Par Emmanuelle de Boysson - BSCNEWS.FR / Un des derniers livres que j’ai lu sur George Sand est celui de Pierre Canavaggio « George Sand et Alfred de Musset, les amants impossibles» (éd. Alphée). Avec brio et sans complaisance, Canavaggio retrace cette liaison torride qui commence en 1831 alors que George Sand commence à Paris une carrière de romancière retentissante et hors normes et que le poète de vingt ans fréquente les salons. Le jour où celui-ci la congédiera, elle tombera malade d’amour. Elle ira même jusqu’à se couper les cheveux et les apporter à Musset dans un crâne de squelette ! Dix-sept ans plus tard, en décembre 1848, Georges Sand est devenue une célébrité au faite de sa gloire. Pourtant, elle traverse une période de désenchantement politique auquel se mêlent des chagrins personnels : la mort récente de son demi-frère, de Marie Dorval, de Frédéric Chopin, la brouille avec Solange, sa fille. Cette bonne vivante engagée ne se laisse pas séduire par la mélancolie. Ce Noël-là, son fils Maurice invite à Nohant un de ses amis, un graveur inconnu, Alexandre Manceau. Il a trente-deux ans, elle a quarante-cinq ans : ils ne se quitteront plus. Maurice l’aidera à surmonter la mort de sa petite fille. Il partagera sa vie quotidienne, la soutiendra, dévoué, amant et aimant, jusqu’à ce que la mort les sépare. A travers ce dernier amour, Evelyne Bloch-Dano fait revivre le monde littéraire sous Napoléon III, l’amitié de Sand avec les plus grands artistes, comme Flaubert avec qui elle entretint une correspondance passionnante, les engagements de George pour l’amnistie des prisonniers politiques… Le fabuleux portait d’une scandaleuse, grande amoureuse, fidèle en amitié, généreuse, devenue, sur le tard, la bonne dame de Nohant.
« Le dernier amour de Georges Sand », d’Evelyne Bloch -Dano, éd Grasset / Crédits Photos : Evelyne Boch-Dano ( Philippe Matsas/Opale/ Editions Grasset)

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