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Nathalie RheimsPropos recueillis par Emmanuelle de Boysson - Bscnews.fr / Fille de l’académicien Maurice Rheims, Nathalie Rheims est écrivain et productrice. L’adaptation du roman de Saphia Azzeddine « Mon père est femme de ménage » (Léo Scheer) sortira 13 avril 2011. Avec Thomas Langman et Michèle et Laurent Pétin, elle a fait le pari de confier à cette jeune femme talentueuse sa première mise en scène. Son dernier roman, « Car ceci est mon sang » (Ed Léo Scheer) la révèle plus mystique que jamais. Un thriller métaphysique à la Da Vinci Code passionnant et troublant. Au Mont des Oliviers, à Jérusalem, une jeune femme solitaire rencontre un être de lumière, presque un ange. En quête d’absolu, la narratrice part sur ses traces et finira par le retrouver dans un monastère fondé en 1216 par la Confrérie du Sang du Christ, à Seilhan près d’Albi. Dans ce centre d’hébergement d’enfants autistes, le professeur Werner Richardson mène des recherches sur le cerveau. Au fil de cette réflexion sur le combat entre le bien et le mal, Nathalie Rheims nous entraîne dans les secrets des Cathares jusqu’à une découverte qui pourrait changer le cours de l’histoire… Aude-là de l’intrigue, affleurent son aspiration à la beauté, au sacré, son extrême sensibilité, à l’image des chants des moines qui montent des vieilles abbayes.

Le thème de ce magazine est le héros. Votre père en était-il un à vos yeux ? Qu’admiriez-vous chez lui ? Vous a-t-il donné envie d’écrire ?
Absolument. J’admirais chez mon père son charme, son intelligence, sa culture et surtout qu’il se soit “fait tout seul”. Lorsque j’étais petite fille et que je le regardais écrire, je me disais, que plus tard, je ferai de même. J’avais l’impression que cette activité le coupait de sa vie mondaine, qui, déjà, enfant me terrifiait.

« Car ceci est mon sang » est-il né d’une révélation, au Mont des Oliviers, à Jérusalem ? D’une rencontre ? Quel était votre projet au début ?

Elle est plutôt née de la beauté du film d’Alain Escalle qui accompagnait La chanson “Point de suture” de Mylène Farmer, lors de son dernier spectacle. Cela a été un vrai choc, il y avait une telle beauté ! J’ai eu envie, à ma manière, en rejoignant mes obsessions et mon univers, d’écrire sur cette émotion.

Etiez-vous, comme cette jeune femme solitaire une enfant d’origine juive hantée par la figure du Christ ? D’où vous vient votre quête d’absolu, de sacré ?

Née dans une famille juive, athée, ma nounou catholique pratiquante a répondu à mon désir mystique d’enfant. L’esthétique, la beauté et l’émotion des lieux de cultes, des chants sacrés m’accompagnent depuis. Une certaine quête d’absolu est sous-jacente dans mon écriture.

La question de la présence du mal dans le monde vous taraude-t-elle ?

Evidemment. Cette question ne taraude-t-il pas chaque être dans ce monde si violent?

Avez-vous effectué beaucoup de recherches sur le Moyen-âge ? Lesquelles ?

J’ai lu à peu près tout ce qui existe sur Charlemagne. Travaux des historiens français et allemands, chansons de geste – y compris une version norvégienne, la « Karlamagnus saga »… J’ai fini par faire des fiches. Chaque détail exigeait une vérification : qui était abbé du monastère d’Echternach en 770 ? Où était Charlemagne pour les fêtes de Pâques 776 ? Que mangeait-on, y avait-il des petits pois, des choux-fleurs ou des prunes au VIIIe siècle ?

Qui vous a inspiré le professeur Werner Richardson qui a élu l’abbaye de Seilhan, centre d’hébergement d’enfants autistes, pour mener ses recherches sur le cerveau ?

La figure du Professeur Charpak disparu ces derniers jours m’a inspiré pour ce personnage. C’était un homme solaire.

Avez-vous mené des recherches sur les Cathares ? Vous fascinent-ils ? Pourquoi ? Quand sort le film que vous produisez, adaptation du roman de Saphia Azzeddine « Mon père est femme de ménage » ? Pourriez-vous nous en parler ?

Oui, de la même façon que je l’avais fait sur la Kabbale pour l’un de mes livres (Le Cercle de Megiddo), j’ai entrepris des recherches sur les Cathares. N’est il pas fascinant de penser que - théorie troublante! - nous sommes dans le monde du mal et que le monde de Dieu, donc d’harmonie, n’est pas pour nous, simples mortels ?

Comment conciliez-vous votre activité de productrice et l’écriture ? D’autres projets ?
Le film de Saphia Azzeddine sort 13 avril 2011. J’ai eu un véritable coup de foudre pour ce roman et pour la jolie et talentueuse Saphia, une femme intelligente et fine. Avec Thomas Langman et Michèle et Laurent Pétin, j’ai fait le pari de lui confier sa première mise en scène. Aujourd’hui, le film se termine : je ne suis vraiment pas déçue. Ces deux activités, étrangement, sont complémentaires. L’écriture “creuse” mon penchant naturel à la solitude et la production m’assigne à avoir des liens avec autrui. Je ne peux pas être en compagnie sans avoir l’impression de faire avancer ma vie. Autre projet? Partir en vacances à Noël.

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