Les Notes de lecture d'Olivier Quelier

Difficile gageure que d’écrire un roman jeunesse. Concilier l’originalité de l’histoire à un vocabulaire qui « parle » au jeune public ; rester simple sans devenir simpliste (on ne la leur fait pas, aux ados !) tout en abordant des sujets du quotidien souvent exigeants, parfois complexes ou douloureux… Bref, arriver à établir un équilibre qui apportera à la fois matière à rire et matière à réfléchir.
Emmanuel Parmentier, (presque) trentenaire demeurant en Lorraine, maîtrise avec finesse et légèreté cette délicate alchimie, comme le prouve son roman « Mon copain Antoine », publié chez Edilivres.

L’histoire d’Antoine est racontée par son copain Manu, un adolescent mature de 13 ans, très différent de ce garçon étrange qui reste pour lui un mystère : « Il a vraiment l’air bizarre, Antoine. Il a une tête énorme et toute ronde, comme un ballon de volley. Sinon, il a deux minuscules orifices sur les côtés, qui lui servent d’oreilles, et un petit nez, légèrement retroussé. Mais je crois que le plus étonnant, ce sont ses yeux, d’un bleu profond comme l’océan. » Autre particularité : « Antoine a la peau toute blanche. Mais blanche de chez blanche, comme de la neige. » Finalement, le seul truc qui ne cloche pas chez Antoine, c’est son prénom…

Emmanuel Parmentier a le sens du dialogue – ce qui est bien. Et sait construire le « dialogue intérieur » d’un adolescent – ce qui est mieux. Le ton est juste, les réflexions et leurs conclusions allient la naïveté et le bon sens de cet âge.

« Mon copain Antoine » est, l’air de ne pas y toucher, un roman original sur l’altérité, sur la capacité de chacun à s’intéresser à son voisin – surtout s’il est différent. C’est bien qu’un ado un peu déluré fasse la leçon aux jeunes qui liront ce livre. Er à tous les adultes qui auront la curiosité de l’ouvrir.

 

« Mon copain Antoine » d’Emmanuel Parmentier, éditions Edilivre, 105p., 2008.

Blog de l’auteur : http://emmanuelparmentier.blogspot.com/

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