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« Quelque part sur le chemin je savais qu’il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare. »

C’est en ces termes que Jack Kerouac décrit la Route, Sa Route, celle du voyage, des rencontres, de l’amour, de l’amitié, de la difficulté et de la connaissance. A mon sens, cette phrase contient la quintessence de ce que peut représenter l’existence, le destin, la capacité, et la vie. Je vous accorde qu’il n’est pas d’une audace fantastique de citer l’écrivain Jack Kerouac lorsque ce sujet est abordé. Cependant, l’œuvre de Kerouac retranscrit une existence en perpétuel mouvement et délibérément exposée à tous les sentiments humains. Ainsi, « Sur la Route » apparaît comme un texte fondamental dans la Curiosité et dans l’Expérience de l’Existence.


La Route exige des choix

Qu’on le veuille ou non, et quel que soit le nom qu’on lui donne, nous marchons tous et sans exception sur cette route qui déroule sous nos pieds, ses plaisirs, ses turpitudes et ses tempêtes. Et il ne tient qu’à nous de modeler son inclinaison et provoquer sa fantaisie. Et cette idée que chaque destin est finalement malléable a quelque chose d’embarrassant voire de gênant pour notre conscience. Est-il question de capacité, de confort plus que de volonté pour décider de la trajectoire de notre destin ?
La Route scintille à la rupture parfaite du point de jonction de la volonté et de la possibilité de faire. Elle repose également sur une multitude de choix qui s’offre à nous en permanence : le choix d’aimer, de mépriser, de s’engager, de se taire, de s’effacer, de s’insurger, de se laisser faire, de prendre les choses en main … L’individu apparaît en position de force lorsqu’il est amené à évaluer et à décider pour lui au gré des événements et des situations qu’il subit ou qu’il provoque. La Route est une existence jalonnée de choix, d’engagements et de prise de conscience à la différence d’une vie que l’on suit à tâtons « Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j’aurais avec lui, j’allais entendre l’appel d’une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse ; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi pour copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou un sur un lit d’hôpital, qu’est ce que cela pouvait me foutre… » (« Sur la Route » Jack Kerouac – Sal à propos de Dean Moriarty)


L’expérience de la Route

La Route représente un carrefour de choix et d’embranchements de réponses. Il arrive fréquemment que la passion, la douleur, la peur, le manque de courage, l’inertie, l’ennui et toutes les affections humaines nous poussent à rebrousser chemin, à tergiverser et à fuir. Parfois à tort ou à raison, mais l’engagement du choix est fait. C’est en cela que notre existence se nourrit d’expériences. « Nous connaissons la vie, Sal, nous nous faisons plus vieux l’un et l’autre, petit à petit, et nous en venons à connaître les choses. Ce que tu me dis sur ta vie, je le comprends bien, j’ai toujours étudié tes réactions et maintenant, de fait, tu es mûr pour te mettre en cheville avec une vraie fille magnifique si tu peux du moins la trouver et la former et que son esprit devienne ton âme comme je suis efforcé si péniblement d’y atteindre avec les foutues femmes que j’ai eues. Merde ! Merde ! Merde ! » (« Sur la Route » Jack Kerouac – Dean Moriarty parlant à Sal)
Cependant, tisser de ses mains une route à sa mesure n’a rien de facile. L’incertitude de nos choix et de leur conséquence rebute à prendre des décisions. Et la question centrale reste de savoir s’il est plus confortable de déambuler au gré des incertitudes ou d’engager sa vie à choisir sa destinée, pas après pas.« Oh ces idiots, ces idiots ces idiots de Okies, ils ne changeront jamais, complètement et incroyablement idiots, au moment où il s’agit de passer à l’action cette paralysie affolée, hystérique, rien ne leur colle plus la trouille que leurs propres désirs...»» (« Sur la Route » Jack Kerouac – Dean Moriarty assis en pleine poussière d’Alameda Boulevard)


La solitude de la Route

La Route n’accepte ni l’égoïsme ni l’individualisme, c’est à proprement parler l’échange et la promiscuité qui lui sert de foyer. Par contre, la solitude du choix est permanente car l’expérience est personnelle. Nos choix peuvent déplaire, irriter, froisser mais l’évolution nous pousse à prendre des décisions pour soi.


La Route du Voyage

La meilleure expression de la Route reste pour moi le Voyage. Se confronter de tout son être à ce qui nous est différent, distant, lointain et parfois incompréhensible. Je me souviens parfaitement de mon premier séjour aux USA. J’arrive au beau milieu de la nuit à Los Angeles. Et me voilà propulsé sur les trottoirs de la cité des Anges, absorbant malgré moi tout le lyrisme d’une Amérique frénétique et humide. Des millions de gens s’entrechoquent autour de vous, des proportions démentielles d’une nation difforme qui se dressent au-dessus de votre tête en plus d’être perdu sur une Côté Ouest qui avait été 40 ans auparavant le berceau d’une Beat Generation très avant-gardiste.

Sans le savoir, j’étais en train de me forger à tout juste 17 ans un amour immodéré pour l’Amérique du Jazz, du Be Bop, des Clochards Céleste, de la littérature américaine dans son ensemble et pour la Route. Alors que l’on approchait les 4 heures du matin à Los Angeles, je serrais fermement ma main sur un exemplaire de «Sur la Route», ma soeur fidèle, glissée dans la poche arrière de mon Jean...



Par Nicolas Vidal

photo/D.CRESPIN

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