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Parlons de votre dernier album « The Circle » : Combien de temps cela vous a-t-il pris pour l’enregistrer, et dans quel état d’esprit étiez-vous quand vous vous êtes retrouvé en studio après une si longue tournée ?
J’ai été surpris de me retrouver en studio. Ça faisait partie d’un accord avec la maison de disque : pour pouvoir aller à Nashville et faire « Lost Highway », ils m’ont demandé de faire un album « Best of ». Ils ne savaient pas quel genre d’album j’allais faire avec « Lost Highway », parce que lorsque j’ai dit que j’allais à Nashville, ils ont cru que j’allais faire un vrai disque country, et je ne savais pas moi-même ce que j’allais faire ; mais « Lost Highway » est sorti, a eu du succès, et j’ai repensé à l’engagement que je devais honorer, alors en septembre dernier, Richie et moi essayions d’écrire des chansons pour ça — le monde était alors bien différent de ce qu’il est maintenant, et on écrivait des chansons sur les garçons et les filles, sur la désintoxication, parce qu’il venait d’en sortir, mais rien de très émouvant, on avait juste l’impression de faire notre travail. Et puis en octobre, le monde a radicalement changé, et ouvrant bien les yeux, on pouvait trouver plein de sujets sur lesquels écrire. C’est la que le disque a commencé à prendre forme, mais même à cette époque, j’ai dit à John Shank, notre producteur, de ne pas bloquer de temps pour ce projet parce que j’avais un engagement à honorer avec ce « Best of ». « Avance, fais ce que tu as à faire, et dès qu’on pourra, on écrira
une ou deux chansons et si elles sont bonnes, on te les donnera ». Alors on a commencé à écrire de plus en plus, à cause de ce qui était en train de se
passer en Amérique, et du coup dans le reste du monde, comme l’élection d’un Président Afro-Américain, l’effondrement de l’économie, et de ce qui s’est produit
après. Donc on a commencé à amasser ces chansons, et le 31 décembre, je suis allé voir la maison de disques et je leur ai dit que j’avais une bonne et une mauvaise nouvelle : on a un album studio, et vous n’avez pas de best of ! Ils étaient contents qu’on ait un album artistiquement intéressant, et nous avons pris notre temps. Ce cadeau de 9 mois pour écrire nous a permis de créer d’un côté « When we were beautiful » et de l’autre, 28 chansons plus tard, « Born to follow » et c’est là qu’on en est aujourd’hui.

Quelle est votre interprétation personnelle du titre de votre album « the Circle »?

Une de mes amies m’a donné le titre. Je lui ai dit : « C’est bon, n’en dis pas plus, j’adore, je le tiens ! ». Et j’ai appelé Richie et je lui ai dit que nous avions un super titre pour l’album, « The Circle ». Et j’ai dit : « Pour moi, c’est un continuum » et j’ai réalisé que si dorénavant nous ne jouions plus une note de musique, j’aurai passé plus de temps dans ma vie dans le groupe qu’en dehors, si tout s’arrêtait aujourd’hui. Et en argot du New Jersey, on dit qu’il est très dur de pénétrer ce cercle, et encore plus difficile d’en sortir. Ça me parlait sur qui nous sommes, sur ce qu’on fait et il n’y a pas de fin.

Corrigez-moi si je me trompe, mais la première fois que j’ai écouté votre album, j’ai vraiment eu l’impression que Richie et vous étiez vraiment de retour ensemble, la guitare et la voix sont si puissantes ! Partagez vous mon sentiment ?

Oui, Richie et moi sommes redevenus très proches après ce qu’il a subi, physiquement et émotionnellement. Le dernier disque était plutôt un disque « moi » alors que ce disque c’est vraiment « nous ». Et le fait qu’il soit de retour, si excité et concentré, si bien dans sa tête, il est vraiment au top !

