Mads Matthiesen : " Teddy Bear est une rencontre entre l'Orient et l'Occident "Par Candice Nicolas - BSCNEWS.FR / Mads Matthiesen, le réalisateur de Teddy Bear, né en 1976, est de Copenhague. Ces dix dernières années, on a pu voir ses courts-métrages sur les écrans internationaux : festivals de Venise, Berlin, Melbourne, Londres et maintenant Los Angeles.

Quel est le sujet principal de « Teddy Bear » ?
« Teddy Bear » est une histoire d’amour et de recherche du bonheur. L’intimité du protagoniste et de sa mère met l’accent sur les relations, saines et malsaines, que l’on laisse se développer avec les personnes qui nous sont chères. Et il s’agit de Dennis, qui doit apprendre à chercher le bonheur en fonction de ses besoins, et à éviter d’être contrôlé par ceux qui l’entourent.

Comment avez-vous rencontré Kim Kold ?
Kim n’est pas un acteur, c’est un bodybuilder professionnel et je l’ai rencontré dans une salle de musculation lors du casting pour mon court-métrage « Dennis ». Dès qu’il est entré dans la salle et qu’il a commencé à lire ses lignes, j’ai su qu’il avait quelque chose de spécial. Non seulement il pouvait jouer, mais en plus il était tout ce que je recherchais visuellement pour mon projet. Plus tard, j’ai présenté mon court à Frank Corsaro, qui m’a donné l’idée du long. Kim était d’accord pour relever le challenge. Cela m’a pris deux, trois ans pour finir le film.

Faut-il regarder « Dennis » avant de voir le film ?
Même si « Teddy Bear » est très différent de « Dennis », regarder le court-métrage est un bon moyen d’avoir un avant-goût du film, oui !

Quel est l’intérêt du personnage de Dennis ? Il est intéressant de s’interroger sur l’importance et la portée des préjugés. À quoi s’attend-on lorsqu’on rencontre un géant d’1m90, tatoué de partout ? Tout de suite, on se dit être en face d’un criminel, ou d’un personnage enclin à la violence. On ne s’imagine pas voir un homme émotionnellement rachitique, complétement vulnérable été timide, qui vit une relation trop intense avec sa mère, et apprendre en plus qu’il a des soucis à rencontrer des filles !


Et pourquoi la Thaïlande ?
Dans la même veine de préjugés communs, on a les méprises sur les hommes qui voyagent en Thaïlande pour trouver l’amour. Ce sont soit des touristes sexuels qui viennent exploiter l’infortune des jeunes filles Thaï, soit des pommés qui viennent s’acheter une femme. Dans « Teddy Bear », j’espère jouer de ces préjugés et les retourner dans l’esprit des spectateurs. Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Les préjudices et les idées reçues sur les autres, sur ce qu’ils sont, créent bien trop de divisions entre les hommes.

Votre film est donc une histoire d’amour ?
Tout à fait, une histoire d’amours même ! L’amour possessif d’une mère pour son fils, qui est de bien des façons malsain, mais également extrêmement primitif. Et il y a cet autre amour que Dennis recherche, chez une femme. Mon histoire essaye aussi de représenter les différentes passerelles que l’amour peut emprunter entre les hommes et les femmes, entre le Danemark et la Thaïlande. Dans le Danemark d’aujourd’hui, l’amour et la famille ne sont plus une question d’argent ou de survie. Les Occidentaux ont d’autres critères que les considérations financières quand ils recherchent l’amour. En Thaïlande, les choses sont différentes. Ici, Toi incarne un amour de survie, dans une des plus basses strates de la société. Une femme doit trouver un mari pour soutenir toute sa famille, enfants, grands-parents. C’est pour cela que les filles démunies des villages du Nord tentent leur chance dans des endroits comme Pattaya, pour rencontrer des touristes Européens qui ont, eux, des problèmes moins profonds d’amour et de self-estime. Ici, c’est plus facile d’inspirer le respect, alors que chez eux, ce sont des loosers. Ces rencontres sont intéressantes, parce que de bien des manières, elles sont destinées à l’échec. C’est une rencontre entre l’Orient et l’Occident, entre deux approches bien différentes de l’amour.

Teddy Bear
Teddy Bear (Mads Matthiesen, Danemark)
Photos : Film Movement
Avec Kim Kold, Elsebeth Steentoft et Lamaiporn Sangmanee Hougaard.
Sortie en France : prochainement.

Crédit photo DR

 

À lire aussi :

Robot & Frank : Un petit film indépendant de bon divertissement

Omo Omerzu : « Les archétypes de la femme et de l’homme se rencontrent et jouent sur le terrain des enfants »

Le premier homme : le film magique de Gianni Amelio

L’enfant d’en haut : la dérive d’une famille dans notre société contemporaine

P-047 : les bons plans de Kongdej Jaturanrasmee

 

Dernière minute

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à la newsletter d'actualités culturelles du BSCNEWS.FR

Des places à gagner

robinmckelle

Abonnez-vous au BSC NEWS

300X300 ABODEC2015

Événement

Comedieudlivre bscnews

Le BSC NEWS dans la poche !

