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J’ai une inclination naturelle pour les bouquins offerts. Je m’y plonge avec davantage de plaisir parce qu’un tiers a émis la volonté de partager un univers ou une émotion avec Môaa. D’autres rétorqueront que l’on vous offre souvent des livres de tête de gondole, qu’on n’a pas lus et qui sont une solution-cadeau facile …et les plus sournois qu’il y a un recyclage du livre-cadeau. Que W n’ayant pas aimé le livre « De la spiritualité des chats persans » ( désolée si ce titre existe !) que lui avait offert Z le refile à B….qui a une tête de bonne poire et qui n’y verra goutte. Je dirais que peu importe : derrière une volonté peu reluisante, mon aveuglement candide efface la négativité de l’acte et sublime le don. Je dis merci, salive déjà sur la couverture et m’en vais de ce pas faire guincher mes yeux avec le texte. Surtout lorsqu’il est offert par un ami de goût et de connivence de longue date. Et puis, un livre comme celui-là, JAMAIS personne n’aurait l’idée de le refiler à un autre…même pas de le prêter…( hé ? pas touche à mon livre, hein ? il est trop bien !) Voilà donc un de mes coups de foudre littéraires : Le roman, graphique d’Alex Robinson.

Amateur de Friends, de How i met your mother et autres séries dont les personnages sont déjantés, affublés de défauts caricaturaux et d’une loose monumentale, ce bouquin est pour vous !

Alex Robinson brosse le portrait en actes d’une dizaine de personnages attachants (ou pas), délurés ( ou pas) et… A PART( tous). Oui, tous présentent le point commun d’une défaillance budgétaire chronique, d’une inclination à l’alcool, d’une obsession à la fornication tendre et d’une maladresse irrécupérable. Tous traînent des casseroles familiales, des anecdotes plus ou moins humiliantes, des défauts insupportables.
Ok, ok, p’t-être pas si à part que ça au final….

J’aime d’abord la forme : Alex Robinson travaille de façon originale sur la présentation de ces vignettes . Superposition, découpage, alternance de textes avec des bulles, tout semble être le fruit d’un travail d’orfèvre de la bande dessinée. De plus, il effectue un travail remarquable pour l’annonce de ses chapitres : par exemple, il introduit une question à laquelle chacun répond en solo, dans une intimité étrange que le cadre étroit d’une vignette sans décor autorise ou bien il plante en en-tête un titre accrocheur.
L’auteur nous force ainsi à être actif car la forme nous désoriente ; mais elle y gagne –forcément- en sens.
Pour représenter un dialogue amoureux, il joue, par exemple, tantôt avec des bulles qui se superposent, cachant ainsi des morceaux de phrases et il nous force à imaginer les blancs, tantôt il fait une ellipse….et le texte reprend quelques minutes plus tard dans la fiction sans faire l’effort de nous remettre en contexte. Nous sommes donc insérés au milieu des conversations mais en voyeuristes qui ne captent pas toutes les paroles et sont obligés de tendre un œil curieux et déducteur.

J’aime de surcroît le fond : au gré des mésaventures ( parfois ultra-dramatiques…des protagonistes se tisse une histoire simple, celle de la vie. Une vie un rien bohème, certes, car peuplée d’êtres aux ambitions portées vers le domaine artistique. MAIS !! MAIS…MAIS ?….euh….mais…
De mal en pis est SURTOUT un bouquin qui parle de déboires universels aussi bien que de bonheurs simples. Et le plaisir augmente au fur et à mesure que l’on se retrouve et se reconnaît dans les blagues, les chamailleries et les crises existentielles des personnages.
Si les premières pages désarçonnent -parce qu’il faut le temps de s’habituer au rythme choisi par Alex Robinson- j’assure que ,lorsqu’on devine la fin se profiler, on ralentit, freine des quatre yeux jusqu’à presque stopper….tellement on est triste, finalement ,de les quitter ces potes de bande dessinée.
Venez donc trinquer, rire, râler avec : Weeeee !

-Sherman, « Bonjour, vous travaillez ici ».
-Jane qui adore les hommes en robe. Tchin tchin !
- Irving Flavor, vieux débris revanchard de la bande dessinée.
- Ed Velasquez, plongé dans ses dessins pour oublier sa misère sexuelle.
- Stephen, le prof d’histoire aux 47 conquêtes.
- Hildy, la stagiaire harcelée.
- Béatrice…euh…Dorothy, pardon.

Et puis….les monstrueux voisins, Janice et James, les clients de librairie dans laquelle bosse Sherman….les (snif … bouhhouuuhh ….) chiens crevant de coma éthylique et the cat !

Julie Cadilhac

- Alex Robinson est un auteur de bandes dessinées new-yorkais. Il a reçu de nombreux et prestigieux prix pour De mal en pis. Vient de paraître son nouveau roman, Plus cool tu meurs aux éditions Rackham toujours.


«De Mal en pis»
d’Alex Robinson
Editions Rackham
Bande dessinée

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