Paru dans le Monde - Par Olivier Zilbertin - Le Monde ( édition du 9 et 10 mai 2010) / Lancé il y a trois ans, ce "pure player" - ces journaux qui n'existent que su le Web -, on ne pense pas à lui. Et pourtant, BSC NEWS se flatte d'être l'un des premiers magazines 100 % numériques.

Né en 2007 et grandi en ligne, il n'a jamais connu le papier. Cela ne l'a pas empêché de se tailler une jolie réputation de magazine littéraire et culturel, gratuit et de qualité, en moins de trois années d'existence. Au point de compter désormais 65 000 lecteurs chaque mois. Avec à son actif quelques "coups éditoriaux" qui l'ont aidé à monter en puissance.

C'est au BSC NEWS que Christine Devier-Joncour réserva, par exemple, sa première interview en 2009. Le titre en ligne a vu son audience grimper à presque 20 000 lecteurs mensuels. Mieux : en décembre 2009, GOOGLE NEWS affiche BSC NEWS dans son fil d'actu. Rapidement l'audience est multipliée par trois. Pas mal pour un site qui à l'origine était très loin de caresser des ambitions de ce calibre. Au départ, Best Seller Consulting - nom de baptême dont le magazine a conservé les trois premières lettres - se voulait une agence de consulting et de communication littéraire pour les auteurs en mal d'éditeurs, sur un modèle anglo-saxon. La première en France.

Constituer une rédaction professionnelle

Aux manettes de ce projet, un écrivain précoce, âge de 30 ans aujourd'hui, Nicolas Vidal, publié à 17 ans et lauréat du prix de poésie de Bergerac. Lancée en décembre 2007, sa lettre électronique sur le monde de l'édition reste d'abord confidentielle. Deux chroniqueurs, lui compris et une trentaine de lecteurs assidus. Début 2008, il réalise un long entretien avec Bernard Werber, consacré notamment à la manière de parvenir à se faire éditer. Le ton est donné et le succès au rendez-vous: l'audience du BSCNEWS.FR franchit le cap des 500 lecteurs mensuels. En 2010, le magazine en ligne s'appuie sur 24 chroniqueurs bénévoles dont cinq à l'étranger. Littéraire à ses débuts, la ligne éditoriale s'est élargie à tous les domaines de la culture. " On ne vole pas au secours du succès, souligne Nicolas Vidal. On parle d'auteurs ou de musiciens peu connus que l'on découvre exclusivement sur le net."

Reste maintenant à BSC NEWS à trouver une équation économique. Avec de nouveaux formats de publicité, comme ces vidéos qui restent attachées à la page et que l'on commence à voir fleurir sur le net. Nicolas Vidal espère attirer de gros annonceurs. Car l'objectif est de constituer une rédaction professionnelle rapidement.

Olivier Zilbertin pour le Monde

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