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Par Nicolas Vidal - BSCNEWS.FR / Cette rentrée littéraire ne déroge pas à la règle, maintenant devenue immuable, de la surenchère éditoriale avec 700 titres parus ou à paraître. Mais ne prêtons pas trop vite à ce terme une idée péjorative.
Car la surenchère peut être intensément passionnante et même grisante tant le choix littéraire de chacun s’avère difficile au milieu d’une multitude de tentations littéraires. Et je crois que, dans ce cas précis, il est de bon ton d’employer la formule magique, érigée aujourd’hui en lieu commun, la diversité qui, dans notre cas, sera littéraire.


Malgré tout, on peut légitimement s’étonner de cette production boulimique de titres alors que le Rapport Donnat nous a alerté depuis 2008 sur la diminution conséquente du nombre de lecteurs, analyse corroborée par une fragilisation inquiétante et constante de l’économie du livre au plus profond de ses fondations. Ainsi, doit-on se réjouir de la situation actuelle qui prévaut : toujours plus de livres publiés pour moins de lecteurs ? J’ose l’espérer.
En tout état de cause, la presse voit son rôle de prescripteur de livres se renforcer de plus en plus fermement, jusqu’à devenir, et ce indubitablement, la garante de la diversité littéraire si primordiale pour l’avenir de l’édition.

Force est de constater que notre devoir dans les mois à venir sera de redoubler d’efforts pour parler de ceux que l’on voit moins et qui ne bénéficient pas de la couverture médiatique des têtes d’affiche. On peut intégrer à cette communauté d’écrivains ceux qui publient au sein de maisons prestigieuses mais qui restent dans l’ombre des majors, ainsi que la grande majorité des auteurs issus de la moyenne et de la petite édition qui constituent la principale matière première riche et vivace de cette diversité littéraire.

C’est un fait implacable : ceux dont on ne parle pas, n’existent pas. Telle est aujourd’hui la condition sine qua non à l’existence des autres ouvrages. L’Edition en France ne se résume pas seulement aux 700 livres actuellement en librairie.

Succomber à la rescousse du succès et parler très largement et en priorité des écrivains de premier plan sonnera progressivement le glas de cette diversité et sacrifiera sur l’autel de la notoriété la cohorte des auteurs talentueux qui n’ont pour seule tare que d’être méconnus ou pire... inconnus. Leur disparition entraînera irrémédiablement celles des petites maisons d’édition qui ont fait le pari audacieux de les sortir de l’anonymat.

Il n’est pas question ici de blâmer, de délaisser ou de déchoir subitement les poids lourds de l’Edition mais de se pencher avec autant d’intérêt vers les enfants pauvres du Livre et de leur donner la parole.
Car le Monde du Livre ne survivrait pas à l’oubli de ses passeurs de mots et faiseurs de livres aussi petits et modestes soient-ils. Il ne fait pas de doute que les farouches défenseurs de la diversité culturelle dont je fais partie, devront se préoccuper toute affaire cessante de cette inclinaison dangereuse vers laquelle tend l’univers du livre.

C’est pourquoi dans ce numéro de Rentrée littéraire, nous vous parlerons de ce qu’il nous a plu de lire pour cette rentrée sans nous accrocher passivement à la liste des livres qualifiés d’incontournables à ne surtout pas rater. Les livres dont nous vous proposons la lecture dans ce nouveau numéro sont eux aussi des pistes de lecture, la promesse de nouveaux horizons, de belles découvertes mais également de nouvelles pépites enfouies et à déterrer de toute urgence.

La Rentrée Littéraire ne doit pas être uniquement une histoire de plan média mais de curiosités boulimiques à lire autre chose. Car la notoriété n’est pas un gage de qualité tout comme l’anonymat n’est pas l’apanage de la médiocrité.

 

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