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Balimurphy - poussièresPar Mélina Hoffmann - BSCNEWS.FR / Leur album Poussières, sorti le 8 mars dernier en France, fait du bien. Il détend, redonne espoir, fait rêver et soulage les maux de l’âme. Ne vous en privez pas, dépendance assurée !
Avril 2009. Par une belle journée ensoleillée, je déambule dans les allées bondées du Printemps de Bourges, un Festival musical qui se déroule chaque année à cette période. L’occasion pour de jeunes talents de se faire connaître grâce à une large programmation dans les bars et à plusieurs scènes ouvertes disséminées à travers la ville.
Ce jour-là, je m’attarde quelques instants devant un groupe de musiciens à l’enthousiasme contagieux, qui s’est littéralement emparé de la scène devant un public conquis. Incapable de détourner mon attention, je me laisse porter par la poésie de leurs textes et la puissance envoûtante de leurs mélodies folk-rock, portées - entre autres - par l’humeur mélancolique d’un violon et d’un accordéon. Cette rencontre un coup de cœur immédiat !
Quand vient l’heure pour eux de céder la scène aux artistes suivants, il est hors de question pour moi de les laisser partir comme ça. J’en veux plus ! Je me précipite donc pour acheter l’un des quelques exemplaires de leur CD qu’ils ont emmenés avec eux de Belgique, et échanger quelques mots avec eux. J’apprends alors que Balimurphy - c’est ainsi que se nomme le groupe, n’en est pas à son premier album et a déjà fait ses preuves sur la scène belge. Et pour preuve : le groupe fête ses dix ans, rien de moins ! Il n’arrive pourtant que cette année en France… Cherchez l’erreur !
J’interpelle le chanteur du groupe : « Votre musique est formidable ! Mais comment se fait-il qu’on ne vous connaisse pas en France ?! »
« On arrive ! » me répond-il avec le même enthousiasme que je lui découvrais quelques instants plus tôt sur scène. Je leur souhaite tout le succès qu’ils méritent avant de les laisser avec la foule qui fait la queue derrière moi, mon précieux CD entre les mains…
Un an a passé, et leurs chansons tiennent toujours le siège de mon MP3.
Balimurphy, ce sont des textes à la saveur aigre-douce, délicieux mélange de tristesse, de mélancolie, de lucidité, mais aussi d’humour, de joie de vivre et d’un optimisme teinté d’amertume. Des airs qui nous restent dans la tête, dont on ne se lasse pas. Ce sont des musiciens fantastiques qui vivent leur musique avec une passion qui vous hypnotise. C’est aussi une voix envoûtante, celle de Cédric, qui transpire le vécu, la sensibilité.
A travers des thèmes comme le progrès, le diktat de l’apparence, la rupture, la maturité… ils se font les critiques poétiques du quotidien.
Après être retournée les applaudir lors d’un concert à Paris en octobre dernier, je me suis promis de faire connaître ce groupe sympathique au talent incontestable et à l’énergie débordante, future figure incontournable de la scène française. C’est en tous cas tout le mal que je leur souhaite.
Leur album Poussières, sorti le 8 mars dernier en France, fait du bien. Il détend, redonne espoir, fait rêver et soulage les maux de l’âme. Ne vous en privez pas, dépendance assurée !

BaliMurphy bonjour ! Vous vous apprêtez à conquérir la France avec vos mélodies folk-rock envoûtantes, après avoir séduit la Belgique, où vous êtes devenus incontournables ! Dans quel état d’esprit abordez-vous la scène musicale française ?
Nous abordons tout cela de façon très positive! Pas spécialement parce que c'est la France, mais surtout parce que nous allons pouvoir voyager ensemble par et pour la musique. Nous accordons énormément d'importance aux rencontres et aux échanges. Il nous semble primordial de se nourrir de toutes ces expériences pour grandir musicalement et humainement parlant. On se dit souvent qu'il est important de « vivre des choses » et quoi de plus excitant que le voyage pour s'accomplir?

