BLK JKS (prononcez “Black Jacks”) est un groupe de rock Sud-Africain formé en 2000 à Johannesburg et repéré en 2008 par l’influent Diplo. Ils ont fait la couverture de Fader, ce qui a contribué à générer une grande attente pour ce premier album. Ils ont ensuite nourri cette hype par des concerts explosifs et ont donc sorti début septembre After Robots, enregistré en 3 semaines à New York, loin de leur terre natale et aidés par un ensemble de cuivres.

Les deux meilleurs morceaux du disque sont les deux premiers, « Molalatladi » et « Banna Ba Modimo ». Ils condensent en fait tout ce qui est génial chez BLK JKS et qu’ils ont eu tendance à mettre de côté dans la seconde moitié du disque. Quand je me suis pris « Molalatladi » dans les oreilles, j’ai été complètement désorientée. Le style du groupe est un cocktail de rock, prog, jazz dub, ska, garage, post-punk, reggae… Balancez tout ça dans un volcan en éruption et vous obtenez des morceaux d’une fureur et d’une puissance incroyable. The Mars Volta, TV on the Radio, des tas de noms de grands groupes que j’adore vous viendront sûrement à l’esprit si vous arrivez à prendre un peu de recul face à ce fracas d’électricité et de cuivres.

Après ces deux bombes atomiques, j’ai été encore une fois prise de surprise par « Standby ». Plus posée, toujours aussi dramatique, mais plus subtile et construite pour monter lentement en puissance. Les chansons d’After Robots ne comportent pas de “pics” précis, c’est ce qu’on peut lui reprocher. « Lakeside » par exemple, c’est quasiment quatre minutes d’émotion intense du début à la fin, sans possibilité de reprendre son souffle ! Le nom de The Mars Volta me revient encore en tête, des morceaux aussi épiques, qui vous laissent sans voix, c’est un peu leur spécialité et pourquoi je les aime.

Malheureusement, c’est « Taxidermy » qui suit et amorce le début de la fin de mon enthousiasme. Et c’est à partir de ce moment que je comprends les critiques négatives que j’ai lues. On reproche en fait au groupe de s’être laissés bouffés par leur ambition et d’avoir perdu leur spontanéité. Et en effet, à partir de là les morceaux deviennent moins compréhensibles, moins accessibles, enfin bref, il y a moins de choses plaisantes à se mettre sous la dent.

Cette fois je suis désorientée mais pour de mauvaises raisons : j’ai l’impression que le groupe se perd un peu dans ses expérimentations et oublie le plus important : me (et vous) faire plaisir. « Kwa Nqingetje » est le morceau qui me plaît le moins, un truc conceptuel un peu nébuleux qui me fait penser à du Muse, c’est vous dire. Le reggae-prog rock “Skeleton” et « Cursor » n’ont à mes yeux aucun intérêt, la voix de Lindani Buthelezi, le chanteur, finirait presque par m’énerver.

Heureusement « Tselane » conclue l’album de la meilleure des manières : c’est un morceau apaisant, acoustique, chanté - vraisemblablement - dans une des langues traditionnelles d’Afrique du Sud. Alors que les morceaux précédents semblaient “forcés”, avec la désagréable impression que le groupe était en train de faire du sous-TV on the Radio, celui-ci est une vraie bouffée d’air frais.

After Robots est donc un très bon album, un peu gâché par ces morceaux très largement moins bons que les meilleurs. Je ne saurais trop vous conseiller d’aller l’écouter car je ne veux vraiment pas que vous passiez à côté du premier album d’un groupe qui à toutes les chances de sortir dans deux ou trois ans un vrai grand album.

BLK JKS – After Robots (Secretly Canadian, sortie le 8 septembre 2009)

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