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Xavier Alvarez est un petit architecte d’Aix-en-Provence en recherche perpétuelle de reconnaissance sociale. Il s’est fait tout seul et prospère, mais ne parvient pas à décrocher de gros marchés publics pour assouvir ses rêves de grandeur. Il décide donc de se lancer corps, âme et biens dans la campagne de Vincent Cluzel, le candidat outsider à la mairie, persuadé qu’il renverra l’ascenseur en cas de victoire.
À force d’énergie et de ruse, il parvient à discréditer le favori et à faire élire son protégé. Mais leur amitié sincère, nouée dans la conquête du pouvoir, se heurte alors aux limites des intérêts et de l’ambition.

Le 2 décembre est sortir la Sainte Victoire, le deuxième film de François Favrat. C’est une sorte de combat de coqs entre deux hommes qui n’avaient peut être rien en commun et qui ne devaient pas forcément se rencontrer, un architecte et un homme politique. Vous jouez l’architecte, comment décririez vous cet homme ?
Comme un petit gars qui vient de quartiers pas forcément favorisés et qui a toujours rêvé, comme le dit la voix off au début, d’être un bourgeois. C’est la quête de ce petit bonhomme d’avoir de grosses voitures, de beaux costumes ; c’est un fantasme. Il court après quelque chose et donc il va rencontrer et aider un homme politique plutôt droit et plein de convictions qui vient d’un milieu un peu plus aisé et qui a besoin de gens pour le pousser à des endroits où il ne serait pas allé. Il va y avoir une amitié, beaucoup de choses et ca va aller un peu trop loin.

C’est un personnage assez machiavélique, ce personnage de Xavier Alvarez que vous jouez ?
Je ne crois pas. Je pense qu’il est tout sauf machiavélique. Les gens qui sont machiavéliques ont un sens du cynisme beaucoup plus fort. Il n’est absolument pas cynique, il est au contraire tout droit. Il a plein de bêtises dans la tête, il est à l’envers, mais comme le monde aujourd’hui ; il y a une sorte de quête du « jusqu’où on peut aller ». Mais il n’y a pas de perversion, c’est tout sauf un pervers et un machiavel, c'est-à-dire qu’il n’a pas ce recul là. Le personnage dans le film qui aurait ça, ca serait Michel Aumont qui lui est un vrai machiavel. Et voit bien la différence entre des gens qui vont plein nez dans le mur avec une énergie des fois insupportable, une sorte d’envie de bouffer le monde et la vie, et puis en face des gens qui se servent de ces derniers de manière très maline, très calme, très posée. Non, il n’est absolument pas machiavélique.

 

Justement, qu’est ce qui vous a donné envie de l’interpréter, de lui donner chair ce personnage ?

Ce n’est pas comme ça qu’on se pose la question en général. On lit un scénario donc on lit une histoire. Le scénario est extrêmement bien écrit. Je trouve que ce que ça racontait et l’ambition du film était très excitants. Ensuite il y a la rencontre avec François Favrat, le
réalisateur, où tout d’un coup tu te dis : « j’aime le bonhomme, il se passe quelque chose ». Et puis le visionnage du premier film de sa vie, « Le rôle de sa vie », qui était un sujet qui ne me touchait pas, mais j’ai vu le film dont j’avais entendu beaucoup de bien mais sur lequel je me disais qu’une actrice avec une assistante c’était un peu ma vie de tous les jours, et j’ai été happé par le film. Et c’est là que j’ai vu que cet homme là savait raconter les histoires de manière incroyable. Donc voilà, c’est ça qui donne envie de faire un film, ce n’est pas qu’un rôle. Quand vous partez sur un film pour un rôle en général c’est mauvais signe. C’est un tout un film, ca ne peut pas être un rôle. Si c’est un rôle, vous vous retrouvez tout seul avec le rôle et vous faites un numéro et en général ce n’est pas très agréable à regarder.


Et ce personnage de Xavier Alvarez il a un petit coté acteur justement parce qu’on sent qu’il a une progression, qu’il joue un rôle pour pouvoir se rapprocher de cet homme politique.
Oui mais ça c’est comme dans la vie, c'est-à-dire que vous avez ça dans votre famille où il y plein de gens qui se sont cassé le nez comme ça ou alors au café à coté où vous allez à coté et où tout le monde dira : « lui c’est un acteur ». Ici ça n’a rien à voir, je n’ai pas du tout pensé à Alvares comme un acteur, je pense qu’il est tout sauf un acteur. Les gens que tu vois faire des numéros dans la vie, tu les mets devant une caméra, ils sont morts, il ne se passe plus rien. Je l’ai fait avec des camarades. C’est comme dans les familles, celui qui chante le plus fort, celui qui dit des blagues, si tu le fais tourner, bien souvent dès qu’il y a la caméra, tout s’éteint , il n’y a plus rien qui se passe. Et souvent tu as quelqu’un dans la
famille de très timide, un peu dans un coin, et quelque chose s’enclenche d’un coup et là, la personne fait des choses qu’elle n’aurait jamais faites dans la vie. Donc je pense qu’Alvares est tout sauf un acteur. Je pense que c’est un homme « swing » dans un film très « swing ». La manière dont le film est fait et filmé, c’est très joli et très rapide avec beaucoup de musique, c’est un peu ce qui se passe dans la tête de Xavier. C'est-à-dire voir la vie à 200% à l’heure, défoncer, bouffer le monde, avancer, avancer. Et puis on verra après que ça ne va pas toujours au bon endroit.