BANNER APPLIS

 

 

A LA UNE

Bill Frisell : une belle symbiose entre musique et image
Bill Frisell : une belle symbiose entre musique et image
Publication : vendredi 27 mai 2016 10:07

Par Nicolas Vidal - Bill Frisell joue sur cette belle symbiose entre musique et image. De toute son aura qu’il dégage en tant que grand guitariste de jazz depuis près de 30 ans, il rend hommage ( une fois de plus ) dans ce nouvel album à la musique populaire « When You wish upon a star ». Il affirme encore et encore son indéboulonnable statut de défricheur avec cet énième album.

Julien Fortier : l’élégante cavale
Julien Fortier : l’élégante cavale
Publication : vendredi 27 mai 2016 09:55

Julien Fortier, c’est avant tout une empreinte vocale, grave, qui happe, et qui semble venir d’un autre temps. Dans ce nouvel EP,  « CAVALES I  », il déploie un univers « clair-obscur » stylisé, qui lui colle aux pores. Ce jeune trentenaire, auteur, compositeur, interprète Montpelliérain, à la verve poétique et séductrice,  déroule brillamment, un certain côté théâtral à la mélancolie assumée.

Saint-Maur en Poche : une 8e édition so british !
Saint-Maur en Poche : une 8e édition so british !
Publication : jeudi 26 mai 2016 10:48

Par Jonathan Rodriguez - God save the Queen ! Pour sa huitième édition, Saint Maur en Poche propose de partir à la découverte des auteurs de la langue anglaise. Une belle occasion d’écumer les genres les plus prolifiques de la littérature british. Ce salon international du livre au format de poche se déroulera les 18 et 19 juin, place des Marronniers à Saint-Maur-des-Fossés. Il est une nouvelle fois organisé par la librairie La Griffe Noire du célèbre Gérard Collard et de Jean Casel et proposera deux espaces de rencontres – le Café de la Griffe noire et le Café des Déblogueurs – dans lesquels les auteurs présenteront leurs ouvrages au cours d’interviews menées par les libraires, des blogueurs ou des journalistes. Au final ce sont plus de 180 auteurs qui viendront à la rencontre des lecteurs.

Stavanger:  un huis-clos aux relents de repentance
Stavanger: un huis-clos aux relents de repentance
Publication : jeudi 26 mai 2016 10:14

De Florence Yérémian - Florence a sauvé Simon du suicide. En longeant le quai, elle a vu ce jeune homme étendu sur les rails avec sa coupe de champagne. L’esprit grisé par les bulles, il attendait la mort à défaut d’autre chose… Intriguée par ce pauvre ère semblable à un enfant perdu, elle a décidé de le ramener chez elle pour qu’ils puissent finir la nuit ensemble.Malgré la peur et la fatigue, ces deux inconnus ne parviennent pas à s’endormir. Solitaires et amers, ils se font face, se confrontent, et vont, l’espace d’un soir, s'ouvrir l’un à l’autre afin de comprendre enfin ce qui les ronge depuis toujours...  

Athenais : une révélation folk & Pop de Montpellier
Athenais : une révélation folk & Pop de Montpellier
Publication : mercredi 25 mai 2016 15:54

Par Nicolas Vidal - Lorsqu’on tire ses influences entre autres de Fiona Apple, on a finalement une prédisposition artistique qui flirte avec le bon goût. Athenais, jeune songwriter montpelliéraine, après avoir fait ses classes à Londres, s’est installée à Montpellier pour lancer ses projets. Voici déjà son second EP qui oscille entre folk et pop porté par une voix délicatement pâtinée qui donne envie d’en savoir plus. On attend maintenant impatiemment son premier album. Rafraîchissant !

CINEMA

Green Room : Thriller horrifique jubilatoire par Jeremy Saulnier
Green Room : Thriller horrifique jubilatoire par Jeremy Saulnier
Publication : dimanche 8 mai 2016 19:03

Par Jonathan Rodriguez - Lors de l’été 2014, Jeremy Saulnier se dévoilait à l’hexagone avec Blue Ruin, oeuvre prometteuse et saisissante, lui octroyant des allures d'auteur indépendant confirmé et multitâches - réalisation, scénario, directeur photo - avec une identité singulière. Deux ans plus tard, il revient avec Green Room - petite sensation cannoise - une plongée dans l'univers des punks où un groupe de musique va se retrouver à la merci de Skinheads et autres néo-nazis. Un cocktail détonnant et déroutant.

Everybody wants some : Portrait groovy des 80’s par Linklater
Everybody wants some : Portrait groovy des 80’s par Linklater
Publication : dimanche 8 mai 2016 19:03

Par Jonathan Rodriguez - Ah qu’il les aime ces années 80 Richard Linklater ! Après Génération rebelle (Dazed and confused en VO) - où l’on pouvait découvrir les débuts étonnant d’un Matthew McConaughey chevelure blonde ornée d’une moustache - le cinéaste américain revient à ses premiers amours en dressant le portrait tendre et drôle d’une troupe de sportifs, à quelques jours de la rentrée scolaire.