Pouvez-vous nous en dire un peu plus au sujet de votre single, « We weren’t born to follow », qui fait un véritable carton à la radio aux Etats-Unis, avez-vous tourné un clip de cette chanson ?
Oui, le clip est sorti, la chanson passe partout à la radio là-bas, c’est la dernière chanson que nous avons écrite pour l’album, c’est avec cette chanson que l’album a pris tout son sens. La boucle était bouclée. Cela a pris 9 mois pour nous redresser — on a touché le fond à certains moments ! -, et je crois qu’on est maintenant en haut de la pente ! Mais lyriquement, c’est un exemple qui illustre bien l’esprit humain d’une voix capable de se faire entendre. Et on pourrait citer plein d’exemples, -comme cette fille, Neda, qui a défilé dans la manifestation en Iran pour protester l’été dernier- c’est à cette époque que nous l’avons écrite, cette voix qui disait nous ne sommes pas des moutons, nous allons être entendus, ou cet homme, qui s’est retrouvé place Tien An Men en face d’un char, cela pourrait aussi être quelqu’un que vous connaissez très bien, cela pourrait être Lance Amstrong, qu’on a mis dans la vidéo, parce que c’est quelqu’un qui s’est battu contre le cancer, et qui s’est dit : «Je serai le plus fort », Obama est aussi dans la vidéo, parce qu’on s’est dit que cet homme s’était dit que contre toute attente, on n’est pas là pour suivre, on n’est pas des moutons. Et c’est ça l’idée de la chanson, c’est motivant.
« When we were beautiful » est aussi une sorte de documentaire. Pouvez vous nous en parler, et nous dire pourquoi vous avez accepté l’idée de faire quelque chose d’aussi intime ? Et cela a du être très difficile d’avoir constamment cette caméra sur votre épaule ?
Non, pas du tout, j’aime dire la vérité, et c’est la vérité sans « interjection éditoriale », n’y voyez pas un manque de respect à l’égard des journalistes, mais la tournure que vous donnerez à votre article ne m’intéresse pas. Laissez-moi raconter l’histoire et laissez le public décider si ils aiment ou pas. Il arrive qu’un journaliste déforme un peu un article pour le rendre plus divertissant pour son public, - à quoi ça sert qu’on se déplace ? — on l’a dit sur le film, et je trouve bien que çà ne soit pas parfait. C’était censé aller avec ce qui aurait du être le « best of », c’était la conclusion de ce chapitre, - voila les 25 dernières années, maintenant passons à autre chose -, quand on a écrit notre album studio, cela faisait beaucoup d’informations à la fois, mais si on ne l’avait pas sorti, cela aurait été dépassé, parce qu’il se serait passé beaucoup de choses jusqu’à la fin du prochain album.


Avez-vous déjà imaginé que quelqu’un voudrait réaliser un film biographique sur votre vie, et qui aimeriez vous voir interpréter votre propre rôle?
Je n’en sais rien ! Je ne suis pas convaincu de l’intérêt d’un tel film ! Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Je ne saurais même pas par où commencer…

Pouvez-vous nous dire où vous puisez votre inspiration pour écrire tellement de singles, sur chaque album?
La plus grande qualité pour écrire, c’est avant tout de savoir écouter. Et si vous ouvrez les yeux sur ce qui vous entoure, il y a toujours une histoire à raconter. Et après c’est à vous de la canaliser et de faire en sorte que quelqu’un en France ou dans le New Jersey y trouve quelque chose.

Vous avez vendu près de 120 millions d’albums, des tonnes de gens vous ont vu à travers le monde, et la dernière fois que je vous ai vu sur scène, vous aviez l’air d’un groupe jeune en train de vous amuser. Quel est-donc votre secret ?
J’adore faire de la musique, je suis excité quand on sort un nouvel album de le jouer pour le public, et je chante avec autant de passion devant une salle de 200/300 personnes que si je jouais dans un énorme stade. Je vous remercie beaucoup, mais c’est ce que nous faisons et j’adore toujours mon boulot.

En tant que père de famille, gardez vous la foi dans ce monde de dingues dans lequel nous vivons?
Oui, j’essaie il le faut, sinon on abandonne, et c’est impossible. Un peu d’optimisme…

Que pensez-vous du Président Obama, un an après son élection?
Il me convient. Je l’ai soutenu, et je continue, je suis heureux de voir que le monde a donné une seconde chance à l’Amérique. Il est très occupé sur de nombreux fronts, il a un emploi du temps très chargé, mais c’est son rôle, et il a beaucoup de choses à faire. Mais j’ai foi en sa sagesse.