 

Oui parce qu’on a l’impression qu’il se cherche dans le film.
Disons que le film nous fait comprendre qu’il se cherche mais lui n’a aucune conscience de se chercher. Il est absolument sur de lui, sinon tu ne peux pas faire ce qu’il fait. Tu ne peux pas enclencher ce qu’il enclenche si tu as du recul, ce n’est pas possible. Le recul il l’aura à un moment du film et qui ne perdra pas son énergie. C’est un film très positif qui passe par le chaos.


Est-ce que vous aussi en tant qu’acteur vous vous êtes longtemps cherché dans le métier ? Car c’est vrai que vous avez commencé par du théâtre et après le cinéma vous a appelé.
Non en fait j’ai commencé par le cinéma et le cinéma m’a jeté. J’ai commencé par des gros films qui ont été des échecs financiers. Dans les années 80 et encore maintenant, on prend des jeunes et on les jette, ça fait partie du jeu. Donc moi j’ai fais partie d’un train de
jeunes qu’on a pris et qu’on a jeté. Mais il s’avère que j’ai eu une chance inouïe : le théâtre. J’ai eu une chance folle de rencontrer totalement par hasard, car je ne voulais pas faire de théâtre, des grands metteurs en scène qui ont travaillé avec moi. J’ai eu une plage dans le
théâtre subventionné qui est un endroit assez particulier, moins médiatisé que le théâtre privé. J’ai été une sorte de vedette du théâtre subventionné. J’ai très bien vécu. J’ai eu des textes sublimes, des rôles magnifiques, des metteurs en scène considérés en Europe comme les plus grands metteurs en scène. Donc qu’est-ce que je pouvais demander de plus ? Pendant 17 ans ça a été magnifique. Et puis je tournais beaucoup de télé ou des petits rôles au cinéma car j’ai toujours aimé la caméra, j’en avais besoin. Et puis le jour où j’ai arrêté le théâtre, par fatigue, le cinéma a pris le relais de manière totalement inespérée puisque qu’en général ce n’est pas un métier où tu as deux chances. Depuis 1998 avec Carnaval, ça fait 10 ans qu’il y a eu une montée exponentielle au cinéma, ce qui été tout à fait inattendu. Ce n’est pas juste pour les camarades qui se disent : « Pourquoi pas moi ? ». C’est comme ça.

 

L’accroche du film de François c’est « Qu’est-on prêt à perdre pour gagner ? ». Qu’est ce que vous répondriez à cette question ?
Personne ne sait c’est pour ça que c’est une question intéressante presque philosophique. On ne sait jamais finalement ce qu’on met sur la table. Tu t’en rends compte souvent après. Par exemple, si t’es autour d’une table de jeu tu sais à peu près, mais même. J’ai connu un tout petit peu le jeu à une époque, il y a longtemps ; tu ne sais plus ce que tu mets, tu t’en rends compte en sortant du casino de ce que tu as perdu. Je crois que c’est une question philosophique qui est une accroche pour se dire que finalement dans ta vie, dans ton travail, dans tout ça, et qu’on a conscience de ce que l’on fait. C’est comme une prise de conscience plutôt que d’en faire un barème parce que ça ne veut rien dire. En parlant de l’énergie déployée au travail, on va te dire que tu travaille trop par exemple et tu vas répondre : « Oui mais en même temps c’est ce qui me constitue. Si je travaillais moins, je te ferais payer le fait de travailler moins ». Ca correspond à ce que l’on perd, ce que l’on gagne. C’est une vraie question à soi. Mais je ne pourrais pas y répondre et comme ça et certainement pas devant des caméras.

C’est la première fois que vous donnez la réplique à Christian Clavier dans un film ? Comment est-il ?
C’est la première fois qu’on joue ensemble. Je n’avais pas le sentiment de lui donner la réplique mais de jouer avec lui. Je ne sais pas si vous avez vu le film mais il a vraiment réussi son rôle. Moi comme public je le regarde et j’y crois totalement. C’est le travail d’un très bon acteur. Je pense que Christian est un très bon acteur qu’on a oublié, c'est-à-dire que quelque part ses énormes succès populaires qu’il revendique, et il a bien raison, ont endormi l’acteur qui est derrière. C’est resté sur quelque chose qui fonctionne extrêmement bien, qui est très drôle, mais au bout d’un moment il y a comme un ronronnement et on a tous oublié un peu qui il était. Par exemple, « Le Père Noël est une ordure » m’est revenu en mémoire et quand j’avais vu le film à sa sortie où le splendide n’était pas encore le grand splendide, c’était un film très drôle, j’avais adoré le film et je « m’étais marré comme une baleine » et je m’étais dis que l’homme qui jouait le travesti était incroyable parce qu’il était très émouvant. Il ne jugeait pas le rôle qu’il était en train de faire. Il jouait vraiment un type qui se déguisait en femme et qui était malheureux de ça. C’était extrêmement drôle car c’était extrêmement juste. La preuve en est qu’un bon acteur reste un bon acteur. Comme dans « Mes meilleurs copains », il est formidable. C’est un bon acteur. Donc quand il est avec des rôles qu’on n’attend pas et des choses comme ça, on voit que le gars travaille et qu’il travaille très bien.


Crédit photos D.R

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