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Concert à Tokyo, soirée à Montréal, récital à Berlin, New York, Londres ou Varsovie… On côtoie Zubin Mehta et Seiji Ozawa, on croise Bernadette Chirac et Ivry Gitlis… On se dit qu’on entre là dans un monde qui n’est pas le nôtre, champagne, limousine et chauffeur. On se dit que les souvenirs et le quotidien d’une femme très très riche – fût-elle très très brillante – ne va pas franchement nous enthousiasmer à l’heure où l’on craint pour son emploi et où on connaît mieux les étals du Leader Price que de chez Fauchon. Et pourtant…

Pourtant, « Au fil des notes… », le journal d’Hélène Mercier Arnault, ci-devant Mme Bernard Arnault (propriétaire du groupe LVMH, première fortune française) n’a rien d’indécent, de superficiel, d’inutile. Mieux, cette pianiste « de renommée internationale », selon la formule consacrée, sait nous émouvoir et nous faire partager sa passion pour la musique dont la fréquentation est, d’après elle, « une école de modestie ».

Au fil de ses notes, courts textes de quelques lignes ou de quelques pages, Hélène Mercier Arnault évoque ses parents, son mari qui ne supporte pas qu’elle voyage mais ne lui a jamais demandé d’arrêter le piano, ses années d’études à Vienne sous la direction de son mentor, Dieter Weber, mort d’un infarctus à l’âge de 46 ans. Elle se souvient de ses rencontres avec Rostropovitch et Kurt Masur, parle de ses trois enfants et de cette « culpabilité permanente » que vit toute mère de famille.

Hélène Mercier Arnault est touchante de simplicité et de fragilité assumée, dépassée à force de volonté et de travail. Mais une fragilité permanente, à fleur de mémoire, à fleur de musique. Le visage de Mado, la sœur, ne s’est jamais effacé. Madeleine la violoniste, qui a fait entrer la musique dans la vie d’Hélène, pour qui Hélène est devenue musicienne. Mado à la santé fragile, Mado et les paradis artificiels… Mado qui finit par se suicider.

Ce livre grave et beaucoup plus profond qu’il n’y paraît, est une belle déclaration d’amour à la musique, à la vie et à la nostalgie. Une nostalgie qu’adore Hélène Mercier Arnault, et qu’elle célèbre en toute intimité, en toute sincérité : « Prendre le temps de se replonger dans le passé, revivre dans les moindres détails des émotions oubliées, c’est voluptueux… Se délecter de saveurs anciennes, faire à nouveau tinter certains sons, se laisser envelopper par des flots d’images et d’impressions… Le passé m’intéresse, la nostalgie m’inspire : elle est l’un des sentiments fondamentaux qui traverse la musique romantique ».

« Au fil des notes » d’Hélène Mercier Arnault, éditions Plon, 186 p., 18, 90€.

 

Olivier Quelier

 

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