rares...car attention! provoquer n'est pas qu'une question d'agitation et d'ostentation; aujourd'hui les actes de provocation générés par le désir d'être à la mode ou de défrayer la chronique sont vides de sens et de portée. Le vrai provocateur ne choisit pas de l'être , il l'est intrinsèquement et fait avec. Sa parole est d'autant plus percutante qu'elle agit avec l'énergie d'un désespoir souriant, qu'elle nous bouleverse par sa maladroite manière de nous rabrouer.  Or aujourd'hui sévit une censure plus sournoise encore que les pressions politiques et les tabous religieux , c'est celle de l'argent, de l'image et du quand dira-t-on qui freine trop souvent le discours des artistes et tue à petit feu toute singularité. Existe-t-il encore des Pierre Desproges ou restent-ils simplement de pâles imitations cherchant à exploiter le filon? S'improvise-t-on aussi cynique, aussi misanthrope ou philanthrope déçu, aussi torturé? On est tenté de répondre non.

Ces Chroniques d'une Haine Ordinaire mises en scène par Michel Didym sont donc salvatrices: elles sont d'abord d'une drôlerie délicieuse, portées par deux comédiennes aussi brillantes que complémentaires. Christine Murillo et Dominique Valadié rivalisent de pétillance et de fraîcheur exquise dans le monologue-dialogue qu'elles se partagent. Véritables clowns sur scène, l'une par ses mimiques  tordantes, jonglant entre maladresse et contorsion, l'autre par sa nature bonhomme et taquine. Ah! plaisir d'entendre la version subversive du naufragé Robinson Crusoé ou encore l'hommage lyrique à la tomate! Sentir monter le rire jubilatoire derrière les jeux de mots qui s'invitent , jouir des critiques systématiques contre nos petits et grands travers et  se laisser surprendre par les élucubrations poétiques de la prose d'un homme de lettres: voilà au moins trois excellentes raisons de profiter de ce spectacle. Ajoutez-y la communicative envie de plaisanter ensemble qu'instaurent le duo espiègle qui vous fait face, accompagné d'un piano, et vous aurez la recette d'une soirée théâtrale à ne pas manquer!

Photo: Eric Didym

 Dates des représentations en 2012:

- Du 25 au 27 septembre 2012 au Théâtre des 13 Vents à Montpellier

- Du ven. 28/09/12 au sam. 29/09/12 à Châlon-sur-Saône - Espace des Arts

- Du mar. 02/10/12 au mer. 03/10/12 à Annecy - Bonlieu

- Le 06/10/2012 20:30 à Dole- Théâtre Municipal de Dole

- Le 09/10/2012 20:30 à Vire - Le Préau

- Le 10/10/2012 20:30 à Cesson-Sévigné - Centre Culturel de Cesson-Sévigné

- Le 11/10/2012 20:30 à Dinan- Théâtres des Jacobins - Dinan

- Le 12/10/2012 20:30 à Lillebonne - Centre Culturel Juliobona

- Le 13/10/2012 20:30 à Pontault-Combault - Les Passerelles

- Du mar. 16/10/12 au sam. 20/10/12 - Amiens- La Comédie de Picardie

- Du mer. 24/10/12 au sam. 27/10/12 à Nice - Théâtre National de Nice

- Du mar. 30/10/12 au mer. 31/10/12 à Ajaccio - Espace Diamant

- Du mar. 06/11/12 au sam. 10/11/12 à Lyon - Les Célestins, Théâtre de Lyon

- Le 13/11/2012 20:30 à Florange - Théâtre La Passerelle

- Du jeu. 15/11/12 au dim. 18/11/12 à Boulogne-Billancourt - Théâtre de l'Ouest Parisien

- Du mar. 20/11/12 au jeu. 22/11/12 à Pantin - Salle Jacques Brel - Pantin

- Du ven. 14/12/12 au dim. 16/12/12 à Nancy - Théâtre de la Manufacture

A découvrir aussi:

Imbéciles! Ne voyez- vous donc pas que l'humanité est en voie d'extinction?

Am Stram Gram: une saison enthousiasmante concoctée par Fabrice Melquiot

Bruno Geslin met en scène la vie et l'oeuvre du sulfureux Pierre Molinier

Déjeuner chez Wittgenstein: la "cuisine" jubilatoire de Frédéric Borie

Drôle et terriblement sexy: le show décomplexé du Cabaret New Burlesque

L'importance d'être Wilde : "les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais"

 

Dernière minute

Abonnez-vous au Tabloïd !

 

Evènement

SETEOCT2016

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

A LA UNE

Pigments : esquisse théâtrale d’une thérapie amoureuse

Pigments : esquisse théâtrale d’une thérapie amoureuse

Publication : mercredi 28 septembre 2016 10:28

Par Florence Yérémian - Chloé et Nicolas sont fiancés. L’une est peintre, l’autre neurologue et ils vivent ensemble depuis quatre ans. L’idylle est belle et semble durer jusqu’au jour où Nicolas découvre que Chloé le trompe. Refusant tout repentir, il la quitte mais son infidèle est soudainement victime d’un accident. Devenue amnésique, Chloé ne se rappelle plus de rien, pas même du prénom de son conjoint ! Un certain neurologue entre alors dans sa vie pour lui faire retrouver la mémoire et tenter, si possible, de la reconquérir.

Brooklyn Village : Ira Sachs, un portrait de famille tout en finesse

Brooklyn Village : Ira Sachs, un portrait de famille tout en finesse

Publication : mercredi 28 septembre 2016 08:56

Par Jonathan Rodriguez – À la mort de son grand-père, la famille de Jake (13 ans) hérite de la maison de Brooklyn, dont le rez-de-chaussée est occupé par Leonor, une couturière latino-américaine, qui tient un magasin. Se liant d’une amitié franche et sincère avec Tony, le fils de Leonor, Jake va être confronté au monde des adultes, et à leurs problèmes. Les relations cordiales entre les parents vont, en effet, s'envenimer pour des raisons financières.  

Loïs Le Van : la nouvelle voix du Jazz français

Loïs Le Van : la nouvelle voix du Jazz français

Publication : mardi 27 septembre 2016 11:22

Par Nicolas Vidal - Loïs Le Van se postionne déjà comme une révélation sur la scène du Jazz.  Lauréat du concours de Jazz Vocal Voicingers,  le jeune chanteur a une vision très précise  de ce que doit être l’émotion du jazz et son rapport intime à la sincérité. Rencontre passionnante avec Loïs Le Van pour son nouvel album.

Val d’Oise : un nouveau cap pour le festival Jazz

Val d’Oise : un nouveau cap pour le festival Jazz

Publication : mardi 27 septembre 2016 10:13

Par Deborah Valentin - Du 19 octobre au 11 décembre 2016, la 21e édition du festival Jazz au fil de l’Oise  laissera la place à des saxophonistes, des chanteurs et des pianistes. Cette nouvelle saison 2016 se déroulera dans les différentes communes du Val d’Oise pour mettre le jazz à l’honneur pendant six semaines.

Saudade : le nouvel album touchant de Fortu

Saudade : le nouvel album touchant de Fortu

Publication : lundi 26 septembre 2016 09:47

Par Romain Rougé - Dans son nouvel album illustré, Fortu propose des clichés d’instants et de saynètes de vie. Saudade est un recueil d’histoires courtes, profondes et touchantes qui ne laissent pas indifférent.

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à la newsletter d'actualités culturelles du BSCNEWS.FR