Votre album Poussière est sorti le 8 Mars dernier. Cela a été votre première rencontre avec le public français. Il ne s’agit pourtant pas de votre premier album… Racontez-nous un peu votre parcours.
Un parcours de dix ans n’est pas simple à résumer : plusieurs formules, avec une structure plus claire depuis 5 ans, des rencontres musicales, des albums auto-produits (« la Valise », « L’homme descend du tram »), avec les moyens du bord jusqu’à cette première production professionnelle pour l’album « Poussière ». Nous évoluons à notre rythme, avec des défis autres que la musique pure : vidéos, décors etc. et un attrait particulier pour la scène, qui est notre lieu de prédilection.

Pourquoi « BaliMurphy » ?
Quand nous avons commencé à faire de la musique ensemble, c'était d'abord comme ça, pour le plaisir, car il nous semblait important de nous retrouver et d'essayer de créer quelque chose. Puis arrive un premier concert et la question du nom se pose. Nous nous sommes accordés sur BaliMurphy qui fait référence à un quartier de Belfast qu'un de nos anciens musiciens venait de visiter et qui l'avait particulièrement marqué.

Quelles sont vos influences musicales ? «J’ose avancer» «Debout sur le zinc» dont les sonorités et la rythmique sont assez proches des vôtres, je me trompe ?
La question des influences est assez vaste... Bien sur nous faisons de la chanson française avant tout, donc forcément nous avons des liens certains avec toute cette famille actuelle comme les Debout sur le Zinc, les Têtes Raides, les Ogres de Barback ou encore la Rue Ketanou. On ne peut évidemment pas passer à côté des grands noms de la chanson comme Brel, Brassens ou Gainsbourg qui planent inévitablement au dessus de nous et qui nous inspirent par leur parcours, leurs textes et leur personnalité. Mais ce qui est magique en musique c'est qu'on peut s'inspirer de tout! Il faut être curieux, sans cesse... Chaque style de musique a ses forces et on peut aussi bien s'inspirer d'une mélodie pop rock, du texte d'un rappeur que d'un riff de guitare d'un groupe malgache. Nous sommes six musiciens, six personnalités avec des goûts et des sensibilités différentes et nous passons beaucoup de soirées à nous faire découvrir ce qui nous touche.

« Tout le monde s'arrache un monde en toc », « Elle est plus belle sans moi », « Ma confiance en l’avenir se résume un peu au néant »… Si vos textes mêlent habilement tristesse, lucidité, humour et optimisme, ils révèlent toujours une sensibilité à fleur de peau. Vous identifiez-vous à travers vos textes ? Où prenez-vous votre inspiration ?
Nous ne choisissons pas les thèmes que nous allons aborder, ils s’imposent à nous naturellement. Nous parlons de ce qui habite nos pensées et notre réflexion au jour le jour. Alors bien sûr, le fait de parler librement de la mort et de l’absurdité de la vie nous semble primordial. D’autant que nous trouvons que ce sont des thèmes qui sont trop souvent écartés.

Vous hésitez beaucoup j’ai l’impression! Le train, la marche à pied ? La poste ou Internet ? Vous partez, vous restez ? La drogue, le rugby ? (ndlr : «J’hésite encore» extrait de l’album Poussières) Avez-vous trouvé quelques réponses depuis ?!
Nous vivons dans un monde de fausse abondance, de potentiel frustrant, et ce sentiment s’accroît de jour en jour. Les questions s’accumulent, et les réponses et certitudes s’éloignent. Cette hésitation est aussi une position de vie qui empêche l’immobilisme et accepte la complexité de l’existence. Avec ce que cela entraîne comme angoisse, inévitable. Vive les questions, et attention aux réponses…

Dans la chanson Mademoiselle Coco [NDLR « C’est pas moi que tu regardes dormir, avec qui tu veux te réveiller / J’suis pas ton pari sur l’avenir, juste un moment abandonné / Tu dis où, tu dis quand, tu dis dégage et puis reviens… »], l’un de vous avait-il des comptes à régler ?!
Bien entendu ! Mais comme dans ces conversations que l’on ressasse plus tard, lorsque l’on n’a pas su trouver les mots sur le moment, on se donne les bonnes répliques, le bon rôle. Nos chansons s’inspirent de nos vies, mais le processus inverse existe aussi : les chansons sont lues, chacun y entend ce qu’il souhaite. Elles échappent à notre contrôle.

