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Il est toujours effarant de prendre conscience à quel point Eugène Green est passionné. Passionné de cinéma, de langage, des mots, de littérature. En somme, c’est un homme de lettres entier par cette façon qu’il a de traquer sans cesse la perfection et la pureté du verbe. Il nous revient avec ce texte brillant publié chez Actes Sud le mois dernier « Poétique du cinématographe».
Il suffit de retourner le livre d’Eugène Green et de lire le mot de l’éditeur en quatrième de couverture «Nourri d’une pratique exigeante, d’une expérience intime et d’un engagement total, un précis de cinéma philosophique et cinéphile, mi-manifeste, mi-mode d’emploi» pour se donner un aperçu de ce contient le nouvel ouvrage d’Eugène Green : un livre formidable sur le cinéma et sur les fondements philosophiques sur lesquels il repose.
Et l’entrée en matière dès la première page pose l’analyse suivante : «Penser le cinéma, c’est résoudre des problèmes concrets: structure narrative, image, son, travail des acteurs. Mais c’est d’abord se situer par rapport aux principales interrogations métaphysiques de l’homme occidental, car c’est d’elles qu’est né le cinématographe.»

Eugène Green campe de plein pied la trame de ses notes par rapport à la dimension philosophique et sa place dans le cinéma. Il apporte avec beaucoup de soin les éléments d’un rapport très fort à l’existence dans tout ce qu’elle comporte de caché, et de mystique.
«Le temps du cinéma est toujours le présent: celui des fragments du monde captés, celui du spectateur qui regarde le film. La présence réelle qui habite la représentation cinématograhique ouvre au spectateur la porte du présent réel.» nous dit-il dans le chapitre du « Le temps et la vérité». Cette idée est comme le fil rouge qui guide le cinéaste dans sa conception de son art. Mais ne vous y méprenez pas, Eugène Green ne théorise pas à plaisir sur une philosophie vaniteuse de son art. C’est une véritable ode à l’essence même du Cinéma qui éveille vers une appréhension nouvelle de sa justification et de son rôle social.

La seconde partie de l’ouvrage nous emmène avec brio aux côtés du réalisateur qui nous incite à lire par dessus son épaule ses notes de travail. On sentirait presque l’effervescence d’un plateau pendant le tournage d’une scène. Cette partie nommée par l’auteur « La pratique» traite du scénario, de l’image, du son et de la présence des acteurs.
Et on se surprend à suivre pas à pas ses indications et ses clés pour comprendre cet art qu’est le cinéma.

«Poétique du cinématographe» est un ouvrage brillant sur le cinéma, sur ses fondements, son rôle et sa poésie qui résonne en nous.
Nul doute qu’il saura passionner les profanes tout comme les avertis en la matière. Une nouvelle fois, Eugène Green met à notre disposition un travail remarquable.
«Poétique du cinématographe »
Notes
Eugène Green
Editions Actes Sud
Prix: 14,8 €
Nicolas Vidal
Crédit photo Robin Davies



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