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Né à Paris le 2 avril 1840, Emile Zola est l’un des romanciers français les plus populaires et les plus publiés au monde. Nombre de ces œuvres ont d’ailleurs été adaptées au cinéma et à la télévision.
Après avoir échoué à l’épreuve du Bac, c’est en autodidacte qu’il fait ses premiers pas dans le journalisme en rédigeant des critiques. Il s’essaye ensuite au théâtre et à la poésie, puis au conte et à la nouvelle, s’inspirant des plus grands : Molière, Hugo, Lamartine, ou encore Flaubert.

Principalement connu pour sa fresque en vingt volumes dépeignant la société française sous le Second Empire, Les Rougon-Macquart, c’est avec Thérèse Raquin qu’il fera, à l’âge de 27 ans, ses premiers pas dans l’univers romanesque.
A l’origine de cette œuvre publiée en 1867 : un roman tiré d’un fait divers et publié sous forme d’épisodes dans le Figaro une année auparavant, duquel Zola s’inspira.
Si le succès fut immédiatement au rendez-vous, sa publication suscita toutefois de vives réactions, notamment du côté des critiques dont certaines se révélèrent assez impitoyables, à l’image de celle de Louis Ulbach, journaliste du Figaro, qui n’hésita pas à qualifier l’œuvre de Zola de « flaque de boue et de sang », dans sa chronique du 23 janvier 1868 intitulée « La littérature putride ».
Désolé que ses intentions n'aient pas été comprises par la critique, Zola écrira - pour la seconde édition de son œuvre - une préface dans laquelle il expliquera que son but était avant tout scientifique et se posera en analyste du tempérament humain : « J’ai simplement fait sur deux corps vivants le travail analytique que les chirurgiens font sur des cadavres. »

L’œuvre revêt ainsi une dimension scientifique manifeste. L’auteur y dissèque, analyse et interprète l’homme et le monde sous leurs aspects les plus sombres et les plus meurtris, avec une rigueur et une précision chirurgicale. Zola trahit également son intérêt pour le naturalisme en insistant à maintes reprises sur l’influence de l’environnement sur le comportement et l’évolution des personnages.
Par ailleurs, l’inspiration Balzacienne est perceptible dès les premières pages, qui posent le décor de l’histoire dans un Paris décrit d’une manière presque cinématographique et avec l’habileté et la palette d’un peintre : « dalles jaunâtres ; vitrage […] noir de crasse ; clarté blanchâtre ; boiseries d'un vert bouteille ; clair-obscur adouci ; obscurité transparente... ». L’ambiance est des plus oppressantes dans la majorité du récit et s’accorde ainsi parfaitement au ton de l’histoire.

Mme Raquin vit à l'écart du monde, depuis la mort de son mari. Elle élève seule son fils, Camille, et sa nièce, Thérèse, qu’elle a l’intention de marier ensemble dès les 21 ans de la jeune fille. Thérèse est un être passif et dévoué, qui a passé son enfance à veiller au chevet de Camille, qui n’a eu de cesse de se battre contre toutes sortes de maladies.
Trois ans plus tard, les deux jeunes gens sont mariés et la famille emménage à Paris, au Passage du Pont-Neuf.
Etouffé par la douceur et la protection - excessives au point d’en devenir écœurantes - de sa mère, Camille exige de pouvoir travailler et réalise alors son rêve d’entrer dans l’administration tandis que Thérèse et Mme Raquin tiennent ensemble un petit commerce.

Les jours passent et se ressemblent, jusqu’au jour où Camille présente à sa femme et à sa mère l'un de ses anciens camarades d'école, Laurent.
Thérèse, dont la nature fougueuse ne demandait qu’à s’exprimer, est immédiatement troublée par cet homme dont la présence chez les Raquin devint rapidement régulière. Sous le charme, elle cède alors à ses avances, et les deux amants entament une liaison passionnée.
Mais, très vite, Camille devient un obstacle pour Laurent, qui voit germer en lui l’idée de tuer ce rival. Une idée qui prend rapidement forme, sous le regard passif et complice de Thérèse.

Il ne leur reste alors plus qu’à attendre que le temps fasse son œuvre et ramène la tranquillité et l’apaisement avant de dévoiler leur relation au grand jour. Tandis que Thérèse joue les veuves éplorées, Laurent se pose en homme courageux ayant tenté de sauver son ami de la noyade.
Plus d’une année se passe, durant laquelle la passion et le désir qui avaient amené les deux amants à commettre ce meurtre ne fait que s’amenuir, remplacés par un dégoût et une indifférence malsaines. C’est une terreur indicible qui s’empare d’eux alors que le spectre de Camille revient sans cesse les hanter.
Trois ans après le meurtre, ils décident qu’il est temps de préparer leur mariage, espérant ainsi semer leurs cauchemars et retrouver le sommeil. Mais, inlassablement, leur crime les poursuit. Ils le savent désormais : le lien qui les unit aura éternellement le goût du sang. Rien ne semble pouvoir les délivrer de ça… Sauf peut-être la mort…

Le but de cette œuvre n'est assurément pas de plaire ni de transmettre une morale, ce qui l'éloigne du genre classique auquel répondaient la majorité des œuvres de l'époque.
D’ailleurs, dans Thérèse Raquin, force est de constater que les genres se mélangent : à la fois roman scientifique, policier, dramatique, et même fantastique par quelques aspects.

Zola l’a dit lui-même : ses personnages n’ont pas d’âme. Les remords qu’ils éprouvent à la suite de leur acte criminel sont strictement physiques. Ils ne cessent de jouer la comédie et multiplient les comportements indécents et immoraux.
Ainsi, bien qu'il ne trouvât pas Thérèse à son goût, c’est l’appétit de chair de Laurent et sa soif d’une vie oisive qui l'amenèrent à faire d’elle sa maîtresse et à se transformer en meurtrier. C’est un personnage manipulateur, égoïste et hypocrite, qui se rend à la morgue comme on se rendrait au théâtre, pour s’assurer que le cadavre de Camille y est bien. Les descriptions de l’observation des cadavres qui y sont faites sont d’ailleurs détaillées avec une précision horrifiante et malsaine.
Zola se pose dans ce roman en véritable peintre de la société et des sentiments humains : « Hallucinations atroces, appréhensions cruelles, vague désespoir, attente anxieuse, désirs peureux… ».
Un ouvrage sombre et dérangeant, qui révèle ce que la nature humaine peut avoir de plus torturé et de plus machiavélique.

par Mélina Hoffmann

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