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Par Stéphanie Hochet - BSCNEWS.FR / Le troisième roman de la tétralogie de polars qu’ambitionne d’écrire Alain Wagneur, nous emmène en Afrique noire. L’instituteur de formation, directeur d’école à Paris nous livre un roman qui aurait pu s’intituler ironiquement Désirs d’enfants.
Le jeu de piste qui mène à l’assassin n’est pas forcément l’enjeu dans un polar. Alain Wagneur nous en donne la preuve avec son roman Djoliba, fleuve de sang où l’on voit évoluer Richard Zamanski personnage de flic récurrent dans l’œuvre de l’auteur qui a également sévi dans Hécatombe-Les-Bains (prix du de la Société des Gens de Lettres en 2008). Zamanski, l’enquêteur solitaire mi cow-boy blasé, mi détective à la verve de Léo Mallet, a été placardisé à Blainville, une petite station balnéaire des Charente Maritime, un Royan de papier si l’on veut, un bled ou l’on s’ennuie si on a la passion des affaires criminelles. Le récit débute au moment de l’élection de Sarkozy, drôle d’ambiance, les hommes de gauche livrent leur désarroi dans les journaux, insidieusement, les temps changent. Le passé vous rattrape parfois. Zamanski tombe sur Claude Parvillier, son ancien professeur au lycée. Après avoir enseigné en France, il est parti s’installer au Mali et, durant des années, il s’est occupé d’une association d’aide aux enfants des rues : La case des enfants, avant de rentrer un peu précipitamment en France pour une raison étrange. Quelques jours plus tard, on découvre le cadavre du monsieur et Zamanski est appelé sur les lieux, il constate que le prof n’a pas laissé de lettre expliquant un éventuel suicide et que son l’ordinateur a disparu : ne serait-ce pas un assassinat ? Quand on est un flic du type de Zamanski méticuleux et imaginatif, on n’est pas loin de voir le mal partout, même si les médecins légistes statuent sur un suicide. Zamanski n’obtient pas de commission rogatoire pour continuer l’enquête, mais qui pourrait l’arrêter ? La personnalité du professeur était plus que douteuse : on apprend que l’homme était poursuivi pour viols sur mineurs au Mali. Il faut maintenant imaginer le professeur d’économie si sympa en bourreau d’enfants. L’enquête se poursuivra à Bamako avec l’aide de Habbib et Sosso, enquêteurs charismatiques que le romancier Moussa Konate lui aura prêté pour l’occasion. Au Mali, l’association de l’enseignant a été récupérée par des membres des églises évangélistes qui n’ont pas caché leurs bonnes intentions : venir en aide aux enfants d’Afrique sans l’autorisation des gouvernements. On reconnaitra dans Moïse sauvé des Sables une allusion à L’Arche de Zoé, en y ajoutant le prosélytisme religieux : « Ces enfants dans l’Afrique de la corruption et des guerres, c’était un peu les Hébreux maintenus en esclavage. Il s’agissait de les en sortir », dira un des nombreux illuminés de l’association. Mais on n’enquête pas sur ses affaires-là sans déranger des gens haut-placés. « L’Afrique noire est mal partie mais au moins elle est partie » a déclaré Senghor à la suite d’une phrase qui avait fait grand bruit. Ce roman est une plongée de cette effervescence africaine, l’auteur en profite pour tordre le cou à quelques préjugés du néocolonialisme. L’originalité est de s’en acquitter avec un polar de haute tenue.

Djoliba, fleuve de sang. Actes Sud. 321 pages.

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