Vous abordez avec beaucoup de conviction le thème du progrès et on vous sent plutôt réticent à ce sujet ! « On n’arrête pas le progrès », « Tout le monde s’achète un monde en toc », « Tout le monde vit, ou plutôt surnage »… Pensez-vous que le progrès nous dépasse et nous plonge dans un monde de plus en plus artificiel ? Qu’il nous mène en quelque sorte à notre propre perte ?
Cela prolonge la question de l’hésitation. Faut-il revenir en arrière ou foncer en avant ? Ni l’un ni l’autre bien sûr, mais pas besoin d’être philosophe ou sociologue pour comprendre que les idéologies aveugles du progrès, de la croissance, sont devenus de véritables religions. La réflexion à long terme n’existe plus. On tente juste d’apporter notre interprétation à cette problématique énorme. Quant à l’artificiel, pas besoin non plus d’être grand clerc : l’homme et la planète qui l’a engendré sont pratiquement en instance de divorce !


Quels thèmes aimeriez-vous aborder dans vos prochaines compositions ? Et en est-il que vous vous interdisez ?
Certainement pas, mais on évite les sujets « bateau » ou trop anecdotiques. La démarche poétique, ouverte, reste de mise. Il s’agit d’ouvrir un monde, un univers. Mais comment éviter le sujet récurrent de l’intérêt de la vie et de la finalité de la mort ? Ou encore de l’éclatement des rapports humains ?

Quels sont vos projets à l’heure actuelle ?
Nous avons toujours eu et nous aurons toujours des projets. C'est très important à nos yeux d'avoir continuellement un objectif en ligne de mire. A l'heure actuelle, bien sur, nous nous préparons pour les quelques tournées que nous allons faire en France et en Suisse, mais à côté de ça, nous travaillons déjà sur le prochain album et nous essayons, avec l'équipe qui nous entoure, de voir ce qui pourrait se faire dans d'autres pays comme le Canada ou l'Europe de l'est.

Une anecdote à partager avec nos lecteurs ?
Le bonheur complet suivi de la douche froide la plus terrible qu'on ai jamais eue... il y a quelques années, nous avons organisé notre toute première tournée. Nous avons cassé notre tirelire, acheté notre première camionnette, et nous sommes partis quinze jours en France. Ce furent des moments qui resteront gravés à jamais dans nos mémoires. Nous avons joué où on voulait bien de nous, sur les places, les campings, les boîtes de nuit, etc. Il faisait beau, il faisait chaud, nous logions dans une maison à quelques centaines de mètres de l'océan... Nos premières vacances payées par la musique!. Puis nous sommes rentrés chez nous, des souvenirs plein la tête. Quelques jours plus tard, après une série d'orages et de pluies torrentielles, nous nous sommes retrouvés dans notre local de répétition pour bosser un peu... un mètre vingt d'eau, une guitare qui flotte, les amplis remplis de boue. On a passé les trois jours suivants à démonter minutieusement notre matériel, à tout passer sous un jet d'eau claire pour nettoyer, puis a tout sécher, pièce par pièce, au sèche-cheveux. Heureusement, nous avons pu récupérer une bonne partie et pour le reste, on s'est fait plaisir, on a emprunté un peu d'argent et nous avons racheté le matériel qui nous faisait envie! On s'était endetté pour les 5 ans à venir mais il fallait qu'on le fasse, c'était impensable pour nous de tout perdre comme ça!

Quelle question auriez-vous aimé que je vous pose ?
Ca roule ?

Et vous m’auriez-vous répondu ?
Nickel !

Voilà qui est fait ! Merci Balimurphy !

Crédit -photo: D.R

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