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Le moins qu’on puisse dire, c’est que les Kings of Convenience (qu’on peut traduire par “rois des toilettes” en anglais britannique, j’suis pas sûr que ce soit ce qu’ils veulent) savent se faire attendre. Leur dernier album, Riot on an Empty Streetremonte en effet à 2004. Erlend Øye s’est entre-temps consacré à un autre petit projet : The Whitest Boy Alive. Declaration of Dependence sonne donc le retour du duo folk norvégien Øye/Bøe (ne comptez pas sur moi pour la prononciation).
Allons au plus évident : si vous connaissez déjà le duo, vous ne serez pas surpris. Vous serez peut-être même un peu déçu d’entendre qu’ils ne prennent pas beaucoup de risques, qu’ils ne cherchent toujours pas à moderniser leur style ou à l’étoffer avec un peu plus de cordes, ou que sais-je… C’est déjà un reproche qu’on pouvait leur faire en 2004 et vous le lirez sûrement dans certaines critiques. Oui, ce n’est pas moderne. Mais après le succès de la folk champêtre des Fleet Foxes, j’ai dû mal à distinguer le rétro du moderne ou du revival. Mieux vaut ne pas s’embarrasser avec ces questions.
Je n’ai pas été surprise, mais j’ai vite été reconquise. J’me souviens de ma réaction à l’écoute de Riot on an Empty Street que j’avais découvert il y a un an et quelques, ça donnait quelques chose comme ça : “C’est joli.” (…) “C’est très joli !” (…) “Non en fait c’est splendide.” Il y a d’abord le plaisir de retrouver ces voix. Ces voix d’un calme divin, aussi douces que… non, il faut pas que je me lance dans les métaphores avec ces voix, sinon vous allez vite vous retrouver à lire “douces comme du Pampers” et ça ne va pas le faire. C’est très difficile de ne pas partir dans des digressions ignominieuses en parlant de leur musique.
Restons simples : ils sont deux, chantent tous les deux, jouent tous les deux de la guitare, parfois accompagnées d’autres cordes. La magie de ce duo, c’est de poser en quelques accords, sans efforts apparents, une jolie mélodie pop et sans artifices qui vous donne instantanément envie de fermer les yeux et de laisser la musique lentement vous submerger. Éludons rapidement la question des influences, Simon & Garfunkel, Belle & Sebastian, Crosby, Stills & Nash… Erlend Øye & Eirik Glambek Bøe sont largement aussi bons que tous ceux-là. Difficile de trouver une mauvaise chanson de Kings of Convenience, autant vous le dire tout de suite.
“24-25″ est un premier morceau parfait pour se mettre en condition et rappeler pourquoi j’adore ce groupe. C’est d’une platitude sans nom de dire ça, mais cette chanson pourrait durer 3 heures que je ne m’en lasserai pas. Mon boulot normalement c’est d’aller plus loin que le “C’est beau”, mais des fois il n’y a pas grand-chose de plus à ajouter. La simplicité de leurs morceaux me pousse également à la simplicité. C’est avec “Mrs Cold” et son rythme chaloupé que je me rappelle de la pochette, une photo du duo sur une plage tropicale, loin de l’ambiance “chalet norvégien” de leur précédent disque. Arrivée à “Me In You” j’suis déjà plus sur Terre.
Tous les morceaux s’enchaînent sans efforts, j’aurais voulu que “Boat Behind” et “Ruly My World” durent chacune une éternité… Paradoxalement, je me surprends à craindre que l’album soit trop long et que la lassitude pointe son nez dans quatre ou cinq morceaux. Cette crainte se révélera justifiée lors des deux ou trois premières écoutes, avant de s’évanouir. Tout dépend des conditions d’écoute, peut-être n’étais-je pas assez concentrée lors des premières écoutes, je sais pas, mais finalement et comme d’habitude, il n’y a rien à jeter dans cette Declaration of Dependence.
Le groupe mérite - ou à tout le moins peut difficilement le refuser - d’être rangé dans la catégorie folk-pop car alors même qu’il est difficile de s’imaginer danser sur lesFleet Foxes, se remuer doucement les fesses en écoutant ce disque est largement recommandable. Les guitares s’entremêlent tranquillement, les voix ressemblent de plus en plus à des caresses… En quelques secondes ces Norvégiens peuvent vous faire ressentir mélancolie, tristesse, joie, ivresse, ils arrivent à instaurer une légère tension et à la casser en une inflexion de voix, en un accord de guitare.
Peut-être est-ce aussi bien qu’ils prennent leur temps entre chaque disque, ça m’a permis d’oublier à quel point j’aimais leur style. Peu importe qu’il date maintenant d’un autre siècle, la musique des Kings of Convenience est, comme celles des grands duos folk, intemporelle et belle à pleurer.
(sortie le 5 octobre chez EMI)
Eddie Williamson

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