Vous avez joué dans l’émission X-Factor. A vos débuts il y a 25 ans, c’était si difficile d’avoir la chance de jouer à la télé…

Oui… (soupir…) Vous savez, ce moyen fonctionne, c’est prouvé dans le monde entier.
Vous avez une émission du genre de X-Factor en France ?
Oui…
Nous avons American Idol en Amérique, c’est du pareil au même, et ça a un énorme succès. C’est bizarre, mais c’est un vrai divertissement familial, la grand-mère peut le regarder avec les enfants, et les parents aussi. Le bon côté, c’est que toute la famille se réunit autour du « petit Johnny » en train d’essayer de chanter cette chanson. D’après mon expérience, d’être devenu célèbre en jouant dans des bars, je n’y serai pas arrivé comme ça, je n’aurai pas gagné ce concours. C’est la société qui déterminera, d’ici 10 à 15 ans, si c’était bon ou juste mignon. Parce que, Bob Dylan n’aurait pas été sélectionné, Mick Jagger n’aurait pas pu être sélectionné, peut-être que Paul, Paul McCartney aurait été sélectionné, il aurait pu gagner. Il y aurait eu des gens dont on aurait dit : « il a du style », mais il n’y aurait pas eu de crooner au sens technique. Mais ce qui est plus important, c’est que vous devez apprendre à écrire une chanson, à apprendre à communiquer avec le public, et ce qui est difficile pour ceux qui gagnent ces concours, c’est que lorsque leur album sort ils sont immédiatement propulsés au plus haut niveau, à côté des groupes les plus célèbres du monde, parce qu’ils sont tellement passés à la télévision, ils n’ont pas le temps de nourrir leur carrière, en commençant en bas. C’est très difficile pour eux, très difficile.

Vous repartez en tournée, et c’est une excellente nouvelle. Avez-vous une idée des chansons que vous allez jouer, certaines chansons que vous n’avez pas jouées depuis longtemps, ou avez-vous eu l’idée de célébrer un album, de jouer l’intégralité d’un chef-d’œuvre, comme « Slippery when wet », ou « New Jersey »?

On a déjà fait ça, on l’a déjà fait. Avec cette résidence à Londres, je crois que je devrais faire quelque chose de ce genre. Et en revenant à Paris, pour un concert unique, on devra probablement faire un long concert et jouer beaucoup de hits, parce qu’on ne vient pas très souvent. Je n’ai pas vraiment pensé à la scène, on en est toujours à discuter et on commencera en février. Pour le moment, on essaie de se concentrer pour apprendre les chansons, on va les réapprendre ! Mais on apprécie les répétitions, je dis : « hey, vous savez ce que je voudrais faire ? Je voudrais faire « Pump it up » d’Elvis Costello ». On va
s’asseoir, on télécharge Pump it up, et tout le monde se regarde et se dit : « Quoi, il a faire du Elvis Costello? ». C’est parce qu’on peut, on peut tout faire. On pense à une chanson, et on voit ce que ça peut donner, on essaie, c’est ce qui permet de garder un côté « frais » aussi. Parce que jouer une fois de plus « Wanted Dead or Alive », on connaît, on connaît !

Vous allez jouer à Paris le 16 juin. Qu’est-ce qui vous a pris si longtemps pour revenir à Paris ? Vous n’aimez pas la France ?

Laissez moi vous dire une chose j’aime la France plus que la France ne m’aime ! Ma maison est française, mes gouts sont français, mon appétit est français, mais vous savez comme moi qu’il est très difficile pour les groupes de rock américains d’avoir le même succès en France que chez nous ou en Angleterre. La radio est plus rationnelle, la télévision est limitée, alors une nuit à Bercy, c’est ce que nous pouvons espérer de mieux. Mais ça ne veut pas dire que je ne suis jamais venu en vacances, pendant mon temps libre. Et je suis très content de revenir pour quelques jours.

Pour terminer, avez-vous un message à faire passer à vos fans ?
Merci de nous faire revenir, j’ai hâte d’y être, et croyez moi, je serai là au moins un jour avant et un jour après, ça fait au moins 3 jours !
Crédit photo DR

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